Evolution des prix spot sur les 10 premiers mois de l’année 2018 en France

Vous avez ci dessous 2 tableaux:

– Le premier donne les fluctuations du prix spot et les volumes faibles qui sont échangés sur ce marché.

– Le second reprend les prix spot sur le marché Français en moyenne sur chaque mois.

Vous pouvez constater que depuis le mois de mai 2018, les prix spot sont sans cesse croissants mois après mois avec une augmentation significative.

Pour EDF, c’est une bonne et une mauvaise nouvelle.

La bonne nouvelle est que le renouvellement des contrats de livraison à terme va se faire à des prix plus élevés. Dans Vivre EDF, le Directeur financier, Xavier Girre, annonçait déjà des bons résultats sur 2018. L’autre bonne nouvelle vient des décisions d’allocations sur l’ARENH prises par la CRE. On ne pourra plus faire le yoyo entre les engagements d’enlèvement au prix de l’ARENH et les laissait tomber quand le prix du marché est inférieur à 42 €/MWh. Une meilleure nouvelle aurait été que le prix de l’ARENH soit revu à la hausse mais c’est par la voie législative que cette décision est prise et la date fixée par la loi NOME est 2025. Il serait important de pouvoir faire comprendre aux députés que cette échéance est trop lointaine.

La mauvaise nouvelle est que le calcul du coût des ENR est fait entre le prix du contrat signé par EDF et le prix du marché. Ce qui signifie qu’au plus le prix de marché monte au plus la compensation baisse. Or la perte pour EDF est beaucoup plus importante que cela, car la baisse de puissance que l’on doit opérer pour laisser passer la production ENR ne rapporte que le coût marginal combustible bien inférieur au prix du marché. C’était une des remarques faites lors des débats sur la loi NOME qui n’a pas été prise en compte.

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« Les éoliennes, une utopie écologique » : La FEE cherche à noyer le poisson… Réponse de André Pellen

Commentaire d’Andre Pellen (en rouge) à propos de « La réponse de France Énergie Éoliennes (FEE)
suite à l’article du POINT présentant le livre de DUMONT et KERGORLAY ici « Les éoliennes une utopie écologique« 

La FEE, qui regroupe les professionnels de la filière éolienne, répond aux extraits du livre à charge contre l’éolien, que nous avons publiés.
Le pour et (surtout) le contre.
RTE gère le réseau public de transport d’électricité en France et est en charge du pilotage du système électrique français (c’est-à-dire de son bon fonctionnement à partir de l’ensemble des moyens de production). Dans son Bilan prévisionnel 2017, RTE indique que « développer un système reposant à 70 % sur des énergies renouvelables ne conduit en aucun cas à doubler la capacité renouvelable par des moyens thermiques […]. […]

RTE le dit mais se garde bien d’en faire une démonstration technique que ses propres restitutions production-consommation rendent illusoire. Brottes, le patron de RTE dépourvu du moindre vernis technicien, a été nommé à dessein à ce poste par la Royal, précisément parce qu’il était le fervent pro éolien de feu le PS. Comme dans tout autre domaine de responsabilité publique, dans ce pays, lui et ses subordonnés savent pouvoir raconter n’importe quoi, assurés de l’impunité et de n’avoir même pas à rendre de compte, en cas de d’effondrement ultérieur du système électrique.

Les argumentaires alarmistes consistant à considérer comme nécessaire le développement de moyens de secours systématiques font fi, d’une part, de l’interconnexion de la France avec ses voisins qui permet de mutualiser les flexibilités, et d’autre part, d’une analyse de la contribution statistique de l’éolien et du photovoltaïque à la sécurité d’approvisionnement », (BP 2017, Scénario Watt, p279).

Là aussi, tout n’est que mensonge démontré par la réalité météorologique, technologique et, surtout, d’exploitation des installations que suivi de charge, réglages fréquence-puissance et tension illustrent quotidiennement. Il ne suffit de citer tel extrait de je ne sais quel rapport de propagande dont on ne connait rien de la qualité des auteurs pour être convainquant.

Sur la question du prix de l’énergie éolienne, il faut être concret et ne pas répéter sans vérifier des éléments erronés. Aujourd’hui, le prix moyen de l’éolien terrestre est de 65,4 euros/MWh. Le prix de l’éolien terrestre est quasiment la moitié de celui du nouveau nucléaire (Hinkley Point) qui s’élève à 110 euros/MWh. Dès 2016, l’Ademe indiquait que l’éolien terrestre était le moyen de production le plus compétitif, ce que les rapports de l’Agence internationale de l’énergie, de l’IRENA ou encore les enquêtes de la Commission européenne confirment depuis.

On ne compte plus les analyses rigoureuses et chiffrées – SLC, Jean Fluchère, J.P Riou… – dynamitant cette affirmation farfelue de l’ADEME dont la spécieuse démonstration se garde bien de chiffrer le coût exorbitant des externalités (explosion des longueurs de réseaux, palliatifs de production… dont le nucléaire fait de plus en plus partie…). Que la FÉÉ commence par nous expliquer pourquoi, dans ces conditions, il convient de continuer à subventionner massivement l’éolien.

Pour ce qui est de la revente de l’énergie sur le marché européen, comparons ce qui est comparable. Les moyens de production électrique français (centrales nucléaires, hydraulique ou charbon) ne se sont pas construits sur des prix de marché, mais dans un contexte de monopole étatique. Ils ont été financés par l’argent public et donc par le contribuable français sans corrélation avec les problématiques de rentabilité sur le marché européen de l’énergie.

Là, le mensonge est carrément éhonté sur tous les plans. La dernière lettre géopolitique de l’électricité « EDF, la fin de l’histoire » en apporte la preuve implacable.

En France, plus de 1 000 entreprises sont actives à toutes les étapes de la vie des projets éoliens. C’est pourquoi la Direction générale des entreprises du ministère de l’Économie et des Finances estime ainsi que la part française de la valeur ajoutée de l’énergie éolienne, sur le territoire, est d’environ 65 %, sur l’ensemble du cycle de vie d’un parc éolien terrestre. Enfin, la filière éolienne compte plus de 17 100 emplois directs et indirects (Observatoire de l’éolien 2018, Bearing Point pour FEE). Avec une augmentation annuelle d’environ 8 %, c’est l’un des secteurs économiques les plus dynamiques de France.

Bla, bla, bla purement politicien qu’il convient de relativiser au fait que c’est l’État qui créé artificiellement ces emplois, dans une activité économique non rentable – sans quoi, pourquoi y aurait pas lieu de subventionner ?! – et de confronter aux études de toute nature affirmant le contraire, en replaçant la problématique emploi dans un contexte d’analyse économique sain.

Le taux de charge moyen pour l’éolien terrestre est de 25 %, mais cela ne veut en aucun cas dire qu’une éolienne tourne 25 % du temps, cela signifie qu’elle produit au maximum de sa capacité 25 % du temps mais les éoliennes produisent de l’électricité 95 % du temps selon Ademe. Il faut noter qu’en mer avec des vents plus forts et plus réguliers, le taux de charge est de 45 %. La production est bien variable mais prévisible et RTE utilise les scénarios climatiques fournis par Météo-France pour prévoir la production 3 jours à l’avance.

Celle là il fallait la faire : le 1/4 de toute l’énergie attendue à puissance nominale, produite sur 95 % du temps !

La loi de transition énergétique a acté une diversification du mix électrique français à horizon 2030, avec une baisse de la dépendance au nucléaire et un bouquet d’énergies renouvelables. Les énergies renouvelables sont compétitives, prédictibles et contrôlables, c’est pourquoi RTE dans ces travaux prospectifs indique que « la sécurité d’approvisionnement peut être assurée même avec 70 % d’énergies renouvelables » en 2035 (Scénario Watt, p297) et que « la contribution de l’éolien au passage des pointes de consommation est nécessaire » (Scénario Watt, p297).
France énergie éolienne recommande de porter la part d’énergie éolienne dans le mix électrique à 23 % à horizon 2030, ce qui ferait croître le nombre d’éoliennes terrestres à moins de 15 000, sans compter que l’augmentation de la puissance unitaire des éoliennes permettra d’en optimiser le nombre, tant sur les nouveaux parcs que sur le remplacement des plus anciens, en fin de vie.
À horizon 2050, le scénario de négaWatt avec un mix électrique 100 % énergies renouvelables estime à 18 000 le nombre d’éoliennes.
Enfin, à titre de comparaison, aujourd’hui et sur un territoire plus petit, l’Allemagne compte 24 000 éoliennes… et tout se passe pour le mieux.
Le « cadeau » fait au renouvelable
« Ce développement [de l’éolien] a apporté des bénéfices en termes de réduction des émissions de Gaz à effet de serre [émissions indirectes incluses] et de polluants atmosphériques du parc électrique. La monétarisation de ces bénéfices révèle qu’ils sont comparables voire supérieurs aux coûts en question. Ainsi, sur l’ensemble de la période 20022013, les bénéfices environnementaux pour la collectivité sont estimés entre 3,1 et 8,8 milliards d’euros en 2013 pour des coûts du soutien évalués, sur la même période, à 3,2 milliards d’euros ». Étude Bips, Bilan de la politique de soutien, p. 12, Ademe
La FNSafer lançait en effet en 2016 l’alerte sur l’artificialisation des sols et la perte de terres agricoles, mais l’étude ne visait pas l’éolien puisque ce constat visait l’extension de villes et les infrastructures associées (constat fondé sur un bond de 22 % en 2016 du nombre de ventes de terres agricoles près des grands pôles urbains).
La loi impose de décaper les fondations jusqu’à un mètre de profondeur. Néanmoins, on observe que dans de très nombreux cas, les exploitants du parc éolien retirent l’intégralité des fondations de l’éolienne. Une mesure qui peut même être inscrite directement dans le bail emphytéotique.
Un problème de distance…
Soyons précis, dans ce rapport l’Académie nationale de médecine revient elle-même sur sa recommandation de 2006 et constate qu’« en tout état de cause, la nuisance sonore des éoliennes de nouvelles générations ne paraît pas suffisante pour justifier un éloignement de 1 000 mètres. » (p. 17).
Le rapport souligne que le ressenti de « nuisances » dues aux éoliennes relève essentiellement d’un effet nocebo et de la subjectivité des personnes : « la crainte de la nuisance sonore serait plus pathogène que la nuisance elle-même » p. 11. Elle précise que « cette intensité [du bruit éolien] est relativement faible, restant souvent très en deçà de celles de la vie courante » (…) « les plaintes ne semblent pas directement corrélées » (p. 13).
L’Académie nationale de médecine mentionne « l’absence d’intéressement aux bénéfices financiers » (p. 12) parmi les facteurs contribuant au « syndrome de l’éolien » dont elle fait état. Autrement dit, en langage NIMBY, les opposants auraient moins de symptômes quand ils touchent une part des bénéfices de l’éolien.
Enfin, l’Académie nationale de médecine ajoute que « l’éolien terrestre présente indubitablement des effets positifs sur la pollution de l’air et donc sur certaines maladies (asthme, BPCO, cancers, maladies cardio-vasculaires) », p. 18.

Tout ce qui précède n’est que propagande gratuite, contredite par les faits, propagande dont ADEME et RTE sont directement complices. Avoir le culot d’affirmer que, dans une Allemagne qui compte 24000 éoliennes, tout se passe pour le mieux et que l’éolien a apporté de chaque côté du Rhin des bénéfices, en termes de GES et de polluants atmosphériques, en contradiction complètes avec la lettre géopolitique de l’électricité consacrée à ce thème, il fallait le faire !

La CSPE, discrète mais coûteuse
Quelle est la part de l’éolien dans la CSPE ? 19 % soit environ 1,5 milliard d’euros. Quelle est la part de l’éolien dans la facture d’électricité des Français ? 3 %. Enfin grâce à la baisse des coûts, l’éolien étant de plus en plus compétitif, deux fois plus de production sera financée pour le même montant à l’avenir.

Ici, vous pouvez vous faire une idée de l’ampleur du mensonge, en consultant les nombreuses analyses consacrées à la CSPE, notamment celles de la lettre géopolitique de l’électricité et de Michel Gay

 

NDLR : Pour en savoir plus, cliquer ici : Les coûts lisses de l’électricité

Le délire des « deux degrés »

https://www.foreignaffairs.com/articles/world/2018-02-08/two-degree-delusion

Traduction automatique :

Les dangers d’un objectif irréaliste en matière de changement climatique

Par Ted Nordhaus

Les émissions mondiales de carbone ont à nouveau augmenté en 2017, décevant les espoirs que les trois années précédentes de croissance quasi nulle marquent un tournant dans la lutte contre le changement climatique. Les partisans des énergies renouvelables avaient attribué les émissions plates à la baisse du coût des panneaux solaires. Les adeptes de l’efficacité énergétique avaient vu dans la pause la preuve que l’activité économique avait été dissociée de la consommation d’énergie. Les partisans du désinvestissement dans les combustibles fossiles avaient postuléque la bulle de carbone avait finalement éclaté.

Les analystes qui avaient attribué cette pause au ralentissement de la croissance économique dans plusieurs parties du monde, en particulier en Chine , étaient plus proches de la réalité. Après tout, les principes fondamentaux de l’économie de l’énergie sont restés pratiquement inchangés – l’efficacité énergétique de l’économie mondiale et la part de la production d’énergie produite par l’énergie propre n’ont pas changé. Et, bien entendu, à mesure que la croissance reprenait, les émissions ont également recommencé à augmenter.

Même pendant la pause, il était clair que le monde ne faisait pas beaucoup de progrès pour éviter les futurs changements climatiques significatifs. Pour modifier de manière significative la trajectoire des changements du niveau de la mer ou de la plupart des autres effets du climat de ce siècle ou du prochain, les émissions ne devraient pas simplement atteindre leur maximum; ils devraient tomber précipitamment. Pourtant, les progrès accomplis par le monde pour réduire les émissions mondiales ont été progressifs, même sous les hypothèses les plus généreuses.

Mais lors des dernières négociations sur le climat à Bonn l’automne dernier, les diplomates ont une nouvelle fois ratifié un objectif international de longue date consistant à limiter le réchauffement à deux degrés Celsius de plus que les niveaux préindustriels. Ceci, bien qu’il soit incapable de s’engager dans des domaines allant au-delà de ce qui avait déjà été convenu lors de la réunion de Paris il ya deux ans, lorsque les négociateurs sont parvenus à un accord nominal sur des contributions non contraignantes déterminées au niveau national, ce qui entraînerait des températures dépassant de trois degrés les niveaux préindustriels avant la fin de la présente période. siècle.

Quarante ans après avoir été proposé pour la première fois, la cible de deux degrés maintient son emprise sur les efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique, malgré le fait que presque toutes les analyses sobres concluent à la non atteinte de la cible. Certains partisans insistent encore pour dire qu’avec une volonté politique suffisante, l’objectif peut être atteint. D’autres reconnaissent que, même si l’objectif est pratiquement irréalisable, il représente une aspiration qui pourrait motiver le monde à réduire les émissions davantage et plus rapidement que cela n’aurait été le cas autrement. Pour d’autres encore, la cible reste à la portée de tous si tout le monde s’emploie sérieusement à éliminer le carbone de l’atmosphère ou à pirater l’atmosphère afin de gagner du temps.

Mais il convient d’examiner les conséquences de la poursuite d’un objectif qui n’est plus réalisable. Un impact significatif sur le climat futur est probablement inévitable. Soutenir la fiction selon laquelle la cible des deux degrés reste viable risque de laisser le monde mal préparé pour atténuer ou gérer les conséquences.

UNE CIBLE ARBITRAIRE

Mon oncle, William Nordhaus, économiste à l’Université de Yale, est largement reconnu pour avoir été le premier à proposer que la politique climatique s’efforce de limiter le réchauffement climatique anthropique à deux degrés au-dessus des températures préindustrielles. Il n’est pas parvenu à cette conclusion par le biais d’une quelconque modélisation sophistiquée du climat ou d’une analyse coûts-avantages. Au lieu de cela, il a examiné les preuves très limitées de la variance climatique à long terme disponibles à ce moment-là et a conclu qu’une augmentation de deux degrés ferait passer les températures mondiales au-delà de la plage expérimentale des sociétés humaines depuis plusieurs milliers d’années et probablement beaucoup plus longtemps. La norme était, de son propre aveu, arbitraire.

Au cours des décennies qui ont suivi, la communauté internationale a formalisé son objectif par le biais d’une série de conférences, d’évaluations et de négociations des Nations Unies. Les chercheurs climatologues, quant à eux, ont reconfiguré la cible avec des données scientifiques, dont certaines convaincantes. Il semble en effet que la terre soit déjà plus chaude qu’au cours des derniers siècles, avec des températures susceptibles d’augmenter considérablement au cours de ce siècle et bien au-delà.

Mais limiter les températures globales en dessous de deux degrés ne garantit pas que le monde évitera les catastrophes, pas plus que de dépasser ce seuil. Personne ne sait avec précision quelle sera la relation entre la température mondiale et l’impact du changement climatique aux niveaux local et régional. Nous ne maîtrisons pas particulièrement bien la capacité des sociétés humaines à s’adapter à ces impacts.

Limiter les températures globales en dessous de deux degrés ne garantit pas que le monde évitera les catastrophes, pas plus que de dépasser ce seuil.

En réalité, la plupart des risques climatiques que nous comprenons assez bien sont linéaires, ce qui signifie que des émissions plus faibles entraînent une augmentation de la température globale plus faible, ce qui entraîne un risque moins élevé. C’est le cas d’impacts tels que l’élévation du niveau de la mer, les rendements agricoles, les précipitations et la sécheresse. Stabiliser les émissions à 450 parties atmosphériques par million entraîne moins de risques que se stabiliser à 500, 500 entraîne moins de risques que 550, et ainsi de suite. Le monde n’est pas sauvé si nous limitons les concentrations atmosphériques à 450 parties par million, ni si les concentrations dépassent ce seuil.

Il existe toute une gamme de points de basculement non linéaires potentiels qui pourraient également avoir des effets catastrophiques sur le climat. De nombreux climatologues et défenseurs du climat affirment que les risques associés au déclenchement de ces impacts sont si importants qu’il vaut mieux adopter une approche de précaution stricte pour réduire considérablement les émissions. Mais il y a d’énormes incertitudes sur l’endroit où se trouvent réellement ces points de basculement. Le principe de précaution s’applique également à un degré de réchauffement, seuil que nous avons déjà dépassé; un degré et demi que nous dépasserons bientôt; ou, d’ailleurs, trois degrés.

Ces calculs sont encore compliqués par le décalage important entre le moment où nous émettons du carbone et le moment où nous en subissons les effets sur le climat: en raison du décalage dans le temps et de la quantité de carbone déjà émise (les concentrations atmosphériques de carbone se situent aujourd’hui à 407 parties par million, contre 275 avant le début de la révolution industrielle), même une approche de précaution extrême mettant fin à toutes les émissions de gaz à effet de serre n’aurait pas beaucoup d’effet sur la trajectoire des températures globales ou les impacts climatiques jusqu’à la fin de ce siècle au plus tôt.

Les projections d’élévation du niveau de la mer, par exemple, ne divergent pas vraiment entre les scénarios d’émissions élevées et d’émissions faibles jusqu’à la fin du siècle, et même dans de très faibles proportions. Ce n’est que lorsque les modélisateurs se projettent dans le vingt-deuxième siècle que de grandes différences commencent à apparaître. Il en va de même pour la plupart des autres impacts climatiques, du moins dans la mesure où nous les comprenons.

De nombreux défenseurs de l’action climatique suggèrent que nous subissons déjà les effets du changement climatique anthropogénique sous la forme de phénomènes météorologiques extrêmes et de catastrophes naturelles. Dans la mesure où cela est vrai – et l’effet du changement climatique sur les catastrophes météorologiques d’aujourd’hui est fortement contesté – nous ne pouvons rien faire pour l’atténuer au cours des prochaines décennies.

L’URGENCE D’ADAPTER

Au cours des deux dernières décennies, les discussions sur le risque climatique ont été fortement influencées par les préoccupations concernant le risque moral. L’argument selon lequel les sociétés humaines pourraient réussir à s’adapter au changement climatique risque de saper les engagements pris de réduire suffisamment les émissions pour éviter ces risques.

Mais l’aléa moral va également dans l’autre sens. Sur une planète qui va presque certainement être beaucoup plus chaude, même si le monde réduit ses émissions rapidement, l’insistance persistante pour que les sociétés humaines réduisent ses émissions assez rapidement pour éviter les dangereux changements climatiques risque de nuire à l’urgence de s’adapter.

L’adaptation entraîne des compromis difficiles que de nombreux défenseurs du climat préféreraient ignorer. La richesse individuelle et sociétale, les infrastructures, la mobilité et l’intégration économique sont les principaux déterminants de la vulnérabilité des sociétés humaines aux catastrophes climatiques. Une catastrophe naturelle de la même ampleur entraînera généralement des souffrances bien plus grandes dans un pays pauvre que dans un pays riche. Pour cette raison, les pays pauvres seront les plus touchés par le changement climatique. Mais parallèlement, plus ces pays se développent rapidement, plus ils seront résilients au changement climatique. Toutefois, dans la plupart des régions du monde, le développement nécessite encore de consommer davantage de combustibles fossiles, dans la plupart des cas beaucoup plus.

La plupart des défenseurs du climat ont admis qu’une certaine forme d’adaptation serait une nécessité pour les sociétés humaines au cours de ce siècle. Mais beaucoup refusent de reconnaître qu’une grande partie de cet ajustement devra être alimenté par des combustibles fossiles. Une infrastructure solide – logements modernes, réseaux de transport, etc. – est ce qui rend les personnes résilientes au climat et aux autres catastrophes naturelles. Ce type d’infrastructure nécessite de l’acier et du béton. Et il existe actuellement peu de moyens économiquement viables de produire de l’acier ou du béton sans combustibles fossiles.

Le seuil de deux degrés et les divers budgets de carbone et objectifs de réduction des émissions qui l’accompagnent ont permis de justifier les interdictions de la Banque mondiale et d’autres institutions internationales de développement sur le financement du développement des combustibles fossiles. Compte tenu de l’ampleur des changements climatiques dans notre avenir en raison des émissions passées et du temps requis pour réduire les émissions afin d’atténuer les effets du climat, ce type de politique augmentera presque certainement l’exposition aux risques climatiques pour de nombreuses personnes dans les économies en développement.

DÉLIENS DE DÉPLOIEMENT

Le dévouement continu à la cible des deux degrés a également sapé les efforts de réduction du carbone. En théorie, pour réduire les émissions suffisamment profondément d’ici le milieu du siècle pour limiter le réchauffement à deux degrés, il faudrait déployer aujourd’hui des technologies énergétiques zéro carbone à une échelle sans précédent. Il semblerait que cela priverait d’importants facteurs de décarbonisation progressive, tels que le passage du charbon au gaz aux États-Unis et dans de nombreuses autres régions du monde. La combustion du gaz naturel produit la moitié du carbone par unité d’énergie produite sous forme de charbon en combustion. Mais il ne peut pas décarboniser le secteur de l’énergie assez rapidement pour atteindre l’objectif des deux degrés d’ici 2050.

Pour cette raison, la plupart des défenseurs du climat sont au mieux indifférents au gaz naturel et s’y opposent plus souvent, même si le passage du charbon au gaz naturel a été la plus grande source de réduction des émissions aux États-Unis depuis plus de 10 ans, comme c’était le cas dans le passé. Royaume-Uni au début des années 90.

La cible des deux degrés a également entravé le soutien au développement de meilleures technologies d’énergie propre. Parce que les technologies de nouvelle génération telles que les réacteurs nucléaires avancés, la géothermie avancée et les capacités de capture du carbone ne seront pas prêtes pour une commercialisation à grande échelle avant au moins une ou deux décennies, elles arriveront trop tard pour contribuer de manière significative aux scénarios de stabilisation à deux degrés . À leur tour, de nombreux défenseurs du climat de premier plan ont longtemps fait valoir que la seule action contre le climat digne de ce nom consiste à déployer des technologies zéro carbone actuellement disponibles dans le commerce.

Pourtant, il y a peu de raisons de penser que les technologies zéro carbone existantes sont à la hauteur. Certains modèles prétendent certes que les technologies actuelles d’énergie renouvelable sont capables d’alimenter le réseau électrique et bien au-delà. Mais la forte croissance des énergies renouvelables dans diverses parties du monde semble suivre une courbe en S classique , la part de marché des réseaux électriques stagnant à environ 20% ou moins de la production totale après une période de forte adoption initiale, en raison de la valeur des sources intermittentes de L’énergie éolienne et solaire, par exemple, diminue rapidement à mesure que leur part dans la production d’électricité augmente.

Pendant un certain temps, dans les années 1970 et 1980, les réacteurs nucléaires classiques ont eu de meilleurs antécédents. La France a décarboné 80% de son système électrique avec le nucléaire. La Suède a atteint 50%. Cependant, la technologie nucléaire conventionnelle, qui requiert des gouvernements centraux et des services publics intégrés verticalement, qui construisent, possèdent et exploitent des centrales, a résisté à la libéralisation économique et à la baisse de confiance dans les institutions technocratiques depuis des décennies. En dehors de la Chine et de quelques autres économies asiatiques, peu de pays ont été en mesure de construire de grandes centrales nucléaires de manière rentable au cours des dernières décennies.

Ces limitations continuent de nuire aux efforts de décarbonisation du secteur de l’énergie dans le monde entier. Mais le secteur de l’électricité ne représente qu’environ 20% de la consommation mondiale d’énergie primaire et se révèle relativement facile à décarboniser par rapport aux transports, à l’agriculture, à l’industrie et à la construction. Il existe actuellement peu de substituts viables aux combustibles fossiles dans la production d’acier, de ciment ou d’engrais, ou dans le transport de l’aviation et des transports lourds.

À plus long terme, de meilleures options pourraient être envisagées, notamment des réacteurs nucléaires avancés pouvant fournir de la chaleur aux processus industriels, des technologies de captage du carbone pouvant capter les émissions résultant de la combustion de combustibles fossiles et des combustibles synthétiques à faible émission de carbone pouvant se substituer au diesel et aux carburants d’aviation. Mais tous sont à des décennies d’une application viable. Les technologies nécessaires pour réduire les émissions suffisamment en profondeur pour les stabiliser à deux degrés ne seront pas prêtes à temps. En conséquence, le dévouement continu au seuil des deux degrés a fini par saper à la fois d’importants moyens supplémentaires de réduction des émissions et des investissements à long terme dans le développement et la commercialisation de technologies qui seraient nécessaires pour décarboniser profondément l’économie mondiale.

POINT DE NON RETOUR

Près de 30 ans après que l’ONU a établi le seuil des deux degrés, plus de 80% de l’énergie mondiale provient encore des combustibles fossiles, une part qui est restée pratiquement inchangée depuis le début des années 90. Les émissions mondiales et les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone continuent d’augmenter. La politique climatique, aux niveaux international et national, a eu peu d’impact sur leur trajectoire.

Les défenseurs du climat ont constamment imputé les échecs de la politique climatique au pouvoir politique corrompant de l’industrie des combustibles fossiles. « Marchands de doute » financés par l’industrie», Comme les historiens Naomi Oreskes et Erik Conway les ont surnommés à l’origine, ainsi que de lourdes dépenses politiques, ont stoppé les efforts d’atténuation du changement climatique. Mais ces revendications sont centrées sur les États-Unis. Le scepticisme et le déni climatiques n’ont pas trouvé le même niveau de traction politique en dehors des États-Unis. Exxon et les frères Koch n’ont pas de droit de vote politique au Bundestag, au Comité central chinois ou dans la plupart des pays situés en dehors de Washington. Et pourtant, ces pays n’ont pas plus réussi à réduire leurs émissions que les États-Unis. Au contraire, les émissions des États-Unis ont diminué plus rapidement que celles de presque toutes les autres grandes économies au cours de la dernière décennie.

L’explication alternative est plutôt moins dramatique. La décarbonisation est difficile. Les combustibles fossiles continuent de procurer des avantages substantiels à la plupart des habitants du monde, malgré les conséquences environnementales considérables. Les solutions de remplacement se sont améliorées, mais pas suffisamment pour déplacer l’énergie fossile à des échelles compatibles avec la stabilisation des températures au seuil de deux degrés. Les conséquences d’un tel échec pour les sociétés humaines sont trop incertaines ou trop lointaines dans le futur pour motiver une mobilisationsemblable à celle de la Seconde Guerre mondiale pour déployer des énergies renouvelables ou un prix global du carbone suffisamment élevé pour réduire rapidement les émissions.

Au cours des 20 prochaines années environ, les concentrations de carbone dans l’atmosphère dépasseront presque certainement les 450 ppm, ce qui permettra d’éviter les augmentations de température à long terme supérieures à deux degrés. À ce stade, le seul moyen de rester en deçà de la cible sera soit de retirer le carbone de l’atmosphère à des échelles presque inimaginables, soit de modifier la chimie de l’atmosphère de sorte que les concentrations croissantes de gaz à effet de serre ne conduisent pas à des températures plus élevées. Fonctionnellement, ce moment est déjà arrivé. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, pratiquement tous les scénarios compatibles avec une stabilisation de la température mondiale à plus de deux degrés exigent explicitement des émissions dites négatives au cours de la seconde moitié de ce siècle.

Ces dernières années, l’argument du risque moral utilisé contre l’adaptation a également été utilisé contre la géoingénierie et les technologies d’élimination du carbone. La suggestion selon laquelle il serait possible d’extraire suffisamment de carbone de l’atmosphère pour abaisser les températures globales ou, à défaut, de modifier la composition chimique de l’atmosphère ou des océans de manière à prévenir les fortes augmentations de température, peut-on penser, risque-t-il de nous distraire de la tâche centrale qui consiste à décarboniser rapidement l’économie mondiale. Pourtant, personne ne propose sérieusement de s’engager dans l’élimination du carbone ou la géoingénierie à grande échelle. Nous n’avons pas vraiment compris comment faire le premier, et le dernier comporte une gamme de risques potentiels que nous ne comprenons pas encore parfaitement. Néanmoins, de telles mesures d’urgence pourraient s’avérer nécessaires à l’avenir, même en cas de forte réduction des émissions. Comme dans le cas de l’adaptation, cependant, la double hypothèse selon laquelle la limite des deux degrés reste un objectif plausible et que le changement climatique dangereux peut être évité si nous permettons de le faire, permettrait de mettre en échec même l’argument du risque moral, même pour des appels raisonnables à la recherche publique sérieuse. .

UN CHEMIN PRATIQUE AVANT

À ce stade, s’il existe un argument sur le risque moral, c’est contre le seuil des deux degrés et non de celui-ci. Les humains vont vivre sur une planète beaucoup plus chaude pendant des siècles. L’idée que l’objectif de deux degrés reste réalisable risque de détourner l’attention des mesures que nous pourrions prendre aujourd’hui pour mieux faire face aux changements à venir. Une fois que le monde aura lâché la cible irréaliste des deux degrés, un éventail de politiques concrètes sera beaucoup plus clairement défini.

Nous devrions faire tout ce qui est en notre pouvoir pour accélérer la décarbonisation. Accélérer la transition du charbon au gaz et poursuivre le déploiement des technologies actuelles d’énergie renouvelable réduirait progressivement le risque climatique, même si aucun des deux n’est capable de décarboniser les économies à des taux compatibles avec la réalisation de l’objectif de deux degrés. Dans le même temps, il est important de soutenir ces efforts de manière à ne pas exclure les technologies qui seront nécessaires pour réaliser des réductions d’émissions plus importantes à long terme. Les subventions continues pour les panneaux solaires à faible rendement, par exemple, ont exclu les technologies solaires à rendement élevé du marché des énergies renouvelables. Le gaz bon marché a rendu peu économiques de nombreuses centrales nucléaires, qui ne bénéficient pas du même accès privilégié aux réseaux électriques ou aux subventions directes à la production que l’énergie éolienne et solaire. Avec des parts globales relativement faibles de la production d’électricité, des sources d’énergie variables telles que l’énergie éolienne et solaire risquent de supplanter les options sans émissions de carbone qui seront nécessaires pour décarboniser complètement les réseaux électriques. Et si la décarbonisation en profondeur est l’objectif, des investissements publics beaucoup plus importants seront nécessaires pour développer et commercialiser les technologies d’énergie propre, même s’il est peu probable que ces technologies contribuent grandement aux efforts de réduction des émissions au cours des prochaines décennies.

En attendant, nous devons cesser d’essayer d’équilibrer les budgets d’émissions de carbone de plus en plus parcimonieux qu’entraîne un objectif de deux degrés au détriment des pauvres du monde. Il n’y a aucune justification morale à priver ces populations des avantages d’un développement fondé sur les combustibles fossiles. Les faibles niveaux d’émissions associés à un développement limité ne permettront pas une amélioration significative des extrêmes climatiques pendant plusieurs décennies, alors que les avantages liés au développement rendront ces populations beaucoup plus résistantes aux extrêmes climatiques actuellement.

Enfin, le monde doit s’intéresser sérieusement à la recherche sur l’élimination du carbone et la géoingénierie, ainsi que sur le développement des institutions internationales et des cadres de gouvernance nécessaires à leur utilisation, non par certitude que nous en aurons finalement besoin, mais par le biais de nombreuses précautions.

Dès le début, la politique climatique et le plaidoyer en faveur du climat ont toujours été fondés, parfois explicitement et implicitement, sur l’idée que le changement climatique était un problème qui pouvait être résolu. Le seuil de deux degrés reflète cette impulsion. En réalité, le changement climatique est désormais une condition permanente du présent et du futur humain, une condition que nous réussirons à gérer avec plus ou moins de succès, mais que nous ne résoudrons jamais. La libération des efforts internationaux en matière de politique climatique en raison des diverses contraintes imposées par le seuil des deux degrés ne peut éliminer tous les risques que le changement climatique apportera. Mais cela pourrait nous permettre de mieux les gérer.

Lettre ouverte aux scientifiques et aux spécialistes du nucléaire au service du changement climatique adressée aux chefs de gouvernement des pays du G20

http://environmentalprogress.org/big-news/2018/10/25/open-letter-to-heads-of-state-of-the-g-20-from-scientists-and-scholars-on-nuclear-for-climate-change

Lettre ouverte aux scientifiques et aux spécialistes du nucléaire au service du changement climatique adressée aux chefs de gouvernement des pays du G20

Président Emmanuel Macron

Président de la république française

55 rue du Faubourg Saint-Honoré

75008 Paris, France

CC:

Président Mauricio Macri

L’honorable Scott Morrison

Son Excellence Michel Miguel Elias Temer Lulia

Le très honorable Justin Trudeau

Président Xi Jinping

Son Excellence Donald Tusk

La chancelière Angela Merkel

Premier ministre Narendra Modi

Président Joko Widodo

Président Sergio Mattarella

Son Excellence Shinzō Abe

Président Enrique Peña Nieto

Président Vladimir Poutine

Roi Salman bin Abdulaziz Al Saud

Son Excellence Cyril Ramaphosa

Président Moon Jae-in

Président Recep Tayyip Erdoğan

La très honorable Theresa May

Président Donald Trump

Cher Président Macron,

Nous écrivons en tant que scientifiques, universitaires et citoyens inquiets pour vous avertir de la persistance d’un parti pris antinucléaire dans le récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) visant à empêcher les températures mondiales d’augmenter de 1,5 degrés par rapport aux niveaux préindustriels. [1]

Dans le rapport du GIEC, de nombreux scénarios préconisent une utilisation accrue de l’énergie nucléaire, mais le rapport réitère néanmoins des informations erronées sur l’énergie nucléaire, contrastant avec les énergies renouvelable et, dans certains cas, suggère une équivalence avec les combustibles fossiles.

Les auteurs du GIEC notent que les craintes du public concernant le nucléaire sont un obstacle à sa diffusion, mais à plusieurs reprises, ils renforcent des craintes non fondées.

Veuillez considérer les points suivants:

  • Le nucléaire est le moyen le plus sûr de produire de l’électricité fiable [2] et a permis de sauver plus de 1,8 million de vies qui auraient été perdues prématurément à cause d’une pollution atmosphérique meurtrière [3].

  • Les centrales nucléaires ne produisent que 12 grammes de dioxyde de carbone par kilowatt-heure (kWh) par rapport aux centrales à charbon, centrales au gaz naturel, centrales à la biomasse et parcs solaires produisant respectivement 820, 490, 230 et 48 grammes de CO2 / kWh. tel qu’utilisé dans les propres publications du GIEC. [4]

  • 88% des êtres humains exposés aux rayonnements ionisants sont d’origine naturelle et 12% d’origine humaine, avec seulement 0,04% des émissions des centrales nucléaires [5].

  • Le risque accru de mortalité dû au fait de vivre dans une grande ville, où les concentrations de pollution atmosphérique sont élevées, est 2,8 fois plus élevé que le risque accru de mortalité des travailleurs de la dépollution de Tchernobyl ayant été exposés au plus haut niveau de rayonnement. [6]

  • Les principaux scientifiques spécialistes des radiations s’accordent pour dire que personne ne devrait être déplacé après l’accident de Fukushima Daiichi, car l’évacuation a causé bien plus de dégâts que les radiations qui auraient pu s’échapper de l’usine. [7]

  • Étant donné que la densité énergétique de l’uranium est de un à trois millions de fois supérieure à celle du charbon, les centrales nucléaires requièrent le moins d’intrants en combustible et en matériaux, ce qui leur confère le plus faible impact de toutes les sources d’énergie sur l’exploitation et l’utilisation des sols. [8]

  • Alors que le nucléaire fournissait 11% de l’électricité dans le monde l’année dernière, les énergies solaire et éolienne ne fournissaient que 1,3% et 3,9% [9].

  • En raison de leur nature intrinsèquement intermittente, les sources d’énergie solaire et éolienne se substituent rarement aux combustibles fossiles et doivent être complétées par des combustibles fossiles, des barrages hydroélectriques ou une autre forme de stockage à grande échelle. [10]

  • Selon une étude de 2016 publiée dans la revue Science, le pic de déploiement de l’énergie nucléaire dans le monde a été plus de 10 fois plus rapide que celui du pic de déploiement de l’énergie solaire et éolienne. [11]

Les faits ci-dessus sont essentiels pour situer le rôle du nucléaire dans le contexte et n’ont pourtant pas été inclus dans le rapport du GIEC ou n’ont pas été suffisamment soulignés.

De plus, les auteurs du GIEC ont à plusieurs reprises prononcé des allégations trompeuses concernant l’énergie nucléaire, notamment:

  • Une prétendue démystification de l’étude de 2016 susmentionnée dans Science par le biais d’une étude de 2018 publiée dans une revue [12] avec un facteur d’impact de seulement 10% de celui de Science;

  • La suggestion selon laquelle la construction de nouvelles centrales nucléaires doit être un processus lent [13] malgré les preuves récentes de la possibilité d’installer une capacité nucléaire très rapidement en cas de besoin [11];

  • Une déclaration [14] suggérant un lien entre «installations nucléaires» et «leucémie infantile», et aucune mention de recherche récente révélant une exposition plus importante aux radiations provenant des centrales au charbon et de la fabrication de panneaux solaires que celle provenant de centrales nucléaires [15]. Bien que les auteurs reconnaissent qu’il existe «peu de preuves / peu d’accord» pour étayer leur affirmation, en réalité, il n’existe aucune preuve valable à cet effet et le lien supposé a été complètement écarté dans la littérature [16];

  • Affirmation selon laquelle le nucléaire « peut accroître les risques de prolifération » [17] et que « son utilisation pose un risque permanent de prolifération » [18], même si aucun pays n’a jamais créé d’armes nucléaires à partir de nucléaire en cours d’inspection par l’Agence internationale de l’énergie atomique;

  • Une affirmation selon laquelle le nucléaire a «des effets mixtes pour la santé humaine lors du remplacement des combustibles fossiles» [19], contredite par les nombreuses recherches scientifiques citées plus haut, qui montrent que le nucléaire sauve des vies;

  • Des préoccupations répétées au sujet des déchets nucléaires [20] sans préciser que le combustible usé est confiné de manière sûre, généralement sur place, ni aucune mention de déchets provenant d’autres sources d’énergie à faibles émissions de carbone, y compris les panneaux solaires, qui contiennent des métaux toxiques tels que le plomb, le chrome et le cadmium et qui, dans la plupart des pays, ne disposent ni de stockage sécurisé ni de recyclage. [21]

Une telle peur du nucléaire a de graves conséquences. Comme le GIEC le reconnaît lui-même, les craintes du public face au nucléaire sont à l’origine du développement plus lent que souhaitable de la technologie. [22] La peur panique du public face au nucléaire a également suscité une réaction de panique face aux accidents nucléaires passés, y compris les évacuations massives, qui, selon les experts en matière de santé, ont eu un impact négatif sur la santé humaine bien plus important que les faibles niveaux de radiation qui se sont échappés des centrales. [23 ]

Là où le nucléaire s’est révélé capable de fournir une énergie zéro carbone fiable et bon marché aux grandes économies modernes, de la France au Canada, en passant par la Suède, le solaire et l’éolien, traités plus favorablement par le GIEC, ne l’ont pas été en grande partie, car ils ont de l’énergie. Et lorsque les auteurs de rapports du GIEC proposent des «interventions politiques» pour atténuer les problèmes posés par la montée en puissance des énergies solaire et éolienne, ils ne proposent pas d’interventions politiques similaires pour le nucléaire.

Alors que nous sommes gravement déçus du double standard avec lequel le GIEC a traité le nucléaire et les autres sources d’énergie à faible émission de carbone, nous espérons que vous, en tant que chef de l’État d’une grande économie moderne, pourrez rectifier une telle désinformation par vos paroles et vos actes.

Nous vous encourageons vivement à faire tout votre possible pour défendre le nucléaire et étendre sa part de la production d’électricité, du chauffage et des transports, y compris la production maritime, afin d’atteindre les objectifs étroitement liés de réduction des changements climatiques, de réduction de la pollution et de réduction de la pauvreté.

Signé,

Tom Wigley, scientifique du climat et de l’énergie, Centre national de recherche sur l’atmosphère, Boulder, Colorado

Kerry Emanuel, professeur de science de l’atmosphère, Massachusetts Institute of Technology

David Lea, professeur, sciences de la Terre, Université de Californie

Barry Brook, professeur de durabilité environnementale, Université de Tasmanie

Paul Robbins, directeur, Institut Nelson pour les études environnementales, Université du Wisconsin-Madison

Richard Rhodes, auteur, lauréat du prix Pulitzer, La fabrication de la bombe atomique

Gerry Thomas, professeur de pathologie moléculaire, département de chirurgie et de cancer, Imperial College London

Philip Thomas, professeur de gestion des risques, Université de Bristol

Wade Allison, professeur émérite de physique à l’Université d’Oxford

Joe Lassiter, professeur à la Harvard Business School

Peter H. Raven, président émérite, Jardin botanique du Missouri. Lauréat de la médaille nationale de la science, 2001

Andrew Klein, président sortant de l’American Nuclear Society

Mark Lynas, Alliance pour la science, Université Cornell, auteur, The God Species, Six Degrees

Bill Lee, professeur d’ingénierie nucléaire, Imperial College London et Bangor University, Royaume-Uni

Steven Pinker, Université de Harvard, auteur de Meilleurs anges de notre nature

Michelle Marvier, professeure, Études et sciences de l’environnement, Université de Santa Clara

Tony Roulstone, Département de génie, Université de Cambridge

Martin Lewis, Département de géographie, Université de Stanford

Simon Henry Connell, Département des sciences du génie mécanique, Université de Johannesburg

Joshua S. Goldstein, professeur émérite, relations internationales, université américaine

Malcolm Grimston, auteur de La paralysie dans la prise de décision énergétique, chercheur honoraire à l’Imperial College de Londres

David Dudgeon, professeur titulaire d’écologie et de biodiversité à la Faculté des sciences biologiques de l’Université de Hong Kong

Gwyneth Cravens, auteur de Pouvoir pour sauver le monde

Robert Stone, cinéaste, «La promesse de Pandore»

Myrto Tripathi, Voices for Nuclear, France

Staffan Qvist, co-auteur, Un avenir radieux (PublicAffairs 2019)

Norris McDonald, président, Environmental Hope & Justice

Valerie Gardner, fondatrice de Climate Coalition

Carl Page, co-fondateur de l’Institut Anthropocène

Kirsty Gogan, directrice générale, Énergie pour l’humanité

Michael Shellenberger, Time Magazine «Héros de l’environnement», président Alan Medsker, Environmental Progress

Steve Kirsch, PDG, Token

Rauli Partanen, Société écomoderniste (Finlande)

Société écomoderniste (Pays-Bas)

Sauver notre planète (France)

Kristin Zaitz et Iida Ruishalme, mères pour le nucléaire (États-Unis et Suisse)

Rainer Klute, Nuklearia, Allemagne

Rebecca Lohfert Boas, Ren Energi Oplysning (Danemark)

Amardeo Sarma, cofondateur de Partei der Humanisten, Allemagne

________________

[1] « Réchauffement de la planète de 1,5 degré », GIEC, octobre 2018.

[2] Markandya, M. et Wilkinson, P., « Production d’électricité et santé », Lancet, 15 septembre 2007. Kearns, JO, Thomas, PJ, Taylor, RH, Boyle, WJO, 2012, «Analyse comparée des risques». des systèmes de production d’électricité utilisant le cadre J-Value « , Proc. IMechE Part A: J. Power and Energy, Vol. 226, p. 414 – 426, mai.

[3] Kharecha, PA, et JE Hansen, « Prévention de la mortalité et des émissions de gaz à effet de serre provenant de l’énergie nucléaire historique et projetée », Environ. Sci. Technol., 2013.

[4] Scholenger, S., et al., «Annexe III, tableau A, III.2», Changement climatique 2014, GIEC, 2014.

[5] « Matières radioactives naturelles » , Association nucléaire mondiale, mai 2018.

[6] Smith, J., «Le tabagisme passif, la pollution atmosphérique et l’obésité représentent-ils un risque de mortalité plus élevé que les incidents de rayonnement majeurs? ”BMC Public Health, 2007.

[7] Thomas, P., et al., « Faire face à un grave accident nucléaire », Process Safety and Environmental Protection, novembre 2017.

[8] US Department of Energy, « Quadrennial Technology Review », tableau 10, 2015; Murray, RL et al., L’énergie nucléaire: une introduction, Elsevier (7ème édition), 2007.

[9] « Statistical Review of World Energy », BP, 2018.

[10] Clack, C., et al., « Évaluation d’une proposition d’alimentation en réseau fiable à faible coût avec 100% éolien, hydraulique et solaire », Actes de l’Académie nationale des sciences, 27 juin 2017, Thomas. PJ, 2012, « Les limites de l’énergie éolienne et le coût de la génération en veille », Proc. IMechE Part A: J. Power and Energy, Vol. 226, 514 – 531, juin.

[11] Cao, J. et coll., « Coopération sino-américaine pour faire progresser l’énergie nucléaire », Science, 2016.

[12] Lovins, A., et al., « Taux de déploiement relatifs de l’énergie renouvelable et nucléaire: récit édifiant de deux métriques », Recherche sur l’énergie et sciences sociales, avril 2018.

[13] De Conninck et al.,  » Chapitre 4: Renforcer et mettre en œuvre la réponse mondiale « , 4.3.1.3 Énergie nucléaire, p. 4-19, ligne 23,, GIEC, 2018

[14] Roy, J. et al. « Chapitre 5: Développement durable, éradication de la pauvreté et réduction des inégalités », p. 52, Tableau: Nucléaire de rangée / Nucléaire de pointe, Colonne: Maladie et mortalité, GIEC, 2018

[15] Comité scientifique des Nations Unies sur les effets des rayonnements, «Les expositions à des rayonnements dus à la production d’électricité», Sources, effets et risques des rayonnements ionisants, 2016, 2017.

[16] Pour une revue récente, voir: Janiak, MK (2014). Preuve épidémiologique de leucémie infantile autour des centrales nucléaires. Dose-Response, 12 (3), 349–364. http://doi.org/10.2203/dose-response.14-005.Janiak

[17] Roy, J. et al. «Chapitre 5: Développement durable, éradication de la pauvreté

et réduire les inégalités, ”5.4.1.2 Approvisionnement en énergie: décarbonisation accélérée, p. 5-23, ligne 43, GIEC, 2018

[18] Roy, J. et al. « Chapitre 5: Développement durable, éradication de la pauvreté et réduction des inégalités », p. 5-57, Tableau: Rangée: Nucléaire / Nucléaire avancé, Colonne: Réduire le commerce illicite des armes, GIEC, 2018

[19] Roy, J. et al. « Chapitre 5: Développement durable, éradication de la pauvreté et réduction des inégalités », 5.4.1.2 Offre d’énergie: décarbonisation accélérée, p. 5-23, ligne 44, GIEC, 2018.

[20] Roy, J. et al. « Chapitre 5: Développement durable, éradication de la pauvreté et réduction des inégalités », p. 5-52, Tableau: Rangée: Nucléaire / Nucléaire avancé, Colonne: Maladie et mortalité. , GIEC, 2018

[21] Enbar, N. et al., « PV Lifecycle Analysis », Institut de recherche sur l’énergie électrique, 2016; Weckend, S., « Panneaux photovoltaïques en fin de vie », IRENA, 2016.

[22] De Conninck et al.,  » Chapitre 4: Renforcer et mettre en œuvre la réponse mondiale « , 4.3.1.3 Énergie nucléaire, p. 4-19, ligne 48, GIEC, 2018.

[23] Agence internationale de l’énergie atomique. (2015). L’accident de Fukushima Daiichi: Rapport du directeur général. Vienne, Autriche. Extrait de https://www-pub.iaea.org/MTCD/Publications/PDF/Pub1710-ReportByTheDG-Web.pdf

La question de la rentabilité (du nucléaire)

DR. BJÖRN PETERS
La question de l’énergie – # 62

« La question de la rentabilité »
https://deutscherarbeitgeberverband.de//energiefrage/2018/2018_10_20_dav_aktuelles_energiefrage_62_die_wirtschaftlichkeitsfrage.html

„Die Energiefrage“ no. 62, 20 octobre 2018

de Dr. Björn Peters

« Si l’engagement clair en faveur de l’énergie nucléaire revenait en Allemagne, quelques questions sur l’énergie nucléaire se poseraient. Dans quelle mesure est-il économique compte tenu des projets de construction trop coûteux en Finlande, en Angleterre et aux États-Unis ? Dans quelle mesure les centrales nucléaires modernes sont-elles réellement sûres ? Dans quelles conditions le problème des déchets nucléaires est-il résolu ? Les technologies nucléaires n’ont-elles pas perdu depuis longtemps la course contre les technologies solaires et éoliennes beaucoup plus avancées, tant sur le plan technique qu’économique ? Nous essayons ici de trouver des réponses.

L’énergie nucléaire est-elle vraiment si bon marché ?

L’énergie nucléaire, à environ 20 EUR/MWh, est aujourd’hui l’énergie électrique contrôlable la moins chère en Allemagne, car les centrales électriques sont amorties et les coûts du combustible sont faibles. Cependant, les centrales nucléaires des années 1980 étaient également peu coûteuses à produire, beaucoup moins chères que les nouveaux projets de construction actuels. En effet, les fabricants ont discuté de ce qu’ils avaient appris dans chaque centrale électrique au sein d’équipes interentreprises, afin que la prochaine centrale puisse être construite moins chère, plus rapidement et plus sûrement.
La courbe d’apprentissage a donc été activement suivie, les scientifiques et les techniciens du nucléaire ont travaillé main dans la main pour aider l’énergie nucléaire à réaliser sa percée. Au milieu des années 80, la République fédérale d’Allemagne s’est ainsi dotée d’un réservoir d’ingénieurs supérieurs presque unique au monde, qui ont été confrontés ensemble à plusieurs reprises à des défis similaires. La situation a changé avec l’avènement des « Verts », le mouvement antinucléaire et l’incertitude dans la gestion des rayonnements ionisants après Tchernobyl. Au début des années 1990, l’Allemagne s’est retirée de la recherche nucléaire, les budgets de recherche ont été considérablement réduits, les équipes dispersées et des connaissances précieuses ont été irrémédiablement perdues.
C’est dans cette optique qu’il faut considérer les nouveaux projets de construction en Finlande, au Royaume-Uni et aux États-Unis, qui se caractérisent par des dépassements de budget et de calendrier élevés. Il n’y a tout simplement pas d’équipes d’ingénieurs expérimentés pour construire efficacement de grandes centrales électriques, même aujourd’hui. Inversement, nous en sommes aujourd’hui au tout début de la technologie nucléaire, où elle se situait vers le milieu des années 1960. Seules quelques cellules germinales dotées d’un savoir-faire nucléaire de pointe existent encore, notamment aux Etats-Unis, en Russie et en Chine.
Si nous décidions de revenir à l’énergie nucléaire, nous devrions aller faire du shopping dans l’un des trois pays ou cette connaissance a été reconstruite. Pour ce faire, des réacteurs plus petits, modulaires et de conception moderne, seraient mieux adaptés, qui, outre la production d’électricité, pourraient également être utilisés pour le chauffage urbain et la production de chaleur industrielle à haute température, par exemple pour la production rentable de combustibles synthétiques. Ils pourraient être utilisés pour atteindre des volumes relativement élevés relativement rapidement, ce qui permettrait de s’assurer que la technologie sera développée davantage avec moins de risques pour les investisseurs.
Certaines équipes de développement à travers le monde considèrent qu’il est prometteur de développer des réacteurs nucléaires nécessitant peu d’entretien, qui utiliseront leur combustible une fois pendant 20 ans et nécessiteront ensuite une maintenance. Certaines de ces centrales, comme le réacteur à double fluide, utilisent des composants largement disponibles et pourraient produire de l’électricité pour un à deux cents par kilowattheure – en masse, contrôlable, sans émission et fiable – ou fournir une chaleur peu coûteuse.

Comment construire des centrales électriques sûres ?

Il y a quatre générations de centrales électriques. La Génération I portait sur les réacteurs de recherche du début des années 1960. La génération II (presque toutes les centrales en exploitation aujourd’hui), en revanche, a installé une certaine technologie de sécurité. Dans la Génération III, ce phénomène est tellement développé qu’une fusion du cœur (encore possible) ne peut pas pénétrer vers l’extérieur en raison de mesures techniques de sécurité. Dès 1967, une fusion du cœur a été testée à Jülich sans que personne ne s’en aperçoive en dehors du monde professionnel !
Les centrales de génération IV sont encore meilleures : ici, les processus physiques empêchent la fusion du cœur. La solution élégante pour cela : Les principes physiques arrêtent la réaction nucléaire lorsque le combustible devient trop chaud. Les systèmes passifs qui reposent sur la conduction et la convection de la chaleur sont suffisants pour dissiper la chaleur encore contenue. La possibilité d’une fusion du cœur n’est donc pas une fatalité, mais peut être évitée par une utilisation judicieuse des lois naturelles et des budgets de recherche suffisants.

Comment se débarrasser des déchets nucléaires ?

Le risque de rester assis sur des déchets nucléaires pendant des milliers d’années serait nul si le combustible nucléaire était incorporé dans un liquide au lieu de la technologie actuelle des réacteurs à barres de combustible solides. La raison en est très simple : 1 à 3 % seulement de la matière fissile est utilisée dans les barres de combustible, le reste devant être éliminé à un coût énorme.
Dans les centrales de génération IV+, la fusion du cœur est physiquement impossible et, en même temps, le combustible nucléaire est entièrement consommé, y compris les produits de fission. Ce qui reste alors doit être stocké pendant moins d’un siècle au lieu d’un million d’années. C’est d’ailleurs le concept de « surgénerateur rapide » que l’Allemagne avait déjà développé dans les années 70. En raison de la situation politique en Allemagne, il a été construit en Russie. Un surgénerateur rapide y fonctionne depuis 30 ans, un autre surgénérateur rapide s’y est ajouté depuis quelques années. Ils peuvent également utiliser du plutonium de qualité militaire, qui est disponible à grande échelle en raison des traités de désarmement et qui doit actuellement être stocké à un coût élevé. C’est également intéressant pour la France, le Royaume-Uni et les États-Unis, de sorte qu’il y a des efforts similaires là-bas.

L’énergie éolienne et solaire n’est-elle pas moins chère à long terme ?

Enfin, à l’argument selon lequel l’énergie solaire et l’énergie éolienne ont déjà fait leurs preuves et sont relativement peu coûteuses. Ce n’est pas faux, mais malheureusement trop mal réfléchi. Une économie moderne a besoin d’une énergie maîtrisable que les centrales éoliennes et solaires (CSES) ne peuvent fournir. Il peut maintenant être démontré que les prix de l’électricité sont plus élevés dans les pays où il y a les plus CSES. Ceci est bien documenté pour l’UE, comme le montre le graphique suivant.

Il est facile de comprendre que les coûts du système de production d’électricité augmentent avec l’expansion des CSES, qui dépendent des conditions météorologiques. Les CSES sont connus pour avoir une performance garantie proche de zéro. Afin d’assurer la sécurité d’approvisionnement, des centrales électriques supplémentaires doivent donc être maintenues à disposition, en même quantité que si aucune CSES n’était disponible du tout. Les coûts supplémentaires occasionnés par les CSES sont donc toujours ajoutés aux coûts de production d’électricité. Même si leurs coûts de construction diminuent à long terme – comme tous les observateurs s’y attendent – il y aura toujours un bloc de coûts supplémentaire considérable.
Le fait que les CSES soient une forme décentralisée de production d’énergie est une légende injustifiée, mais qui persiste. Sans CSES, les réseaux électriques peuvent être décentralisés et directionnels. Les centrales électriques sont construits à proximité des consommateurs, et l’électricité provenant des centrales électriques est acheminée à chaque client individuel via les réseaux de transport et de distribution. L’introduction des CSES a entraîné une architecture réseau beaucoup plus complexe et beaucoup plus coûteuse. Les réseaux de distribution doivent être améliorés pour que l’électricité puisse circuler dans les deux sens. Les systèmes solaires sur les toits des maisons produisent régulièrement des surplus qui peuvent être mis à la disposition des voisins. S’ils ne peuvent pas consommer cette énergie solaire, l’énergie solaire doit être transportée par les transformateurs respectifs jusqu’au niveau supérieur suivant du réseau. Comme l’énergie solaire et éolienne peut être produite plus facilement et à moindre coût dans certaines régions que dans d’autres, elles sont installées plus fréquemment dans certaines régions que dans d’autres. En raison de la simultanéité extrêmement élevée de l’énergie solaire et de l’énergie éolienne dans toute l’Europe (ou en Etats-Unis ou en Chine) en raison des conditions météorologiques et astronomique, des lignes électriques doivent être posées à travers le continent afin d’utiliser l’électricité provenant des CSES de manière raisonnable. C’est exactement le contraire de la promesse d’un approvisionnement énergétique décentralisé des CSES, l’une des erreurs les plus graves dans la réflexion sur le redressement du secteur énergétique.
Si un système de production d’électricité peut se passer de producteurs d’électricité dépendants des conditions météorologiques, les centrales thermiques sont toujours régulées de telle sorte qu’elles produisent autant d’électricité que la demande actuelle. Les CSES sont désormais un facteur externe supplémentaire pour le monde des centrales électriques thermiques. Ils n’ont plus seulement à tenir compte de la consommation d’électricité actuelle, mais aussi des fluctuations de l’alimentation des CSES. Ils doivent réagir plus vite, produisant plus ou moins d’électricité. Cela coûte la durée de vie des centrales thermiques. Cependant, à charge partielle, ils ont aussi besoin de plus de combustible par mégawattheure, ce qui rend l’électricité plus sale.
Si ce n’est pas les centrales électriques thermiques mais les centrales de stockage qui prennent en charge l’adaptation de la production d’électricité à la demande d’électricité, l’électricité deviendra encore plus chère d’un ordre de grandeur. La capacité des centrales de stockage requise dans une situation où les CSES dominent la production éléctrique – de l’ordre de centaines de térawattheures – est telle qu’elle ne peut être construite au cours de ce siècle.
Il faut donc comparer les coûts totaux d’un scénario sans centrales éoliennes et solaires (CSES) et d’un scénario avec CSES. Avec CSES, les coûts d’électricité doivent toujours être plus élevés sans eux. C’est pourquoi la recherche d’alternatives peu coûteuses, afin de s’en sortir autant que possible sans CSES, est l’exigence de l’heure.

L’énergie nucléaire, la solution la plus convaincante à la question énergétique

Cela montre que l’énergie nucléaire pourrait avoir une grande justification technique et économique pour un approvisionnement énergétique à faible coût. Ce qui manque, au moins en Allemagne, c’est le courage de parier à nouveau de cela. Le fait que l’énergie nucléaire en Allemagne soit souvent considérée comme une idée peu pertinente ne s’y oppose pas. Si nous n’étions pas capables de repenser les décisions que nous avons prises, toujours, nous brûlerions des sorcières aujourd’hui. »

Doit-on autoriser le Mouvement « Nuclear Pride » ?

Anna Veronika Wendland,auteur invité / 16.10.2018 / 06:29 / Photo: Pixabay/

https://www.achgut.com/artikel/nuclear-pride_bewegung_duerfen_die_ddas

Traduction automatique :

Pour la première fois depuis longtemps, les questions de politique énergétique sont à nouveau à l’ordre du jour cet automne. Dans la forêt de Hambach, les écologistes militants, RWE et les autorités de l’État s’opposent de manière irréconciliable. Les fédérations environnementales BUND et Greenpeace se filent en Rhénanie pour menacer chaque arbre et menacent de quitter la commission du charbon.Entre-temps, ils ont obtenu une chambre de compensation devant le tribunal. Dans le même temps, la Cour des comptes fédérale de Berlin fournitau gouvernement un témoignage dévastateur dans son dernier rapport Energiewende.

En conséquence, la transition énergétique allemande, en dehors de la décision de déclassement nucléaire, n’a atteint aucun de ses objectifs qu’elle s’est elle-même fixés. Il n’ya aucun moyen de mieux protéger l’environnement et les paysages: les parcs éoliens et les monocultures de biomasse causent de graves dommages écologiques aux paysages culturels matures. BUNDist et Greenpeacer ne se jettent pas devant les scies à chaîne de l’industrie éolienne, car on sait qu’un hambi est plus précieux qu’un arbre anonyme, quelque part, victime d’un parc éolien. La transition énergétique à l’allemande n’est pas non plus un moyen de protéger le climat: les objectifs auto-imposés par l’Allemagne en matière de CO2 n’ont pas été atteints. Ce n’est pas une voie vers une alimentation électrique sécurisée: une alimentation irrégulière et une suppression pièce par pièce de l’énergie sécurisée provoquent une instabilité croissante dans nos réseaux électriques.

De plus, la transition énergétique n’est aujourd’hui ni économique ni sociale.Les plus de 30 milliards d’euros de consommation annuelle d’électricité et les mesures financées par les taxes ne contribuent guère à la sécurité de l’approvisionnement en électricité. Les fossiles et les capacités nucléaires restantes sécurisent nos réseaux et créent l’illusion que c’est un mérite des énergies renouvelables. Pendant ce temps, les prix de l’électricité continuent d’augmenter.

Qui a appelé « l’énergie nucléaire, non, merci! », Got brown coal

Qui « nucléaire »? Non merci! « Cria et intervint, reçut comme récompense le lignite, qui est maintenant si violemment protesté. Mais ceux qui ne veulent pas parler de la centrale nucléaire de RWE dans le Emsland devraient rester silencieux sur le sujet de RWE dans la forêt de Hambach. La centrale nucléaire pourrait sauver la forêt. Mais ce n’est pas voulu. Emsland quittera le filet d’ici 2022 au plus tard en raison de la législation allemande sur la panique post-Fukushima. Ainsi, l’interdiction politique d’une énergie nucléaire sûre, à faible émission de polluants et à faible émission de carbone ouvre la voie à un autre approvisionnement en électricité, sûr et bon marché – mais non propre -. C’est ce lien qui est systématiquement passé sous le tapis par notre mouvement environnementaliste classique et sa représentation parlementaire, les Verts.

Maintenant, le lignite devrait disparaître, pour des raisons de protection du climat car – mais une autre performance sûre et propre n’est pas en vue, ainsi que des technologies de stockage d’énergie abordables et rapidement mises en œuvre.Secrètement, le gouvernement fédéral flirte déjà avec le gaz naturel russe comme stratégie de sortie. Avant de risquer un effondrement du réseau, elle préfère entraîner notre pays dans de nouvelles dépendances fossiles.

Tout cela ne peut pas être réconcilié avec les objectifs climatiques allemands en raison du passage de notre industrie électrique au fossile. Cependant, notre gouvernement sous la forme du ministre fédéral de l’Environnement, même dans le cadre de son propre horizon de raisonnement, ne cache pas les faits qui ne rentrent pas dans le schéma « Renewable Rescue Us ». Cela inclut systématiquement le non-respect des parties des rapports d’ évaluation de l’évaluation du climat du GIEC qui seraient autrement révélatrices , dans lesquelles l’énergie nucléaire est considérée comme l’une des solutions permettant d’atténuer ce que l’on pense être un changement climatique lié au CO2 (voir le chapitre 4 du dernier rapport spécial, page 4). 19).

On s’appuie constamment sur le fait que les approches novatrices en matière de réduction de CO2 dans les industries (toujours) nationales ne disposant pas de groupe électrogène à haute densité énergétique ne sont pas disponibles. Par exemple, si vous souhaitez réutiliser le CO2 produit dans la fabrication de l’acier ou remplacer la réduction du carbone dans la production d’acier parla réduction de l’ hydrogène , la puissance requise pour produire l’hydrogène requis est énorme.

Maintenant, vous construisez le réacteur à haute température en Chine

Dans ce contexte, l’électrolyse, ou plus précisément, l’utilisation du surplus d’électricité provenant de la surproduction non planifiée d’éoliennes liée aux conditions météorologiques pour obtenir des sources d’énergie stockables, telles que l’hydrogène, est amenée à plusieurs reprises sur le terrain. Toutefois, on ne discute pas du fait que la capacité éolienne est depuis longtemps insuffisante pour répondre aux besoins d’une aciérie à faible émission de carbone dotée de fours à arc et de réduction de l’hydrogène, et que, pour les besoins industriels à grande échelle, le pays tout entier dispose de parcs éoliens et d’industries de stockage et de conversion (inexistantes). aurait à paver. Une solution beaucoup plus compacte et élégante à ce problème consisterait à utiliser un réacteur à haute température.Mais cette technologie est maintenant mal vue en Allemagne, où elle a été considérablement développée.Maintenant, vous construisez le réacteur à haute température en Chine.

En d’autres termes, la matrice imposée par le haut – l’énergie nucléaire doit rester silencieuse à tout prix et les solutions ne doivent être que «renouvelable» – complique, ralentit et augmente le coût même des processus de transformation qu’on préconise.Jusqu’à présent, jusqu’à ce que l’industrie en cause quitte le pays en proie à la confusion. Ou les aides d’État toujours nouvelles, sans lesquelles de tels projets ne peuvent être réalisés, l’air de la population qui finance tout cela.Même les partisans de l’approche du changement climatique devraient remarquer cette contradiction interne avec le temps.

Cette situation suscite maintenant un grand malaise chez de nombreux citoyens et professionnels, et certains commencent à repenser à l’énergie nucléaire que nous avons chassée avec brio du pays. Mais la plupart des gens hésitent à sortir: ceux qui s’aventurent hors de danger risquent quelque chose de leur vie politique, scientifique ou humaine. Un lobby du renouveau bien organisé et un journalisme principalement axé sur les reportages antinucléaires insultaient des personnes telles que les intransigeants ou les populistes de droite.

L’énergie nucléaire est-elle « juste »?

Mais le nucléaire est-il même « correct »? En fait, il est le temps après elle a commencé comme un tigre gauche progressiste et favori des libéraux sociaux, débarqua comme tapis bräsig-conservateur dans la réalité ouest-allemande. Les centrales nucléaires ont été au fil du temps une partie peu spectaculaire de nos zones rurales – pas exactement accueillie avec enthousiasme, mais généralement acceptés: Ils ont apporté de bons impôts d’affaires. Mais ils ont vraiment été soutenus par les autruches, les arnaqueurs et les kohls de ma jeunesse.L’énergie nucléaire n’était absolument pas cool pour nous. Nous, les partisans de la veste en daim, nous y sommes évidemment opposés.

Mais nous n’étions pas dans la majorité, c’est pourquoi nous étions occupés à manifester devant les barrières de la centrale électrique, alors que les usines détestées soufflaient stoïquement leurs mégawatts dans les filets et que leur personnel se mettait au travail sous nos sifflets. Quels étaient ces moments!L’AfD voudrait y retourner sans trop de migration, de climat et de Gendergedöns, et par souci de complétude, il en va de même pour l’énergie nucléaire. Et les Verts et la gauche d’aujourd’hui pensent à leur propre héros dans les combats de Brok et de Wackersdorf. Vous voulez aussi que la photo reste comme ça. À gauche, les adorateurs du vent et du soleil, qui préfèrent au final un renoncement et un manque d’économie plus qu’une aciérie à faible émission de CO2. Droit l’état nucléaire et le capitalisme nucléaire.

Mais au-delà de ces fronts du passé, un groupe coloré de personnes s’ouvre pour combler les tranchées. Il y a encore des personnes en Allemagne qui brisent le Redetabu sur l’énergie nucléaire – mais ne viennent pas « de la droite ». Ce sont des scientifiques et des philologues, des philosophes et des techniciens. Des gens qui se situent dans le spectre des progressistes écologiques et qui sont en faveur de repenser la sortie du nucléaire. Ils le font parce qu’ils ont changé leurs anciennes croyances en processus d’apprentissage et qu’ils veulent rediscuter de la solution nucléaire en raison de la transition énergétique ratée et des défis posés par la pollution atmosphérique, la croissance démographique et le changement climatique .

Aux côtés des conservateurs et des libéraux, qui ont toujours considéré l’utilisation de l’énergie nucléaire comme une chose sensée, ils s’abstiennent de l’argument du climat. et font valoir que, compte tenu de la soif de pouvoir d’une société industrialisée en développement 4.0 et de la promesse d’un développement prometteur pour les sociétés de l’hémisphère sud, une économie énergétique mondiale basée uniquement sur les énergies renouvelables ne serait pas réalisable. Ils font valoir que l’énergie nucléaire est une forme d’approvisionnement en électricité techniquement mature, peu invasive et peu polluante, et que des technologies nucléaires avancées, telles que des réacteurs au sel fondu ou au thorium intrinsèquement sûrs, pourraient faire beaucoup plus que produire de l’électricité: le chauffage urbain Fournir de la chaleur résidentielle et industrielle pour la synthèse du combustible, générer des radionucléides à usage médical et utiliser les déchets nucléaires . L’énergie nucléaire n’est pas consommée dans cette perspective non plus.

« Fierté nucléaire » -fest sur la Marienplatz de Munich

Le 21 octobre, ces initiatives se présenteront à la Marienplatz, à Munich, lors du « Nuclear Pride Fest », pour discuter avec les citoyens et nouer des contacts. L’analogie avec le mouvement de « fierté » des homosexuels discriminés est recherchée: on veut sortir de la zone de tabous et d’interdictions légales.L’événement est parrainé par la Nuclear Pride Coalition , une coalition paneuropéenne d’initiatives qui s’opposent à l’obscurantisme religieux et écologique, aux pseudo-sciences et à la primauté des preuves scientifiques pour décider des problèmes à venir. En Allemagne, le nucléaire se mobilise avant tout pour l’événement, une petite association, mais de plus en plus respectée, qui participe au ré-alphabétisation nucléaire de l’Allemagne en tant que pays en développement.

Ce que quelque chose a commencé à bouger, montrent les attaques féroces de ces initiatives. Pendant longtemps, l’ancien mouvement organique allemand a été la seule maîtresse du discours sur l’environnement. Parce que vous avez déjà réalisé la sortie du nucléaire chez vous, vous contribuez depuis quelque temps – avec le soutien de WDR et d’ARD – à des campagnes de peur contre les centrales nucléaires belges , ou vous vous êtes engagé à ne remplacer que le lignite et les nouvelles lignes électriques. Il est indispensable de diluer le « Besetzis » militant dans le « Hambi » . Il appartient aux opérateurs de réseau de s’inquiéter de savoir si l’Allemagne doit quitter simultanément toutes les performances sécurisées, sans solutions, lignes et réserves de stockage prévisibles pour les journées sombres (ou, comme cet été, chaudes) sans vent.

Cette souveraineté discursive est maintenant terminée – et les réactions ne se sont pas fait attendre. Fidèle à la règle de Gandhi selon laquelle un nouveau mouvement est d’abord ignoré par l’establishment, puis ridiculisé puis combattu, les adeptes de l’énergie douce sont venus combattre. Ils ne craignent pas non plus les attaques sexistes et les dénonciations sales contre les représentants de l’initiative; L’auteur de cet article l’a appris personnellement.Parce que s’il s’agit du tout, comme on le sait, tout est permis, même les manières de parler, qui sont toujours heureuses d’être identifiées dans ce spectre comme un problème de l’autre, le « droit ». Pour la bonne cause peut également être jeté avec des matières fécales, que ce soit dans la forêt Hambacher ou sur Facebook.

Même les murs du discours ne sont pas éternels

Dans cette zone de combat, les écomodernistes se déplacent avec légèreté, joie de vivre et s’abusent d’eux-mêmes. Ils se présentent avec une sorte d’iconographie hippie, de satire (nuklearia …) et de slogans rapides, qui rappellent encore plus les verts sombres et le vieil Antis. Ce n’est pas l’adversaire de cette époque. De légères accusations selon lesquelles il s’agirait de «l’industrie nucléaire» dans l’usine en décomposition s’écroulent face à la réalité des anciennes sociétés nucléaires, qui agissent comme si leurs ingénieurs, dans les grands villages de huttes solaires, grandissaient. Les Dark Greens sont arrivés depuis longtemps dans l’État, les élites et les économies, mais ils surveillent avec impatience leur mythe de Stromrebellen. Cela les agace d’autant plus que, d’un côté inattendu, des rebelles de l’énergie nucléaire apparaissent soudainement.

Il est certain que le nucléaire de demain sera différent de ce que nous voyons aujourd’hui dans la province allemande.Mais si elle doit disparaître – c’est une question ouverte. Les murs ne sont pas centenaires, simplement parce qu’un Honecker prétend l’année précédant la chute du mur. Les murs du discours allemand, la majorité allemande et la loi allemande sur l’énergie atomique ne font pas exception.

Dr. Anna Veronika Wendland est historienne des technologies de l’Est et de la technologie à l’Institut Herder de recherche historique sur l’Europe du Centre-Est à Marburg. Elle étudie l’histoire et le présent de la technologie nucléaire et de la sécurité des réacteurs. Cet article est la forme révisée et mise à jour d’un article publié par les « chroniqueurs de salons ».

Pourquoi la tarification du carbone dans certains pays a-t-elle plus de succès que dans d’autres?

https://ourworldindata.org/carbon-pricing-ppopular

En français

Le prix du carbone est l’outil économique le plus efficace pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur l’atténuation du changement climatique mondial. Alors que les taxes sur le carbone et les systèmes d’échange de droits d’émission sont des instruments politiques essentiels pour l’atténuation du changement climatique, le niveau des prix du carbone varie considérablement et la couverture des émissions est insuffisante pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Pourquoi la tarification du carbone dans certains pays a-t-elle plus de succès que dans d’autres?

Ce poste 1 est basé sur une nouvelle étudedans Nature Climate Change , 2 publié la semaine dernière et par le co – auteur d’ un d’ entre nous. Nous identifions l’acceptabilité politique comme le plus grand défi pour l’adoption et la préservation de systèmes ambitieux de tarification du carbone. Les enseignements tirés de l’économie comportementale et de la science politique montrent comment la conception des réformes de la tarification du carbone et l’utilisation des revenus pourraient être peaufinées pour améliorer leur acceptabilité par le grand public. Nous soutenons que la redistribution des revenus de la tarification du carbone sous la forme d’un dividende carbone régulier est l’option la plus prometteuse pour améliorer l’acceptabilité politique, bien que d’autres manières d’utiliser les revenus puissent être appropriées dans certaines circonstances.

Prix du carbone: leur raison d’être, leur propagation et leur ambition

Les changements climatiques devraient avoir des conséquences environnementales et économiques importantes pour les générations actuelles et futures 3 . Les marchés ne tiennent pas compte des coûts et des risques des activités économiques à forte intensité d’émissions – les émissions de carbone sont trop bon marché. Les économistes s’accordent à dire que fixer un prix au carbone pour internaliser les coûts sociétaux des émissions est le moyen le plus efficace d’atteindre les objectifs d’atténuation mondiaux et de prévenir un changement climatique désastreux 4 . La justification de la tarification du carbone est simple: la tarification du carbone rend plus coûteuses la production et la consommation à forte intensité de carbone et incite les acteurs économiques à se tourner vers des solutions moins polluantes – par exemple, passer de la production d’électricité à base de charbon aux énergies renouvelables . 5 ,6 , 7 L’effet d’atténuation de la tarification du carbone varie selon les secteurs et devrait être plus modeste là où des exonérations fiscales sont en place.

Pour mettre en place un système de tarification du carbone, le gouvernement peut percevoir une taxe sur le carbone ou mettre en place un système d’échange de droits d’émission basé sur des permis. Les taxes sur le carbone sont explicites dans la création d’un prix fixe pour le carbone afin d’inciter les réductions d’émissions. Les systèmes d’échange de droits d’émission garantissent que les émissions de l’ensemble de l’économie sont maintenues en deçà d’un certain niveau, le «plafond d’émission», permettant au marché de fixer le prix du carbone approprié.

La tarification du carbone présente l’avantage d’être un correctif ciblé grâce auquel nous pouvons éviter d’interdire certaines activités économiques dans son ensemble et qui, dans l’idéal, ne créera pas d’autres distorsions du marché. En outre, les prix du carbone génèrent des revenus pour le gouvernement, qui peuvent être utilisés pour augmenter les dépenses vertes, compenser les industries et les communautés touchées, ou encore être redistribués au public.

Cependant, si la tarification du carbone est nécessaire pour la décarbonisation, elle ne sera pas suffisante. D’autres défaillances du marché, telles que des retombées en recherche et développement, doivent être traitées avec des instruments ciblés. Des interventions publiques sont nécessaires pour transformer les infrastructures existantes, par exemple dans les secteurs de l’électricité et des transports. En outre, des études sur le comportement humain suggèrent que les augmentations de prix des produits à forte intensité de carbone ne seront pas suffisantes pour inciter les consommateurs à s’éloigner de certains modes de vie à forte intensité d’émissions. En réalité, la rigueur de la tarification du carbone est parfois compromise pour compenser certaines industries à forte intensité d’émissions et exposées au commerce, par l’attribution gratuite de permis ou par la mise en place de droits de douane sur les importations de produits à forte intensité d’émissions. Alors que les prix du carbone se répandent dans le monde entier, les préoccupations concernant la compétitivité devraient s’atténuer,

Au cours de la dernière décennie, la tarification du carbone a été de plus en plus intégrée dans les politiques climatiques nationales ou infranationales à travers le monde. La carte ci-dessous montre cela pour les pays du G20, qui sont responsables d’environ 80% des émissions annuelles de CO 2 dans le monde . Au total, 51 systèmes de tarification du carbone ont été mis en œuvre ou sont en cours de mise en œuvre (au moment de la rédaction). 25 d’entre eux se présentent sous la forme de systèmes d’échange de droits d’émission (« ETS » sur la carte), principalement introduits au niveau infranational, et 26 sous la forme de taxes sur le carbone, principalement mises en œuvre au niveau national. Parmi les pays qui ont déjà soumis leurs contributions déterminées à l’Accord de Paris, 88 ont déclaré leur intention de mettre en œuvre la tarification du carbone dans le cadre de leurs politiques climatiques nationales.

Figure 1: Adoption de la tarification du carbone dans les pays du G20 – Avec l’aimable autorisation de MCC Berlin , voir aussi Edenhofer et al. (2017 ) 8

Les prix du carbone varient considérablement entre les systèmes existants. Des exemples de réussite tels que celui de la Suède – dont le prix du carbone le plus élevé au monde est de 139 USD / tCO 2 9 – montrent qu’il est effectivement possible de faire fonctionner la tarification du carbone: Alors que l’économie suédoise a connu une croissance de 60% depuis l’introduction de la taxe suédoise sur le carbone en 1991, les émissions de carbone ont diminué de 25%. 10 Cependant, le prix du carbone dans la plupart des systèmes reste inférieur à 10 USD / tCO 2 .

La Commission de haut niveau sur les prix du carbone (2017) estime que, pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, un prix du carbone de 40 à 80 USD / tCO 2d’ici 2020 doit atteindre 50 à 100 USD / tCO 2 d’ici 2030 (lorsque combiné avec d’autres politiques). 11 Actuellement, moins de 20% des émissions mondiales actuelles de gaz à effet de serre sont couvertes par un prix du carbone et la plupart des prix sont inférieurs à la fourchette de 40 à 80 USD / tCO 2 . Même si les systèmes de tarification du carbone se répandent, leur envergure et leur ambition mondiales ne sont pas encore compatibles avec les réductions d’émissions nécessaires.

Comment des politiques de prix du carbone plus ambitieuses peuvent-elles être introduites? Dans leurs nouvelles recherches, s’inspirant des connaissances récentes des sciences du comportement et des sciences politiques, Klenert et al. (2018) suggèrent que la manière dont les revenus de la tarification du carbone sont dépensés joue un rôle important dans la détermination du succès d’une initiative de tarification du carbone. Les recettes mondiales de la tarification du carbone sont déjà substantielles (33 milliards USD en 2017 13 ) et devraient augmenter à l’avenir. Leur utilisation joue donc un rôle majeur dans la perception du public sur la tarification du carbone.

Pourquoi la tarification du carbone est impopulaire et que faire à ce sujet

Les facteurs liés à la perception du public d’une réforme de la tarification du carbone, tels que l’importance des avantages, la vision culturelle du monde ou la confiance générale accordée aux politiciens, aident à expliquer pourquoi certains systèmes de tarification du carbone sont actuellement (non) populaires. Nous résumons les enseignements tirés de la science politique et de l’économie comportementale sur la manière de rendre la tarification du carbone plus attrayante pour le public.

Figure 2: Prix du carbone, confiance du public et corruption perçue. 14

La science politique fournit deux informations principales sur la tarification du carbone: Premièrement, une tarification du carbone ambitieuse est souvent corrélée à une confiance politique élevéeet à des niveaux de corruption faibles (voir la figure 2). Des études transnationales indiquent que les pays où la méfiance du public à l’égard des politiciens et de la corruption perçue sont persistantes ont des politiques climatiques plus faibles et des émissions de gaz à effet de serre plus élevées. 15 , 16 Cela est illustré par la Finlande, la Norvège, la Suède et la Suisse, qui affichent toutes un niveau de confiance élevé et sont actuellement les seuls pays dont le prix du carbone dépasse 40 $ / tCO 2 . Si la confiance est faible, les revenus devraient donc être recyclés en utilisant une stratégie transparente, renforçant la confiance, pour améliorer son acceptabilité.

Deuxièmement, une réforme politique aura plus de chances de réussir si ses coûts sont répartis et ses avantages concentrés. Le problème avec la tarification du carbone est qu’elle a tendance à avoir des avantages diffus et des coûts concentrés, de sorte que les bénéficiaires dispersés de la politique sont moins susceptibles de la soutenir dans le processus politique que les entreprises à forte intensité de carbone ne s’y opposent. Les chances de réussite sont meilleures si les avantages de la réforme de la tarification du carbone sont concentrés sur les mandants qui soutiendront activement le passage et la préservation de la politique. 17 En outre, les systèmes de tarification du carbone sont plus susceptibles de survivre aux changements partisans successifs au sein du gouvernement , si elles bénéficient des circonscriptions à travers le spectre politique.

La science comportementale a quatre effets majeurs sur l’acceptabilité des réformes de la tarification du carbone.

  • la volonté de payer pour atténuer les changements climatiques dépend en grande partie de la vision du mondepolitique, économique et culturelle . Déclencher « l’aversion pour les solutions » – la tendance des citoyens à être plus sceptiques à l’égard des problèmes environnementaux si la solution politique remet en question ou contredit les prédispositions idéologiques sous-jacentes – doit être évitée;
  • les citoyens ont tendance à ignorer ou à douter de l’effet correctif (« Pigouvian » 18 ) de la tarification du carbone, mais peuvent être atténués si les recettes sont affectées à un objectif spécifique, tel que les dépenses vertes ou les transferts aux ménages défavorisés;
  • l’ étiquetage du prix du carbone peut modifier la perception de son opportunité. Quelque chose d’aussi simple que de réétiqueter un prix du carbone comme une «  taxe sur le CO 2« , comme cela se fait en Suisse et en Alberta, ou parler de « taxe et dividende », pourrait contourner l’aversion pour la solution et rendre la mesure plus acceptable pour les citoyens;
  • accroître la pertinence des avantagesdécoulant d’une réforme de la tarification du carbone améliore l’acceptabilité, de sorte qu’un recyclage visible des revenus peut être conseillé. Certaines méthodes de recyclage, telles que les transferts aux ménages ou les investissements publics, pourraient être plus visibles pour le public que les réductions d’impôts, par exemple.

Ces leçons politiques et comportementales peuvent aider à faire de la tarification du carbone un plus grand succès politique. Il est généralement recommandé de s’assurer que les avantages sont saillants, d’éviter l’aversion pour les solutions et d’assurer la transparence et une communication claire pour peaufiner la conception d’un nouveau système de tarification du carbone. En effet, recycler les revenus de la tarification du carbone sous forme de dividendes forfaitaires est généralement une bonne stratégie: les dividendes forfaitaires sont très saillants, créent des éléments en faveur de la politique climatique et pourraient également être favorables dans des climats politiques marqués par l’aversion pour les solutions ou le manque de confiance politique. . Cependant, les responsables politiques devraient tenir compte de manière particulière de la situation économique et du climat politique: pour certains pays, les transferts écologiques, les transferts ciblés, les réductions d’impôt ou des stratégies de recyclage mixtes pourraient constituer un meilleur ajustement. 19

Systèmes de tarification du carbone dans le monde réel

En réalité, nous observons des stratégies mixtes pour dépenser les revenus de la tarification du carbone, voir la figure 3 pour un aperçu du recyclage des revenus dans différents régimes de taxe sur le carbone. Cependant, les initiatives réussies de tarification du carbone ont conçu le recyclage de leurs recettes conformément à au moins certains des effets politiques et comportementaux présentés.

Le succès de la taxe sur le carbone imposée par la Suède, au niveau mondial, peut être en partie dû à un dialogue public approfondi et à des délibérations sociales, qui ont peut-être renforcé la confiance politique et la transparence avant la réforme fiscale introduisant la taxation du carbone.

Les recettes de la «taxe sur le carbone» couronnée de succès en Alberta sont réparties entre les dépenses vertes et la compensation pour ceux qui sont affectés de manière disproportionnée par la tarification du carbone, illustrant ainsi les enseignements tirés en matière d’étiquetage et la méconnaissance de la tarification pigouvienne.

La Colombie-Britannique, où toutes les recettes de la taxe sur le carbone vont aux ménages et aux entreprises, a créé de puissants groupes favorables à la tarification du carbone. Soutenu à la fois par un électorat soucieux de l’environnement et par le monde des affaires, le gouvernement de centre droit a été en mesure de concevoir une réforme de la taxe sur le carbone bénéficiant d’une large acceptation politique.

Le système australien de tarification du carbone fournit un récit édifiant. Introduite en 2012, la stratégie de recyclage a été conçue « selon les règles du livre », en tenant compte des considérations sur l’équité et l’efficacité. Toutefois, en raison de problèmes de crédibilité politique, de manque de récit convaincant et d’un débat public trop centré sur les détails techniques, la tendance s’est rapidement inversée face au prix du carbone australien dans le climat politique alors agressif. Le système a été aboli en 2014, démontrant ainsi qu’une conception du prix du carbone qui répond aux objectifs d’équité et d’efficacité n’est pas suffisante, alors que la politique et la communication politique revêtent une importance cruciale.

Figure 3: Recyclage des revenus dans les régimes de taxe sur le carbone du monde réel. 20

Conclusion

À la lumière de l’écart actuel entre les prix réels du carbone et ceux nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques mondiaux, les enseignements tirés des sciences du comportement et de la science politique peuvent aider à concevoir des systèmes de tarification du carbone plus acceptables pour le public.

Notre recherche a révélé que le recyclage des revenus sous forme de dividendes forfaitaires répond à la plupart des obstacles politiques et comportementaux. Cependant, il n’existe pas de solution «universelle»: dans certains climats politiques, d’autres méthodes de recyclage, telles que les dépenses vertes, les transferts ciblés ou les réductions d’impôts pourraient être plus appropriées. En réalité, nous avons généralement des stratégies de recyclage mixtes. En fin de compte, concevoir des mécanismes de recyclage des revenus tenant compte des connaissances comportementales et conformes au contexte politique peut contribuer à faire de la tarification du carbone un succès politique.