France Télevision est en guerre contre la lutte climatique française »

Les journalistes, parfois inspecteurs des travaux finis, auront bientôt l’air malin ! Alors que ENGIE fait des pieds et des mains pour développer les énergies fossiles aux dépends de l’EPR, ce dernier s’annonce enfin comme une pleine réussite.
Une cuve et une enceinte en béton encore 10 fois plus sûre que celles des réacteurs actuels, une productivité encore 15 % meilleure, les Français vont bientot réceptionner leur cash-machine.
En 60 ans l’EPR produira 740 TWh ! soit 14€/MWh (1,4 cent/kWh, hors externalités) et bien moins encore en Chine…

Et i

maginez combien après prolongation à 80 ou 100 ans.
Seuls les Chinois ont fait plus vite et se réjouissent de mettre à Taïshan les dernières touches à ce gros bijou de technologie, le plus sûr et le plus puissant que l’humanité ait jamais conçu. Tel une forteresse mettant progressivement à l’abri les citoyens inquiets d’une possible crise pétrolière. Tel l’A380, il est un peu en avance sur les besoins; sur les volontés de renoncer au gaz fossile bon marché, mais on espère en vendre autant que les 331 unités de l’avionneur ! En effet le climat est un défi sans précédent : il nous reste 75 ans pour stabiliser le climat en divisant les émissions de CO2 par 3 alors que la population va presque doubler avant de finalement décroître.
En conclusion : tous les feux sont au « vert » pour que l’EPR produise une électricité propre (décarbonée, avec 10 fois moins de mines, 10 fois moins chère que les ENR intermittentes avec leur stockage induit, dont les pollutions sont définitivement confinées, et qui réduit les tensions géopolitiques mondiales dans le domaine des hydrocarbures)
Greenpeace refusera de comprendre cela tant que ses donateurs ne lui montreront pas le chemin.
Donc France Télévision également.
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Réchauffement : une étude de piètre qualité qui pretend réduire de 45% les prévisions du GIEC

Stratégie du doute, nouvelle offensive.

https://www.dreuz.info/2018/05/19/rechauffement-une-nouvelle-etude-scientifique-reduit-de-45-les-previsions-catastrophes-du-giec/

1) les deux périodes comparées sont très courtes : 9 ans et 13 ans.
Pour avoir des données représentatives du climat, il faut moyenner sur plusieurs décennies. On prend généralement 30 ans, voire plus.

2) l’effet du CO2 s’effectue lentement, l’océan et la cryosphère
imposent leur grande inertie. C’est donc dans plusieurs décennies qu’on aura le plein effet de la concentration actuelle de CO2, même si on réussissait à l’empêcher d’augmenter à partir de maintenant.

Donc, comparer les variations de températures et de concentration de CO2 aux mêmes dates pour ces deux variables n’a aucune valeur scientifique. Et cette comparaison est d’autant moins pertinente que les taux d’accroissement du CO2 étaient très différents à ces deux périodes.

Rien de surprenant de la part de #JudithCurry. Elle cherche surtout à faire parler d’elle. @curryja

https://t.co/Fr0h1CAALW

TESLA UK : Quelques remarques sur l’usage des batteries dans le réseau

1) Le projet de Tesla au Royaume Uni est semble-t-il identique en dimensionnement à celui que Tesla a mis en service fin 2017 en Australie du sud pour stabiliser le réseau. Il sert essentiellement à faire du réglage primaire et marche très bien du fait de la rapidité de réaction des batteries. Au-delà de motifs de sécurité du réseau, l’intérêt de ces batteries peut également être économique si elles permettent de se substituer au réglage primaire apporté par des moyens pilotables qui, de ce fait, peuvent fonctionner en base à 100 % de leur puissance (et non 95 %) pour améliorer leur productible et rentabilité. C’est une question de coûts comparatifs,

2) Ceci étant dit, c’est essentiellement la puissance qui est intéressante dans ce cas, d’où le type de dimensionnement 100 MW mais seulement 129 MWh de capacité, ce qui ne permet que de passer des pointes très courtes, inférieures à 1 heure (car les batteries ne peuvent être complètement déchargées),

3) Pour passer par exemple la pointe hivernale de 19 h en France, qui a une forme d’évolution grosso modo triangulaire d’amplitude 5 GW environ (ou un peu plus) et dont la base a une durée d’à peu près 2h30, il faudrait effectivement disposer d’une capacité de stockage utile de 6 à 7 GWh. Capacité disponible avec les STEP actuelles, mais qui serait beaucoup plus coûteuse avec des batteries. Ceci étant dit, remplacer ponctuellement quelques TAC de pointe de 400 MW par quelques batterie de même puissance capables de stocker 1 à 2 heures d’énergie peut probablement apporter une solution partielle dont il pourrait être intéressant de chiffrer la rentabilité comparée, sachant qu’on évite en outre des émissions de CO2. Mais, cela n’a pas de sens tant que les STEP et TAC actuelles suffisent.

GS

In english

https://incofeee.wordpress.com/2018/05/20/tesla-uk-some-remarks-on-the-use-of-batteries-in-the-network/

Exposition fortuite aux faibles doses de rayons des résidents de Taiwan : pourquoi les cancers diminuent très fortement ?

Les effets de l’exposition au cobalt 60 sur la santé des résidents de Taiwan suggèrent une nouvelle approche nécessaire en radioprotection.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18648557

Abstrait

L’approche conventionnelle pour la radioprotection est basée sur le modèle linéaire de la carcinogenèse du rayonnement de la CIPR, sans seuil (LNT), ce qui implique que les rayonnements ionisants sont toujours nocifs, quelle que soit la dose. Mais une approche différente peut être dérivée des effets sur la santé observés de la contamination par hasard de 1700 appartements à Taiwan avec du cobalt 60 (T (1/2) = 5,3 y). Cette expérience indique que l’exposition chronique du corps entier à un rayonnement à faible dose, même accumulée à une dose annuelle élevée, peut être bénéfique pour la santé humaine. Environ 10 000 personnes ont occupé ces bâtiments et ont reçu, sans le savoir, une dose moyenne de rayonnement de 0,4 Sv pendant une période de 9 à 20 ans. Ils n’ont pas souffert d’une incidence plus élevée de mortalité par cancer, comme le prédisait la théorie du LNT. Au contraire, l’incidence des décès par cancer dans cette population a été considérablement réduite, atteignant environ 3% de l’incidence des décès par cancer spontanés chez le grand public taïwanais. En outre, l’incidence des malformations congénitales a également été réduite à environ 7% de l’incidence dans le grand public. Ces observations semblent être compatibles avec le modèle de radiothérapie hormesis. Les informations sur cette expérience à Taïwan devraient être communiquées au public dans le monde entier pour aider à apaiser sa peur des rayonnements et créer une impression positive sur les applications importantes des rayonnements. Des dépenses de plusieurs milliards de dollars dans l’exploitation des réacteurs nucléaires pourraient être économisées et l’expansion de la production d’électricité nucléaire pourrait être facilitée. En outre, cette connaissance encouragerait la poursuite des recherches et la mise en œuvre d’applications très importantes du corps entier, l’irradiation à faible dose pour traiter et guérir de nombreuses maladies, y compris le cancer. Les conclusions de cette étude s’écartent tellement des attentes, sur la base des critères de la CIPR, que nous pensons qu’elles devraient être soigneusement examinées par d’autres organisations indépendantes et que des données démographiques non disponibles pour les auteurs soient fournies, de sorte qu’une analyse épidémiologique complète analyse valide peut être faite. Bon nombre des facteurs confondants qui limitent d’autres études utilisées à ce jour, tels que les survivants de la bombe A, les travailleurs Mayak et les évacués de Tchernobyl, ne sont pas présents dans cette exposition de la population. Ce devrait être l’un des événements les plus importants sur lesquels fonder les normes de radioprotection. Nous croyons qu’ils devraient être soigneusement examinés par d’autres organisations indépendantes et que des données sur la population non disponibles pour les auteurs soient fournies, de sorte qu’une analyse épidémiologiquement valide et entièrement qualifiée puisse être faite. Bon nombre des facteurs confondants qui limitent d’autres études utilisées à ce jour, tels que les survivants de la bombe A, les travailleurs Mayak et les évacués de Tchernobyl, ne sont pas présents dans cette exposition de la population. Ce devrait être l’un des événements les plus importants sur lesquels fonder les normes de radioprotection. Nous croyons qu’ils devraient être soigneusement examinés par d’autres organisations indépendantes et que des données sur la population non disponibles pour les auteurs soient fournies, de sorte qu’une analyse épidémiologiquement valide et entièrement qualifiée puisse être faite. Bon nombre des facteurs confondants qui limitent d’autres études utilisées à ce jour, tels que les survivants de la bombe A, les travailleurs Mayak et les évacués de Tchernobyl, ne sont pas présents dans cette exposition de la population. Ce devrait être l’un des événements les plus importants sur lesquels fonder les normes de radioprotection. les travailleurs mayak et les évacués de Tchernobyl ne sont pas présents dans cette exposition de la population. Ce devrait être l’un des événements les plus importants sur lesquels fonder les normes de radioprotection. les travailleurs mayak et les évacués de Tchernobyl ne sont pas présents dans cette exposition de la population. Ce devrait être l’un des événements les plus importants sur lesquels fonder les normes de radioprotection.

Les risques de prolifération sont-ils un motif valable pour se passer de la principale énergie décarbonée pilotable qui sauve le climat ?

 

Il n’y a pas de risques de prolifération avec les réacteurs actuels

https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/nucleaire-il-ny-a-pas-de-risques-de-proliferation-avec-les-reacteurs-actuels-6959/

Dieu merci il est difficile de construire une bombe atomique. Il faut d’abord se procurer ou fabriquer le matériau : uranium très enrichi ou plutonium de bonne qualité. Puis il faut mettre l’explosif nucléaire sous forme métallique, lui donner la forme adéquate sans provoquer d’accident de criticité, mettre au point les explosifs classiques, les mettre en place.

Il faut aussi pouvoir procéder à des essais, ou, à défaut, disposer de programmes de simulation très évolués mobilisant des capacités de calcul considérables.

Il faut donc des neutroniciens, des métallurgistes, des artificiers, des chimistes et des spécialistes des mesures nucléaires.

Ceci est, bien sûr valable pour les états qui désirent acquérir des armes nucléaires. Ce ne l’est pas pour les organisations terroristes qui pourraient voler des armes, nous y reviendrons. Dans un premier temps nous discutons de la prolifération étatique

Retour sur l’histoire

Historiquement, les états qui ont acquis un arsenal nucléaire ont commencé par le militaire avant de développer la production d’électricité nucléaire qui fut donc une retombée des activités militaires, et non l’inverse. Ceci est évidemment vrai des USA avec le programme Manhattan de mise au point des bombes A lancées sur Hiroshima et Nagasaki. Dans le cadre de ce programme Enrico Fermi et ses collaborateurs réalisèrent le premier réacteur nucléaire à Chicago dans la perspective de produire du plutonium qui sera utilisé dans la première explosion expérimentale d’Alamogordo, puis pour la bombe de Nagasaki. De même la première usine d’enrichissement isotopique de l’uranium fut réalisée pour fournir l’uranium 235 de la bombe de Hiroshima. Les premiers réacteurs refroidis par l’eau légère furent ceux des sous marins nucléaires américains et l’expérience acquise donna naissance aux réacteurs civils REP et REB. Le même type de chronologie a été observé en Grande Bretagne, en Russie, en Chine et en France.

En France, malgré la volonté pacifiste de Frédéric Joliot, il apparut très vite que le programme nucléaire français avait pour ambition de donner à la France les moyens de se doter de l’arme nucléaire[1].  C’est ainsi que le rôle essentiel des trois réacteurs de Marcoule fut de fournir le plutonium de ce qui serait le force de frappe. De même l’usine de séparation isotopique de Pierrlatte a-t-elle été construite pour fournir l’uranium très enrichi des armes et celui nécessaire aux réacteurs des sous marins. Si le premier réacteur plutonigène de Marcoule, G1 démarra dès 1956,   le premier réacteur EDF, Chinon A1 ne fut opérationnel qu’en 1963.

Les cas de l’Inde et du Pakistan sont intéressant puisqu’ils obtinrent du Canada la construction de réacteurs CANDU, particulièrement bien adaptés pour le production de plutonium militaire en 1951, 1959 et 1967 pour l’Inde, en 1956 pour le Pakistan. L’Inde devait procéder à sa première explosion nucléaire en 1974. Le traité de non prolifération n’intervint qu’en 1968 de sorte que l’aide du Canada à ces deux pays n’était pas illégale. La suite montra clairement que l’Inde et le Pakistan avaient bien en tête la réalisation d’une arme nucléaire.

Plus récemment l’Irak s’était lancé dans un programme d’armement atomique sans disposer de réacteur, visant l’obtention d’uranium 235 enrichi. Il en est de même de l’Inde. La Corée du Nord a obtenu des centrifugeuses de Qader Khan.

Israel a sans doute réalisé ses charges nucléaires grâce à la production de plutonium de son petit réacteur de recherches à Dimona (construit par la France). Personne ne doute qu’Israel dispose d’une force nucléaire conséquente. Il est probable qu’Israel a eu accès aux résultats de certains tests nucléaires français et qu’il a réalisé un test dans l’océan indien en collaboration avec l’Afrique du Sud[2]

En conclusion on peut constater qu’aucun pays actuellement détenteur d’un arsenal nucléaire n’a utilisé des réacteurs à vocation électrogène pour fabriquer le plutonium dont il aurait eu besoin. L’ambition militaire est, jusqu’à présent, première par rapport aux applications énergétiques de l’atome.

Les sources des explosifs nucléaires

Les matières premières pour la fabrication d’une arme nucléaire sont l’uranium 235 enrichi à au moins 90% et le plutonium 239. La bombe de Hiroshima faisait appel à l’uranium 235. Cette bombe était du type « canon » dans lequel la réunion d’un « obus » et d’une cavité en uranium 235 suffit pour provoquer une explosion nucléaire. La masse d’uranium 235 dans ce type d’engin était de l’ordre de 60 kg.

Il est impossible d’utiliser la technique du canon pour le plutonium 239 car celui-ci est toujours accompagné de plutonium 240 qui est un fort émetteur de neutrons du fait d’une probabilité élevée de fission spontanée. Pour le plutonium « militaire » le nombre de neutrons émis par seconde est de 63, alors que pour l’uranium 235 il est de 0;0003.

 

  Pu-238 % Pu-239 % Pu-240 % Pu-241 % Pu-242 % neutrons/g/s.
Pu Arme   93 7     63
Pu réacteur 2 53 24 15 6 370
Génération de neutrons neutrons/g/s. 2600 0,02 900 0,05 1700  

Tableau 1

Composition isotopique du plutonium optimisé pour les armes et extrait des réacteurs de type REP

La réalisation d’un engin utilisant du plutonium exige d’utiliser un système d’implosion, beaucoup plus difficile à mettre au point que le système « canon ».

La séparation de l’uranium 235

La première séparation de l’uranium 235 a été faite aux USA, dans le cadre du projet Manhattan grâce à une batterie de séparateurs isotopiques, les calutrons, (une sorte de cyclotron, construit par  E.O.Lawrence). La consommation électrique de ces équipements était considérable et la technique fut abandonnée au bénéfice de la diffusion gazeuse. Seul l’Irak de Saddam Hussein lança un programme de séparation basé sur 90 calutrons consommant 140 MW[3]. La suite du programme américain fut réalisé grâce aux usines de diffusion gazeuse d’Oak Ridge.

Il faut remarquer que les calutrons de Saddam n’avaient pas été détectés par les experts de l’AIEA avant la fin de la première guerre d’Irak. La technique des calutrons ne présente pas de difficultés majeures.

Les usines de séparation par diffusion gazeuse ne sont pas aussi discrètes et se prêtent mieux à une détection par la mesure de l’activité alpha due à des émissions d’uranium. De plus la taille des usines de diffusion gazeuse se prête à une détection aérienne. Par contre la technique de centrifugation qui est désormais le standard pour la séparation isotopique rend très difficile la détection d’installations clandestine.

La production de plutonium

Le plutonium peut être produit dans des réacteurs de recherche ou dans des réacteurs de production. Il est pratiquement impossible de dissimuler un réacteur.

Pour les inspecteurs de l’AIEA il peut être important de savoir quand les combustibles sont déchargés d’un réacteur. Un programme clandestin de production de plutonium peut utiliser des réacteurs de recherche pour irradier des cibles d’uranium naturel. Ces cibles peuvent être extraites réacteur en marche, et donc sans attirer l’attention des inspecteurs. Il en est de même pour les réacteurs pourvus d’une machine de déchargement en marche comme les réacteurs CANDU. De plus l’extraction de l’uranium irradié peut se faire de telle manière que le plutonium produit ait la qualité militaire.

Au contraire, les réacteurs de puissance de type REP ou REB ne peuvent être déchargés qu’à l’arrêt. Une surveillance par satellite permet de détecter l’état de marche ou d’arrêt de ces réacteurs grâce à leur plus ou moins grande émission infrarouge.

Une fois extrait le combustible irradié il est nécessaire de le retraiter pour obtenir le plutonium. La première opération consiste à cisailler l’élément combustible. De ce fait, le krypton 85 qui a une période de 10,7 ans  et qui est produit dans la fission est relâché et sa détection est assez facilement réalisée. Sa production est d’autant plus importante que le combustible a été plus irradié et, bien sûr que la quantité de combustible retraité est plus importante.

En conclusion la détection d’une production clandestine de plutonium est beaucoup plus facile que celle d’un enrichissement clandestin en uranium 235.

 

Pourquoi le plutonium est-il difficile à utiliser?

Nous avons vu que l’utilisation du plutonium rendait nécessaire le recours à la technique de l’implosion. Nous allons essayer d’expliquer pourquoi.

Le principe de l’explosion nucléaire est de créer une configuration la plus super-critique possible et d’y déclencher une réaction en chaîne. Une réaction en chaîne ne peut être initiée que par la présence de neutrons. Pratiquement, on essaye de réaliser la configuration super-critique  et dès qu’elle est atteinte d’injecter une impulsion de neutrons.

Au fur et à mesure que la réaction en chaîne se développe de l’énergie est produite dans l’explosif nucléaire, la température et la pression augmentent, ce qui conduit à une perte d’uranium ou de plutonium par « évaporation ». Cette perte entraîne une diminution du facteur de multiplication neutronique jusqu’à ce que la réaction en chaîne s’arrête. Pour atteindre un bon rendement de l’engin il faut donc que le développement de la réaction en chaîne se fasse aussi vite que possible.

Précisons quelques ordres de grandeurs.   Supposons que l’énergie dégagée par l’explosion soit de 20 kt de TNT (puissance des bombes de Hiroshima et Nagasaki).

1 kt de TNT est équivalent à 4. 6×10¹² Joules, soit 2.9×1025 MeV. Cette énergie est produite par 1.4×10²³  fissions, soit la fission d’environ 60 grammes d’uranium 235 ou de plutonium 239. On voit que, dans le cas de la bombe de Nagasaki (fat man), environ 1,2 kg de plutonium a fissionné. On estime[4] que la masse initiale de plutonium était de 6,2 kg, soit un rendement de 20%. Le rendement fut beaucoup moins bon pour la bombe « canon » de Hiroshima(little boy), à peine un peu plus que 1%.

Dans le cas de « fat man » on peut calculer que le température atteinte avait été de l’ordre de 200 millions de degrés, et « seulement » 100 millions de degrés pour « little boy ». La pression atteint quelques 108 bars et la vitesse d’expansion du coeur fissile environ 108 cm/s.

La dynamique de développement de la réaction en chaîne est donnée par :

ou encore où  t est la durée s’écoulant entre deux générations de neutrons dans la réaction en chaîne, de l’ordre de 10-8 s.

Le plutonium était entouré d’une coquille d’uranium. C’est l’ensemble plutonium+uranium qui peut être considéré comme une « boule de feu »en expansion. Le temps de vie de cette boule peut être estimée à environ 10-7 s, soit 10 générations de neutrons. Il est important qu’à l’occasion de ces dernières générations le gain d’énergie soit le plus grand possible. En effet si, par exemple, keff=2, le gain d’énergie atteint un facteur 1000, ce qui signifie que l’énergie produite 10 générations avant l’arrêt de la réaction n’était que de 20 tonnes de TNT, suffisamment faible pour l’expansion de la boule de feu soit contenue par l’implosion des explosifs classiques. Si keff=1,5  le gain n’est plus que de 50 et il est probable que le confinement ne sera pas suffisant.

Par ailleurs, il est important que la réaction en chaîne ne démarre pas prématurément, dans une configuration de faible valeur de keff . Or la durée de la phase de compression par implosion dure quelques microsecondes, c’est à dire une durée pendant laquelle plusieurs centaines de générations de neutrons peuvent se développer. Un seul neutron peut alors déclencher la réaction en chaîne dans des conditions où le confinement ne sera pas suffisant, faute d’une valeur suffisamment élevée de  keff. Pour 6  kg de plutonium le nombre de neutrons émis consécutivement à des fissions spontanées du plutonium 240 atteint 0,4 millions/s, soit 0,4 par microsecondes. Il semble que la probabilité pour que des tirs semblables à « fat man » fassent long feu est assez faible, de l’ordre de 10%.

Le plutonium extrait des réacteurs REP peut-il servir à fabriquer une bombe?

Le plutonium issu des réacteurs se distingue du plutonium militaire de deux points de

vue: une diminution du facteur de multiplication neutronique d’environ 10%, d’une part, une augmentation de l’émission spontanée de neutrons, d’autre part. La diminution du facteur de multiplication n’est sans doute pas rédhibitoire Par contre la multiplication par 6 du nombre de neutrons spontanés multiplie par près de 6 la probabilité d’un tir faisant long feu, c’est à dire que cette éventualité arriverait une fois sur deux.

Par ailleurs la présence de plutonium 238, de période égale à 86 ans dans le plutonium extrait des réacteurs REP causerait un échauffement 4 à 5 fois plus élevé que dans le cas du plutonium militaire, ce qui poserait des problèmes avec les explosifs. Enfin le plutonium 241 se transforme en Américium 241 avec une période de 14,4 années. L’américium 241 est un poison neutronique réduisant encore de 10% le coefficient de multiplication neutronique.

Les américains ont fait exploser un engin utilisant du plutonium extrait d’un réacteur anglais de type Magnox.

En résumé il semble possible mais compliqué d’utiliser du plutonium extrait de réacteurs pour fabriquer un engin explosif. Mais la vraie question est de savoir pourquoi les états désirant acquérir l’arme nucléaire devraient faire compliqué alors qu’il peuvent faire simple en enrichissant l’uranium avec des centrifugeuses, ou en produisant du plutonium avec de petits réacteurs de recherche. Il faut souligner qu’avec la facilité d’enrichir l’uranium que donnent les centrifugeuses la voie du plutonium, même de qualité militaire apparaît bien compliquée. C’est ce que semblent avoir compris les Iraniens.

Et le danger terroriste?

Il est très peu probable que des groupes terroristes puissent acquérir la technologie des bombes à plutonium. Ce ne serait pas impossible pour les bombes à uranium, mais cela demande de grosses quantités d’uranium 235.

En réalité le danger qui paraît le plus grave est celui de groupes terroristes se procurant une bombe opérationnelle grâce à des complicités dans les structures militaires de certains états comme le Pakistan. Je ne vois malheureusement pas comment conjurer ce danger, si ce n’est grâce à des services secrets efficaces.

Ajoutons qu’il existe des techniques qui permettent de détecter des engins explosifs. On peut, en effet, coupler détection de rayons cosmiques et détection de neutrons pour révéler la présence de corps dans un camion, un container et, plus difficilement dans un bateau. Encore faudrait-il qu’il y ait suffisamment des systèmes de détection installés, et encore, faudrait-il savoir où.

Hervé Nifenecker

 

[1]    Voir par exemple « Les moyens de la puissance: les activités militaires du CEA », Jean-Damien Pô, Ellipeses 2001

[2]    Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Dimona

[3]    http://en.wikipedia.org/wiki/Calutron

[4]    Voir http://en.wikipedia.org/wiki/Fat_Man

Dominique Minière, DG d’EDF pour la production : témoignage devant la commission d’enquête parlementaire

Son discours introductif est particulièrement intéressant et précis. Il aborde en particulier les évolutions de sûreté, la durée de vie, les modifs post-Fukushima, le grand carénage, la protection des sites contre la malveillance, la protection des piscines, les opérations de Greenpeace.

———

1

Monsieur le Président,
Madame la Rapporteur,
Mesdames et Messieurs les Députés,

Merci de me donner l’opportunité de venir vous présenter tant nos convictions que la manière dont nous assurons la sûreté de notre parc nucléaire au quotidien et notamment dans la période que nous traversons.

Comme vous le savez, nous
avons aujourd’hui la responsabilité de l’exploitation du PREMIER Parc nucléaire dans le monde. Et comme le prescrit l’AIEA, le PREMIER responsable de la sûreté, c’est l’exploitant. Une sûreté normale étant une sûreté qui progresse en
permanence, NOTRE RESPONSABILITE est donc D’AMELIORER PERIODIQUEMENT LA SURETE de notre parc. Tout ceci bien sûr en toute transparence avec l’Autorité de Sûreté Nucléaire, qui in fine, en tant que « gendarme du nucléaire », agit en cohérence avec les pouvoirs que lui confère la loi.

Je vais tout d’abord aborder le sujet de la sûreté nucléaire, la sécurité nucléaire, au sens de la protection physique de nos installations, n’en étant qu’un des aspects. Progresser en matière de sûreté nucléaire, c’est progresser en matière de conception de nos centrales, en matière d’exploitation de nos centrales, en
matière de culture sûreté également …et cela doit se traduire par des résultats in fine !! Je vais revenir sur les différents points en question.

Tout d’abord la conception de nos centrales.
J’entends souvent parler de « durée de fonctionnement de nos réacteurs ». Il me semble important d’être clair sur ce point. La réglementation française n’impose pas de durée limite de fonctionnement de nos réacteurs contrairement par exemple à la réglementation américaine, mais en fait, …elle impose bien plus.
Elle impose le maintien en bonnes conditions de fonctionnement, tant pour les situations normales qu’accidentelles de tous les matériels, mais elle impose non
seulement de « maintenir le niveau de sûreté initiale » des réacteurs, mais
surtout de l’améliorer en permanence. Nous partageons côté EDF, cette nécessité d’améliorer en permanence le niveau de sûreté de conception et notamment à l’occasion des visites décennales. D’ailleurs, nous pratiquions cette
amélioration bien avant que la réglementation ne l’impose par la loi
Transparence et Sûreté Nucléaire de 2006.

2
Nous avons la FORTE CONVICTION que nous devons améliorer en permanence le niveau de sûreté de nos réacteurs pour prendre en compte 3 aspects. Tout d’abord, le retour d’expérience des incidents et accidents dans le monde. Suite
à l’accident de Three Miles Island aux USA en 1979, nous avons pu constater que le début de fusion d’un cœur pouvait entraîner l’apparition d’hydrogène et avons mis en place des recombineurs à hydrogène dans tous nos réacteurs dès les
années 80‐90. Tchernobyl en 1986 nous a conduit ensuite à considérer qu’en cas de fusion de cœur et de situations extrêmes, il fallait pouvoir garantir la solidité des enceintes de nos réacteurs et donc potentiellement ouvrir les enceintes, mais sans rejet de produits radioactifs responsables d’une contamination long terme des territoires. Nous avons mis en place des filtres à sable sur nos
centrales dans les années 90, afin de retenir tous les produits radioactifs long terme. Disons‐le clairement, si ces équipements avaient été mis en place à Fukushima, vous n’auriez pas vu en direct les explosions d’hydrogène car les recombineurs les auraient empêchées et le peuple japonais n’aurait pas aujourd’hui, grâce aux filtres à sable, de zones contaminées qu’il faut encore nettoyer. Mais il est nécessaire aussi de prendre en compte l’amélioration des connaissances. Chacun peut comprendre que nous disposons aujourd’hui de possibilités de calcul dont nous ne disposions pas quand nos centrales ont été construites. Cela nous a conduit par exemple, dans le cadre des 3ème visites décennales du palier 900 MW à des renforcements pour faire face à des situations non modélisées au départ, tels que des phénomènes de torsion de sols
liés au séisme. Enfin, chacun peut le constater, le changement climatique
entraine des phénomènes, des agressions potentielles d’un autre niveau. C’est suite à la tempête quasi tropicale de 1999 et au début d’inondation d’une partie
de la centrale de Blayais que nous avons lancé un vaste plan « Inondations ». Et qui nous a conduit à des renforcements de nos sites vis‐à‐vis de ce type d’agression, tant pour les sites en bord de mer que pour les sites en bord de rivière. Contrairement à ce que j’entends ici ou la, OUI je vous l’AFFIRME, nous
avons pris en compte la conséquence potentielle de rupture de barrages, tels que celui de Vouglans.
Cette approche d’amélioration de la sûreté nous amène régulièrement à
revisiter de fait l’état initial de nos installations. Et c’est à ces occasions que nous pouvons mettre en évidence non comme je l’entends parfois, une non‐ conformité à l’origine, qui résulterait alors d’un problème apparu en exploitation, mais une non‐conformité à ce qui AURAIT DU ETRE fait à l’origine.

3
En 2017, cela nous a conduit à déclarer deux évènements de niveau 2 sur l’échelle INES qui en compte 7, un premier relatif à l’ancrage de composants auxiliaires de diésels de secours, un second relatif au renforcement d’une petite
partie de la digue de Tricastin. Le montage des éléments des diésels et la petite partie de digue concernée étaient conformes à leur état de départ, mais ceux‐ci
ne respectaient pas les exigences des rapports de sûreté.
Concernant l’aspect « bonnes conditions de fonctionnement de nos matériels », il n’y a pas de difficultés relatives aux matériels qui peuvent et doivent être rénovés. Ces changements ou rénovations ont plutôt lieu autour de 30 années de fonctionnement. Nous avons ainsi remplacé 82% des Générateurs de Vapeur d’origine des réacteurs 900 MW, 92% des stators équipant les alternateurs d’origine, près de 70% des transformateurs de puissance du parc. Et nous travaillons aujourd’hui sur des équipements plus « classiques », tels que des tuyauteries. Seuls deux équipements ne sont pas remplaçables, la cuve des
réacteurs et l’enceinte de confinement des réacteurs. Concernant la cuve, nous en maîtrisons le vieillissement par irradiation de manière à ce qu’à 60 ans de fonctionnement, nos cuves n’aient pas subi d’irradiation supérieure à celle prévue au démarrage à 40 ans. Et contrairement à ce qu’indique faussement un livre récent, il n’y a pas de nouveaux défauts sur quelques cuves de notre parc, autres que ceux d’origine fabrication, mais dont l’analyse a montré qu’ils ne présentaient pas de risque et les contrôles décennaux qu’ils n’évoluent pas.
Concernant les enceintes de confinement, nous en suivons de près les potentielles évolutions en matière de taux d’étanchéité.

J’aborde maintenant le sujet Exploitation des réacteurs.
Une bonne exploitation repose sur des équipements en bon état, des hommes
et des femmes en nombre suffisant et formés, et des organisations permettant une mise en œuvre efficace de l’ensemble. Il est nécessaire de rappeler qu’à
l’aube des années 2010, nous allions entrer dans une période de fort challenge.
Tants sous l’aspect bon état des équipements, où nous devions rattraper des sous investissements datant du début des années 2000 qui nous avaient conduit à des difficultés sur des matériels avant tout côté non nucléaire, tels que des alternateurs ou transformateurs. Mais aussi sous l’aspect anticipation du renouvellement des compétences, entre 2007 et 2016, plus de 40% de nos
personnels est parti en retraite et nous devions les remplacer tout en continuant d’améliorer le niveau de sûreté.

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Enfin, nous devions préparer les 4èmes visites décennales de la fin des années 2010 avec un vrai challenge : faire en sorte que le niveau de sûreté de nos réacteurs se rapprochent autant que possible des réacteurs de 3ème génération.
Challenge qui s’est compliqué en 2011 quand nous avons pris en compte le
retour d’expérience de l’accident de Fukushima.
La naissance du Grand Carénage en 2010 avait pour objectif de faire face au besoin d’investissement devant nous, tant en matière de rénovation ou de remplacement d’équipements que d’amélioration du niveau de sûreté à l’occasion des 4ème visites décennales, renforcée par le retour d’expérience de Fukushima. Avec un objectif emblématique concernant les améliorations de sûreté : si l’hypothèse extrêmement faible d’un accident nucléaire ne peut être
écartée, on peut écarter et garantir encore plus solidement que nous n’aurons jamais de contamination long terme des territoires. En effet c’est la potentielle contamination long terme des territoires qui peut conduire au rejet du nucléaire,
ce que personnellement je comprends, et qui fait aussi les coûts exorbitants d’accidents tels que Tchernobyl et Fukushima.
Cet effort d’investissement et donc de travaux supplémentaires s’est mis en
place dans le contexte de renouvellement de compétences du début des années 2010. En effet, au‐delà de l’investissement, la sûreté en exploitation c’est aussi et je dirais même d’abord des compétences humaines et collectives dans les
équipes de travail. Où le facteur socio‐organisationnel et humain est clé. De là, dans la MEME période, un effort de formation sans précédent depuis le début du parc : la création d’académies des métiers pour « apprendre la sûreté, ce qu’elle est et d’où elle vient ». Mais aussi, tout en maintenant nos exigences en matière de formation des opérateurs de centrale, avec plus de 3 semaines de formation de type pilote d’avion, où ils doivent faire face à des situations accidentelles sur simulateur, dont chaque site est équipé, nous avons menés des efforts supplémentaires, avec la création de chantiers école et de chantiers maquettes, où les prestataires sont invités à venirse former. Juste un chiffre : un
salarié d’EDF travaillant dans le nucléaire consacre en moyenne, chaque année, 10% de son temps à se former.
Il s’est également mis en place dans le contexte post Fukushima, où nous avons renforcé la formation aux situations accidentelles pour tous les personnels mobilisés lors de crises, et nous avons créé la Force d’Action Rapide Nucléaire, la FARN : 300 équipiers formés et entrainés, capables d’intervenir pour
permettre de retrouver électricité et eau en moins de 24h, sur toute centrale.

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Nous ne connaissons pas d’équivalent dans le monde par la taille de cette force dédiée et le professionnalisme des acteurs.
Le Grand Carénage lui‐même s’est traduit par des investissements plus
importants. De l’ordre de 1 Milliards d’Euros par an en sus des 3 Milliards d’euros nécessaires à l’entretien correct d’une flotte telle que la nôtre, comme le montre le benchmark international.
Aujourd’hui ces financements sont faits et sont dans les chroniques budgétaires d’EDF pour les années à venir, pour un total de l’ordre de 4 Milliards d’euros par an environ.
J’entends parfois des questionnements sur « qui paie » ? C’est tout simplement
la commercialisation des MWh produits par le parc nucléaire existant. En effet, même en intégrant ces investissements, l’exploitation du parc permet d’obtenir des coûts restant à engager de l’ordre de 32 euros/MWh, soit moins que le prix
de marché et de très loin inférieur à tout coût de moyen neuf, quel qu’il soit qui viendrait s’y substituer.
Bien évidemment, ce coût ne constitue pas un prix, dans la mesure où il est normal d’attendre une rentabilité de tels actifs, mais encore une fois, c’est de
très loin inférieur à tout équipement neuf. Comme dans toute industrie dont le volume de marché progresse pas ou peu, il est d’ailleurs tout à fait habituel que la poursuite de l’exploitation des actifs existants soit le meilleur investissement.
Le Grand Carénage est le programme industriel d’EDF qui présente, aujourd’hui, le meilleur taux de retour sur investissement.
Actuellement, nous menons des investissements beaucoup plus importants que n’importe quel exploitant mondial en matière de retour d’expérience de l’accident de Fukushima.
La plupart d’entre eux se sont arrêtés à la mise en place de structures et
d’équipements proches de notre Force d’Action Rapide Nucléaire. Nous allons beaucoup plus loin, en renforçant par des équipements en dur. En retour d’expérience de Fukushima, nous investissons de l’ordre de 200 MEuros par
réacteur, contre environ 20 Meuros par réacteur chez beaucoup d’exploitants que nous connaissons.

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De telles approches, que nous avons menées par le passé, que ce soient les
recombineurs à hydrogène, les filtres à sable, mais aussi les moyens de détection et de prévention de ruptures de tubes de générateurs de vapeur, ont fait notre réputation en matière d’exploitation à l’international. Et nous conduisent à la présidence de l’association mondiale des exploitants nucléaires, à être sollicités dans nombre de pays, car parmi les 4 parcs mondiaux importants seul le parc français existant composé de nos 58 réacteurs n’a eu ni accident grave, ni même incident grave.
Je pense que la France peut être légitimement fière que son nucléaire soit ainsi reconnu. Pour autant, en tant qu’exploitant, cela doit surtout nous conduire à TOUJOURS plus de responsabilité et d’humilité. Sûreté rime avec humilité.
Je souhaite maintenant dire quelques mots sur les progrès en matière de culture sûreté.
Une bonne culture sûreté c’est avant tout des attitudes interrogatives et
prudentes de notre personnel et de nos partenaires industriels.
Nous y avon largement travaillé dans les années précédentes via des formations ad’hoc notamment. C’est aussi la culture de la transparence. Et de la responsabilité.
EDF a poussé l’AREVA de l’époque à aller jusqu’au bout de l’analyse des affaires Creusot tant celle, technique, du sujet ségrégation carbone, que celle, plus managériale de l’affaire des dossiers de fabrication non conformes aux standards de nos industries. C’est nous qui avons décidé l’an passé d’arrêter nos réacteurs malgré l’hiver afin de faire contrôler la teneur en carbone des fonds de
générateurs de vapeur. Décision reprise ensuite dans une prescription de l’ASN.
C’est nous qui avons fait pousser l’audit jusqu’au bout concernant les dossiers de fabrication de l’usine du Creusot quelles qu’en soient les conséquences.
Pour nous, pas question d’avoir le moindre doute quant à la qualité des matériels qu’on exploite.
Aujourd’hui, après plus que ¾ des dossiers aient été relus, nous sommes
confiants sur l’issue de ces analyses.

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Je souhaite terminer ce chapitre sur la sûreté par les résultats.
En ne me limitant pas à l’écume des jours, mais en regardant dans la durée, sur les 10 dernières années, années de fort challenge, tant sous l’angle technique que sous l’angle renouvellement des compétences.
Clairement, dans une période si challengeante, nous avons donné la priorité à la sûreté, à la radio protection et à la sécurité des travailleurs. Quitte à être moins
performant en matière de production, mais pour nous, la priorité est claire. En matière de sûreté, nous avons progressé. Le nombre d’arrêt automatique réacteurs, l’indicateur sûreté international car significatif de sollicitation ultime de la protection réacteur a été réduit, passant de 53 à 22, soit une réduction d’un facteur 2,5. L’indisponibilité fortuite, le taux de panne en quelque sorte a été réduit en passant de plus de 5% en 2010 à 2 en 2106, là aussi une amélioration d’un facteur 2,5. Dans le même temps, alors que les critères de déclaration
d’évènements significatifs se durcissaient, le nombre d’évènements de niveau 1 sur l’échelle INES n’a pas augmenté, restant autour de 1 par réacteur et par an.
Il n’y a pas, contrairement la aussi à ce que j’entends parfois, de « multiplication d’incidents ». Côté radioprotection des travailleurs la dose collective prise par
l’ensemble des travailleurs EDF et prestataires a été stabilisée malgré une augmentation des travaux, tandis que les doses individuelles maximales
diminuaient drastiquement. Pour une dose limite réglementaire annuelle de 20 mSV, non seulement aucun personnel, EDF ou prestataire, ne dépasse cette dose, mais plus personne n’a une dose supérieure à 14 mSv contre encore 20 travailleurs qui dépassaient 16 mSv en 2007. Enfin côté sécurité, le Taux de
Fréquence des accidents du travail prestataires inclus est passé de 4,6 à 2,2 en 10 ans, là encore une amélioration d’un facteur 2. Par ailleurs, les inspections
internationales de l’AIEA en matière de sûreté, appelées OSART, ont confirmé nos progrès notamment quant à l’état de nos installations.
Cela ne signifie pas que nous n’avons pas de marges de progrès. Nous
considérons que nous avons encore trop de non qualités, de travaux non faits de manière adéquate du premier coup. Et nous devons poursuivre et amplifier tout le travail sur les revues de conformité. Mais les marges de progrès ne doivent pas masquer les résultats obtenus.
Notre conviction est cependant celle dont je vous ai fait part dès le départ. La seule sûreté qui vaille est une sûreté qui progresse en permanence. Et vous pouvez légitimement compter sur nos 30 000 salariés et les 20 000 prestataires pour y veiller ; au quotidien.

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Je me propose d’aborder maintenant la manière dont, en tant qu’Opérateur, nous prenons en compte la protection physique de nos centrales nucléaires, appelé aussi la « sécurité » des centrales, terme que j’utiliserai par la suite.

Tout d’abord, je tiens à souligner que l’objectif des mesures mises en place est notamment d’éviter tout accident grave, acte qui pourrait entrainer des
relâchements importants de radioactivité dans l’environnement.
En ce sens, les mesures que nous prenons en matière de sécurité ont bien notamment comme objectif de garantir la sûreté nucléaire de nos installations.
Les deux sujets sont liés : les agressions au titre de la sécurité étant un type d’agression qui s’ajoutent à des agressions potentielles tels que le séisme, les inondations ou d’autres encore.
Par contre, de par leur nature, les agressions au titre de la sécurité relèvent, par la loi, du Code de la Défense.
Sans entrer dans le détail des éléments relevant de la protection du secret de la Défense nationale, je voudrais vous décrire aussi précisément que possible les
mesures que nous prenons pour faire face aux enjeux de la sécurité nucléaire sur nos sites.
La démarche de sécurité s’apparente dans sa méthodologie à la démarche de sûreté :
 Dans un premier temps, les objectifs de sécurité à assurer sont définis de
par la loi.
Les agressions à prendre en compte sont notamment décrites dans une
Directive de l’Etat, dont la dernière édition date de 2009.
Celle‐ci définit une menace comme étant tout évènement physique,
phénomène ou activité humaine potentiellement préjudiciable,
susceptible de provoquer des décès ou des lésions corporelles, des dégâts
matériels ou immatériels, des perturbations sociales ou économiques ou une détérioration de l’environnement.
Dans le cadre de la démarche de sécurité de notre secteur d’activité, les
menaces seront réputées avoir un caractère malveillant ou être de nature terroriste.
Les menaces peuvent se présenter sous deux formes, soit sous la forme
d’une menace externe, typiquement une intrusion, soit sous la forme
d’une menace interne, typiquement des salariés EDF ou prestataires qui
commettraient, depuis l’intérieur du site, des actes de malveillance.

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En matière de sécurité, nous visons à garantir la sûreté nucléaire. L’objectif
à respecter est d’éviter, quelle que soit la menace, tout accident grave
conduisant à des rejets de radioactivité importants dans l’environnement.
 Dans un second temps, l’opérateur, donc EDF, établit périodiquement,
pour ses activités, un Plan de Sécurité. Le premier Plan sécurité a été validé
par l’Etat en 2012 et le dernier daté de 2017 est en cours de validation
par les services de l’Etat.
 Chaque centrale de production a réalisé un Plan de Protection diffusé aux autorités préfectorales en 2012, et dans lequel sont définies les mesures
mises en place pour faire face aux menaces, telle que la mise en place de
zones de sécurité, d’organisations de crise,… Aujourd’hui chaque centrale
dispose de tels plans. Par ailleurs des démonstrations de sécurité sont
établies, montrant qu’avec les mesures mises en place dans les Plans, les objectifs de sécurité sont bien atteints.
 Des exercices réalisés à plusieurs niveaux (interne avec les autorités
locales, ou national) permettent de vérifier la bonne adéquation des plans et des tactiques d’intervention.
 Dans un dernier temps, l’autorité de contrôle en la matière, à savoir le
Haut Fonctionnaire à la Défense et la Sécurité (HFDS) du Ministère de la
Transition Ecologique et Solidaire, s’assure avec l’appui de l’IRSN, que les
démonstrations effectuées sont solides et vérifient ensuite régulièrement via des inspections sur sites, que les dispositions décrites dans les plans sont bien en place et effectives. Au total, 24 ont eu lieu en 2017 et autant sont prévues en 2018.
Au‐delà de cette approche sécurité telle qu’encadrée par la loi, il est nécessaire de souligner, en prenant plus de champ, que si la définition des mesures à prendre pour faire face aux menaces et leur implémentation relèvent bien de l’opérateur, les mesures de PREVENTION pour éviter, dans toute la mesure du possible, que ces menaces prennent corps relèvent elles de l’Etat.
Il en est ainsi de la prévention du terrorisme, du renseignement, de l’interdiction de survol des sites sensibles tels que nos centrales, de la surveillance rapprochée des sites, toutes actions relevant de l’Etat. La sécurité des centrales est en
quelque sorte une co‐production Opérateur Etat.

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Un autre élément clé relève du domaine législatif : il s’agit de la caractérisation légale d’une intrusion dans nos centrales et des peines pénales encourues par les contrevenants. Avant la loi du 2/06/2015, dite Loi de Ganay, les peines
encourues pour de tels faits étaient inférieures de fait à celles encourues en cas de cambriolage chez tout citoyen, ce qui ne peut que paraître choquant au vu de la gravité de tels actes.
On ne peut que se féliciter du fait que la représentation nationale se soit
emparée de ce sujet avec la loi du 2/06/2015 relative au renforcement de la protection des installations civiles abritant des matières nucléaires, adoptée via un large consensus à l’Assemblée nationale comme au Sénat.
Cette loi, a vocation, comme l’indiquait le gouvernement lors de son adoption, à mettre fin « à la confusion » entre le droit à manifestation (légitime) et la
violation de procédures de protection anti‐terroristes (irresponsable).
La loi a été complétée en octobre 2015 par un décret qui définit, pour chaque
centrale nucléaire, une zone dite « zone nucléaire à accès réglementé », zone délimitée par un arrêté du ministre en charge de l’énergie (le MTES aujourd’hui), et dont la protection est assurée par un dispositif pénal spécifique et
proportionnée à la gravité de l’acte.
Tous les arrêtés ont été pris pour toutes les centrales, et les zones nucléaires à accès réglementé sont dorénavant délimitées physiquement via une clôture portant des pancartes ad’hoc.
Dans une approche avant tout dissuasive, l’esprit de ces dispositions est de renforcer les interdictions d’accès aux installations nucléaires de base. C’est une totale complémentarité avec le programme de sécurisation que nous
développons. A la suite des intrusions de 2017, deux audiences judiciaires sont programmées et nous attendons les résultats.
Celle du Tribunal correctionnel de Thionville, du 27 février dernier, concernant l’intrusion de Cattenom, a condamné 6 militants ainsi que Yannick Rousselet à 5 mois d’emprisonnement avec sursis, 2 militants à 2 mois d’emprisonnement
ferme et la personne morale GREENPEACE à 20.000 euros d’amende.

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Par ailleurs, le tribunal a reçu la constitution de partie civile d’EDF, et nomme un expert sur l’évaluation du préjudice économique puis condamne les prévenus à verser in solidum une provision à hauteur de 20 000 euros ainsi que 50 000 euros au titre du préjudice moral. Greenpeace ainsi que les militants condamnés ont
interjeté appel de la décision.
En matière de réponse à menace externe, plusieurs modèles existent dans le monde. Ils sont tous conçus autour de 3 axes : détection des intrus, retardement des intrus, et interception des intrus.
Concernant les zones, ils sont globalement tous organisés autour de 3 zones concentriques, en forme de poupées gigognes :
‐ en première barrière, la ZAC, ou Zone à Accès Contrôlé, qui délimite la
zone de propriété de la centrale,
‐ à l’intérieur, la ZPR, ou Zone à Protection Renforcée qui délimite les
bâtiments industriels,
‐ et enfin à l’intérieur de celle‐ci, la ZV, ou Zone Vitale, où sont situés les
équipements qui, détruits, pourraient entrainer, dans certaines
circonstances, des accidents graves. C’est dans cette zone que se situe
l’ilot nucléaire.
Sur nos centrales, la Zone Nucléaire à Accès Réglementé (ZNAR) a été fixée après le décret, au niveau de la ZAC, la première barrière.
Les 3 modèles principaux sont les suivants :
‐ Le modèle dit « bunker », qui privilégie fortement le retardement, via la bunkerisation de l’ilot nucléaire, par l’interposition d’une barrière à haute résistance (murs, portes, ..). C’est le modèle retenu sur les centrales allemandes. Par contre, la détection et l’interception sont peu
développées, l’intervention des forces régaliennes se faisant par exemple
sous 30 minutes.
‐ Le modèle dit « château fort », qui privilégie fortement l’interception,
généralement au niveau de la ZPR. C’est le modèle retenu en Russie ou en
Chine, ainsi qu’aux USA, où tout endroit de la ZPR est sous le feu immédiat de deux miradors. Aux USA, il y a également un retardement sur les clôtures et les portes de l’ilot nucléaire ainsi qu’un complément de force armée dans l’ilot nucléaire.

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Un tel modèle n’est pas sans porter le risque de blessures ou pire de
personnes qui n’auraient aucune intention de nuire.
‐ Le modèle dit de « protection active » basé sur un concept de défense en
profondeur, qui privilégie fortement la détection, associé à un
retardement réparti sur la ZPR et la ZV, et qui permet la projection rapide
d’une force armée locale au bon endroit et au bon moment, en
interposition pour éviter une entrée dans la ZV.
Ces forces se concentrent sur les cibles potentielles importantes pour la sûreté, dans les délais compatibles avec les démonstrations de sécurité.
C’est le modèle retenu en France, mais aussi dans nombre de pays
européens.
Plus spécifiquement à EDF, la force armée locale retenue est la Gendarmerie, sous la forme de Pelotons Spécialisés de Protection de la Gendarmerie (PSPG).
Chez d’autres exploitants français, il s’agit de Forces Locale de Sécurité (FLS), équipes internes à l’exploitant spécialisées en la matière.
L’organisation globale s’appuie donc :
‐ d’une part sur des équipes EDF chargées de surveiller, détecter, retarder via les mesures de conception et donc protéger l’ilot nucléaire,
‐ et d’autre part, sur les PSPG chargés d’intercepter et d’empêcher
l’endommagement des cibles potentielles à l’intérieur des zones vitales.
Il est important de comprendre que les démonstrations de sécurité
conduisent, en cas de détection d’une intrusion, au positionnement du
PSPG pour empêcher la destruction des cibles potentielles à l’intérieur des
zones vitales. Il s’agit en même temps de neutraliser ou fixer la menace.
En cas d’intrusion autre que terroriste, le rôle des PSPG est de restreindre la capacité de mouvement sur le site.
Par ailleurs, les interventions sont coordonnées avec les unités de
gendarmerie du département. Les PSPG sont le dernier maillon interne de la réponse de l’opérateur et le premier maillon de l’Etat. En cas d’action malveillante visant un site, le PSPG concerné est placé sous le contrôle opérationnel du GIGN qui peut intervenir si nécessaire.

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Comme pour la sûreté des centrales nucléaires, les grands principes en matière de sécurité nucléaire sont définis par l’AIEA, l’Agence Internationale de l’Energie
Atomique. L’AIEA réalise des inspections dans les différents pays. Après la Grande‐Bretagne, le second pays à avoir été retenu pour une telle inspection sécuritaire a été la France et le premier exploitant français retenu a été EDF.
Cette inspection, appelée IPPAS pour International Physical Protections Advisory Service a eu lieu en 2011. Ces inspections internationales partagées portent à la
fois sur les dispositifs mis en place par les Etats et sur leur mise en œuvre sur les sites. Le site de Gravelines avait été visité en 2011.
Ayant participé directement à cette inspection, je me rappelle parfaitement du satisfecit global exprimé par l’AIEA. Bien entendu, ce type d’inspection donne lieu à quelques recommandations et suggestions, que nous avons prises en
compte. Une réunion de suivi a eu lieu en septembre 2017. Une mission, pilotée par le MTES, est en cours cette semaine, avec un autre opérateur.
Ces recommandations ont conforté le modèle sécuritaire d’EDF et permettent, dans le cadre de leur prise en compte, de renforcer des aspects qui le nécessitent.
Comme pour la sûreté, la sécurité de nos centrales s’appuie sur :
‐ Des moyens humains, constitués des équipes de protection de site EDF,
en charge d’assurer la maitrise d’ouvrage et notamment de surveiller et détecter.
o Ces équipes EDF sont renforcées par des équipes d’entreprises
prestataires en charge principalement du gardiennage et de
l’accueil,
o Plus de 1000 gendarmes sont alloués à la sécurité des sites, ces
gendarmes sont spécialisés dans le contre‐terrorisme et sont formés et entraînés par le GIGN.
o Au total, EDF dépense plus de 250 millions d’euros annuellement,
ce qui couvre notamment les rémunérations et matériels des 1000
gendarmes qui ne coûtent donc pas un euro au contribuable.
‐ De l’organisation : pour progresser, comme en sûreté, chaque centrale
procède à une revue annuelle de son dispositif de sécurité, challengée par
la Direction du Parc Nucléaire.

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Chaque centrale procède également à des exercices et entraînements
réguliers avec son PSPG et les forces de gendarmerie locales.
Par ailleurs, l’Etat organise chaque année un exercice EPEES (Exercices de Protection et d’Evaluation de la Sécurité) pour les opérateurs nucléaires faisant intervenir le GIGN et les forces armées. Le dernier exercice EPEES s’est tenu en novembre 2017 à Penly.
Chaque évènement en matière de sécurité, doit comme pour la sûreté,
être déclaré auprès du HFDS et faire l’objet d’un retour d’expérience de la
part de la centrale.
Enfin des inspections sont régulièrement menées par le HFDS et ses équipes, et ces inspections font l’objet de lettres de suite, équivalentes
aux lettres de suite de l’ASN dans le domaine de la sûreté.
Les résultats en matière de sécurité sont suivis de très près par le HFDS comme par l’opérateur. Sur le plan qualitatif, il a été noté une nette amélioration de la
culture sécurité sur les dix dernières années et les entrainements réguliers
permettent de développer de bonnes complémentarités entres les équipes de protection de site EDF et les PSPG. Sur le plan plus quantitatif, les exercices réalisés en 2016 sont, en matière d’objectifs de sécurité, deux fois mieux réussis que les exercices réalisés en 2013.
Surtout aucune intrusion réelle n’a JAMAIS permis aux personnes qui les ont menées de pénétrer à l’intérieur d’une zone vitale.
De ce point de vue, les intrusions de Greenpeace n’ont jamais pris en défaut nos démonstrations de sécurité.
Aucune n’a pénétré à l’intérieur d’une zone vitale. Les conditions d’interception de Greenpeace sont conformes à la logique de protection de site qui priorise la garantie de l’intégrité des cibles, tout en restreignant la capacité de mouvement à l’intérieur du site. Les intrusions de GP ne démontrent donc rien. En revanche, elles perturbent les conditions d’exercice de leur mission par les PSPG qui ne sont pas là pour faire du maintien de l’ordre face à des manifestants. Imposer cette confusion des genres est irresponsable, comme l’est le fait de communiquer en
désignant de soi‐disant points de fragilité de la protection des centrales, ce qui est évidemment faux comme je viens de vous l’expliquer et comme l’a rappelé avec force le Gouvernement.

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Néanmoins, de telles actions et affirmations spectaculaires et médiatisées sont susceptibles de crédibiliser dans l’esprit de personnes malveillantes l’idée que les centrales seraient des cibles faciles. De tels messages sont particulièrement irresponsables en ce moment.
Enfin, il y a lieu de souligner que la directive de 2009 et la réglementation
complémentaire de 2011 ont conduit EDF à engager un programme de
renforcement en matière de conception.
Parmi les principales mesures, figurent des mesures de renforcement des ZAC et ZPR, tant en matière de détection dès la ZAC qu’en matière de renforcement de la ZPR. Mais aussi des mesures en matière de dispositifs de détection d’explosifs et de contrôle d’accès biométriques.
La mise en œuvre de ce plan de 750 MEuros au total est en cours de
déploiement, plus de 150 MEuros ont déjà été investis.
Concernant la menace externe, je souhaiterais terminer mes propos par un petit zoom sur le sujet Piscine du Bâtiment Combustible, là où sont entreposés nos assemblages usés avant évacuation à La Hague.
La fonction de sûreté à garantir pour ces assemblages est très simple : assurer le refroidissement des assemblages dans la mesure où ils émettent toujours un peu
de puissance résiduelle et, en tout état de cause, éviter tout découvrement des assemblages usés.
Même si je ne connais aucun cas dans le monde d’incidents ou d’accidents graves de découvrement d’assemblage, un tel phénomène ayant été certes suspecté à
Fukushima, mais ne s’est de fait pas produit, j’ai bien noté que Greenpeace et d’autres pointaient régulièrement ce sujet.
Il est nécessaire de souligner que les assemblages de combustible sont déposés dans des racks spéciaux au fond des piscines, sous 7 à 8 mètres d’eau.
En conséquence, comme vous pouvez le constater sur le schéma, non à l’échelle, qui vous a été remis, les éléments clés pour assurer le refroidissement des assemblages ne sont donc pas les parties au‐dessus de la piscine, comme les murs du bâtiment au‐dessus de la piscine, ou la toiture, mais bien :

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‐ L’épaisseur des parois de la piscine proprement dite, c’est‐à‐dire de la
partie chargée de retenir l’eau. Ces parois sont en béton, d’une épaisseur
cumulée supérieure à celle des bâtiments réacteur. Des tests, que je ne détaillerai pas, ont montré l’absence de risque de conséquences en matière de sûreté, même face à des armes modernes telles que celles dont
pourraient disposer des terroristes particulièrement armés.
Les personnes qui évoquent devant la représentation nationale (le 8
novembre devant la CDD) des murs de « 30 cm d’épaisseur » ne parlent
pas des parois chargées de retenir l’eau des piscines.
‐ Les dispositions prises pour s’assurer de disposer en permanence d’une
fonction de refroidissement. Celle‐ci est aujourd’hui assurée par deux
circuits indépendants, mais au titre du renforcement, nous étudions des
moyens complémentaires.
Je voudrais, par ailleurs, terminer ce propos introductif par quelques mots sur la menace dite interne, celle qui pourrait être amenée par du personnel EDF ou prestataire mal intentionné.
Dans un contexte de montée de radicalisation que l’on constate également chez certains de nos personnels, il est fondamental de disposer de moyens de prévention et de détection efficaces.
Le processus d’accès sur nos sites est aujourd’hui en renforcement.
Nous passons d’enquêtes administratives avant toute délivrance de badge d’accès faites par les préfectures des départements où sont implantées nos centrales, à un dispositif d’enquêtes préalables recentrée sur un dispositif unique, le COSSEN (Commandement Spécialisé pour la Sécurité Nucléaire).
La périodicité des enquêtes est, de plus, en train d’être renforcée pour notre propre personnel, passant de 3 à un an.
Par ailleurs, nous avons formé notre personnel à une démarche de sécurité et, dans ce cadre, à nous signaler tout indice révélant un écart potentiel en matière de sécurité y compris une quelconque radicalisation.
Au titre de premier responsable de la sûreté, la sécurité est un élément
déterminant pour nous.
Je vous remercie de votre attention et nous sommes disposés à répondre à
toutes vos questions.

Parodie de pluralité dans les débats PPE (ateliers de « controverse »)

Exemple de débat :

Les consommations d’électricité – Atelier de controverse

Intervenants :

Olivier Sidler, Negawatt (interview)
Julian Bouchard, EDF (interview)
Joseph Beretta, président AVERE (interview)
Antoine de Fleurieu, GIMELEC (interview)
Jean Baptiste Galland, directeur de la stratégie, ENEDIS (interview)
Pascal Gibielle, RTE (interview)
Animation : Jacques Archimbaud et Moveda Abbed

Exit Negatep

Nucléaire et PPE – Atelier de controverse

Intervenants :

Bernard Laponche, Global Chance (interview)
Olivier Lamarre, EDF (interview)
Thomas Veyrenc, RTE (interview)
Yves Marignac, Negawatt et Wise Paris (interview)
Animation : Jacques Archimbaud et Noel de Saint-Pulgent

Pas de danger pour les antinucléaires. Ni SFEN ni SLC

Europe et international – Atelier d’information

Intervenants :

Claude Turmes, député européen (interview)
Neil Makaroff, Réseau action climat (interview)
Mickaël Mastier, CRE (interview)
Jean-François Gahungu, Coreso
Animation : Jacques Roudier et Noel de Saint-Pulgent

Pas de danger pour Turmes.

Acceptabilité des énergies renouvelables – Atelier de controverse

Intervenants :

Jean-Louis Bal – président du Syndicat des ENR (SER)
Jean-Louis Butré – président de la Fédération environnement durable (interview)
Claude Brévan, membre CNDP
Michel Leclercq, président d’Energie Partagée (interview)
Marie Décima, CERDD (interview)
Animation : Isabelle Jarry et David Chevallier

Butré est neutralisé.

Curieux, pas un représentant des Académies