JDP – AVIS sur la FEE n° 664/20 : « les conséquences de la production d’énergie éolienne sont de nature à induire en erreur le public sur la réalité écologique des actions de l’annonceur »

AVIS du JDP (Jury de Déontologie Publicitaire) :

« Le Jury déduit qu’en employant une formule qui suggère une absence totale d’effets négatifs en termes de pollution (« propre ») et de sécurité en général (« sûre »), le film publicitaire de [FRANCE ENERGIE EOLIENNE], qui n’exprime pas avec justesse les conséquences de la production d’énergie éolienne, est de nature à induire en erreur le public sur la réalité écologique des actions de l’annonceur. »

Référence twitter : cliquer ici

Vu la plainte déposée, voici le courrier reçu en retour par Jean-Denis Lefeuvre le 27 juillet 2020

Monsieur,

Nous vous prions de trouver ci-joint l’Avis délibéré par le Jury de Déontologie Publicitaire (JDP), dans l’affaire FRANCE ENERGIE EOLIENNE n° 664/20.

Vous pouvez, dans le délai de 15 jours qui suivent la réception de ce courriel, former une demande en révision dans les conditions prévues à l’article 22 du Règlement intérieur (Consultable en ligne sur le site du Jury) qui précise les conditions de recevabilité d’une telle demande. Passé ce délai, l’avis sera définitif et publié sur le site du Jury www.jdp-pub.org.

Vous souhaitant bonne réception de ce courriel,

Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de nos sentiments distingués.

Le secrétariat du JDP

P.J. : 1 Avis du JDP –  AVIS FRANCE ENERGIE EOLIENNE n° 664/20

« 

Le Jury de Déontologie Publicitaire,

  • Après examen des éléments constituant le dossier de plainte,
  • les personnes intéressées ayant été invitées à faire valoir leurs observations,
  • après avoir entendu la représentante de la société France Energie Eolienne lors d’une séance tenue sous la forme d’une visioconférence,
  • et après en avoir débattu,
    rend l’avis suivant :
  1. La plainte
    Le Jury de Déontologie Publicitaire a été saisi, le 13 mai 2020, d’une plainte émanant d’un particulier, afin qu’il se prononce sur la conformité aux règles déontologiques en vigueur d’une publication diffusée sur le réseau social de l’association France Energie Eolienne (FFE), pour promouvoir l’énergie éolienne.
    La publication en cause montre plusieurs paysages sur lesquels sont installées des éoliennes. Ces images sont accompagnées des textes « L’énergie éolienne : pour alimenter l’Europe aujourd’hui … et demain », « nous apportons de l’électricité propre, sûre et renouvelable à tous ceux qui en ont besoin en ces temps difficiles ».
  2. Les arguments échangés
  • Le plaignant considère que cette publicité contrevient à plusieurs points de la Recommandation « Développement Durable » : défaut de véracité des actions (point 1), défaut de proportionnalité du message (point 2), défaut de vocabulaire approprié (point 6), défaut de présentation visuelle adéquate (point 7).
    Selon le plaignant, la FEE affirme que l’électricité est propre, alors qu’aucune électricité ne peut être « propre ». En effet, la fabrication d’éoliennes nécessite des matériaux composites pour la fabrication des pales, des métaux pour le mât et l’armature métallique du béton armé du socle. Or les industries cimentières sont un des premiers émetteurs de gaz à effet de serre (points 7.1 et 7.2 notamment et article 5 du Code ICC), ce qui résulte notamment des évaluations du GIEC.
    D’autre part, le plaignant soutient que recyclage des éoliennes pose divers problèmes : les pales ne sont pas recyclables, ou extrêmement mal, conduisant à leur enfouissement en l’état ou à leur valorisation énergétique dans des centrales thermiques, en les faisant brûler.

    Le plaignant considère que cette campagne méconnaît également le Code ICC s’agissant des principes énoncés au chapitre E, « Allégations environnementales dans la communication commerciale » dès lors que la présentation d’une énergie « propre » constitue une simplification considérable de la réalité : le texte n’est ni honnête ni véridique notamment en ce qu’il induit le consommateur en erreur en l’absence de précision sur la qualité environnementale du service (article E1) et la publicité méconnaît les règles sur la supériorité et les allégations comparatives (article E3).
    Enfin, le plaignant conteste l’affirmation selon laquelle l’électricité est sûre et « les éoliennes continuent de tourner ». En effet, les éoliennes tournent selon la force et la vitesse du vent et ne sont pas pilotables. En cas d’anticyclone, les éoliennes peuvent se retrouver à l’arrêt, ne fournissant aucune production électrique, comme le montrent les courbes de production journalière sur le site Eco2mix de RTE, avec une très grande variabilité. D’ailleurs les producteurs éoliens n’avancent aucune production propre garantie, celle-ci étant entièrement conditionnée par les conditions météorologiques. Il y a un défaut de proportionnalité du message et de clarté du message.
    En outre en affirmant que « nous apportons de l’électricité […] à tous ceux qui en ont besoin », la FEE oublie que près de 95% de l’électricité produite ou consommée en France ne provient pas de l’énergie éolienne, trompant ainsi le consommateur sur la place réelle de l’énergie éolienne, tout en s’attribuant le caractère « sûr » de l’approvisionnement électrique.
  • L’association France Energie Eolienne a été informée, par courriel avec accusé de réception du 8 juin 2020, de la plainte dont copie lui a été transmise et des dispositions dont la violation est invoquée.
    Elle indique que l’objet de ce clip vidéo est de rappeler au public que durant cette période de crise sanitaire, l’énergie éolienne a continué à produire de l’électricité et que cette production participe à l’approvisionnement en électricité de tous.
    Concernant l’emploi du terme « propre », la FEE s’appuie notamment sur les propos de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui utilise régulièrement l’expression « clean energy » pour qualifier les énergies renouvelables dont l’éolien, ce qui correspond à une terminologie appropriée. La rédaction du clip s’est notamment basée sur une publication du 14 mars 2020 où il est évoqué le rôle des énergies renouvelables au regard de la crise sanitaire.
    Concernant les matériaux et le recyclage, l’association relève qu’en France, les pales d’éoliennes ne sont en aucun cas enfouies ou abandonnées. Cette idée relève d’une fausse information souvent relayée par des organisations anti-éoliennes qui s’appuient sur des images provenant des Etats-Unis.
    L’association précise que les éoliennes sont constituées de métaux, plastiques, béton, acier, qui sont pris en charge par des filières de revalorisation. 80 à 90% des matériaux utilisés par rapport à la masse totale d’une éolienne seraient aujourd’hui déjà recyclables. Les pâles sont fabriquées à partir de matériaux composites. Aujourd’hui, en France comme en Allemagne, d’après une étude de l’ADEME, les pâles sont quasiment entièrement valorisées de façon thermique, même s’il n’y a pas de technique spécifique arrêtée.

    Sur la question des terres rares, l’association souligne qu’elles ont des applications variées dans l’énergie : raffinage du pétrole, barre de contrôle des réacteurs nucléaires, batteries rechargeables, aimant permanent. Hors énergie, les terres rares se retrouvent dans nombres d’autres secteurs et appareils du quotidien : appareils électroménagers, technologiques ou industriels (smartphone, ordinateur, écran LCD…). Aujourd’hui, environ 90% du parc éolien français ne comporte strictement aucuns métaux rares, puisque seules les éoliennes dites à aimant permanent contiennent un métal rare, à savoir le néodyne.
    Enfin, l’association rappelle que, dans son étude de septembre 2017 sur la filière éolienne française, l’ADEME constate que « l’éolien a un impact important sur la réduction des impacts environnementaux du système électrique … Le bilan global de l’éolien est positif ». Concernant les émissions CO2, les données de l’ADEME démontrent avec précision le fait que l’éolien à un taux d’émission, fabrication comprise, nettement inférieur à la moyenne du mix électrique français.
    Concernant la sécurité d’approvisionnement et l’emploi du terme « sûr », l’association soutient que, selon les travaux de RTE (gestionnaire du réseau électrique), l’installation de production éolienne ne nécessite pas le doublage de ces installations par des moyens de production thermique et que la stabilité du réseau au regard de la montée en puissance de la production éolienne dans le mix électrique ne pose aucune question de sécurité d’approvisionnement. De même, l’ADEME dans sa documentation « Enjeux – L’éolien en 10 questions », indique : « Sécuriser la production d’électricité en contribuant, avec les autres énergies renouvelables, à la diversification du mix de production d’électricité : ne pas dépendre d’une seule énergie est un facteur de sécurité ».
    L’association considère donc que la plainte, au regard de l’expertise du gestionnaire de réseau et de la réalité du système électrique français, est parfaitement infondée et révèle une profonde méconnaissance du fonctionnement du système électrique de notre pays ainsi que du fonctionnement de l’énergie éolienne par le grand public.
    Concernant la part de production de l’éolien et sa variabilité, l’association indique que le clip vidéo n’a pas vocation à indiquer que l’éolien produit toute l’énergie pour la France. Le seul message de cette vidéo est la continuité de la production pendant la crise, qui est un élément rassurant pour le public. Chaque français sait qu’en France il existe différentes sources de production d’électricité et l’annonceur affirme n’avoir à aucun moment cherché à surévaluer la part de production de l’éolien. Il est abusif de considérer qu’il y a mensonge sur ce que représente l’éolien dans la production électrique de notre pays.
    En conclusion, l’association rappelle les données sur le sujet : le taux de couverture moyen de la consommation par la production d’origine éolienne en 2019 a été de 7,2% contre 5,9% en 2018 ; l’énergie éolienne produite en 2019 a été de 34,1 TwH, soit 6,3% de la production électrique française ; la production d’électricité éolienne s’est élevée à 14,5 TWh au premier trimestre 2020, soit 10,8 % de la consommation électrique française.
  1. L’analyse du Jury
    Le Jury rappelle qu’aux termes des dispositions de la Recommandation « Développement durable » de l’ARPP :

    « 1.1. La publicité ne doit pas induire en erreur le public sur la réalité des actions de l’annonceur ni sur les propriétés de ses produits en matière de développement durable (…) »;
    « 2.1. Le message publicitaire doit exprimer avec justesse l’action de l’annonceur ou les propriétés de ses produits, en adéquation avec les éléments justificatifs dont il dispose. / La réalité de ces actions ou propriétés peut s’apprécier au regard des différents piliers du développement durable, des différents types d’impacts possibles et des différentes étapes de la vie du produit. »
    « 2.2 Le message publicitaire doit être proportionné à l’ampleur des actions menées par l’annonceur en matière de développement durable ainsi qu’aux propriétés du produit dont il fait la promotion. »
    « 2.3 En particulier :
    a/ L’argument publicitaire ne doit pas porter sur plus de piliers du développement durable, plus d’étapes du cycle de vie ou plus d’impacts qu’il ne peut être justifié.
    b/ Le message publicitaire ne saurait suggérer indûment une absence totale d’impact négatif. »
    « 6.3 Dans le cas où il serait impossible de justifier des formulations globales (ex. : écologique, vert, éthique, responsable, préserver, équitable, durable, …), la publicité doit les relativiser en utilisant des formulations telles que “contribue à”. »
    Le Jury relève que la vidéo publicitaire en cause montre plusieurs paysages sur lesquels sont installées des éoliennes. Ces images sont accompagnées des textes « L’énergie éolienne : pour alimenter l’Europe aujourd’hui … et demain », « nous apportons de l’électricité propre, sûre et renouvelable à tous ceux qui en ont besoin en ces temps difficiles ».
    Le Jury constate, tout d’abord, que le message général ne s’adresse pas uniquement aux professionnels, ainsi que l’association FEE l’admet dans ses écritures en soulignant que l’objet de ce clip vidéo est de rappeler au public que durant la période de crise sanitaire l’énergie éolienne a continué à produire de l’électricité pour tous les consommateurs. Le Jury considère que cette vidéo de promotion de l’énergie éolienne constitue une publicité et qu’il est compétent pour se prononcer sur son contenu.
    Le Jury estime, ensuite, que la formule « nous apportons de l’électricité propre, sûre et renouvelable » ne contient aucune nuance sur l’emploi du terme « propre », qui est présenté comme un résultat absolu et n’est pas relativisé, alors qu’il n’est pas contesté qu’à ce jour le recyclage des pales n’est pas possible autrement que par une « valorisation thermique » consistant à brûler les matériaux dans des cimenteries.
    Enfin, le Jury, tout en comprenant que la stabilité du réseau au regard de la montée en puissance de la production éolienne dans le mix électrique ne pose pas de difficulté en termes de sécurité d’approvisionnement, considère que l’acception du mot « sûre », juxtaposé ici aux autres adjectifs sans justification, est ambiguë.

    Le Jury en déduit qu’en employant une formule qui suggère une absence totale d’effets négatifs en termes de pollution (« propre ») et de sécurité en général (« sûre »), le film publicitaire, qui n’exprime pas avec justesse les conséquences de la production d’énergie éolienne, est de nature à induire en erreur le public sur la réalité écologique des actions de l’annonceur.
    En conséquence de ce qui précède, le Jury est d’avis que la publicité en cause méconnaît les points précités de la Recommandation « Développement durable » de l’ARPP.
    Avis adopté le 3 juillet 2020 par Mme Gargoullaud, Vice-Présidente, substituant la présidente empêchée, Mmes Drecq et Lenain, MM. Depincé, Lacan, Leers et Lucas-Boursier.
    Stéphanie GARGOULLAUD
    Vice-Présidente du JDP »

CLIMAT : ET VOICI LES ÉCOLOS PRO-NUCLÉAIRE ! (arrêt sur image)

(abonnés, ne pas diffuser sans autorisation)

https://www.arretsurimages.net/articles/climat-et-voici-les-ecolos-pro-nucleaire

Sur Twitter, sur YouTube, des voix défendant le nucléaire au nom de la lutte contre le changement climatique se font de plus en plus entendre. Qui dénonce le « dogme antinucléaire de Greenpeace » ? Comment et avec quel impact ?
En ce 1er juillet, le secrétaire général d’Europe Ecologie les Vers (EELV), Julien Bayou, se réjouit. Invité de la matinale de France Inter, il réagit à l’arrêt définitif de la centrale nucléaire de Fessenheim. Deux jours plus tôt, quatre mois après l’arrêt du premier réacteur, le deuxième a été mis à l’arrêt, point de départ de 15 ans de démantèlement. Il se réjouit, au vu des risques d’accidents et de ce que coûterait une rénovation des réacteurs, et dénonce : Tarder autant sur Fessenheim et continuer l’entêtement autour de l’EPR de Flamanville » [dont les coûts de construction ont explosé, voir plus bas, ndlr] », EDF va faire faillite devant ce mur d’investissement » ».

Une opinion qui fait réagir les auditeurs de France Inter. Un certain Christian s’agace de la position anti-nucléaire du parti : « Le nucléaire c’est l’énergie la plus propre précisément au niveau du CO2, donc la meilleure pour éviter le réchauffement climatique ». Suzanne, elle, s’interroge sur la « cohérence » du « démantèlement de Fessenheim dans une période de recherche d’énergie décarbonée ». »Si on est un écologiste, ça n’a aucun sens d’être anti-nucléaire », » ajoute Florian. « Nous, nous ne disons pas d’arrêter le nucléaire tout de suite, nous disons [qu’il faut] acter aujourd’hui la sortie du nucléaire au fur et à mesure de l’obsolescence des centrales », rétorque Bayou.
En quelques minutes se trouve résumé un débat – souvent conflictuel – qui agite toute une sphère des réseaux sociaux (Twitter et YouTube en tête) et qui semble aujourd’hui se déplacer vers des médias plus « traditionnels » : celui qui oppose écolos anti-nucléaire et écolos pro-nucléaire.


Le mythe tenace d’un nucléaire émetteur de CO2


Le nucléaire serait la meilleure arme contre le réchauffement climatique, autant du point de vue de la pollution que de celui des coûts. C’est l’argument régulièrement entendu sur les réseaux sociaux, surtout à la faveur d’une forte actualité comme, au hasard, la fermeture de Fessenheim.
Ce discours a pris de l’importance ces dernières années. De la part des acteurs officiels de la filière, premièrement. « Il y a la conjonction de plusieurs choses », analyse Nabil Wakim, journaliste énergie pour « Le Monde ». » La montée des préoccupations sur le climat, d’abord. Et ça rejoint aussi d’autres difficultés sur le nucléaire : en France, le parc actuel nucléaire est vieux, coûte cher à entretenir, la perspective de fermetures des réacteurs s’approche. La filière veut convaincre qu’il faut en construire d’autres ».
Et c’est là qu’arrive un argument massue : le nucléaire n’émet que peu de CO2. À l’heure des craintes concernant le réchauffement climatique, l’argument pèse son poids. D’autant que, si l’on en croit les sondages des dernières années, beaucoup sont encore persuadés que le nucléaire émet des gaz à effet de serre. « Je ne sais pas comment autant de gens en sont arrivés à se persuader de ça », se désole Sylvestre Huet, journaliste qui tient un blog « Sciences » sur l’espace blogs du « Monde », renvoyant au fait que «  »très souvent, les discours écologiques ont pu être ambigus là-dessus, n’ont pas reconnu clairement que l’énergie nucléaire est peu émettrice de CO2, et que le cas français est particulièrement propre de ce point de vue-là. »
L’une des voix particulièrement médiatisées sur le sujet est celle de Jean-Marc Jancovici, ingénieur français et président du think tank The Shift Project. Il est également associé fondateur de Carbone 4, un cabinet de conseil « spécialisé dans la stratégie bas carbone et l’adaptation au changement climatique ». » Jancovici parle dans l’oreille des puissants – les entreprises qui souhaitent réduire leur impact carbone, notamment. Dans Marianne, il dénonçait « l’imposture du gouvernement » « qui ferme Fessenheim «  »au nom du climat », « tout en déplorant la « faillite médiatique » « sur le sujet.


Les « voix du nucléaire », nouvelle venue dans l’arène


Mais d’autres voix, plus ou moins liées à la filière du nucléaire et le défendent aussi. Des gens qui, défendant le nucléaire à la base, ont décidé de le défendre d’un point de vue écologique également. Par exemple Tristan Kamin, ingénieur dans le domaine du nucléaire « pour le privé », nous dit-il, refusant de préciser. Depuis six ans, suivi par un peu plus de 28 000 personnes, il se bagarre sur Twitter sur les questions énergétiques. Kamin n’est pas un écolo de la première heure : « Je me revendique comme pro-nucléaire. Et je trouve ça, de manière très opportune, tout bénef’ que ça soit bien pour le climat. » « 
L’ingénieur fait également partie du conseil d’administration de l’association Voix du nucléaire, créée en mars 2018 « par et pour des employés » de la filière, dont le but est autant d’afficher leur « fierté » mais aussi de travailler au « rétablissement des faits le concernant », peut-on lire sur leur site. On y retrouve beaucoup d’ingénieurs de la filière mais aussi quelques chercheurs dans d’autres domaines, comme François-Marie Bréon, chercheur sur les sciences du climat et de l’environnement et membre de l’Afis (association française pour l’information scientifique). C’est le deuxième type de voix « écolo pro-nucléaire » : ceux qui, défenseurs de la lutte contre le changement climatique, voient dans le nucléaire une solution pour le ralentir.
Avec sa cinquantaine d’années, Bréon détonne dans le paysage de l’association, relativement jeune (Kamin a par exemple 26 ans). L’association organise ou participe à des événements publics, comme la manifestation internationale « Stand up for Nuclear », parrainée par l’un des pontes américains du pro-nucléaire Michael Shellenberger (qui s’est récemment illustré par des propos remettant en cause la gravité du changement climatique). Plusieurs membres de l’association, dont Kamin et Bréon, ont également signé en juillet 2019 la tribune « No fake science », dénonçant une couverture médiatique des sujets scientifiques biaisée – et se voyant critiquée en retour (ici et là) d’avoir eux-même utilisé des exemples biaisés.


Toucher les journalistes par Twitter


Pour ces défenseurs du nucléaire, Twitter est une arène de choix. Face à ce qui semble être surtout un petit milieu d’ingénieurs, relativement jeune et masculin, s’afficher sur les réseaux sociaux, c’est espérer toucher un autre public. « Twitter c’est un média où sont présents un bon nombre de journalistes et de politiques, qui vont percevoir ce fourmillement et amener ce discours dans d’autres médias » « dit Kamin ». » Et Bréon, qui fréquente depuis peu le réseau social : « Pour toucher les gens, ce qui est efficace, c’est de passer par les grands médias et donc par les journalistes. »
Reste que le débat peut souvent basculer, assez rapidement, dans une forme d’invective. Entre Kamin et le « groupe Jean-Pierre Vernant », qui regroupe une soixantaine de chercheurs, le torchon brûle. Exemple parmi d’autres, dans un échange particulièrement virulent, le groupe Vernant reprochait à une chercheuse, Aurélie Jean, d’être rémunérée entre par l’Institut Sapiens, un think tank libéral que le compte Twitter considère comme faisant partie de » « l’alt-right libertarienne ». Kamin, en réaction, dénonce le groupe Vernant comme « une des plus grosses ordures que j’aie jamais vue sur Twitter », se voyant ensuite reprocher par ce même groupe de ne pas « apprécier que l’on montre les preuves de la collusion de certains pseudo-rationalistes avec l’extrême droite ».


Greenpeace dans le collimateur


Le débat est d’autant plus difficile que du côté des pro-nucléaire, on met en avant l’argument des « faits scientifiques ». « J’ai commencé ma chaîne YouTube en parallèle de mes études, « parce qu’il y a un gouffre important entre ce qui se sait dans le domaine scientifique et ce qui se dit dans les médias », raconte Rodolphe Meyer, qui anime la chaîne « Le Réveilleur », suivie par plus de 90 000 abonnés, et dont les vidéos tournent autour de 20-50 000 vues. « L’idée, c’est d’amener une information scientifique, objectivée », résume celui qui vit de sa production YouTube (et de quelques cours et conférences auprès d’entreprises, dans le bâtiment par exemple, ou d’écoles d’ingénieurs) et avance son envie de « vulgariser » autour des thématiques de l’énergie.
Le jeune homme de bientôt 30 ans se dit défenseur du nucléaire « a posteriori » (parce qu’il s’agit selon lui de la meilleure énergie pour lutter contre le réchauffement climatique), « pas anti-nucléaire », « plutôt que » « pro-nucléaire » (de la même manière que Bréon, donc). Accusé d’avoir été payé par l’Andra dans une tribune publiée sur le site « Reporterre » « par le chargé de campagne du réseau « Sortir du nucléaire » (et à laquelle Le Réveilleur a apporté un droit de réponse), il réfute se faire payer par qui que ce soit. Il a, l’an passé, visité le site d’enfouissement de déchets nucléaire en construction à Bure, sur invitation de l’Andra. « A l’époque s’était posée la question de faire un partenariat, et je pense que si je leur avais demandé, j’aurais pu me faire financer en partie », raconte-t-il. « Mais je n’ai pas voulu le faire, parce qu’un anti-nucléaire qui voit un partenariat, ça lui donne une excuse pour pas considérer le fond. » Il explique en revanche faire relire ses textes, dont il reste le » « maître d’oeuvre », par des experts, pour s’assurer qu’ils ne contiennent pas d’erreurs factuelles – dans le cas de sa vidéo sur les déchets radioactifs, c’est entre autres vers l’Andra qu’il s’est tourné.
Sur YouTube comme sur Twitter, tous se rejoignent sur un point : leur détestation de Greenpeace. Régulièrement, Kamin dénonce la « secte » Greenpeace – un mot fort qu’il justifie au téléphone : » « Il y a un ensemble de préceptes écologiques répétés et suivis, un dogme, qu’il faut suivre sinon on n’est pas écologiste ». Même tonalité chez Le Réveilleur, qui dénonce le « dogmatisme » de l’ONG et a même consacré une vidéo en novembre 2018 au sujet du classement « électricité verte » de Greenpeace, dont il dénonce la vision biaisée sur le bilan carbone du nucléaire (CheckNews était revenu sur la question).
Il n’est donc pas surprenant que ce soit devant les locaux de Greenpeace que l’association Voix du nucléaire ait décidé d’organiser une manifestation contre la fermeture de Fessenheim, le 29 juin. A peine cinquante personnes s’y sont réunies, mais Bréon s’estime satisfait : « Le Monde » et Reuters ont par exemple consacré un article à cette manifestation. Pourquoi Greenpeace et pas devant le ministère ? « Notre position, c’est que c’est Greenpeace qui désinforme sur le nucléaire », rétorque Bréon. Greenpeace aurait conduit l’opinion publique à réclamer la fermeture de Fessenheim, et le gouvernement à obtempérer. » « Les journalistes aiment bien [ce type de « happenings », ndlr], ça les fait venir ». Sur Twitter comme dans la rue, le but est d’attirer les médias.


Un impact réel impossible à quantifier


Mais à trop se concentrer sur les arguments scientifiques, n’en oublierait-on pas la dimension politique du nucléaire ? « Je comprends qu’il y ait des décisions politiques, mais ce que j’aimerais c’est qu’elles soient argumentées », rétorque Le Réveilleur, qui considère que la fermeture de Fessenheim ne se justifie pas. Pour le journaliste du « Monde », Nabil Wakim, on touche pourtant là au cœur du débat : « D’accord, le nucléaire n’émet pas de CO2, mais est-ce pour autant une solution ? Et là c’est un autre débat, politique, qui est de savoir où on met les sous ». « Car un des grands arguments anti- nucléaires est de rappeler que sa prédominance dans le mix énergétique (75% aujourd’hui) se fait au détriment des énergies renouvelables (argument réfuté par les pro-nucléaire). Il suffit de voir le gouffre financier de l’EPR de Flamanville : selon le dernier rapport de la Cour des comptes, le budget devrait désormais atteindre 19,1 milliards d’euros pour une mise en service en 2024 – alors que, comme le rappellent les Décodeurs, l’EPR aurait dû être opérationnelle en 2012 pour un coût de 3,3 milliards d’euros.
Au-delà de la sphère numérique, quel est l’impact réel de ce discours pro-nucléaire ? » « Le rapport pro-nucléaire/anti-nucléaire sur Twitter ne me semble pas du tout être celui de la société », observe Bréon. « Dans la société, les pro-nucléaires, on a l’impression que ça n’est pas dominant du tout. » Le journaliste du « Monde « abonde : « C’est sûr qu’ils sont hyper actifs, mais est-ce que ça va faire bouger les lignes ? Je n’en sais rien. » « Pour un autre journaliste spécialiste de ces questions, le débat « pro » et « anti » n’a rien de nouveau sur le fond (souvenons-nous du débat national sur la transition énergétique menée par la ministre Delphine Batho, qui définissait déjà les lignes de crête) : « L’existence de ces gens en ligne, ça montre qu’en France, on hésite encore sur la place qu’on veut donner au nucléaire », résume-t-il.
Reste surtout la question de l’avenir concret du nucléaire. « Même si on se remettait à construire des réacteurs maintenant, on serait en 2040-2050 sur une part d’énergie nucléaire dans l’électricité beaucoup plus faible, « explique Wakim. « On est dans la fin d’un âge d’or du nucléaire ». La « fin d’un monde », qui crispe le débat.

Exclusif : révélation des motifs de la démission d’Edouard PHILIPPE

Par des indiscrétions, on a pu avoir connaissance de la lettre de démission du Premier ministre au Président

« Monsieur le Président,

Lorsque vous m’avez proposé la fonction de Premier ministre, je me suis promis de vous être fidèle en toute circonstance. J’avais connaissance de votre programme pour les cinq années à venir ; je savais que vous aviez le projet d’arrêter les deux réacteurs nucléaires de Fessenheim alors même qu’ils sont en bon état de fonctionnement et qu’ils contribuent très efficacement à la lutte contre le changement climatique. Les mettre à l’arrêt ne répondait à aucune raison ni technique, ni économique, ni sociale, ni stratégique. Je l’ai accepté avec un sentiment que vous devinez et que j’ai pu cacher. Vous avez pensé qu’il était opportun que la ministre chargée de l’environnement signe sans attendre un décret qui officialise la mise à l’arrêt de douze autres réacteurs nucléaires alors même que, eux aussi, seraient en parfait état de sûreté.  Comme j’ai eu l’occasion de le dire en public, vous saviez ce que je peux faire et ce que ne peux pas faire. Vous saviez que je pourrais pas l’accepter.

J’ai donc l’honneur de vous présenter ma démission. »

Toute ressemblance avec un fait réel est hypothétique.

Chers écologistes, rejoignez-moi pour embrasser l’énergie nucléaire, signé Zion Tree, ex XR

A message from a former Extinction Rebellion activist: Fellow environmentalists, join me in embracing nuclear power

Traduction :

Alors que les mesures de verrouillage que nous connaissons si bien au cours des trois derniers mois sont lentement assouplies, les discussions se tournent vers la façon d’aller de l’avant pour se remettre de la crise économique de Covid-19 d’une manière qui aborde également le changement climatique.

J’ai une longue histoire à propos des campagnes sur les questions environnementales, plus récemment en tant que porte-parole d’Extinction Rebellion UK et fondateur de son journal de reportage sur le climat The Hourglass.

Maintenant, j’ai quitté l’organisation pour prendre position en tant que militante pour l’énergie nucléaire.

Lorsque je suis allé au Andrew Neil Show l’automne dernier, il m’a demandé quelles solutions Extinction Rebellion avait à offrir pour lutter contre le changement climatique. Au nom de l’organisation, j’ai pris soin de ne rien dire qui n’ait pas été soutenu par les politiques déclarées du mouvement, qui doivent laisser le soin aux citoyens de décider.

Cependant, la question me préoccupe depuis – car il existe des solutions scientifiquement évaluées pour lutter contre le changement climatique, et dans le domaine de l’énergie, l’une de ces solutions est l’énergie nucléaire

Le Royaume-Uni doit trouver des moyens de réduire sa dépendance aux combustibles fossiles, qui sont très polluants et dangereux. Nous sommes actuellement sur la bonne voie pour manquer nos propres objectifs d’émissions. Et avec l’avenir économique de la Grande-Bretagne qui semble incertain après le Covid19 et après le Brexit, l’indépendance énergétique pourrait apporter une force bien nécessaire à notre pays, ainsi qu’à l’emploi.

Le gouvernement de Boris Johnson s’est engagé à ramener les émissions de carbone à zéro net d’ici 2050, mais n’a pas de plan clair pour montrer comment cela sera réalisé. Nous avons besoin d’une source d’énergie fiable à faible émission de carbone dans laquelle nous pouvons investir dès maintenant.

Et nous en avons une. Hinkley Point C a été approuvé en 2016, et une partie de ce plan consiste à construire Sizewell C dans le Suffolk, qui fournira 7% des besoins en électricité du Royaume-Uni et permettra d’économiser environ neuf millions de tonnes d’émissions de carbone pour chaque année de son exploitation.

Pendant de nombreuses années, j’étais sceptique à l’égard de l’énergie nucléaire. Entouré d’activistes antinucléaires, j’avais laissé la peur des radiations, des déchets nucléaires et des armes de destruction massive s’infiltrer dans mon subconscient. Quand un ami m’a envoyé un article scientifique sur les impacts réels, y compris le (très petit nombre de) décès totaux dus aux radiations à Tchernobyl et à Fukushima, j’ai réalisé que j’avais été dupé par un sentiment anti-science pendant tout ce temps.

En lisant sur le sujet de la sûreté, j’ai constaté que les accidents nucléaires qui se sont produits au cours de ma vie étaient dus à des circonstances inhabituelles et extrêmes, ou à des erreurs humaines. Tchernobyl, par exemple, s’est produit en raison de l’utilisation d’une conception de réacteur défectueuse qui a provoqué une surtension et une explosion dans l’un des réacteurs, et la catastrophe de Fukushima Daiichi au Japon a été déclenchée par les conséquences du tremblement de terre et du tsunami de Tohoku.

Cependant, même en incluant ces événements désastreux, la recherche scientifique a montré que l’énergie nucléaire est toujours plus sûre que les combustibles fossiles, une fois pris en compte la pollution de l’air, les accidents (provenant de l’extraction d’énergie) et les émissions de gaz à effet de serre.

Qu’en est-il des alternatives renouvelables? Aux côtés de mes collègues militants, je chantais depuis des années les louanges des énergies renouvelables. Mais alors que les énergies renouvelables peuvent et doivent faire partie du mix dans la fourniture d’énergie au Royaume-Uni, la technologie ne se limite tout simplement pas à alimenter notre pays 24/7.

Le livre du défunt physicien David MacKay explique que les énergies renouvelables nécessiteraient à elles seules des quantités de stockage incroyablement massives pour garder les lumières allumées lorsque le vent ne souffle pas et que le soleil ne brille pas, et bien que le stockage des batteries ou de l’hydrogène puisse être juste au coin de la rue, nous sommes dans une situation d’urgence climatique et avons besoin de toute l’énergie propre que nous pouvons construire en ce moment : énergies renouvelables, nucléaire et capture et stockage du carbone.

J’ai également découvert que les déchets nucléaires sont minimes, bien stockés et bien gérés et n’ont jamais tué personne.

Les militants anti-nucléaires soutiennent également que Hinkley est trop cher, ce qui est compréhensible car les projets de construction dépassent souvent le budget, mais ce n’est toujours pas près du coût de 80 milliards de livres sterling de HS2. Heureusement, la standardisation réduit les coûts et améliore l’efficacité. En Corée du Sud, la construction de la même conception à plusieurs reprises a été trouvée pour produire les coûts les plus bas et les temps de construction les plus rapides: nous devrions capitaliser sur l’expertise que nos ingénieurs acquièrent à Hinkley pour construire des usines plus économiques à Sizewell et ailleurs.

À ma grande surprise, lorsque j’ai partagé ces données avec mes amis anti-nucléaires, ils se sont opposés à la science. Hélas, nous nous sommes séparés.

La mentalité selon laquelle vous ne pouvez pas être pro-environnement et pro-nucléaire en même temps doit être remise en question. Plus je lis de recherches, plus j’en apprends sur la façon dont l’énergie nucléaire est un outil essentiel dans la lutte contre le changement climatique.

Le rapport sur le réchauffement climatique du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat 1.5 – le même rapport qui a attiré l’attention du monde sur les réalités du changement climatique – contient une section sur l’énergie dans laquelle l’énergie nucléaire est un facteur essentiel. Nier cela n’est pas différent de nier que le changement climatique anthropique est réel. La méthode scientifique est la même, tout aussi rigoureuse et approfondie, avec les deux.

J’avais suivi l’admirable demi-tour de Mark Lynas sur la technologie des OGM et l’énergie nucléaire, et vu l’écologiste George Monbiot s’exprimer en sa faveur. Je me suis senti enhardi par ceux qui sont prêts à modifier leurs opinions en fonction des faits.

À l’automne 2019, Michael Shellenberger, le fondateur de Environmental Progress in America, a demandé à m’interviewer pour son nouveau livre. Au cours de cette discussion, nous avons abordé le sujet de l’énergie nucléaire et constaté que nous avions quelque chose en commun : Michael avait également changé d’avis à ce sujet. Maintenant, il m’a invité à diriger Environmental Progress UK : une campagne que nous mènerons pour aider à éduquer les gens sur la science qui sous-tend le nucléaire et pour s’assurer que le Royaume-Uni investit dans l’énergie nucléaire.

Extinction Rebellion a joué un rôle essentiel dans la sensibilisation au changement climatique, et j’en félicite l’organisation. Maintenant, il est temps de se concentrer sur les solutions. Il est crucial que les militants écologistes disent la vérité sur l’énergie nucléaire, au lieu de céder à la pression et à la peur des pairs.

Nous résolvons la crise climatique en luttant contre la crise énergétique et en protégeant notre santé en même temps – il suffit de regarder le nombre de maladies et de décès causés par la pollution de l’air par les combustibles fossiles. C’est pourquoi je mets ma tête au-dessus du parapet et je plaide en faveur de l’énergie nucléaire au Royaume-Uni.

Chers écologistes, j’ai besoin que vous examiniez les faits, acceptiez la science et que vous vous engagiez à m’aider à décarboner radicalement le Royaume-Uni. Le Covid-19 nous a conduits à un carrefour et nous avons maintenant une opportunité unique de construire un avenir vert qui implique une énergie propre.

J’invite mes collègues écologistes à s’exprimer en faveur de l’énergie nucléaire. Il s’agit – selon les experts – d’un élément essentiel de nos efforts désespérément vitaux pour lutter contre le réchauffement climatique. Ici, en Grande-Bretagne et dans le monde, nous avons besoin du nucléaire.

Recharger une voiture électrique, un enfer ?

Suite à l’article du Monde, une réaction.

Bonjour à tous,
Cet article est très intéressant car il montre en filigrane l’incurie des pouvoirs publics, incapables d’aller au-delà des incantations lyriques et des objectifs théoriques mais hors-sol car ils ne traitent pas les problèmes concrets qui peuvent constituer ou constituent des freins rédhibitoires et mettre à bas toutes les belles prévisions. Il me semble que l’on est dans une situation très problématique sur plusieurs points :
1) La seule solution qui fonctionne bien (très bien) est la recharge à domicile pour ceux qui habitent des maisons individuelles. Là, pas de difficultés, une prise 20 A ou mieux une Wallbox délivrant jusqu’à 7 kW pour diminuer le temps de charge sont des solutions à la fois simples, peu coûteuses et disponibles en fonction des besoins. Mais cet habitat ne représente qu’un peu moins de 60 % des résidences principales.
2) Les choses sont beaucoup plus compliquées pour les 40 % de résidences en logements collectifs. Pour plusieurs raisons : dans les immeubles anciens, beaucoup de parkings sont souterrains et mal adaptés à l’installation de bornes de recharge individuelles (ce n’est pas le cas des nouveaux immeubles, tenus de prévoir des bornes de recharge, mais ils ne représentent qu’environ 1 % du stock). Les difficultés sont diverses :
* Nécessité de créer des infrastructures communes nouvelles capables de supporter ensuite progressivement les charges de bornes individuelles qui viendront plus tard. Or cela nécessite des investissements importants faits en anticipation qui n’intéressent pas les copropriétaires qui n’ont pas ou ne souhaitent pas avoir de VE et que les premiers utilisateurs de VE ne peuvent supporter seuls. Donc les assemblées générales de copropriétaires ne peuvent voter ce qui permettrait d’amorcer la pompe pour le futur tout en affectant les charges à ceux qui sont demandeurs. Il faudrait inventer un nouveau mode de financement pour sortir de ce cercle vicieux mais sauf erreur l’administration n’a rien fait.
* Les parkings souterrains anciens posent des problèmes de sécurité. Dans beaucoup de départements, les SDIS (Services départementaux d’incendie et de sécurité) s’opposent à l’implantation de bornes souterraines si les parkings ne sont pas équipés de systèmes de désenfumage (ce qui est le cas de leur immense majorité) car ils ne savent pas éteindre les incendies de batteries Li-ion. Ce n’est pas une question annexe, les pompiers considèrent qu’un incendie de batterie dégage des fumées trop toxiques pour intervenir en milieu confiné (même avec une tenue scaphandre) et leur doctrine est de laisser brûler quand c’est à l’extérieur. Donc un incendie en sous-sol peut avoir des conséquences gravissimes et intoxiquer les résidents, voire propager le feu aux véhicules adjacents, électriques ou pas. Mais le pouvoir politique impose à la fois un droit à la prise pour tous de sa main gauche et les règles de sécurité incendie de sa main droite, sans faire la liaison entre les deux.
* Le résultat le plus clair est que l’installation de bornes individuelles dans les immeubles collectifs est pratiquement au point mort et risque de le rester longtemps. Donc 40 % de la population hésitera fortement avant de passer à du 100 % électrique et achètera des hybrides, rechargeables dans le meilleur des cas s’il y a des bornes publiques à proximité, ou non rechargeable.
3) Ce n’est pas mieux pour les bornes publiques qui ne sont pas toujours bien situées et ont souvent une puissance trop faible, limitée à 7 kW, surtout quand elles ont été récupérées du réseau de l’ex-Autolib. Or, un réseau public doit être conçu pour accélérer les rotations afin de servir le maximum de clients et devrait avoir systématiquement une puissance de 21 kW (puissance maximum en courant alternatif) pour charger les voitures capables d’absorber cette puissance.
4) Les bornes de recharge ultra-rapides (en courant continu) situées sur les grands axes, avec des puissances allant de 50 à 250 kW voire plus ont manifestement un problème de modèle économique car elles sont beaucoup plus coûteuses (d’un facteur 5 à 6) que les bornes en courant alternatif et que leur nombre par station doit être dimensionné pour les pics de circulation pour ne pas avoir de files d’attente de plusieurs heures. Alors que le reste du temps, c’est-à-dire en gros 350 jours par an, elles seront fortement sous-utilisées. Pour résoudre cette équation, les gestionnaires de stations-services sont en train d’augmenter fortement leurs tarifs de recharge, de plus en plus composés de charges d’amortissement, ce qui fait perdre l’avantage prix de l’électricité sur les carburants traditionnels. C’est un autre facteur dissuasif pour l’achat de VE pours pour beaucoup d’automobilistes.
5) Last but not least : la prolifération de sociétés qui se lancent dans les recharges sur les voies publiques ou les entreprises. Ce point est bien mis en évidence dans l’article transmis et est un casse-tête quand on voyage. Certes, un certain nombre de ces sociétés ont passé des accords de mutualisation avec leurs concurrents pour améliorer la situation et rendre utilisables leurs cartes sur l’ensemble de leurs bornes respectives, mais ces initiatives restent limitées. La vraie solution serait que toutes les cartes soit mutualisées, quel que soit le fournisseur de recharge, à l’image de ce qui se passe pour les cartes bancaires : quelle que soit la banque du titulaire, il peut retirer de l’argent dans n’importe quel distributeur de n’importe quelle banque. Tant qu’on n’en sera pas arrivé à une situation de ce type, il restera compliqué de recharger son VE quand on voyage loin de ses bases. Mais cela passe évidemment par une législation et règlementation adaptée allant dans ce sens. Sauf erreur, ce ne semble pas être dans les tuyaux, alors qu’il faudra évidemment du temps pour arriver à une telle mutualisation, qui sera complexe à organiser.
En résumé, je suis bien conscient qu’un certain nombre de ces problèmes ne sont pas faciles à résoudre, mais si les pouvoirs publics ne les prennent pas à bras le corps de façon très concrète en ne faisant rien de plus qu’actuellement, le risque est à mon avis quasi-certain que les beaux objectifs élaborés en chambre ne soient pas au rendez-vous.

Georges Sapy

EU : Green Deal Call – area 2, Supplying clean, affordable and secure energy (Quelques contributions éclairées en faveur du climat)

Voyons quelques contributions qui ne sont pas antinucléaires, en réponse à l’appel de l’UE :

Green Deal Call – Area 2 – Fournir une énergie propre, abordable et sûre.

https://ec.europa.eu/eusurvey/runner/GreenDealCall2

1) Jean-Luc Salanave

Contribution JLS du 20/05/2020 sur https://ec.europa.eu/eusurvey/runner/GreenDealCall2:
This « area 2 » approach for the EU Green Deal is based on a double error:1. the priority against climate change is to reduce the consumption of fossil fuels (gas, oil and coal), NOT to increase intermittent production of offshore electricity ! This approach confuses the goal and the means (the goal is CO2 reduction).2. Hydrogen is not an energy source but just an energy vector. It is expensive to produce, the efficiency will never be better than 30% (due to electrolysis losses and H2-fuel cells losses), and much less efficient and practical than electricity (which is anoter energy vector). The only reason why hydrogen is though about is because of the above mistake n°1: you need H2 only if electricity production is intermittent (wind or solar). If the energy production is non-intermittent (nuclear, hydro, geothermal, aerothermal/heat pumps, …) hydogen is useless becouse it is not needed to store energy, it is just produced when needed, without any transformation losses.My recommandation is that the european green deal policy should find its inspiration from proven technologies, which need no or litle subsidies (we are in an economical world crisis !). The best scenario, presenting the best garanty for a factor 4 reduction of CO2 in 2050, according to the scientist community, is NEGATEP: http://www.sauvonsleclimat.org/images/articles/pdf_files/climat-energie/Negatep_V-2017.pdf (ref: https://www.sauvonsleclimat.org/fr/base-documentaire/negatep-2017). Financial aspects are here: https://www.sauvonsleclimat.org/images/articles/pdf_files/climat-energie/Negatep-finance.pdf)Best regards.Jean-Luc SalanaveProfessor and expert in low carbon electricity

2) Patrick Michaille

Without producing hydrogen which is the way that intermittent producers can give a value to their production by making it storable, there is no sense to multiply the intermittent production of electricity. The covid-19 crisis demonstrates what will be the instability of the electricity network with a share of intermittent production of 40%, which is proven by negative prices, meaning that the electricity becomes a waste. Whereas the energy transition for protecting the climate requires that decarbonized electricity is developed, there is an urgent need to invest in modern and safe Generation-III nuclear reactors in Europe.

3) Stephan Savarese

Clean energy has to be low-carbon. Rather than picking winners and losers, the EU should adopt a regulatory approach consisting in a progressive ban of high-emission energy sources. For instance, shutting down all power plants with GHG emissions higher than (in gCO2eq/kWh):
2025 : 1000
2030 : 500
2040 : 100
2050 : 50
Removing nuclear power from clean energy makes no sense. There is no harm to ecosystems nor human health in France. If we can do it, what is the rationale for denying other EU member states to do likewise ? France has set an example but Europe wants to invent another one.
How much time is left to save the climate ? 10 years. When will the EU be realistic about climate change ?
With best regards, bien cordialement,Stephan Savarese

4) Michel Simon

« Do you propose changes in the orientation for the area or the approach proposed for the topics?
The first objective – and to day it shoud be the only one!- is to reduce the consumption of fossil fuels.
The relevant topic should concentrate on that concern:
How, and by which method/tool should we reduce use of fossil fuels for heat production?
How, and by which method/tool should we reduce use of fossil fuels for transportation?
It seems that the Topic 1 concentrate on electrical renewable energy, which is a non sense regarding the
major objective : reduce fossil fuel! There are other ways to produce electricity at reasonable price, with full
guarantee of availability at any time, and fully respectul of the environnement. Nuclear fission is an example, and with a stratégic long term view, nuclear fusion should be strongly supported.
This comment is made by reason only. I recognize it has a low probability to be taken into account if the
Commission is prisoner of a pre-set ideology. » »
Michel Simon

5) Bernard Tamain

The main concern for energy production and consumption is to strongly decrease fossile energy use because of climate problems. This means that transport have to use mainly low carbon electricity or hydrogen; that heating has to use mainly heat pumps; This means that electricity production has to increase and has to be carbon free : either renewable energy or nuclear energy. Nuclear energy is necessary because wind and solar energies are intermitent. Nuclear energy is needed  as long as massive electricity storage is out of reach. Offshore renewable energies with hydrogen production can be part of the solution but it will be very expensive and will hence be competed by electricity production using gas. This would be dramatic for climate.

6) Jean-Pierre Pervès

Why is Europe bent on digging the grave in which it will bury its climate objectives? Because a magic word « green or green » is enough to justify everything, including the lack of serious analysis of the situation, replaced by a “Green deal” catechism. Europe is making little progress, trying to hide its ineffectiveness by switching from coal to Russian gas. Europe dreams of a new colonialist world by preparing to plunder the Third World of its biogas or biomass resources, a relatively ecological activity, even though it is called green.

Our priority should be to decarbonize energy, not to impose a green world. What a mistake when experts, in the service of a juicy green finance paid for by taxes, reject nuclear power and put it at the level of gas in the taxonomy report. Dishonesty of assisted speculators.

Sustainable energy must be low carbon today because there is an emergency. The best method to achieve this will involve, over the next 20 years, massive use of decarbonized and controllable electricity. The « green » headlong rush with marine wind, solar, hydrogen electrolysis, methanation, fuel cells will be dramatically expensive, as have been the rash development of intermittent energies. They must survive to the rhythm of their true competitiveness, and not thanks to the rejection of other low-carbon energies which are truly manageable.

Nuclear is decarbonized and has offered France a real depollution of its atmosphere (counterbalanced by the pollution which is offered to us by Germany and Poland with coal and lignite). And Europe, with a Germany worried about the competitiveness of French electricity, wants to destroy it, thus not respecting the fundamental principle of subsidiarity, on the pretext of a fair concurrence,  misled by massive public aid to the so-called « green » industries « 

Carbon emissions of cars are drastically cut while no limits are placed on electric companies. They are even allowed to sell electricity called « green », when it comes from coal-fired power plants, by simple writing games (a real European scandal). When will there be an obligation not to exceed 100 g per kWh then 50 in electricity? Let’s have a pragmatic policy, Europe must support nuclear power, which is essential for the balance of networks, in countries that want it and are worried about the stupidity of the abrupt cessation of clean and competitive nuclear power in Germany , then in Belgium, for electoral haggling.

And Europe, ineffective, gargles with big words, with a « green deal », invents an expensive offshore/hydrogen future, with an exceptionally low efficiency, and carrying considerable risks of explosions.

And the European Parliament, with its cohorts of MEPs with a low knowledge of the energy industry (do they have time to work at it?)  is being manipulated by minorities, is preparing to waste what is effective today for the benefit of expensive programs that our children will pay dearly for.

A single message: let’s preserve the climate and desecrate a misguided word,” Grünnen, green, vert”, , now the banner of a deadly business, fattened by European and national subsidies, and ultimately paid for by families.

7) Georges Sapy

Consultation publique « call Green Deal » lancée par la Commission européenne Contributions GS


N° 1 – The European Commission rightly supports the production of carbon-free energy in all areas, which is an urgent need. But why refuse nuclear energy, the least carbon energy source of all, capable of permanently meeting massive needs at competitive costs and perfectly dispatchable? Very clearly, nuclear is a major and unavoidable part of the solution to decarbonize the production of electricity in Europe, where it has been perfectly mastered without risk after half a century. Under these conditions, why does it not benefit from taxonomy like all other low carbon energies? This is a totally incomprehensible and incoherent position with the criteria « clean energy » and « affordable energy ».


N° 2 – The exclusive and forced development of wind and photovoltaic systems throughout Europe rightly replaces carbonaceous productions, particularly coal, the worst fossil fuel. However, this cannot be done without precautions because these variables energies must be backed up by dispatchables plants when there is no wind and/or no sun, as long as massive energy storage facilities will not exist at affordable costs. This exclusive policy has the consequence of weakening the possibilities of internal rescue in each European country and moreover between European countries because the wind regimes are strongly correlated in Europe (there is often either a lot of wind everywhere or little wind everywhere). On the other hand, all of Europe is in only 3 time zones and solar energy is therefore present or absent almost at the same time everywhere. This situation greatly increases the risk of a general shortage in Europe in the event of a weak wind at night and heavy consumption in cold winter days or weeks and can lead to heavy load shedding or even extensive blackouts.
This growing risk has been denounced on several occasions, notably during a joint call signed on October 10, 2018 in Berlin during the conference on « Guaranteed capacity in Europe », organized by the German federation of energy companies BDEW with the participation of 8 other professional organizations in the electricity sector from different european countries (Austria, Denmark, France, Luxembourg, Nederland, Czech Republic, Sweden, UK) to ensure security of supply in Europe.
Have they been heard? The question is open, as this exclusive general orientation « all wind + photovoltaic » puts in serious risk the criterion « secure energy » if it is pursued without precautions.


N° 3 – Intermittent wind and photovoltaic electricity continues to benefit from exorbitant privileges, out of competition, contrary to general European rules. It benefits from network access privileges in the event of overproduction and, above all, exorbitant subsidies paid by consumers, which makes this electricity terribly expensive for them. It was understandable at first, when these sources of energy were not mature, but they have become, even according to their promoters.
It is therefore incomprehensible that these sources continue to be subsidized, they must be subject to competition like all other mature sources of electricity. In addition to the cost for consumers, this situation precludes any other possibility of investment in other means of electricity production, including in renewable energies such as hydraulics, a very useful source of energy because it is dispatchable unlike wind and photovoltaic sources which only produce when there is wind or sun, but not according to the needs of consumers and also require support from dispatchable means or storage facilities, which again increase their own costs. Intermittent sources therefore absolutely do not meet the « affordable energy » criterion if they continue to be subsidized.


N° 4 – Unusable surpluses of wind and photovoltaic electricity completely destabilize the electricity markets and lead to negative prices at certain times, which are more and more frequent. This ruins the producers of dispatchable electricity, which are nevertheless essential to ensure the stability of the networks and the security of electricity supply. At the same time, producers of intermittent wind and photovoltaic electricity continue to be heavily subsidized and most of them are making « double-digit » indecent profits. It is neither fair nor sustainable, on the verge of a financial scandal for consumers.
This situation is therefore totally contrary to the « affordable energy » criterion (for consumers who pay even more than the market prices are low!). But also to the « secure energy » criterion in the medium and long term because the market no longer gives the signals for essential investments other than in wind and photovoltaic: only the latter currently attract investors because they provide very high income without any risk, unlike investments in all other means to produce electricity that are ”at risk” for investors.

Pas de reprise durable sans le nucléaire (Les Entretiens Européens)

Source : https://t.co/QfPGKE7IE


« Après le vote des Etats au Conseil du 15 avril dernier et la décision d’ex­clure le nucléaire des finance­ments européens et de la taxono­mie, #ClaudeFischerHerzog s’interroge sur le manque de vision..

Après leur vote au Conseil du 15 avril dernier et la décision d’exclure le nucléaire des financements européens et de la taxonomie, on ne peut que s’interroger sur le manque de vision et de prospective des Etats européens.
Alors que le contexte inédit de la crise sanitaire et économique appelle des mesures de soutien sans précédent à nos industries européennes, les Etats risquent d’entraver une reprise qui sera d’autant plus difficile et longue qu’elle devra s’adapter aux mutations.
En effet, l’électrification de nos modes de vie et de production, celle des usages, bouleverse notre système économique.
Tous les secteurs doivent s’adapter pour répondre à la fois à l’impératif climatique et à l’impératif industriel, et retrouver la croissance et l’emploi. Croire que nous allons pouvoir construire la transition énergétique et écologique en demandant de réduire notre consommation énergétique par deux comme le demande la Commission est irresponsable et irréaliste : non seulement il faudrait expliquer comment réaliser une profonde décorrélation entre le PIB et la demande d’énergie, mais après la période de confinement, les Européens ne voudront pas subir des contraintes accrues sur leurs conditions de vie. Or le « Green deal » n’est pas une stratégie énergétique industrielle. Il impose des choix technologiques au mépris de ses propres principes de « neutralité » et sans tenir compte de la diversité des atouts des pays de l’Union européenne, et sans bâtir les solidarités pour aider les pays à diversifier leur mix ou à l’adapter pour réduire leur empreinte carbone.
Aujourd’hui, à la perte de productivité, l’appauvrissement de couches entières de la population, le chômage massif provoqués par le confinement, risquent de s’ajouter les effets pervers de choix contre-productifs : la priorité à toujours plus d’énergies renouvelables électrogènes (EnR), chères et intermittentes, et l’affaiblissement de l’énergie nucléaire, stable, compétitive et durable.
Il n’y a que l’Union européenne pour discriminer une industrie performante et sûre, « essentielle » en période de crise sanitaire.
Les institutions internationales reconnues et qui font autorité comme le GIEC et l’AIE le disent : pas de transition énergétique durable sans le nucléaire !
L’Europe possède une industrie nucléaire performante et sûre que de nombreuses régions du monde nous envient. C’est 50% de l’électricité décarbonée de toute l’Union européenne, 75% en France. Ses ouvriers, ses techniciens et ses ingénieurs sont aujourd’hui au front pour que les malades puissent bénéficier de soins massifs dans les hôpitaux, avec des technologies de pointe, et pour que les autres puissent vivre « confinés » sans pannes de lumière ou d’internet. Sans eux, aucune gestion de crise ne serait possible ! Ses chercheurs sont aussi au front pour inventer de nouvelles applications dans la lutte contre le coronavirus, et le secteur a été déclaré « critique et essentiel » par le Conseil National de Sécurité(1).

Partout dans le monde où les pays ont fait le choix du nucléaire, en Chine ou en Russie, et même aux USA, les politiques publiques soutiennent leur industrie. Même en Europe, au Royaume-Uni ou en Finlande, les Etats ont favorisé (en dérogation à la politique de concurrence de l’Union) des montages financiers favorables à l’investissement dans le nucléaire, reconnu comme une énergie durable.

Réformer le cadre de marché et promouvoir les coopérations entre les acteurs.

Mais dans l’Union européenne, sous la pression des anti-nucléaires, des ONG écologistes activistes et d’Etats comme l’Allemagne et l’Autriche, la majorité des Etats ont adopté des règles de marché qui dissuadent les investissements de long terme et discriminent le nucléaire. On subventionne les EnR, mais leur place excessive dans la consommation d’énergie provoque une terrible instabilité des prix, obstacle fondamental à ces investissements, évalués pour le nucléaire à 400 milliards d’euros par la Commission elle-même afin de renouveler notre parc, développer la formation et les compétences, et financer la recherche pour le nucléaire du futur(2). Comment inciter les Etats à investir sans garanties publiques et sans offres de financement spécifiques ? Le nucléaire a besoin d’un cadre de marché moins volatil pour favoriser les investissements et les montages financiers, encourager les coopérations d’acteurs comme en Finlande avec son modèle Mankala. A défaut, le gaz ou même le charbon, bon marché, viennent compléter les EnR intermittentes. En termes de climat(3) et de santé(4), pas sûr que l’Europe y gagne !
De nombreuses voix dans l’industrie et dans la société(5) se sont élevées pour demander à la Commission européenne de ne pas céder aux sirènes anti-nucléaires et d’inclure le nucléaire dans la « finance durable » ou « taxonomie verte ». Ce n’est pas les « pro » contre les « anti », mais ce sont des acteurs de sensibilités différentes, d’horizons divers et de plusieurs pays d’Europe, soucieux de défendre l’industrie et les huit cent mille travailleurs du secteur. Certes ils sont quatorze Etats en désaccord sur l’avenir du nucléaire pour eux-mêmes. Mais au nom de quoi ceux-ci pourraient-ils interdire aux autres de pouvoir en faire le choix et de bénéficier – comme pour les autres sources décarbonées – d’incitations ? Les incitations aux renouvelables ont créé de redoutables effets pervers, que la crise sanitaire actuelle révèle avec encore plus d’acuité(6), et pourtant la Commission a fixé des objectifs qui non seulement feront exploser le système et les coûts avec une part d’EnR dans l’électricité égale à 80% en 20507, 100% en 2100, s’inscrivant contre tout principe de diversité technologique garantissant une plus grande sécurité énergétique en Europe.

Une belle occasion manquée

Avec la taxonomie, les Etats avaient une belle occasion de faire un bon choix politique et de contribuer à la réforme du cadre de régulation. Assorti d’un pacte de solidarité énergétique pour n’exclure aucune source décarbonée, ils auraient ainsi pu organiser la vie des sources sur le marché sans discrimination. Mais ils lui ont refusé le « label vert » qui lui permettrait d’accéder à des fonds européens, considérant le nucléaire comme une « énergie de transition », au même titre que le gaz naturel dont chacun sait qu’il émet du CO2…contrairement au nucléaire(8) ! Par ailleurs, l’argument de la production de déchets nucléaires pour justifier ce refus ne tient pas(9), car les solutions existent et des pays comme la Finlande, la Suède ont pris la décision d’ouvrir des centres de stockage en couches géologiques profondes, la France ayant reporté une fois de plus la décision après le débat public de 2019 ouvert dans le cadre du PNGMDR(10).

On est surpris que la France ait voté le texte sans exprimer de réserve, au mépris de son industrie et de sa propre intervention en octobre, quand Bruno Le Maire demandait l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie. Aujourd’hui, Paris demande à Bruxelles de lancer « une réflexion au niveau européen pour donner aux États un cadre plus cohérent pour assurer le financement des outils de production d’électricité décarbonée […] à travers une politique industrielle européenne ». Paris propose par ailleurs un prix plancher du carbone, notamment en renforçant la réserve de stabilité du marché européen du carbone(11). Mais de nucléaire ? Pas un mot ! Après la fermeture de Fessenheim (alors que même l’ASN considérait la centrale sûre), les industriels s’inquiètent d’une réduction de la production nucléaire à court et moyen termes, s’interrogeant par ailleurs sur la compétitivité du secteur quand les prix – qui représentent de 30 à 60% de leurs coûts de production – divergent avec l’Allemagne qui produit et vend son électricité carbonée à des prix défiant toute concurrence(12).

Rouvrir le débat pour mobiliser tous les acteurs de la société

A Helsinki, les Entretiens Européens(13) ont proposé de rouvrir le débat public pour une révision de la stratégie énergétique européenne. Il est urgent de mobiliser les usagers, les producteurs, les enseignants et les jeunes, les experts et les chercheurs pour promouvoir de nouveaux projets de production électrique décarbonée où le nucléaire trouvera toute sa place. La pandémie du Coronavirus projette tous les pays du monde dans une crise économique qui va devoir mobiliser tous nos efforts pour éviter une dépression durable en Europe(14) et pour soutenir les pays les plus vulnérables qui comme en Afrique risquent de vivre des situations dramatiques et auront besoin d’investissements dans des projets d’électrification pour pouvoir produire et se soigner. Le « Green Deal » ne pourra pas répondre aux besoins de solidarités humaines et productives qui s’expriment aujourd’hui comme jamais. Pour redémarrer nos industries et innover dans de nouveaux modes de production et de consommation compatibles avec l’avenir de notre planète, la technologie nucléaire est un allié formidable. L’Union promet liquidités et crédits pour soutenir notre économie, les Etats font crédit avec des garanties budgétaires pour « sauver » ses fleurons industriels et leurs emplois : sans lâcher la bataille pour une reconnaissance du label vert au nucléaire et au financement de ses technologies diversifiées(15), réouvrons le front de la réforme du marché pour en faire un espace de solidarités et créer une dynamique d’investissements, construire une économie de biens publics où l’énergie, et le nucléaire en particulier, seront valorisés.

Paris, le 30 avril 2020

 

6 Comme le relève France stratégie dans sa note du 21 avril relative à l’impact de la crise du COVID-19 sur le système électrique : « la chute de l’activité économique augmente la part relative des EnR intermittentes, ce qui accroît la volatilité des volumes produits et des prix et nécessite la présence de plus de moyens flexibles sur le réseau, alors que ceux-ci se trouvent mis à l’arrêt ».

7 Cf. l’étude de l’AEN sur les coûts de la décarbonisation – System costs with High Shares of Nuclear and Renewables – AEN, OCDE, 2019

8 Voir le communiqué de Sauvons le Climat : « Le nucléaire écarté des financements durables en Europe ? Une aberration ! » www.sauvonsleclimat.org

9 Voir l’étude sans appel d’avril 2020 du CEPN qui met en regard la gestion des déchets radioactifs et les critères d’absence de préjudice significatif à
l’environnement « Do No Significant Harm to the Environnement »

10 Retrouvez les débats et les recommandations des Entretiens Européens de Paris sur « La gestion des combustibles usés et des déchets nucléaires en Europe.
Les solutions existent, il faut les mettre en œuvre » – Octobre 2018. www.entretiens-europeens.org

11 Cf. La note transmise à ses voisins européens avant le Conseil Énergie du 28 avril

12 Cf. Les Echos du 30 avril « La chute du nucléaire inquiète les industriels ».

13 « Une nouvelle ère électrique avec le nouveau nucléaire » – Helsinki les 12, 13 & 14 novembre 2019. Actes disponibles sur le site www.entretiens-europeens.org

14 Voir l’article de Philippe Herzog « Planifier l’espérance » – 25 avril 2020 – www.entretiens-europeens.org

15 Le texte adopté le 15 avril fait partie d’un paquet « finance durable » qui obligera les produits financiers à répondre à des critères stricts pour pouvoir être
présentés comme « durables ». La Commission Européenne prépare maintenant les « actes délégués », à présenter d’ici la fin de l’année, qui établiront ces
critères précis de classement

Taxonomie et nucléaire en Europe : appel à contributions par la Commission de l’UE avant le 27/04

Sustainable finance – EU classification system for green investments


Feedback period: 23 march -27 April


The Commission would like to hear your views


Roadmaps are open for feedback for 4 weeks. Feedback will be taken into account for further development and fine tuning of the initiative. The Commission will summarise the input received in a synopsis report explaining how the input will be taken on board and, if applicable, why certain suggestions can’t be taken up. Feedback received will be published on this site and therefore must adhere to the feedback rules.
https://t.co/lgueHkK4Z3

1)

On ne peut qu’approuver une tentative de cibler au niveau européen une vision compétitive de notre économie environnementale. Mais on peut une fois de plus s’inquiéter d’un manque de pragmatisme qui fait que l’urgence, qui est climatique, est mise au second plan derrière une idéologie verte.
Comment ne pas s’étonner que, alors que le groupe d’experts technique (TEG) reconnait que l‘énergie nucléaire «n’émet presque pas de gaz à effet de serre lors de sa phase d’exploitation » et à ce titre « peut contribuer aux objectifs d’atténuation », il conclut qu’une expertise supplémentaire serait nécessaire sur le critère du « Do Not Significant Harm ». Plus incompréhensible encore il classe in fine le nucléaire au même niveau que le gaz naturel, pourtant puissant émetteur de gaz à effet de serre (environ 30 à 40 fois plus).
Le GIEC lui-même reconnait que le monde aura besoin de toutes les technologies bas carbone si on se préoccupe du changement climatique, et nombreux études et rapports internationaux de référence montrent que les impacts sanitaires et environnementaux du cycle de vie des activités nucléaires satisfont déjà l’exigence DNSH sur l’ensemble des critères étudiés, et qu’il est donc performant sur ce critère « Do not Significant Harm ».
Trois corrections doivent être introduites dans les conclusions de ce rapport :

  • Le nucléaire est un élément essentiel de la politique de décarbonation de l’Europe. Il doit être inclut dès la première publication de la taxinomie car nous n’avons pas de temps à perdre.
  • C’est tout le cycle de vie des sources d’énergies, du puits à la roue, et en incluant l’effort financier considérable apporté pas les soutiens publics, qui doit être comparé, toutes externalités incluses.
  • La garantie de fourniture sur le long terme, insuffisamment prise en compte, doit reposer sur des technologies prouvées, compétitives et pilotables, et non sur des projections hasardeuses comme le stockage du CO2, une civilisation de l’hydrogène, un développement peu environnemental de la biomasse. Comment ces évolutions peuvent-elles être considérées comme acquises !

« 

Jean-Pierre Pervès

 

2)

Je suis un citoyen européen, de moins en moins convaincu du bien fondé de la politique poursuivi dans beaucoup de domaines et notamment celui de l’énergie ou plutôt de l’électricité.S’agissant de la taxonomie, l’objectif de l’UE est de viser le plus vite possible à la fois la neutralité carbone, objectif très ambitieux, mais aussi une indépendance de plus en plus forte vis-à-vis des pays producteurs de combustibles carbonés, pétrole, gaz, charbon.Exclure l’électricité nucléaire de la taxonomie bas carbone serait un non-sens absolu.Nous sommes en train d’aller vers une société utilisant de plus en plus le vecteur électrique dans son énergie finale. L’OCDE parle de 80 % d’électricité dans l’énergie finale des pays industriels en 2100. Et il suffit de voir les grandes tendances notamment concernant la mobilité qu’elle soit électrique ou hydrogène propre.La seule électricité mobilisable en masse et bas carbone pour nos besoins est l’électricité nucléaire. Elle doit donc faire partie intégrante de la taxonomie.Parallèlement, il convient de revoir le pseudo-marché de l’électricité qui ne fonctionne absolument pas convenablement. Le subventionnement des électricités aléatoires dont le coût est de zéro vu depuis les GRT conduit les prix de marché vers le bas et fait croître simultanément les prix de l’électricité chez les consommateurs. Ineptie totale de ce fonctionnement qui doit être corrigé et même remis en cause par l’UE.

Jean Fluchère

3)

« Une taxonomie qui défavoriserait économiquement les pays mettant en œuvre le nucléaire pour la production d’électricité devrait être proscrite car particulièrement injuste économiquement. Elle favoriserait le développement excessif des énergies intermittentes qui auront besoin inévitablement du back-up du gaz. Certes, momentanément, en remplaçant le charbon, l’utilisation du gaz constitue une avancée pour la réduction des émissions d’un pays comme l’Allemagne, qui construit le gazoduc Nord Stream 2, mais constitue, à moyen et long terme, un obstacle considérable sur le chemin conduisant à la neutralité carbone de l’Europe. Et le gaz est une ressource limitée dans le temps. Il y a une extrême urgence pour le climat, à agir pour diminuer massivement les émissions de CO2 des pays les plus développés, des pays européens notamment, qui ont une responsabilité majeure dans le domaine. Pour cela Il faut se baser sur des technologies matures. Et il n’existe pas aujourd’hui de manière fiable d’assurer l’approvisionnement en énergie décarbonée des populations européennes en se passant de l’électronucléaire. »

JYG

4)

« Comment s’étonner des positions prises par le groupe d’experts technique (TEG) sur nucléaire et gaz d’une part, et énergies renouvelables d’autre part. Nous sommes face à des représentants de la finance « développement durable », qui a parfaitement compris que des énergies massivement soutenues par des fonds publics et bénéficiant d’une garantie absolue d’achat de leur production à prix fixé sont bien plus rentables que des productions qui doivent se battre sur le marché.

Le TEG représente une économie qui s’est construite sur de gigantesques bénéfices : en France la Commission de régulation de l’énergie a constaté que les taux de rentabilité sur fonds propres des investissements dans l’éolien et le solaire étaient abusifs, voire scandaleux, non justifiés car sans prise de risque industriel réel.

Plus gênant encore, mais c’est une habitude européenne, ce TEG a été conseillé par une ONG, WWF, et un bureau d’experts (WISE), tous deux connus comme violemment antinucléaires.

Or, comme beaucoup des intervenants à cette consultation, nous devons constater que la taxinomie proposée n’est pas prioritairement construite pour préserver le climat, mais pour promouvoir les industries dites « vertes » et continuer à engranger des bénéfices considérables. Qui paiera : les citoyens européens auxquels l’Europe veut imposer une politique à l’allemande ou à la danoise, c’est-à-dire celle de pays émetteurs de CO2 importants, et qui ont imposé à leurs nationaux une électricité extrêmement coûteuse.

Le Parlement européen doit, en urgence, mettre le nucléaire dans la taxinomie car n’émettant quasiment pas de CO2 dans l’ensemble de son cycle de vie. Encourager un mix renouvelable/gaz dans la production d’électricité, est une aberration environnementale et économique et nous mettra à la merci de fournisseurs de gaz peu nombreux et puissants (Russie en particulier) : tant pis pour l’indépendance économique de l’Europe.

L’Europe doit donner priorité aux énergies non carbonées et les financer de manière équitable, nucléaire inclus. Elle doit préserver un niveau d’indépendance suffisant, assurer la solidité de notre fourniture d’électricité, et donner à chaque pays la responsabilité, au titre de la subsidiarité, de faire de son mieux avec ses atouts. Qu’elle fixe des objectifs GES équilibrés et s’abstienne de fixer des objectifs techniques. »

JP Pervès (n°2)

5)

Je trouve surprenant et choquant que l’Union Européenne envisage de ne pas inclure le nucléaire dans sa taxonomie verte alors que l’UE reconnait que le nucléaire n’émet pas de CO2 (ou du moins en émet très peu) et ceci au motif que les déchets ne remplirait pas le critère « Do No Significant Harm ».(The TEG assessed nuclear energy as part of its review on energy generation activities. Nuclear energy generation has near to zero greenhouse gas emissions in the energy generation phase and can be a contributor to climate mitigation objectives. Consideration of nuclear energy by the TEG from a climate mitigation perspective was therefore warranted et Evidence on the potential substantial contribution of nuclear energy to climate mitigation objectives was extensive and clear. The potential role of nuclear energy in low carbon energy supply is well documented) Les déchets en Europe , et ce depuis des dizaines d’années n’ont fait aucun mort ou blessés. Pour moi de toute évidence le groupe d’expert TEG qui a décidé que le nucléaire ne répond pas, pour l’instant, aux critères est un groupe politiquement orienté qui comprend dans ses rangs des membres d’ONG violemment anti-nucléaire (Wise et WWF notamment) et ceci suffit à mettre en doute son avis sur le nucléaire. Un des points mentionné « Yet nowhere in the world has a viable, safe and long-term underground repository been established » est surprenant alors que au moins 3 pays (Suède, Finlande et France) ont des projets très avancés de stockage géologique. Faudra t il attendre par exemple les 100 ans prévus pour fermer le site de Bure dans le projet français pour considérer que c’est safe et DNSH? Le climat ne peut attendre 100 ans. L’UE se déconsidérera définitivement pour son Green Deal si elle n’admet pas le nucléaire (reconnu comme impératif dans la plupart des scénarios du GIEC pour rester à moins de +1.5 degré, comme par l’IEA) dans sa taxonomie verte  

Gérard Grunblat

6)

https://ec.europa.eu/info/law/better-regulation/have-your-say/initiatives/12302-Climate-change-mitigation-and-adaptation-taxonomy/feedback?p_id=7646923

Depuis plus de 15 ans, la politique énergétique de l’Europe fondée sur le développement à marche forcée des énergies renouvelables est un désastre qui continue à s’amplifier en 2020. La première directive européenne concernant les énergies renouvelables date de 2003. Alors que la France avait mené depuis 40 ans une politique indépendante et cohérente, la Commission Européenne a décidé d’imposer des directives motivées par des à priori idéologiques et ne tenant pas compte des spécificités de chaque pays. Cette première directive de 2003, fixant un objectif de 21% de la consommation intérieure brute à partir des sources d’énergies renouvelables en 2010, a été une imposture. Sous la pression de l’Allemagne et de lobbies écologistes anti-nucléaires influents à Bruxelles, et aussi de la passivité des négociateurs français, le nucléaire a été volontairement éliminé des énergies non émettrices de gaz à effet de serre (GES) alors… qu’il n’en émet pas. L’objectif de la directive était pourtant la lutte contre le réchauffement climatique. L’Europe a failli en excluant le nucléaire des énergies non émettrices de GES, et elle est responsable de centaines de milliards d’euros engloutis en pure perte (mais pas perdus pour tout le monde). Il appartient aux Etats, comme cela a été le cas pendant 60 ans, d’avoir la maîtrise de la politique énergétique de leur pays. La politique européenne menée depuis plus de 15 ans (mise en œuvre en France en 2012 avec le Grenelle de l’environnement) ne peut conduire qu’à un désastre pour la compétitivité de l’industrie française, et pour le niveau de vie des Européens. Les « dégâts acquis » par contrat devront être supportés par tous les Français pendant encore 20 ans. L’abandon de l’indépendance énergétique de la France serait plus qu’une faute, ce serait un crime.

Michel Gay

7)

La politique énergétique française fondée sur le nucléaire dans le secteur électrique obéit de manière exemplaire aux trois principaux objectifs de la politique communautaire : la sécurité d’approvisionnements, la compétitivité de la fourniture (avec les prix de l’électricité parmi les plus bas de l’Union européenne), et l’impératif climatique. Pourtant, la production d’électricité d’origine nucléaire fait l’objet de l’hostilité rampante des institutions européennes, alors qu’elles sont complaisantes vis-à-vis des choix de l’Allemagne (centrales au charbon). Cette attitude en dit long sur l’influence du principal pays opposé au nucléaire (l’Allemagne) et sur la ligne suivie par les institutions européennes en ce domaine. La nouvelle Commission européenne a annoncé en novembre 2019 son grand projet de « Green Deal », dont l’objectif principal est la neutralité carbone, mais le nucléaire n’a pas été inclus dans la liste des technologies qui pourront bénéficier de financements privilégiés de la Banque européenne d’investissement (BEI). De même, le nucléaire n’a pas été retenu non plus dans la « taxonomie » européenne par le Technical Expert Group (TEG) fixant la liste des technologies labellisées « durables » à destination des investisseurs, des marchés financiers et des banques publiques. Même si l’utilité du nucléaire est reconnue pour limiter les émissions de CO2, ce TEG annonce dans un langage sibyllin qu’il n’a pas pu conclure que la filière nucléaire « ne cause pas de préjudice significatif à d’autres objectifs environnementaux sur les échelles de temps concernées ».Il ne respecterait pas le critère de « Do not significant harm » (non-préjudice significatif) du fait de l’absence de risque zéro en matière de gestion des déchets nucléaires dans la durée… Le nucléaire est irrémédiablement pénalisé par l’exigence implicite du risque zéro qui, manque totalement de rationalité objective. Toute activité étant risquée, cette raison est infondée, à moins que la volonté sous-jacente soit de paralyser cette activité dans une logique anti-nucléaire. Pourtant, les conclusions du Conseil européen des 12 et 13 décembre 2019 reconnaissaient aux États-membres la légitimité de recourir au nucléaire (même si c’était en termes feutrés pour complaire aux pays hostiles au nucléaire) : « Le Conseil européen est conscient de la nécessité d’assurer la sécurité énergétique, et de respecter le droit des États-membres de décider de leur bouquet énergétique et de choisir les technologies les plus appropriées. Certains États membres ont indiqué qu’ils recourent à l’énergie nucléaire dans le cadre de leur bouquet énergétique national ». Mais fin décembre 2019, le nucléaire s’est avéré être le grand absent des technologies qui pourront être soutenues par l’accès au financement privilégié de la Banque européenne d’investissement grâce au « Green Deal », contrairement aux EnR. De plus le 15 janvier 2020, le vote d’une résolution du Parlement européen ne reconnaît aucun rôle à l’énergie nucléaire dans le Green Deal. Plusieurs autres pièges sont en train de se refermer sur le nucléaire de la France. Parmi eux, la définition d’objectifs croissants de part de production d’ENR, sans rationalité économique, en plus de l’absence de neutralité entre les technologies bas-carbone pour bénéficier de financements privilégiés et de dispositifs de garanties de revenus. À ceux-ci s’ajoute l’affaiblissement délibéré d’EDF et des grands énergéticiens par la Commission européenne dans le but de limiter leur position dominante, alors qu’ils sont seuls capables de porter de grands investissements en technologie bas-carbone en Europe. Le Traité de Lisbonne (2007) a préservé la souveraineté des États-membres pour décider de leur mix énergétique (article 194, alinéa 2). Un étouffement du système de production nucléaire français serait-il volontairement recherché pour complaire aux idéologues du tout « EnR » ?

Michel Gay (n°2)

8)

La taxonomie verte est une heureuse initiative encore faut-il ne pas perdre son objectif : réduire les émissions des GES. Dans cette mesure, l’électronucléaire, qui pèse 25 % de l’énergie electrique produite en Europe et qui n’émet quasiment pas de GES (12g CO2eq/kWh), occupe une place primordiale. Il a toute sa place, notamment pour assurer la continuité de la fourniture électrique appelée à se développer, aux côtés des EnR à production erratique qui imposent un back-up permanent de moyens fiables et flexibles. Y renoncer, c’est s’en remettre aux productions très carbonées : gaz (490 g de CO2eq/kWh) et lignite -charbon (1000 g de CO2eq/kWh). Il faut aider l’Allemagne à sortir de son impasse. La taxonomie devrait y contribuer. le lignite et le charbon une place majeure.

 

9)

Le GIEC et l’AIE rappellent systématiquement que le monde aura besoin de toutes les technologies bas carbone, dont le nucléaire constitue une partie importante et incontournable de la solution. En Europe, il constitue même la première source d’électricité bas carbone (source : ENTSO-E) et les scénarios européens de décarbonation promus par l’UE incluent 15 % de nucléaire dans le mix électrique du continent en 2050, soit 110 GW de puissance installée. Dans ces conditions, ne pas inclure cette énergie, parfaitement maîtrisée en Europe depuis plus d’un demi-siècle sans effets délétères, serait donc incompréhensible, alors que la neutralité carbone en 2050 a été érigée en objectif prioritaire par l’Europe entière. On ne peut pas vouloir la fin et se priver d’un moyen essentiel pour l’atteindre. Car il n’y a pas d’autre source d’énergie bas carbone qui soit à la fois pilotable et disponible à très grande échelle. D’autant plus que la technique de captage et stockage du dioxyde de carbone (CCS) mise en avant et qualifiée par le TEG de « technologie-clef » pour décarboner l’Europe, en est aujourd’hui au stade d’installations pilotes, très éloignées de l’industrie, aux coûts très élevés et qui pose en outre des questions redoutables de sécurité de stockage du CO2 et d’acceptation sociale de ces stockages, très loin d’être résolues. Comment peut-on dans ces conditions envisager d’exclure une technologie indispensable largement éprouvée, le nucléaire, et inclure une technologie balbutiante, qui n’offre aucune certitude réaliste d’efficacité à ce jour ? Ce serait totalement incohérent.

Georges Sapy

10)

CFE-CFC

17 avril 2020

L’Union Européenne, par le « Green Deal », a confirmé sa volonté de parvenir à l’horizon 2050 à une économie neutre en carbone, et, pour aller au-delà des vœux pieux, de tracer une feuille de route concrète et responsable pour y parvenir. Le règlement sur la taxonomie est le moyen de mettre en place un cadre orientant les investisseurs et facilitant des flux d’investissement importants vers les innovations, les technologies et les projets les plus pertinents pour permettre d’atteindre cet objectif. En tant qu’organisation représentative de salariés du secteur de l’énergie, second syndicat du secteur en France, membre des fédérations syndicales européennes EPSU et Industriall, la CFE-CGC Énergies souhaite légitimement apporter dans le document ci-joint sa contribution à l’évaluation du Technical Expert Group (TEG) sur la taxonomie et relayer un certain nombre de critiques ou d’inquiétudes exprimées par ses mandants concernant : • Le non-respect de la neutralité technologique bas carbone, • L’exclusion « à ce stade » du nucléaire de la taxonomie dite verte, • Les contraintes irréalistes sur le gaz et l’hydroélectricité, • La responsabilité des États dans leur mix énergétique, • La prise en compte des aspects sociaux et stratégiques par les critères DSNH.

11)

Le nucléaire est aujourd’hui la première source d’électricité non carbonée européenne, deux fois plus importante que l’éolien ou l’hydraulique, huit fois la production du solaire. Or il n’a pas sa place dans la politique Energie-Climat, et en particulier dans le nouveau « Pacte Vert » européen. Son apport diminue depuis 2004. Les statistiques européennes d’Eurostat montrent que, pour la lutte contre le réchauffement climatique, la décélération de l’apport de l’atome n’a pas été compensée par l’accélération, pourtant considérable, de l’apport des renouvelables. Les émissions de gaz à effet de serre ramenées à la consommation d’énergie continuent de baisser, mais moins vite qu’avant 2004, malgré 800 milliards d’euros d’investissements en quinze ans pour les renouvelables. Cette très grave contre-performance a des conséquences catastrophiques. Le rôle du nucléaire dans le Pacte Vert européen doit être réexaminé. Sinon l’objectif de l’Union Européenne, la neutralité carbone, ne sera pas obtenue en 2050. Pour essayer de l’atteindre, les Gouvernements seront tentés d’instaurer des mesures drastiques qui augmenteront les prix de l’énergie, des carburants et du chauffage au risque de provoquer des troubles sociaux.

12)

La SFEN salue cette consultation sur le règlement délégué faisant suite aux conclusions du groupe d’experts technique (TEG) sur la finance durable. Cette classification établit un langage commun pour les investisseurs en vue de répondre aux exigences européennes de lutte contre le changement climatique et de réduction des émissions de carbone d’ici 2050. Concernant l’atténuation du changement climatique, le TEG, reconnait que le nucléaire « n’émet presque pas de gaz à effet de serre lors de sa phase d’exploitation » et à ce titre « peut contribuer aux objectifs d’atténuation ». La SFEN rappelle que le bon indicateur est la quantité d’émissions sur le cycle de vie complet (ISO 14044) de l’installation, de sa construction au démantèlement, et la gestion des déchets : ces règles doivent s’appliquer de manière égale à l’ensemble des énergies, y compris aux renouvelables, qui semblent en être exemptées. Le nucléaire émet en moyenne 12g CO2/kWh sur l’ensemble de son cycle de vie (GIEC). Cette valeur tombe à 6g CO2/kWh en France (base ADEME). Cette performance a permis à la France d’exporter 84 TWh d’électricité bas-carbone en 2019 (RTE), et de contribuer à la décarbonation de ses voisins. La SFEN remarque que le TEG estime simplement, quand il parle du nucléaire, première source d’électricité bas-carbone dans l’UE (ENTSO-E), qu’il « peut » contribuer aux objectifs d’atténuation, alors que, quand il s’agit de la technique de captage et stockage de dioxyde de carbone (Carbon Capture and Storage, CCS), aujourd’hui non déployée, il parle d’une « technologie-clef » pour la décarbonation de l’Europe. Le GIEC, comme l’AIE, estiment que le monde n’atteindra pas ses objectifs sans l’utilisation de toutes les technologies bas-carbone. Pour rappel, dans ses scénarios de décarbonation, l’UE aura besoin de 15% de nucléaire dans son mix électrique en 2050. La SFEN s’étonne que le TEG n’ait pas conclu à l’inclusion du nucléaire, au motif qu’une expertise supplémentaire serait nécessaire sur le critère du « Do Not Significant Harm » (DNSH). Pourtant, les impacts sanitaires et environnementaux du cycle de vie des activités nucléaires ont déjà fait l’objet de nombreuses études de référence (Nuclear and Sustainable Development, AIEA). Le corpus scientifique existant permet de conclure que l’industrie nucléaire satisfait déjà l’exigence DNSH sur l’ensemble des critères étudiés. L’activité nucléaire est par ailleurs déjà soumise à l’exigence DNSH au sein de l’UE par la Directive 2011/70/Euratom. Là encore, alors qu’il estime ne pas pouvoir conclure sur le nucléaire, le TEG conclut directement la sûreté du stockage final du CO2 dans le cas du CCS sur la base de l’existence de standards internationaux et de pilotes industriels. Le stockage géologique des déchets nucléaires bénéficie d’au moins autant de standards internationaux et de pilotes industriels avec retour d’expérience en Europe, et devrait donc être inclus pour les mêmes raisons. Dans la précédente consultation (septembre 2019), des parties prenantes ont demandé l’inclusion de l’énergie nucléaire ou une plus grande reconnaissance de son rôle (page 209 de l’annexe). La SFEN regrette que les résultats de cette consultation n’aient pas fait l’objet d’un compte rendu détaillé et que ces remarques n’aient pas été prises en compte. En conclusion, la SFEN souhaiterait que la Commission apporte des éclaircissements sur ces points et demande avec force que de nouveaux travaux d’évaluation spécifique au nucléaire soient conduits sur des bases scientifiques et transparentes. Il est nécessaire que ces travaux s’inscrivent dans un calendrier permettant l’inclusion du nucléaire dès la première publication de la taxonomie. Enfin ils devront être conduits de manière rigoureuse et scientifique, en garantissant une complète transparence, notamment concernant la pluralité et la qualification de l’expertise, et une complète équité, en appliquant au nucléaire les mêmes critères que pour les autres énergies.

SFEN

13)

Le CEA, organisme de recherche public spécialisé dans les énergies bas-carbone, soutient la mise en place d’une « taxonomie » des investissements durables, destinée à orienter les financements vers une économie sobre en carbone et climatiquement neutre. Le groupe d’experts techniques (TEG) propose de dispenser certaines sources d’énergie dites « renouvelables » d’analyse du cycle de vie. Le CEA recommande que toutes les sources d’énergie sans exception soient évaluées sur leur cycle de vie afin de garantir la pertinence de l’outil réglementaire et la robustesse de son impact dans la durée. Le CEA souligne l’importance de cette rigueur méthodologique dans la qualité et la performance des choix technologiques. Tout choix a priori qui ne serait pas soutenu par des analyses de cycle de vie pourrait porter atteinte à la crédibilité de ce texte nécessaire. Le CEA soutient la mise en place d’un seuil d’émission de 100gCO2éq/kWh qui doit s’appliquer à l’intégralité du cycle de vie et à toutes les sources d’énergie. Concernant l’énergie nucléaire, contrairement à ce que laisse entendre le rapport définitif du TEG, la faiblesse des émissions de gaz à effet de serre ne concerne pas la seule phase d’exploitation des centrales mais l’entièreté du cycle de vie, avec une valeur médiane de 12 gCO2éq/kWh selon le 5e rapport d’évaluation du GIEC. L’analyse de cycle de vie aboutissant à ce résultat est une méthode d’évaluation normalisée depuis de nombreuses années (normes ISO 14040 & 44) et internationalement reconnue. Le CEA appelle à suivre les recommandations du TEG quant à la création d’un groupe d’experts chargé de statuer sur l’empreinte environnementale de l’énergie nucléaire – et notamment de ses déchets – au-delà des émissions de gaz à effet de serre. Le CEA souhaite souligner à cet égard qu’une partie significative du contrôle de l’impact environnemental de l’énergie nucléaire est encadrée strictement par la réglementation européenne, et notamment le chapitre 3 du traité Euratom. Le groupe d’experts devrait être constitué, selon le CEA, de spécialistes des Etats membres qui pourraient être issus des autorités de sûreté nationales, de leurs soutiens techniques, d’agences publiques en charge de la gestion des déchets radioactifs, d’organismes de recherche actifs dans les sciences et techniques nucléaires et la radioprotection, et soutenus par (ou en soutien à) des experts de la Commission européenne dans le domaine (comme par exemple : CCR, DG ENER, DG RTD). Sur la question des déchets radioactifs, le CEA souhaite rappeler que ceux-ci sont gérés nationalement selon de stricts protocoles et que leur gestion est encadrée et contrôlée par les autorités de sûreté nationales afin de minimiser le risque de pollution de l’environnement. En particulier, la gestion des déchets radioactifs intègre déjà des pratiques qui sont jugées nécessaires par la Commission au titre de la mise en œuvre du pacte vert, dans lequel s’inscrit l’exercice de taxonomie. En effet, selon l’article 4 de la directive européenne sur les déchets (2011/70) « chaque État membre est responsable, en dernier ressort, de la gestion du combustible usé et des déchets radioactifs qui ont été produits sur son territoire ». L’application de cette directive répond d’ores et déjà à l’objectif de lutter contre les exportations de déchets, tel qu’il est exprimé dans le plan d’action sur l’économie circulaire de la Commission européenne du 13 mars 2020.

CEA

14)

https://ec.europa.eu/info/law/better-regulation/have-your-say/initiatives/12302-Climate-change-mitigation-and-adaptation-taxonomy/F513660

La commission semble sous-estimer gravement l’impact des éoliennes sur l’environnement et ignore le constat de Michael Moore dans Planète of the Humans. Les surfaces utilisées sont gigantesques; impact sur la faune aviaire, les forêts, l’artificialisation des sols avec des MT de béton ; prélèvements matières très importants ; traitement des déchets de pales impossible d’où problèmes gigantesques d’enfouissement ; atteintes à la santé du bétail, des humains et pollution visuelle ; impossibilité de stockage sérieux et instabilité dangereuse du réseau électrique; backup avec lignite ou charbon ou gaz… A l’inverse l’UE n’intègre pas dans sa taxonomie l’énergie nucléaire, pilotable, inépuisable, maîtrisée et bon marché, comme en France ( poumon vert de l’Europe) alors qu’elle retient le modèle allemand, lourd en CO2 et subventions, qui a fait la preuve de son échec. C’est injuste et absurde. Des sommes énormes vont être gaspillées en pure perte au lieu d’être investies là où ce serait productif pour le climat et l’environnement en général. Et le CO2 ne pourra qu’augmenter, les objectifs ne seront pas atteints.

Eric Cavalier

15)

The project of EU green investments taxonomy as it is currently designed comprises a profound inconsistency, which poses a great threat on its very purpose and its chances of success.

The goal of this initiative is defined as to deploy the financial mechanisms that can support the achievement of the carbon neutrality of the European Union by 2050. However, whereas it is the first low-carbon source of energy in Europe, which provides half of its carbon-free power, and two thirds of its dispatchable carbon-free power, nuclear cannot be found yet in the sustainable economic activity category it should objectively belong to.

The mitigation of global warming through the reduction of greenhouse gases emissions is a scientific and technical topic, which should be examined and addressed accordingly.

According to the IPCC figures (2014), over lifecycle, nuclear power produces about a 100 times less CO2 than coal, 40 to 50 times less CO2 than gas, 4 to 7 times less than solar panels, half as much as hydropower, and as much as wind power. Taking into account the likely rates of methane leaks, and its global warming power over 20 years after emission, gas is considered by several studies (Gouw 2014, Howarth 2014) as bad as coal on this time-scale in terms of climate change boosting and aggravation.

This is why in its 2018 special report “Global warming of 1.5°C”, the IPCC underlined the fact that an efficient climate policy would place the immediate phase-out of gas-fired power generation as a priority.

Furthermore, the supply of natural gas is not sustainable, the european domestic resources are decreasing, and its large scale use increases the dependency of the European Union on external gas providers. For Europe and the climate, gas is a bridge to nowhere, and should not be considered as a transition source of energy in any sound climate framework.

On the contrary, in the 4 reference scenarios retained by the IPCC in this same report to reach the 1.5°C target, the global nuclear power capacity is to increase by a factor 1.5 up to 6.

Not only is nuclear one of the lowest carbon-intensive source of energy. It is also an objective environmental optimum. No source of energy, even renewable ones, is totally exempt of any impact on the environment. But the extremely high energy density of nuclear allows it to be the less resources and materials-intensive, as well as the less land-intensive, and the less wastes-intensive, by kWh produced, of all sources of energy.

The current resources used by nuclear are abundant, and suffer no competition with other industrial uses. Furthermore, the new technologies of reactors currently developed in several major countries, known as generation IV, turn fertile materials – not only fissile ones – into potential fuel, making the source virtually inexhaustible.

In addition, the nuclear industry is the only one which is fully accountable for its wastes on the long term. These solid wastes are thoroughly managed, conditioned and stored, and cause no harm to both the environment and the populations. The development of generation IV reactors would also drastically decrease the already very small volumes of wastes produced.

Based on these scientifically established facts, and to put it on the path to success, nuclear energy has to be included in the highest category of sustainable economic activities standard of the European Union.

Florent Le Goux

16)

https://ec.europa.eu/info/law/better-regulation/have-your-say/initiatives/12302-Climate-change-mitigation-and-adaptation-taxonomy/F513840

WeCARE shares the objective of the EU Green Deal to reach carbon neutrality in 2050. To make it happen, an ambitious decarbonization target will have to be set for 2030.

Focusing on the Energy sector, where a major decarbonization effort is at reach, we want to recall the words used by Commissioner Canete on 28 November 2018:
First, the European energy system will need to decarbonise. By 2050, 80% of electricity will be coming from renewable energy sources. Together with nuclear power, this will be the backbone of a carbon-free European power system.

Today, more than 100 European nuclear power plants are delivering a quarter of the electricity consumed in the EU. The 2016 EC PINC estimates that, over time for the decades to come, the number of nuclear plants in the EU will stay rather stable.

As per the Lisbon Treaty, it is the prerogative of the Member States to decide on their energy mix. We know that views of the Member States are diverging a lot, and even opposing, when it comes to the recourse to nuclear power. We realise that this makes the task of the European Commission difficult.

Because nuclear energy is the most decarbonized way to produce electricity, together with wind power (five times less than solar power and fifty times less than natural gas) weCARE does not see how nuclear energy could be excluded from Sustainable Financing.

We believe there is a fundamental weakness, even a flaw, in the way “Sustainability” is defined in the discussions at EU level, particularly during the last months on the issue of the Sustainable Financing Taxonomy. The very origin of the problem is the univoqual link made between sustainability and environment (protection) – or even worse, the notion of “green”.

For us, sustainability is more complex and we prefer to use the historical Bruntlandt concept, putting society in the center and not (solely) environment: Sustainable Development is development that meets the needs of the present generation without compromising the ability of future generations to meet their own needs.

For energy, this brings us to the notion of “Societal Sustainability” of the energy mix, going well beyond the limited “Environmental Sustainability”, and being based on the three pillars of a sound energy policy. We agree that one pillar is indeed environment protection, but the two others, as much important, are economics/affordability, and security/reliability of energy supply.

This “Societal Sustainability” of the energy mix must be evaluated at the global energy system level, beyond the sustainability characteristics of the individual energy sources composing the mix, because we know the interactions between these components. This is particularly true for electricity where the sources of production are interacting via the network (including storage means or other vectors) and via the electricity market. A 2019 OECD Nuclear Energy Agency Study, using this global electricity system approach, has shown that too large shares of intermittent renewable sources are not optimal from the economic and reliability perspectives.

At a time when the COVID crisis is rigging the bell, leading to major concerns for the global economy, weCARE hopes that the European Commission will develop a proposal for a Sustainable Finance classification making the distinction between myths and realities. It is a unique opportunity for the European Commission to declare nuclear energy eligible for sustainable investments, alongside renewable sources, as it was announced in 2018 by Commissioner Canete. Ensuring consistency of the proposal with other European Commission documents, such as the PINC in the promotional spirit of the Euratom Treaty, is a question of credibility. Beyond that, Member States have the freedom to decide to rely or not, at national level, on nuclear energy. But it should not stop the European Commission to act for the common good of the European people.

https://www.wecareeu.org/

Marc Defrennes pour WECARE.

Des ONG intriguent auprès de la Commission en faveur du gaz fossile en Europe

Alors que le Conseil de l’Europe laissait la porte ouverte pour décarboner l’Europe,

attendant que la rationalité scientifique supplante l’électoralisme et le lobbying des gaziers⁸ et des industries de l’intermittence électrique, des ONG cherchent à consolider le statut quo qui perdure : le gaz russe qui explose, et des aérogénérateurs dix fois plus consommateurs en métaux et béton, peu efficaces aux heures où on en a besoin, qui ne foisonnent que peu vu le régime des vents et Europe de l’ouest.

Ce communiqué qui mêle adroitement le vrai et le faux pour s’attirer l’accord des naïfs et de ceux qui n’ont pas le temps d’approfondir la question et forment quand même une opinion … C’est révoltant.

Traduction du Communiqué en français :

https://scienceenfrancais.wordpress.com/2020/04/18/communique-dong-anti-nucleaires-taxonomie-et-finance-nucleaire-de-lue/

1
COMMUNIQUÉ
SUBJECT: EU Taxonomy and Nuclear Finance: Technical Expert Group (TEG).
DATE: 02.04.2020
TO: Valdis Dombrovskis (Executive Vice President, EC), Kadri Simson
(Commissioner, DG ENERGY), Frans Timmermans (Executive Vice President, EC).
FROM: Nuclear Consulting Group (NCG), Alliance of Regions for Phasing out
Nuclear Power Across Europe (Initiator Stefan Kaineder, Regional Minister Upper
Austria), Aarhus Konvention Initiative, Amanadamaji ry, Atomstopp-Atomkraftfrei
Leben, Ausgestrahlt – Gemeinsam Gegen Atomenergie (AGGA), Bi Stoppt Temelin
(BST), Bund für Umwelt und Naturschutz (BUND) Friends of the Earth (FoE)
Germany, Bürgerinitiative Umweltschutz Lüchow-Dannenberg (BULD), Calla –
Sdružení pro záchranu prostředí, Cities for a Nuclear Free Europe (CNFE),
Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité
(CRIIRAD), Don’t Nuke the Climate Coalition (DNCC), European Environmental
Bureau (EEB), Folkkampanjen Mot Kärnkraft-Kärnvapen (FMKK), France Nature
Environnement (FNE) – French National Federation of Nature and Environment
Protection, GLOBAL 2000 Friends of the Earth (FoE) Austria, Forum Wissenschaft &
Umwelt (FWU), Friends of the Earth Europe (FoEE), Fundacja Strefa Zieleni – Green
Zone Foundation, Grup de Cientifics Tecnics per un Future No Nuclear – Scientists
and Engineers for a Non Nuclear Future, Laka Foundation – Stichting Laka (Laka),
Hnutí DUHA Friends of the Earth (FoE) Czech Republic, International Network for
Sustainable Energy (INFORSE) – Europe, Klima-Bündnis Lëtzebuerg, Miljörörelsens
Kärnavfallssekretariat (Milkas) – Swedish Environmental Movement’s Nuclear Waste
Secretariat, Miljöorganisationernas Kärnavfallsgranskning (MKG) – Swedish NGO
Office for Nuclear Waste Review, Mütter Gegen Atomgefahr (MGA), Nationalen
Aktiounskomitee géint Atomkraaft (NAA), Naturskyddsföreningen – Swedish Society
for Nature Conservation, NOAH Friends of the Earth (FoE) Denmark, UK and Ireland
Nuclear Free Local Authorities (NFLA), Nuclear Transparency Watch (NTW),
Österreichisches Ökologie-Institut/Austrian Institute of Ecology, Österreichischer
Naturschutzbund (ÖNB), Réaction en Chaîne Humaine (RECH), Réseau Sortir du
Nucléaire (RSN), Salzburger Plattform Gegen Atomgefahren (PLAGE), South
Bohemian Mothers, Sveriges Energiföreningars Riksorganisation (SERO),
Stowarzyszenie Ekologiczno-Kulturalne Wspólna Ziemia, Stowarzyszenie
Ekologiczno-Turystyczne Lubiatowska Wydma, Towarzystwo Solidarności Globalnej
im. Róży Luksemburg, Umweltdachverband (UWD) (Austrian umbrella organisation
comprising WWF Austria, Naturfreunde Austria, Bird Life Austria), Umweltinstitut
München e.V. – Munich Environmental Institute, UK Campaign for Nuclear
Disarmament (CND), Uranium Network, Wiener Plattform Atomkraftfrei (Viennese
Nuclear-Free Platform), World Information Service on Energy (WISE), Women
Engaged for a Common Future (WECF), Women Against Nuclear Power – Finland,
Women for Peace – Finland, Zelený Kruh/Green Circle (Representing 86 Czech
Republic NGOs).

2

  1. The EU Taxonomy
    1.1 The European Commission has recently published the rules for sustainable
    finance, known as the EU taxonomy, intending to identify economic activities that
    can be considered economically and environmentally sustainable. As part of this, the
    EU Taxonomy Technical Expert Group (TEG) delivered their final recommendations
    to the Commission; excluding nuclear from the Sustainable Finance Taxonomy ‘at
    this stage’, stating that ‘it was not possible to conclude the nuclear energy value
    chain does not cause significant harm to other environmental objectives on the time
    scales in question’.
    1.2 As key pan-EU national and regional organisations, national and regional
    NGOs, institutions, and scientists with long-standing involvement in the field of
    nuclear energy, we have, over time, sought to constructively engage in the EU
    Technical Expert Group (TEG) Taxonomy process. In this context, we remain
    concerned that the nuclear industry and a very few Member States now seek to
    revisit this key recommendation.
  2. The EU Energy Landscape
    2.1 The EU energy landscape is one of differences between state and market,
    choices and trade-offs over supply-side, demand-side, transmission and load-
    balancing infrastructure. Although EU States may diverge in terms of economic,
    cultural and industrial landscapes, public opinion, technological structures,
    institutions, regulatory practices and energy mixes – there remains the real possibility
    of evolving open and flexible frameworks to develop collective action on energy. This
    is critically important, since recent reviews of the impact of climate change suggest
    that, over the next few decades, we will be subject to significant change in human
    health, welfare and environmental systems. Key to adapting to this change is the
    transition to a low carbon and resource efficient energy economy, involving major
    structural changes to the way we work and live – including how we source, manage,
    use and conserve our energy. We need to secure clean, safe, affordable,
    sustainable, low carbon energy to power industry, transport, hospitals, homes and
    businesses before 2050.
    2.2 The challenge of achieving this may involve a series of technically and
    economically viable options, including the expansion of renewable energy sources in
    all sectors, rapid growth and modernisation of electricity grids, improvements in
    energy efficiency, the use of modern technologies to minimise electricity
    consumption, rapidly enhanced storage technologies, market innovations from
    supply to service provision, the fundamental re-structuring of the built, transport,
    industry and agriculture environments and, some argue, continued reliance on
    nuclear power. Yet, at the heart of the nuclear issue are differing views on how to
    apply foresight, precaution and responsibility in the context of the relative economics
    of nuclear, the uncertain role of nuclear in combating climate change, the possibility
    of accidents, the consequence of those accidents, the production of highly
    problematic waste, and whether there exists a role for nuclear within the swiftly
    expanding renewable energy evolution.

3

  1. New Nuclear
    3.1 World-wide and in the EU, the fate of new nuclear is inextricably linked to, and
    determined by, renewable energy technology roll-out. Market trends for new nuclear
    are in stark decline and renewables are markedly rising. The, perhaps obvious,
    explanation for this dynamic can be found in the ramping costs of the former and the
    plummeting costs of the latter. In this sense, not all lower carbon options are equal,
    benign or effective – and there are choices to be made.
    3.2 For nuclear to be considered a feasible option, new reactor build should be
    able to be completed economically, efficiently and on-time. However, practical
    experience suggests otherwise. Nuclear new-build represents a high-risk technical,
    regulatory and investment option, with a marked tendency for significant delay and
    cost over-run. Sets of substantive market analysis strongly suggest that investment
    in nuclear power is uneconomic – this holds for all plausible ranges of investment
    costs, weighted average costs of capital, and wholesale electricity prices. The slow
    implementation of nuclear energy into the power system and limited scalability over
    the short-term in comparison with other sustainable options significantly questions
    the effectiveness of further investments in new nuclear.
    3.3 There seem no resounding new revelations over the vulnerability of nuclear to
    unforeseen natural disasters or through human or engineering-based fault
    conditions, including accidental or deliberate harm. Accidents are by nature,
    accidental, and the cost of ignoring this common-sense axiom can prove
    radiologically catastrophic. Whatever one’s view of the risks and benefits of nuclear,
    it is clear that the possibility of catastrophic accidents or incidents, and consequent
    economic liability, must be factored into energy policy decision-making.
    3.4 When considering the entire nuclear life-cycle (including mining, transport,
    enrichment, plant construction, operation, dismantling, and waste management),
    nuclear is significantly more carbon intensive than renewable power. In addition, the
    production of radioactive waste, including the unresolved issue of nuclear waste
    management, places nuclear technology counter to the key ‘Do No Significant Harm’
    (DNSH) principle. This is because, despite 70 years of operation and research, the
    nuclear industry has yet to provide proven and sustainable methods of management
    that neither increases radioactive waste volumes nor decreases the potential risk to
    the environment.
  2. Climate Change
    4.1 With mounting public concern and policy recognition over the speed and pace
    of the low carbon energy transition needed to mitigate climate change, nuclear has
    been re-framed by some as a partial response to the threat of global heating.
    However, given the costs, risks, proven slowness of implementation, and cradle-to-
    grave emissions of CO2; nuclear will struggle and fail to compete with renewable
    technological, economic and security advances.
    4.2 The Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) has recently
    reported that extreme sea-level events that used to occur once a century will strike
    every year in many coasts by 2050, whether climate heating emissions are curbed or

4
not. Thus, EU coastal nuclear plant will be increasingly vulnerable to sea-level rise,
storm surge, tidal ingress, and flooding of reactor and spent fuel stores – and these
impacts may occur quicker than nuclear regulatory or industry have planned for.
Inland reactors may fare no better due to flooding risk associated with extreme
precipitation events, or loss of cooling due to river flow reduction or heating.
4.3 The illusion that nuclear energy is necessary to prevent climate change, is
dangerous. Climate change poses a number of unique challenges to humanity. One
of the most difficult is that the world not only needs to get to a specific place – a
carbon neutral global energy system; but it must also get there by a specific time –
the middle of the century. Otherwise the policy has failed. The reality is, you simply
could not build enough nuclear reactors fast enough even to replace the existing
reactors that will reach the end of their life by 2050, let alone to replace fossil fuels in
the existing electricity system – and even more so for the more electricity intensive
economy that European states are currently building. This would be true even if you
were willing and able to overcome all the other unsolved problems that nuclear
reactors face: affordability, accidents, waste management, proliferation, special
materials and talent scarcity, and system inflexibility.
4.4 The very great cost of proposed life-span extension of ageing nuclear plants
is complicated by the fact that the first and second wave of EU nuclear plants were
constructed well before the impacts of global heating were considered in their design
base. Thus, even after any proposed life-span extension improvements, ageing
nuclear plant would have significantly less protection against external hazards and
the risks of a long-term loss of cooling due to poor redundancy and lower quality
spent fuel pool standards.
4.6 Nuclear sucks funds and vital political attention away from imperative zero-C
investments. It displaces renewables on the grid and diverts essential research.
Achieving a zero-C Europe is made slower and far more expensive. Heavyweight
nuclear lobbying undermines implementation of renewable energy systems, energy
efficiency and demand side management zero-C efforts. The ramping opportunity
costs of new nuclear significantly compromises other, more flexible, safe, productive,
cost-effective and affordable technologies – and comes at a time when the
development of renewable, sustainable and affordable low carbon energy is a
growing economic sector with a huge potential for employment creation in the EU.

  1. The EU Technical Working Group (TEG)
    5.1 We strongly urge the European Commission to maintain good faith in the EU
    TEG Taxonomy recommendations – that, essentially, nuclear does not meet the
    criteria for sustainable investment. We also urge the Commission not to consider
    forming any further technical working group on the nuclear issue in the context of
    sustainability criteria. However, if the Commission were to do so, we would make a
    very strong case for our representation in any further technical working group – in the
    context of the Commission’s adherence to its fundamental collective values.

The letter :

To:
Mr Valdis Dombrovskis (Executive Vice President, European Commission),
Frans Timmermans (Executive Vice President, European Commission),
Mrs Kadri Simson (Commissioner, DG ENERGY)

Dear Vice-President of the European Commission,
Dear Commissioner,

We are group of scientists representing academia and civil society and strongly support the goal to achieve climate neutrality by 2050. Climate change is one of the biggest challenges faced by the world today and we are convinced that leaving a better planet to those coming after us should be our legacy. If we do not act now, we will very likely face many more challenges in the future including pandemics, natural disasters, migration waves and irreversible changes to the environment creating huge costs both for the global economy and human society. That is why we have welcomed and embraced both the Long-Term Strategy (Clean Planet for All) published in 2018 and the European Green Deal, published at the end of last year.

We welcome the initiatives and instruments that are proposed for the Financial Sector to enable the Green Transition
Although the sustainable transition should be considered a top political priority, we realize it comes at a significant economic cost. Therefore, we strongly support the Sustainable Finance Action Plan which should ensure that finance flows into projects support both economic and climate change ambitions (preserving our planet for the future generations). The Taxonomy Regulation, once implemented, should provide investors with reliable information on which activities and technologies contribute to the sustainability goals. It will be a crucial tool for investors to guide finance in the right direction and as such, needs to be carefully and thoughtfully designed.

Energy Sector Faces Major Transformation
The energy sector still contributes the largest share of total greenhouse gas emissions (28.2 % in 2017 based on Eurostat data). To achieve climate neutrality, the sector will inevitably have to undergo the biggest transformation. We fully agree with the conclusions of the communication “Clean Planet for All”, which acknowledges that nuclear power together with renewables will form the backbone of a carbon-free European power system. Both can provide European industries and households with low-carbon and pollution free energy. In other words, technologies that can make the energy transition possible already exist and are operating today.

Nuclear Should Be an Element of Stability in the Climate Neutral Europe
To fight climate change and limit the global temperature increase (ideally) below 1.5 °C, we must act now. Many European countries have decided to phase-out fossil fuels as soon as possible and others are currently developing strategies to join them. Electrification will probably be the key enabler of the clean energy transition and will create a growing demand for electricity. This will be the case, even with wide application of the “Energy Efficiency First Principle” that will offset some of the increased demand. The EU must be supplied with enough generation capacity to match the demand for clean, affordable and reliable power.
Even though developing rapidly, renewables will not be able to provide the required generation adequacy. Also, a power system built solely on renewables, demand side solutions, and flexibility, would create significant system stability issues. In addition, it would require major restructuring and new build of power grids across the EU.
Therefore, we call on the European Commission and all EU policymakers to adopt the pathway set by the “Clean Planet for All” long term strategy (and the IPCC) and build the decarbonized energy system with renewables and nuclear power “providing the backbone”. Nuclear provides low-carbon, zero pollution and reliable power to help meet the needs of European citizens and industries. However, to be able to do so efficiently, effectively and at least cost to consumers, like renewables it also needs a predictable policy framework that sends clear signals to investors on the future role of nuclear, as an important part of the solution in the fight against climate change

We Call for an Evidence-based Assessment of Nuclear within the EU Taxonomy
The EU Technical Expert Group (TEG) on Taxonomy concluded that there is a clear evidence that nuclear substantially contributes to climate mitigation. Nevertheless, the TEG also concluded that at this point “the evidence about nuclear energy is complex and more difficult to evaluate in a taxonomy context” regarding the potential significant harm to other environmental objectives. It recommended that more extensive technical work be undertaken.
The debate around nuclear energy is often political. It is therefore essential that the assessment of the Do No Significant Harm (DNSH) issue for nuclear remains strictly technical, evidence-based and is conducted by qualified experts. It must not be conducted by those with political or ideological agendas.
Some anti-nuclear groups are already calling for the exclusion of nuclear from the list of sustainable activities under the Taxonomy. It is clear that most of the arguments being put forward are not based upon scientific evidence, Therefore, as scientists and researchers, we feel the need to clarify some of the statements used to discredit the nuclear sector:

 Nuclear currently provides more than 47 % of the low-carbon electricity generation in the EU. Without nuclear, there will be half a billion tonnes of extra CO2 emissions every year in Europe, which is more than the emissions of the UK or France alone;
 life cycle emissions produced by nuclear compare favourably with those from renewables technologies. According to the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) figures, with 12g of CO2/KWh, nuclear life-cycle emissions are equal to those of wind power and are four times lower than solar power. The IPCC analysis for nuclear includes the whole life cycle, including uranium mining, enrichment and fuel fabrication, plant construction, use, decommissioning and long-term waste management;
 an analysis of recognised levelized cost of energy (LCOE) figures, clearly shows that nuclear energy is competitive with other low-carbon power sources.. Again, based on the IPCC figures, the LCOE of nuclear is on average half of solar or offshore wind and comparable to onshore wind;
 moreover, the calculations do not consider the value of stable, reliable power supply. Nuclear power generation doesn´t rely on weather conditions and provides reliable power to industry, transport, hospitals, homes and businesses 24 hours a day/365 days a year. The current covid-19 crisis has provided clear evidence that it is in the time of a crisis when scarcity defines value. Ensuring reliable power should always remain an imperative during policymaking;
 with a strong, positive regulatory framework in place, there is huge potential to decrease build time and cost of new nuclear projects. Recent projects on modernization and harmonization of nuclear supply chain have shown that streamlined requirements on vendors, combined with the benefits of series build, can rapidly increase the speed of new-builds while decreasing costs and maintaining safety;
 nuclear can be flexible and does not undermine deployment of renewables. Recent findings by the Massachusetts Institute of Technology (MIT) have shown that operating nuclear plants flexibly can reduce overall electricity costs and cut carbon emissions in electric power systems. Developing and releasing the potential of the Small Modular Reactors (SMRs) can also contribute to making nuclear reactors more scalable and potentially decreasing costs and build time requirements;
 flexible nuclear operation can help add more wind and solar to the grid. Nuclear and renewables should be partners in fighting climate change and it is sad that some anti-nuclear activists are building barriers and support the narrative of nuclear power undermining the deployment of renewables. The time for action to fight climate change is very tight and all low-carbon and clean technologies that can contribute to the fight against climate change must be allowed to contribute and be part of the solution;
 nuclear power plants are protected against rising sea levels and flooding. The International Atomic Energy Agency (IAEA) global safety standards require operators to take account of risks arising from rising sea levels. It is also important that even in the worst case scenarios modelled by the IPCC, if sea levels rise one metre by 2100, the current nuclear fleet will be already decommissioned, and the new-build power plants can easily be adapted to any potential challenges when being designed and built;
 both IAEA and EU regulatory framework ensure that nuclear power plants comply with the highest safety standards. The framework applies to the full nuclear life-cycle including the management of nuclear waste and ensures that nuclear waste is safely managed in the long-term. Interim storage solutions that are fully operational worldwide are licensed by competent authorities, comply with the highest safety regimes, are developed in a transparent manner and undergo strict environmental impact assessments;
 at the same time, the nuclear industry in cooperation with regulators identify and, in some cases, already commence of deliver facilities to safely dispose nuclear waste in the long term. The European Commission has recently acknowledged that Finland, France and Sweden are advancing their solutions for long term storage of high-level waste.

Nuclear power is an important and established power source for European citizens and industries and is crucial for the stability of energy systems. The existing strict regulatory regime define the “Do No Significant Harm” principle for nuclear sector and guarantees that nuclear power plants are operated in a safe and sustainable manner, including their decommissioning and spent fuel management.
International bodies including the Intergovernmental Panel on Climate Change and the International Energy Agency acknowledge the role of nuclear in the fight against climate change and their analysis and conclusions provide compelling evidence that nuclear power is safe, competitive and sustainable. Also, the European Commission itself has recognized that nuclear power, together with renewables, should be the backbone of the climate neutral energy system.

For the reasons mentioned above, we call on the Commission to follow-up on the TEG Report and enable a “just” expert assessment of nuclear power with regard to the DNSH criteria. This assessment must be based on scientific evidence and should not be influenced by any political or ideological agenda. Fighting climate change is a matter of the highest urgency, all low-carbon energy sources must be allowed to contribute, and the final Taxonomy on Sustainable Finance must respect these points.

Czech Technical University
in Prague

Faculty of Electrical Engineering, Czech Technical University in Prague

Faculty of Mechanical Engineering, Czech Technical University in Prague

Faculty of Nuclear Sciences and Physical Engineering, Czech Technical University
in Prague

Brno University of Technology

Technical University of Ostrava

Technical University of Liberec

Institute of Technology and Business in České Budějovice
University of West Bohemia

Nuclear Research Institute
Research Centre Řež

Institute of Applied Mechanics Brno
Czech Nuclear Education Network

Czech Nuclear Society

Women in Nuclear Czech

Nuclear Veterans

South Bohemian Dads

Třebíč Energetic Region

Ekoregion 5
Energoregion 2020

France Stratégie : Appel à contribution – Covid-19 : pour un « après » soutenable. (31 mai)

Jacques Peter :

Réindustrialiser, dont la production française d’électricité. Dans son dernier article Dominique Strauss Kahn écrit à propos de la paralysie économique qui nous menace:  » Plus qu’une destruction du capital, c’est une évaporation des savoirs, notamment sur ceux nichés dans les entreprises. » et en évoquant la Chine: « En laissant ce pays devenir l’usine du monde, n’avons-nous pas renoncé dans des domaines essentiels à garantir notre sécurité ? »


Dans la crise, l’électricité a tenu grâce au nucléaire. Que ce serait-il passé dans l’hypothèse d’une défaillance de ce bien essentiel ? Garder la maîtrise de cette technologie condition impérative d’une réindustrialisation devient plus urgent que jamais et implique que le pays ne procrastine pas devant les décisions de prolongation du parc historique et de lancement du nouveau nucléaire.