Si EDF a voté lui même l’arrêt de Fessenheim, pas droit à indemnisation ?

1) Il va de soi qu’EDF est tenue de respecter les lois françaises. La loi LTECV n’ayant pas été modifiée par le gouvernement actuel, la limite de 63,2 GW s’impose et oblige EDF à fermer FSH dès lors que l’EPR de FLA3 va entrer en service, fusse avec retard,

2) Le Décret n° 2017-508 du 8 avril 2017 portant abrogation de l’autorisation d’exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim a confirmé les termes de la loi LTECV. Ce décret n’a été abrogé que tardivement, le 25 octobre 2018, par un arrêt du Conseil d’Etat, au motif qu’il n’avait pas été pris sur une base légale,

3) La règlementation en matière d’INB (décret n° 2007-1557 du 2 novembre 2007, en principe réintégré dans le code de l’environnement, il faudrait vérifier) impose à tout exploitant nucléaire de déclarer aux ministres concernés et à l’ASN l’arrêt d’une INB avec un préavis de 2 ans avant le dépôt d’une demande formelle d’autorisation d’arrêt et un préavis de 3 ans avant l’arrêt effectif,

4) La combinaison de ces contraintes législatives et règlementaires, qui générait des incertitudes opérationnelles et financières majeures sur l’avenir de FSH, a logiquement conduit EDF, comme l’aurait fait tout industriel responsable, à ne pas engager de programme d’études et d’approvisionnement destiné à prolonger la durée de vie des réacteurs de FSH au-delà de 40 ans. Ces réacteurs devront donc s’arrêter règlementairement à l’expiration de leurs autorisations de fonctionnement actuelles, c’est-à-dire quelque part en 2021 au plus tard.

Il parait donc clair que cet arrêt est la conséquence directe des contraintes législatives et règlementaires qui ont été imposées par la puissance publique à l’exploitant, ce dernier étant contraint par la loi de s’exécuter, cette exécution impliquant elle-même à un certain moment, pour les raisons explicitées ci-dessus, la nécessité d’une déclaration formelle d’arrêt de la part de l’exploitant, qui ne vaut pas décision de sa part mais simple respect formel de la loi, et donc n’enlève rien au droit à l’indemnisation prévue.

Il est d’autant plus important que cette indemnisation soit effective qu’elle fera financièrement et médiatiquement mal au gouvernement et constituera de ce fait une arme de dissuasion massive face aux velléités des gouvernants actuels et futurs d’arrêter prématurément de nouveaux réacteurs pour des raisons purement politiques. C’est la meilleure garantie qu’il n’y aura pas de nouvel arrêt avant 2030 en dépit de ce qui peut être écrit dans la PPE. On a (encore) la chance de vivre en France dans un Etat de droit, dans lequel les engagements des gouvernements successifs pris au nom de l’Etat français sont (encore) respectés.

Autres références :

https://twitter.com/sauvonsleclimat/status/1081948928562655233?s=19

https://twitter.com/SFessenheim/status/966068056681312256?s=19

Publicités

Financement des EPR2 : PPA ou CfD ? Quelle différence ?

Certains sur internet prétendent qu’il faudrait préférer un mode PPA au CfD adopté par les britanique pour leur EPR d’Hinkley Point et validé par la Commission (Contract for Difference).

Qu’en est-il en fait ?

ici pour le solaire : définition du PPA :

Comme l’explique très bien le document Wattsnext, un PPA est un contrat de gré à gré entre un producteur et un consommateur d’énergie (ici électricité) qui permet de s’abstraire complètement du marché. Le concept n’est pas nouveau, EDF a dans le passé conclu des marchés de ce type avec des industriels électro-intensifs (Péchiney notamment, pour la fabrication d’aluminium, très consommatrice comme on le sait, et d’autres).

L’intérêt était d’assurer des deux côtés des coûts et des revenus stables et compétitifs sur le long terme. Mais je ne sais pas s’il y a encore beaucoup de tels contrats en cours, la Commission européenne, dans son idéologie compulsive et bornée de la concurrence à tout crin, ayant considéré à une certaine époque que ces contrats distordaient la concurrence… Peut-être a-t-elle assoupli sa vision depuis ?

Ce qui est sûr, c’est que les PPA en électricité sont essentiellement adaptés à des consommations très constantes dans le moyen et long termes. C’est le cas des Datacenters, très gros consommateurs d’électricité et qui fonctionnent pratiquement au même niveau toute l’année. Ce qui explique que les principaux clients des PPA actuels soient les GAFAM. L’intérêt pour eux étant d’éliminer les risques coût de leur approvisionnement énergétique en les reportant sur les producteurs. Par contre, soyons sceptique quand on lit dans le document précité qu’ils peuvent garantir ainsi un approvisionnement d’électricité « verte » devant atteindre 100 %… Il faudra qu’on explique comment on fait la nuit et quand il n’y a pas de vent… Il y a donc du pipotage marketing dans ce type d’affirmations pour gogos.

Il faudra aussi qu’on explique comment une électricité achetée au travers de PPA conclus avec des producteurs éoliens ou PV peut être moins chère que celle rémunérée via le système du complément de rémunération, l’intérêt pour l’acheteur étant plutôt dans ce cas de reporter le risque de fourniture (au prix d’un certain surcoût) sur le producteur d’électricité intermittente, charge à ce dernier de compenser l’intermittence de sa production en achetant de l’électricité disponible ailleurs.

Enfin, opposer PPA et CfD (Contract for Difference) n’a pas de sens, ils ne jouent pas dans la même cour et sont complémentaires : un PPA est adapté à une consommation très peu variable comme dit ci-dessus, un CfD est adapté au marché éminemment variable de l’électricité, dont les prix de gros à moyen et long termes sont imprévisibles. Les deux sont adaptés au nucléaire, selon le type de la demande à satisfaire.

Ce qui pourrait vraiment rendre la transition écologique “démocratique et acceptable” (et tirer la France d’une ornière). Atlantico

Ce qui pourrait vraiment rendre la transition écologique “démocratique et acceptable” (et tirer la France d’une ornière qui est loin de n’être qu’environnementale)

Gilets jaunes et pouvoir d’achat : des dizaines de milliards d’euros économisables par une remise en cause d’avantages indus et par une politique énergétique adaptée

Lettre adressée au président de la République.

Gilets jaunes et pouvoir d’achat : des dizaines de milliards d’euros économisables par une remise en cause d’avantages indus et par une politique énergétique adaptée

Les Français se sont révoltés au travers de ce mouvement parce que l’augmentation générale des taxes ne permettait plus à ceux qui sont au SMIC de vivre normalement. Les Français n’ont certes pas tous le même niveau d’instruction mais ils savent compter et ont du bon sens. Le slogan des gilets jaunes « vous nous parlez de la fin du monde et nous vous parlons de la fin du mois » est remarquable sur le plan communication.

Les taxes explosent quand on ne maîtrise plus les conséquences des décisions prises. Souvenons- nous de la révolte des farines.

La réduction des gaz à effet de serre et du gaz carbonique en particulier passe par une réduction drastique des combustibles carbonés. Or la France consomme 110 Mtep de gaz et de produits pétroliers contre 40 Mtep d’électricité décarbonée grâce aux productions hydraulique et nucléaire. Introduire, à des coûts prohibitifs, des énergies renouvelables électriques dans un tel système ne réduit en rien les émissions de gaz carbonique. Les résultats des trois dernières années qui montrent une augmentation de nos émissions, alors que nous nous voulons vertueux, est la preuve de notre erreur.

Les contrats signés jusqu’en fin 2016 pour les éoliennes et le photovoltaïque coûteront, d’après le rapport de la cour des comptes, 121 Mds d’€ aux Français. Et on ne compte pas encore les coûts des éoliennes off-shore. Et la France n’ayant pas de base industrielle dans ce domaine a importé tous ces matériels aggravant ainsi son déséquilibre de la balance commerciales et n’a pas créé d’emplois contrairement aux dires de l’ADEME.. Elle a surtout contribué à enrichir sans cause quelques aigrefins.

Le courage dont le Gouvernement doit faire preuve est d’arrêter tous les nouveaux contrats et remettre en cause les contrats existants pour pouvoir consacrer ces sommes à la rénovation énergétique des logements mal isolés.

L’Espagne, embarquée dans une bulle spéculative, a eu le courage de le faire. Pourquoi pas nous. Les opérateurs hurleraient à la spoliation, mais l’examen de chaque contrat montrerait que pour quelques perdants, il y a surtout eu beaucoup de gagnants.

Ceci n’empêcherait nullement certains opérateurs de continuer dans cette voie puisqu’ils disent tous qu’ils sont maintenant compétitifs avec le nucléaire. Ils vendraient en priorité au prix du marché quitte à passer par des agrégateurs.

Un moratoire immédiat sur ces aides ferait économiser 4000 euros par ménage français !

Consommateurs, qui ont mis la main à la poche depuis des années pour financer ce système.

Il est temps pour notre pouvoir d’achat de stopper l’hémorragie.

Un tel moratoire ne se ferait-il pas au détriment du climat ? La réponse est non.

En effet, on observe depuis maintenant 3 ans une remontée de nos émissions de CO2, et les chiffres attendus de 2018 pourrait confirmer la tendance notamment à cause du monopole donné au chauffage gaz par la réglementation thermique 2012.

1) Entreprendre une reconversion massive des aides, pour une transition énergétique sans perte de pouvoir d’achat.

Il faut faire preuve d’imagination pour lancer un grand plan de rénovations énergétiques des bâtiments « passoires thermiques ».

Pour cela, la caisse des dépôts et consignations pourrait sous l’égide de l’Etat constituer un consortium bancaire pouvant amener des prêts hypothécaires à taux nul aux propriétaires de ces bâtiments pour y faire les travaux essentiels, c’est-à-dire ceux qui représentent 40 % des coûts et 80 % de l’atteinte des objectifs. Le shift project et l’association Equilibre des Energies (EDEN) ont des solutions concrètes et simples à proposer.

Les banques déduiraient ces prêts hypothécaires de leur résultat annuel réduisant ainsi leurs impôts. Si les gens n’ont pas pu se libérer du prêt hypothécaire, il serait soustrait de la revente et de l’héritage. Les banques l’introduiraient dans une ligne spéciale de leur compte d’exploitation non soumis à l’impôt.

C’est cette réduction d’impôt qui représenterait l’aide de l’Etat.

Par ailleurs, la Cour des Comptes fait justement remarquer que la France gère très mal ses ressources naturelles thermiques,

1- Le bois énergies doit être doublé en 15 ans et utilisé sous forme de chaleur en réseau ou individuelle, il faut prendre exemple sur l’Autriche,

2- Les méthaniseurs doivent être généralisés et exploités sous forme de coopérative par des spécialistes de ces appareils. Le gaz étant alors mélangé au gaz naturel,

3- Les travaux sur les carburants de synthèse doivent permettre à terme de fabriquer des carburants issus des plantes sans pour autant concurrencer la production agricole.

Ces trois actions seraient créatrices d’emplois non délocalisables et constitueraient un complément de revenus pour nos agriculteurs

Concernant le transport routier, principal responsable de nos émissions de CO2, les études internationales montrent que la France est un des rares pays où la voiture électrique permet, dès aujourd’hui, de diviser d’un facteur dix les émissions de CO2 comparées à une voiture à essence.

2) Refuser la fermeture anticipée de centrales nucléaires

Mais au-delà des économies d’énergie, il faudra également substituer des combustibles carbonés par de l’électricité nucléaire décarbonée.

Concernant le nucléaire, pourquoi arrêter Fessenheim, centrale la moins jeune mais dont l’électricité est la moins chère et la plus sûre de France ? Le président de l’Autorité de Sureté lui-même vient de dire que c’est « la centrale d’EDF qui présente les meilleurs résultats en termes de sûreté ». La Suisse exploite non loin sur le Rhin 3 centrales plus anciennes que Fessenheim, sans aucun problème…

Une usine ne vieillit pas ! Elle s’use et l’on remplace les pièces usées par des pièces neuves de meilleure qualité en raison de l’intégration du retour d’expérience. Dans une centrale nucléaire la cuve ne peut pas être remplacée lorsqu’elle atteint un certain seuil de fragilisation. Nous en sommes très loin.

Prolonger la durée de vie des centrales nucléaires – sous contrôle de l’Autorité de Sureté- est un impératif pour la lutte contre le changement climatique.

4 ) Mettre en œuvre ces solutions de bon sens

Les exemples qui précèdent ne constituent pas une liste exhaustive, mais représentent des mesures qui reposent sur des solutions éprouvées, efficaces pour le climat, et répondant à un modèle économique sobre et vertueux. L’effort national pour les financer, une fois la majeure partie des 121 milliards d’aide au photovoltaïque et à l’éolien restitués au pouvoir d’achat des français les plus modestes, serait raisonnable et largement supportable par notre économie.

Pour notre pays endetté, pourquoi ne pas appliquer ces solutions de bon sens, qui contribuent à la lutte contre le changement climatique, tout en faisant gagner du pouvoir d’achat ?

Consultation publique ASN sur le démarrage de l’EPR : liste des commentaires

Voici, pour en faciliter la lecture, quelque unes des contributions paraissant intéressantes.
1) BT

La validité d’une décision technique ou scientifique dépend-t-elle de l’opinion publIque?
Il est convenu que 2+2 = 4. Si l’opinion publique, manipulée comme elle l’est sur le dossier énergétique, considère que NON, et affirme que 2+2 =5, faut-il lui donner raison, même si l’intérêt général commande maintenir que 2+2 est bien égal à quatre? Evidemment non!!
Cette consultation ASN sur un sujet éminemment technique, dont la maîtrise ou l’analyse critique appartient à un nombre limité d’experts, s’apparente à un détournement des institutions, au titre d’une loi et d’une réglementation imbéciles.
Le bon fonctionnement de notre démocratie exige que sur ce genre de question, on fasse confiance aux experts de l’ASN, de l’IRSN, d’EDF, Orano, etc.. qui ont épluché le dossier sous tous ses aspects, de façon contradictoire.
Sans hésiter : OUI, le projet de décision est bon. Flamanville doit démarrer aussitôt que possible !

 

2) JP

N’étant pas moi-même expert en métallurgie, je ne voyais pas d’autre choix raisonnable que de me fier aux analyses des spécialistes. Ils ont donné leur accord pour le démarrage de l’EPR. Donc démarrons- le.

3) StSa

DEMARRER L’EPR POUR REDUIRE LES EMISSIONS DE GES

La cuve ayant été validée par une majorité d’experts et compte tenu des contrôles périodiques prévus, le risque associé semble bien faible par rapport aux bénéfices pour les émissions de GES. Non seulement sa mise en service est indispensable, puisque son bon fonctionnement a été démontré en Chine, mais de plus, dans sa mission de protection du public grâce à l’énergie nucléaire, l’ASN devrait se prononcer en faveur de la réduction des émissions de GES et des particules polluantes en demandant le maintien en service de tous les réacteurs actuels après la mise en service de l’EPR, car de fait, ils ne sont jamais tous en service en même temps, donc l’ajout de l’EPR n’entraine pas automatiquement un accroissement de la puissance de 63.2 GW (seuil fixé par la loi), mais rend possible la réduction des émissions de GES en réduisant le recours aux centrales thermiques charbon ou gaz. Il suffit de demander à l’exploitant de mettre en réserve 1 ou 2 réacteurs sur 59 pour respecter la loi.

 

3)

Je trouve anormal le principe d’une consultation publique sur un sujet qui demande des compétences techniques que l’immense majorité de nos concitoyens n’ont pas. Il est impératif de faire confiance à des spécialistes.. L’ASN est là pour cela. Si l’ASN valide l’installation après examen, je suis donc bien sûr favorable au démarrage de l’installation. Il faut en effet bien comprendre que, à cause de l’intermittence de l’éolien et du solaire, il est indispensable, en l’absence de moyens techniques de stockage massif de l’électricité (et c’est malheureusement le cas pour longtemps), de disposer de centrales pilotables. Les énergies renouvelables non intermittentes étant insuffisantes, il faut choisir entre fossiles et nucléaire. Toutes les études sérieuses indiquent que le nucléaire est nettement préférable, même si on tient comte des risques d’accident dans un réacteur ou au niveau du stockage des déchets. Comme la priorité est la lutte contre le réchauffement climatique, le nucléaire est une chance car c’est la seule technique qui permet une production sûre, abondante, pilotable et sans CO2. Cette conclusion est celle de toutes les analyses scientifiques sérieuses.

 

4) A suivre.

L’incroyable mystification climatique tentée par François Gervais

28/12/2018 : Source plus officielle de FM Breon

https://files.lsce.ipsl.fr/public.php?service=files&t=bf3d9d11be2a02a83983cc41203a545e

23/12/2018 : Pour ceux qui ont visionné la video sur Youtube ici : (59 mn)

Ou les 5 mn : l’interview scandaleuse à Sud Radio ici

Quand c’est flou c’est qu’il y a un loup !

Voici 59 remarques d’un climatologue du GIEC qui démontrent aisément le ridicule de sa thèse.

Sa crédibilité est nulle mais son livre et son ego profitent bien de ce type de vidéo péremptoire.

Heureusement qu’internet est là pour nous aider à nous faire une opinion…

Après un visionnage intégral, on peut affirmer que ce discours est scientifiquement terriblement confus.

Ça part dans tous les sens. Il y a une partie climat, mais aussi une partie énergie, des digressions à propos de la pollution, une analyse de la contribution de la France sur le global…

Sur la partie climat, il dit souvent des choses tellement floues qu’il est presque difficile de démontrer que c’est faux.

Horodatage :

1:13 : « Qui a vu le GIEC de l’intérieur ».

NON. Il a lu les différentes versions du cinquième rapport, mais n’a pas vu comment ils ont été élaboré

1:55 Livre « L’urgence climatique est un leurre ».

Pas de preuve.

5:10 : Son nom à la fin du 5eme rapport.

Simple : « Reviewer critique »

7:20 : Vapeur d’eau indiquée « entre 1 et 5 % ».

Intégrée sur la colonne d’atmosphère, c’est toujours inférieure à 1%. En surface, il peut effectivement y avoir plus.

7:29 : Critique sur la position des mesures de Mauna Loa, à proximité d’un volcan.

Grosse bêtise.

8:50 : Francois Gervais nous explique que les 60 millions de Francais, ce n’est pas beaucoup dans le monde.

Il enfonce des portes ouvertes. Mais un pays qui est très observé par les grands pays pour déterminer leur meilleure stratégie…

10:40 : Coût de l’électricité.

On est d’accord mais rien à voir avec le climat

12:00 Il montre le rapport entre l’énergie nécessaire pour construire différents systèmes de production d’électricité.

Il dit que c’est inférieur à 1 pour le solaire, ce qui est contraire à ce qui est montré sur le graphique !

15:40 : Calcul de coin de table.

Qui suppose que seule l’Europe fait des efforts de réduction des émissions.

18:40 : Francois Gervais fait comme si les climatologues expliquaient que le CO2 est le seul paramètre qui contrôle la température.

19:45 Faux parallèle entre le refroidissement des années 50 et le réchauffement d’aujourd’hui.

20:26 : Montre les données de température par satellite….

en oubliant de dire que ce ne sont pas des mesures de surface mais de la moyenne atmosphère. Habile pour masquer la très forte hausse des températures sur les années récentes.

Au passage, le lecteur pourra analyser l’amplitude du refroidissement dans les années 50 que Gervais a voulu mettre en parallèle avec le réchauffement récent.

21:00 Il essaye de démontrer que le cycle de 60 ans permet de mieux expliquer les températures observées …que les modèles du GIEC.

Manifestement, les données utilisées pour évaluer les « modèles » ne sont pas les mêmes que celles utilisées pour évaluer son « modèle à cycle ». Par ailleurs, il n’évoque jamais la tendance à la hausse des températures (qu’un simple modèle de cycles n’explique pas). Enfin, il se garde bien d’évaluer les capacités prédictives des modèles. On s’est amusé à faire une comparaison des « prédictions » faites dans son livre il y a 5 ans (qui annoncent une baisse des températures) et ce qui a été observé (températures record en 2015, 2016 et 2017). Figure disponible sur demande. Pas triste !

21:20 : « La température depuis 20 ans, elle s’est stabilisé ».

Du grand n’importe quoi. 2015, 2016 et 2017 sont largement au dessus des températures des années précédentes. La tendance au réchauffement n’est pas modifiée.

21:30. NON. Le modèle de 60 ans ne marche pas mieux

ET SURTOUT, il n’a aucune capacité prédictive.

21:58 : « Cycle de 60 ans sur la hausse du niveau des mers. »

Vous avez l’impression que ca fonctionne ? Par ailleurs, on a fort l’impression que le cycle est décalé. On aimerait bien qu’il nous explique la physique associée.

23:37 : Le GIEC n’a pas retenu les publications sur le « cycle de 60 ans » car il n’y a aucun processus associé. Les publications qui décrivent ce cycle n’ont pas été jugées de niveau acceptable.

24:40 : On nous fait de l’astronomie-climatologie, dans lesquelles les planètes auraient un effet sur le soleil qui lui même aurait un effet sur le climat.

Quel serait l’effet sur le soleil ? On ne sait pas. Et surtout, on n’observe pas de cycle de 60 ans sur le soleil. Donc la théorie ne tient pas une seconde

25:27 : Vous voyez un cycle de 60 ans sur cette figure ?

Manifestement, ce n’est pas le cycle dominant.

Et donc, quel est l’origine physique de ce cycle de 200 ans ?

26:06 Banquise arctique.

Notons que M . Gervais se garde bien de montrer une courbe de la surface (ou du volume) de la banquise en fonction du temps.

28:00 Enorme confusion de F Gervais entre les projections de température pour la fin du siècle (figure du haut) et celles pour la période 2016-2035 (figure du bas).

Il en déduit que ce sont les faibles hausses de température qui sont les plus probables, mais c’est parce que ce sont des périodes différentes. Enorme !

28:20 : Ce qu’il raconte sur les différentes versions du rapport est un gros mensonge.

29:00 La encore, projection pour un demi siècle, pas pour 2100 comme dans le rapport.

Cette figure est pour différentes trajectoires de CO2. Il est donc normal qu’il y ait une grande dispersion sur les températures (car, contrairement à ce que dit Gervais, les températures dépendent du CO2)

29:20 « Les mesures depuis 20 ans, elles ne bougent pas »

Gros gros mensonge. Gervais sait parfaitement que les températures de 2015 2016 et 2017 sont nettement au dessus des autres. La figure montrée s’arrête en 2012. Avec les années récentes, les observations rejoignent les modèles. Curieux qu’il ne le mentionne pas.

30:11 Gervais compare la hausse des températures (entre 0.1 et 0.3 degrés par décennie) à un poids.

Grosse manipulation. Au minimum, il aurait pu faire le parallèle avec une augmentation du poids (entre 1 kg et 3 kg par mois d’augmentation) et certainement pas sur l’absolu

30:50 : La mesure n’est pas en accord avec les modèles.

Pourquoi avoir pris la période 1998-2012 pour cette comparaison. Serait ce parceque 1998 était particulièrement chaude et 2012 plutot froide ? Si on inclue la période 2013-2017, la pente est nettement plus forte. Y aurait il de la manipulation ?

31:18 Il évoque ses publications dans des journaux.

Et oui, Gervais a réussi a publier deux articles sur le sujet. N’oublions pas de préciser que ce sont des revues de troisième zone dans lesquelles on peut être publié à condition de payer , ou presque. Ses publications ne sont reprises par personne

32:49 : Analyse des différentes valeurs de sensibilité climatiques publiées dans la littérature

L’analyse complète est difficile car certaines des références ne peuvent pas être clairement identifiées. Cependant, le motif est très clair. Ajoutées aux publications « classiques », cette figure ajoute un grand nombre de publications « sceptiques » sur les années récentes. On trouve même un article de F. Gervais dont on peut raisonnablement se demander comment il peut estimer une valeur de la sensibilité climatique alors qu’il nous explique que les variations climatiques ne sont pas dues au CO2.

De même, Ollila explique que le réchauffement climatique est lié à des variables astronomiques. Comment dans ces conditions peut-il estimer une sensibilité climatique.

Tous les articles identifiés qu’on trouve dans la sensibilité basse sont dans des revues de troisième zone et ne peuvent pas être considérés comme sérieuse. En tout cas, on ne peut certainement pas déduire de cette figure que les estimations « classiques » de la sensibilité climatique sont en décroissance. Les résultats les plus récents donnent des valeurs de ECS de l’ordre de 5 degrés.

33:10 : Francois Gervais explique que l’équilibre climatique est atteint en quelques siècles, et n’a donc aucune utilité pratique.

En fait, l’équilibre est quasiment atteint en quelques décennies.

34:43 : Francois Gervais explique que tous les travaux (ou une majorité) publiés récemment donnent une valeur plus faible que celle donnée par le GIEC.

C’est parce que F. Gervais ne s’intéresse qu’aux valeurs exotiques données par ses collègues climats-sceptiques comme expliqué plus haut

35:00 Analyse du taux de croissance du CO2.

Francois Gervais évoque le temps nécessaire pour arriver à un doublement du CO2 atmosphériques, et il dit 2 siècles avec le taux de croissance de 2 ppm par an. Il part donc de la valeur actuelle de 200 ppm. Mais, le doublement du CO2 considéré normalement est par rapport au niveau pré-industriel, soir 270 ppm. Une valeur double serait donc de 540 ppm, valeur qu’on atteindra très probablement dans moins de 70 ans (on est à 410)

37:00 : Présentation très originale (et sans aucun intérêt) de la molécule de CO2

38:17 : « On va trouver plein de pics, en spectroscopie on les appelle des pics ».

C’est un détail, mais ce vocabulaire montre une grande confusion

39:00 Présentation extrêmement confuse (et fausse) de l’effet de serre.

Il est dit que c’est uniquement le rayonnement du soleil qui met la surface à 15 degrés, alors que il est strictement nécessaire de tenir compte du rayonnement descendant, émis par l’atmoshère, ajouté au rayonnement solaire.

39:32 : F. Gervais prétend qu’il y a incertitude sur le déséquilibre radiatif d’un facteur 3.

Il mélange tout un tas de facteurs. L’impact de l’effet de serre est connu beaucoup mieux que cela. L’incertitude provient des autres perturbations sur le climat liées aux activités humaines, et en particulier l’effet des aérosols. Donc, évoquer une grande incertitude lorsqu’il décrit l’effet de serre est plus que trompeur.

39:45 Erreur sur la valeur du flux solaire (mais F. Gervais dit bien qu’il n’a pas le chiffre en tête)

39:51 2 phrases très énigmatique pour ceux qui ne connaissent pas le dossier.

Ca fait référence à une énorme bourde faite par Courtillot il y a une dizaine d’années, alors qu’il voulait comparer l’impact du soleil à l’impact de l’effet de serre, et qu’il avait « oubli » de considérer que le soleil n’éclaire qu’une portion de la Terre alors que l’effet de serre joue sur l ‘ensemble du globe.

40:03 : Enorme bêtise de Francois Gervais qui considère que l’absorption du rayonnement infrarouge par les molécules ne joue que pour le rayonnement émis par la surface, et est donc vite saturé.

En fait, il est nécessaire de tenir compte de l’absorption du rayonnement émis par l’atmosphère elle même. Du coup; il n’y a pas d’effet de saturation comme il cherche à le faire croire.

40:48 : On passe à la stratosphère. C’est tellement confus qu’on ne peut même pas dire si c’est faux

40:55 : « C’est là que ça doit se passer mais c’est complètement plat. »

On ne sait pas très bien « ce qui doit se passer ». On a la une observations de la basse stratosphère, et on n’attend pas une grande variabilité des températures à cette altitude.

41:13 « La ou les modèles nous disent que ca doit bouger ».

Ce serait bien que Gervais nous explique ce que les modèles prévoient pour ce niveau de l’atmosphère (spoiler : plutot une baisse des températures). Pourquoi ne pas plutot regarder la surface, qui est là ou nous vivons et là ou les modèles nous disent que ca va bouger à la hausse ? On peut se demander pourquoi la figure démarre en 1993. L’analyse d’une série temporelle plus longue, par exemple sur https://www.climate.gov/news-features/understanding-climate/2013-state-climate-stratospheric-temperature permet de voir le style de sélection de données très prisée de Francois Gervais. On notera que la température de la stratosphère a tendance à diminuer, ce qui est bien prévu par les modèles (Trop long d’expliquer pourquoi)

42:20 Toujours cette interprétation de la variation de température dans la stratosphère.

Il n’explique toujours pas que ca doit baisser.

42:45 F Gervais prétend qu’une sensibilité climatique à 0.6 degrés est la valeur acceptée par les climatoloques.

On est plutot autour de 3.5

43:12 Référence à une publication de 1971,

…qui a été largement démentie depuis.

44:10 : Francois Gervais développe son modèle « coin de table », sur des bases fausses, et sans tenir compte des rétroactions.

Mais bien sûr, lui seul a raison devant tous les calculs plus complets, et qui prennent en compte les différents processus physiques.

45:10 Nouvelle présentation de l’effet de serre, un peu moins fausse que la première présentation faite autour de 40’, mais avec tout de même pas mal de flou et des erreurs sur l’altitude à la quelle la chaleur est déposée par convection

46:50 Gervais explique que la troposphère se réchauffe et que la stratosphère se refroidit (exact) « et que c’est la somme des deux qui va donner la sensibilité climatique ».

Grosse bêtise. Pour la sensibilité climatique, on s’intéresse à ce qui se passe à la surface

47:14 : « On peut voir la figure avec le modèle de cycle de 60 ans, qui prévoit donc une baisse des températures à partir de 2000. »

Regardez attentivement la partie la plus à droite de la courbe, qui donne les températures les plus récentes. Avez vous l’impression que les mesures récentes valident la trajectoire du cycle de 60 ans défendue par Gervais précédemment ?

47:40 « Analyse d’un graphe qui montre température et CO2 sur 600 millions d’années. »

Il aurait été utile de dire que, sur ces périodes, il y a plein d’autres paramètres qui changent, dont la distribution des continents, la composition atmosphérique (autre que CO2) et le soleil. Bref, cette figure n’a aucun intérêt pour interpréter l’actuel.

48:00 Il répète que la sensibilité climatique est de 0.6 degrés.

Ca devient énervant

48:50 Analyse d’une courbe qui montre température et flux de CO2.

Gervais se concentre sur l’évènement El Nino le plus récent. C’est très confus, mais il a l’air de dire que le CO2 s’achappe des océans à l’occasion d’un évènement El Nino. En fait, le flux de CO2 vers l’atmosphère est plutot depuis les terres et pas depuis les océans pendant ces évènements

49:37 : Gervais affirme qu’une partie de l’augmentation du CO2 atmosphérique viendrait des océans et serait donc « naturelle ».

C’est du grand n’importe quoi. Le flux net de CO2 est vers les océans. Il n’y a certainement pas de contribution des océans à l’augmentation du CO2 atmosphérique

50:07 « On entend tout et n’importe quoi ».

Oui, c’est un peu la réflexion que je e fais en regardant cette video

50:30 Analyse d’une courbe associée au cyclones.

On ne sait pas très bien ce qu’est cette courbe. Mais Gervais joue l’homme de paille : « faut arrêter de dire n’importe quoi » comme si le GIEC avait annoncé une forte hausse de ce paramètres, ce qu’il n’a pas fait, sauf erreur.

50:38 : « Ces phénomènes là qui sont liés au baromètre »

???

51:30 : On nous montre 30 simulations faites a priori uniquement en changeant les conditions initiales.

C’est sensé montrer la très grande sensibilité. Très peu d’explication, où est la publication dont c’est tiré ?

53:00 Effets bénéfiques du CO2 sur la croissance des plantes.

C’est parfaitement exact. Par contre, la très forte croissance des rendements agricoles ne sont pas dus qu’au CO2 (et même probablement pas majoritairement) . Je note que c’est curieux comme Gervais insistait sur le fait que l’augmentation du CO2 était trop minime pour avoir un effet sur le climat mais que, pour les plantes, ce n’est plus minime du tout.

55:05 F. Gervais dénonce le fait qu’on utilise les panaches issues des cheminées pour illustrer la pollution, alors que ce ne serait que de la vapeur d’eau.

Il oublie semble t-il que la vapeur d’eau est un gaz transparent. Ce qu’on voit n’est pas de la vapeur mais de l’eau liquide (sous forme de gouttelettes)

55:10 Il recommence : « La vapeur d’eau est visible »

55:14 « c’est que de la vapeur d’eau »

55:26 « C’est de la vapeur d’eau aussi »

55:40 Il parle de pollution liée aux particules.

Exact, mais rien à voir

  • Impression finale. Très grande confusion. On a du du mal à croire que les auditeurs aient pu comprendre la majorité de ce qu’il présente. Ils ont du se dire que, s’ils ne comprenaient pas, c’était parceque c’est compliqué, mais il semble vraiment que la confusion (par exemple sur le mécanisme de l’effet de serre) soit bien chez Gervais…

Evidement, lorsque c’est confus ou flou, il est difficile de démontrer que c’est faux.

(notes de lectures non encore mises en forme de François-Marie Bréon)

À cause des Verts, les gilets jaunes voient rouge !

Jacques FOOS,
Professeur Honoraire au Conservatoire National des Arts et Métiers
(Sciences et Technologies Nucléaires)

« La transition énergétique a bon dos ! » ; « On se moque de nous ! » ; « on nous prend pour des imbéciles ! ». On peut s’interroger sur ces remarques : sont-elles justifiées, frappées du bon sens français éprouvé depuis des millénaires ou est-ce un abus de langage liée à une exaspération bien
légitime due à une baisse généralisée ou presque du pouvoir d’achat (seuls ceux qui ont bénéficié d’une baisse ou d’une suppression de l’impôt sur la fortune y échappent) ?

Il est vrai que le gouvernement s’abrite sur la transition énergétique et le respect de l’accord de Paris de la COP 21 pour lancer un certain nombre de mesures et redéfinir une stratégie énergétique pour notre pays à moyen terme. On peut examiner quelques unes de ces mesures et les considérer sur le plan de cette finalité : diminuer nos rejets de CO2.

Diminution de la vitesse sur les routes de 90 à 80 km/h.

Cette mesure peut effectivement faire diminuer la pollution de nos automobiles, même si certain(e)s s’interrogent sur le bénéfice : puisque le problème est mondial, que représente ce gain par rapport à ce que rejette, par exemple, le trafic maritime international venant d’Asie pour nous inonder de produits souvent de médiocre qualité et dont on pourrait se passer ?
Ce n’est en tout cas pour faire baisser le nombre de morts sur les routes puisque, malheureusement, ceux-ci ont augmenté de 10,2% en juillet début de l’application de cette mesure par rapport à juin et s’il a diminué en août, il s’est envolé en septembre (+28,7% en un mois et +8,8% sur
un an) (1)
. On sait bien que les accidents sur nos routes secondaires sont souvent dus à des conducteurs qui perdent le contrôle de leur véhicule en roulant bien au-delà, précédemment de 90 km/h et aujourd’hui, bien au-delà de 80 !
En tout cas, si les radars flashent 2 fois plus qu’avant l’adoption de cette mesure, ce ne peut être qu’une innocente coïncidence ! Et la transition énergétique dans tout çà ?

Remplacer les véhicules diesel par des véhicules à essence

Là, effectivement, a priori, on ne voit pas bien. En effet, si les véhicules diesel émettent des particules, le rejet de celles-ci a été divisé par 30 au km parcouru depuis l’application de la première norme pollution de 1992. Depuis 2011, ces véhicules sont équipés d’un filtre à particules obligatoire.
Et si les automobiles à essence n’émettaient pas de particules dans le passé, ce n’est plus vrai depuis
une dizaine d’années, depuis qu’on est passé de l’injection indirecte à l’injection directe : celles-ci
rejettent jusqu’à 8 fois plus de particules que la norme autorisée pour les diesels avec filtre. On les a
bien équipées depuis septembre d’un filtre mais leurs particules émises sont plus petites et plus nocives. Enfin, on sait depuis longtemps que le rendement thermique du diesel est bien meilleur que celui d’un moteur à essence et qu’il émet donc 20 à 25% de moins de CO2
(2)
.
On raisonne donc à contre-courant de ce qu’il faut faire pour « sauver la planète ». Pourquoi s’acharner ainsi sur le diesel ? Dans toute ma carrière d’enseignant universitaire, j’ai toujours fait passer à mes étudiants un seul message, en espérant qu’ils le retiendraient : si vous ne comprenez pas la raison d’un comportement ou d’une action, ayez l’esprit critique : cherchez la véritable raison que
l’on vous cache et vous la trouverez forcément. C’est encore le même numéro de la revue « Valeurs

1
Selon Valeurs Actuelles – 15 novembre 2018
2 Même référence

Actuelles » que j’ai déjà citée qui me donne la réponse : comme la fiscalité dite « écologique » est indexée sur les émissions de CO2, il faut encourager l’achat des véhicules les plus émetteurs de ce gaz et ce ne sont pas les « diesel » mais les « essence ». Un exemple était donné : Un Dacia Duster diesel 115 n’est pas frappé de malus alors qu’un véhicule de même catégorie mais à essence est redevable de 2 159 euros. « Bon sang, mais c’est bien sûr ! ». Et ce sera encore plus cher l’an prochain, après le vote de l’Assemblée Nationale lors de la nuit du 22 au 23 octobre dernier ! Et la transition énergétique
dans tout çà ?

Augmenter les taxes sur les carburants pour sauver la planète.

On s’appuie là sur le raisonnement employé aussi pour lutter contre l’usage du tabac : plus le
prix d’achat augmente et plus la consommation diminue. Outre le fait que ce raisonnement ne se révèle
pas efficace dans les faits, pour les carburants, le problème est différent : ici les consommateurs ne le
font pas de gaieté de cœur ; ils sont contraints et forcés.
Partout où l’on peut se promener ou se déplacer en Province, on utilise souvent des anciennes
voies de chemin de fer qui ont été soit aménagées en chemin de randonnée soit bitumées pour l’usage des automobiles. Quand on regarde la carte du réseau ferré d’il y a un siècle, on est frappé par sa densité. Pratiquement toutes les communes étaient desservies, en tout cas beaucoup plus qu’aujourd’hui et il en reste d’anciennes gares désaffectées, des viaducs au milieu de nulle part et ces voies utilisées autrement aujourd’hui. Depuis 70 ans, les gouvernements successifs ont opté pour le « tout automobile » et donc, nécessairement mis ou laissé à l’abandon des dizaines de milliers de km de voies ferrées.
On ne peut pas avoir choisi le « tout automobile » et reprocher aux Françaises et aux Français
d’utiliser leur véhicule : pour la majorité d’entre eux, c’est une nécessité vitale. Ils vont simplement
payer leur carburant plus cher au bénéfice de l’État. On comprend ainsi la colère qui se fait entendre
partout dans notre pays !
Difficile en effet de nous convaincre que c’est pour la transition énergétique ! Mais là où ça
devient encore plus alarmant, c’est dans l’annonce de la Programmation pluriannuelle de l’Énergie
dite « PPE ».

PPE et respect des accords de Paris

Comme je l’ai écrit dans une précédente chronique, la grande gagnante de la COP 21 est l’énergie décarbonée. La France, pendant longtemps, en se dotant d’un parc conséquent de réacteurs nucléaires, a non seulement bénéficié d’une électricité bon marché mais, puisque c’est une industrie qui ne rejette pas de CO2, a été l’un des meilleurs élèves sur ce plan au niveau mondial.
Or, et c’est là que les Verts cités dans le titre de cette chronique jouent un rôle néfaste dans la mesure où on les écoute au niveau gouvernemental pour des raisons électorales. On se dirige en effet vers un arrêt de nombreux réacteurs à moyen terme (14) pour les remplacer par des énergies intermittentes et non fiables : l’éolien et le solaire.
Je n’ai jamais compris cette opposition systématique au nucléaire dans notre pays (et chez nos
proches voisins) si ce n’est que, à l’heure où cette industrie repart de plus belle au plan international
avec un marché de 1 200 milliards de dollars, toute action visant à démolir notre industrie, perçue à l’étranger comme la plus performante (3)
, est vue d’un très bon œil chez nos concurrents étrangers.

3
Le contrat de construction de la centrale nucléaire de Barakah aux Émirats Arabes Unis avait échappé à la France en 2009. Aujourd’hui, la France revient avec EDF, en annonçant la signature d’un contrat-cadre avec l’opérateur Nawah, pour accompagner l’exploitation et la maintenance des quatre réacteurs APR-1400 construits par le sud-coréen Kepco.

Car, quoi ? Que peut-on reprocher à nos réacteurs français qui tournent comme des horloges depuis plus de 30 ans pour certains, sous la surveillance d’une Autorité de sûreté Nucléaire
performante, intransigeante et totalement indépendante ?
Si notre électricité est encore aujourd’hui l’une des moins chères d’Europe, le coût du kWh a malgré tout doublé depuis les années 2000 en raison de taxes dont une, la plus importante est essentiellement dévolue à combler le coût très élevé du recours aux énergies intermittentes. Or, c’est par celles-là que l’on veut remplacer nos réacteurs qui doivent être fermés.
De plus, l’intermittence (l’éolien ne fonctionne que si il y a du vent, le solaire si le soleil est présent) nécessite l’adjonction, quand elles ne fournissent pas de courant, de centrales souples à gaz.
Alors que nous rejetions en 2010, 5,75 tonnes de CO2 par an et par habitant, on en était à 7 tonnes en
2015, 7,14 tonnes en 2016 et 7,4 tonnes en 2017. Aujourd’hui, si vous regardez sur internet où on peut suivre l’évolution des rejets en direct, on en est à déjà à plus de 8 tonnes et l’année n’est pas finie !
C’est ainsi que le recours à l’éolien et le solaire nous a fait passer de bon élève à élève tout juste moyen et comme il est question de tripler l’éolien et de multiplier par 5 les capacités solaires, on va vraiment se retrouver chez les cancres, surtout que, bien au contraire, de nombreux pays se tournent vers le nucléaire, considérée comme la seule source de production d’électricité qui va leur permettre de respecter les accords qu’ils ont passés en 2015 à Paris.
Ces décisions de la PPE ont suscité de nombreux reportages et témoignages à la télévision. On comprend ainsi pourquoi un agriculteur propriétaire accepte l’installation d’éoliennes sur ses terres malgré les pollutions sonores et visuelles : il touche 6 000 euros par éolienne et par an. Si ses terres sont assez étendues et qu’il est en capacité d’en permettre l’installation d’une douzaine, il se retrouve ainsi avec un revenu mensuel (et qui ne baissera pas à la retraite) de 6 000 euros par mois. Il peut vendre son tracteur !
On a ainsi deux populations paysannes, l’une qui touche 6 000 euros par mois à ne rien faire et
l’autre qui bosse 18 heures par jour 365 jours par an et à qui il reste 400 euros par mois (les bons
mois !) et à la retraite ??
Comme le reportage était assez catastrophique sur les cotés néfastes de ces éoliennes installées
autour de certaines communes qui se retrouvent cernées, la journaliste a ajouté que le triplement de la
capacité éolienne se ferait sans en ajouter de nouvelles, juste en améliorant le rendement des machines.
Comme un(e) journaliste ne raconte pas n’importe quoi (ça se saurait), cela veut dire que notre environnement naturel va sacrément changer : on va passer à des vents soufflant à des vitesses comprises entre 50 et 90 km/h pendant plus de 14 heures par jour, tous les jours de l’année ! Ça va
décoiffer !
Elle n’a toutefois pas osé nous dire la même chose pour le quintuplement du solaire car là, il faudrait du soleil, là aussi tous les jours de l’année, 26 heures sur 24. Bah ! Impossible n’est pas français !

Les conséquences de cette PPE pour notre pays peuvent se résumer ainsi : beaucoup plus de rejets de CO2, ce qui est contraire aux accords de Paris, le kWh beaucoup plus cher, ce qui ne va pas dans le sens des demandes actuelles de l’opinion en faveur du pouvoir d’achat et probablement des
coupures de courant intempestives liées à l’accroissement considérable des énergies intermittentes et
manquant de fiabilité par rapport à ce qui existait jusque là dans notre pays !

Que tout ceci ne m’empêche pas de vous souhaiter de très bonnes fêtes de fin d’année. Gâtez bien vos enfants et/ou petits-enfants (tant que vous le pouvez) et excellent dîner de la Saint Sylvestre aux chandelles. Cela vous permettra de vous habituer aux futurs repas aux chandelles qui ne seront peut-être pas uniquement ceux des jours de fêtes !

Décembre 2018