Le nucléaire peut-il supporter plus de 10 % d’intermittence électrique en moyenne ?

Extrait de forum de discussions contradictoires sur l’énergie électrique en France.

Les inconvénients de l’éolien sous l’angle environnemental et patrimonial sont majeurs. C’est même surprenant que les « écolos » ne le voient pas.

Sous l’angle économique, le dernier rapport du RTE synthétise bien le fait qu’en raison des « externalités » (intermittence, renforcement du réseau…) un mix avec de l’éolien est toujours plus cher qu’un mix sans.

Reste l’aspect technique : le rendement d’une centrale nucléaire dépend, comme tout rendement de Carnot, des températures des sources froide et chaude, et n’est donc que peu affecté par le suivi de charge. Les perturbations du flux neutronique ont bien été minimisées depuis l’origine des REP grâce à l’introduction de barres de contrôle dites « grises » qui reprennent l’effet de puissance, et les opérateurs savent maintenant bien gérer les transitoires sans faire d’erreur.

Un réacteur qui fonctionne en base (à 100 % de Pn en permanence) et s’arrête 1,5 mois par an pour renouveler son combustible a un Kd de 10,5/12 soit 87 %.

Si on le fait fonctionner en moyenne à 70 % de ses capacités pour intégrer 30 % d’énergie éolienne, il produira théiriquement pendant 10,5/0.7 soit 15 mois, et s’arrêtera toujours environ 1,5 mois. Ce qui devrait porter son Kd à 15/16,5 soit 91 %.

Dans la réalité, il faut tenir compte d’un certain taux d’indisponibilité fortuite (Kif) plus élevé, suite à des incidents d’exploitation (erreurs de conduite ou défaillances de matériels).  On peut en effet « intuiter » que le suivi de charge qui use les dispositifs de pilotage et peut provoquer des erreurs d’opérateurs, majore le Kif.

Pour autant, on a expérimenté des périodes où des réacteurs restaient en base tandis que d’autres assuraient le suivi de réseau (ou de charge) : l’impact sur le Kif est minime, même s’il est réel.

Bien sûr on peut essayer d’allonger les cycles en sur-enrichissant le combustible, mais le suivi de charge n’allongera-t-il pas encore plus ces cycles longs et donc le Kd ?

Mais atatention :
On ne modifie pas la puissance nucléaire sans respecter des règles précises assurant la pérennité des équipements et la sureté du réacteur. Il y a des règles imposées qui résultent des conditions adoptées lors du design. 

Par exemple, pour le coeur on s’assure des caractéristiques suivantes : usure différentielle de combustible (haut-bas), limitation de la vitesse de prise de charge (pastille-gaine du combustible), effet Xénon (loi de la physique nucléaire incontournable)…

Les essais de revalidations périodiques des systèmes de sauvegarde (essais périodiques) ne sont pas possibles lors des transitoires de charge sans prendre le risque d’un arrêt intempestif par activation d’un ordre de sauvegarde, de ne pas respecter le critère de validation. 

Les variations de puissance du réacteur sont le résultat des mouvements de grappes répétés qui génèrent des usures et des fatigues des mécanismes, et de la variation de concentration en bore qui implique des successions de borication/dilution qui ne sont pas spontanées. Elles produisent des effluents liquide qui sont certes retraités, mais qui ont nécessairement un coût. La gestion de la concentration en bore est commode mais avec des exigences. Elle impose l’action de plusieurs systèmes dont l’exploitation répond à des critères précis pour assurer la sureté en toute circonstance. 

Or les variations journalières pour permettre l’acceptation de l’éolien et du solaire ne cessent de croître, donc les nombreux effets induits également.

Le pilotage de la tranche résulte d’un équilibre constant pour lequel les nombreuses opérations de pilotage sont optimisées en fonction des circonstances et des conditions.  

Ces variations constantes ont également des effets sur l’usure du combustible et la durée du cycle entre deux rechargements. Il devient alors très difficile, et de plus en plus impossible de gérer les arrêts dans le temps. On ne peut rien prévoir. Par exemple, pour éviter que beaucoup de tranches soient à l’arrêt en période de forte demande, en hiver. En ce moment (juillet 2022) EDF est obligé de mettre des centrales à l’arrêt pour permettre le décalage des arrêts et conserver la tranche en hiver.

Les arrêts de tranche exigent des ressources appropriées (compétences, pièces de rechanges, outillages spéciaux, capacité d’absorption locale de la suractivité). Sans la possibilité d’établir des prévisions raisonnables et industriellement réalisables le tissus industriel a des difficulté à répondre. On le comprend parfaitement. La donnée principale est devenue la météo dont les délais prévisions fiables sont assez courts et pas à l’échelle d’un cycle d’un réacteur.

Ces éléments sont probablement un peu trop techniques. Ils visent surtout à permettre de comprendre que le sujet de la variation de charge permanente des tranches nucléaires construites pour produire en base, à l’origine, est devenu un sujet difficile et complexe. De nombreux paramètres sont à considérer. 

Les moyens et les dispositions adoptés pour assurer un suivi de charge journalier de la consommation (mode gris /DMA) sont devenus insuffisants.  Les variations de production du solaire et de l’éolien qui maintenant s’ajoutent à la variation journalière de la consommation (ex de la fin de journée avec un solaire faible ou nul et un éolien qui souvent s’étiole) sont devenues trop importantes.    

Les désordres introduits par le solaire et l’éolien sont considérables et conduisent à la situation critique actuelle.

Voilà quelques précisions pour confirmer que les cycles marche arrière des centrales pour faire place aux ENR ne sont pas bons. 

Le sujet mériterait un bilan complet sans retenue qui comprendrait le thermique et l’hydraulique.

Conclusion : on peut être très sceptique sur cette possibilité de rallonger les cycles et les économies de combustible semblent largement illusoires, En effet, l’économie serait réelle si la baisse de puissance pouvait être assurée d’une manière permanente sur des réacteurs bien déterminés, mais nous ne sommes pas du tout dans ce cas de figure. La puissance largement aléatoire des énergies éoliennes et solaires, et son caractère asynchrone par rapport aux besoins, oblige à des variations sporadiques de puissance de forte amplitude sur des durées de quelques heures (10 GW en quelques heures). Le combustible dans les réacteurs est limité dans sa capacité à supporter de telles variations par le phénomène IPG (Interaction Pastille Gaine, ou PCI en anglais) ; ceci conduit à des limitations sur le diagramme de fonctionnement, limitations qui sont cumulatives. Les variations de puissance infligées au nucléaire se paient en manœuvrabilité et doivent nécessairement être réparties sur plusieurs réacteurs. Il serait éventuellement possible d’adapter les programmes d’arrêt d’un nombre très limité de réacteur, mais comme l’expliqué ci dessus, le fait de devoir répartir les arrêts de manière à disposer des compétences nécessaires pour les interventions spécialisées, ne permet pas de jouer facilement sur le programme des arrêts. Ainsi, il n’est pas possible de profiter réellement de l’économie de combustible induite par la baisse de puissance. Par ailleurs les plans de chargement sont contraints par les dossiers de sûreté, et si certains assemblages disposent de quelques réserves d’épuisement supplémentaires, elles ne peuvent pas être utilisées en modifiant le plan de chargement. Tout au plus ces assemblages peuvent-ils être utilisés en « réserve de gestion » et pallier des problèmes de chargement liés à des assemblages non étanches. Cela ne permet pas globalement une réelle économie de combustible, en revanche, les externalités négatives sont, elles, bien présentes. Il semble que ces considérations devraient conduire à remettre en cause la priorité d’accès au réseau de l’éolien et du solaire

Bref. Les 3 derniers gouvernements (au moins) ont créé une situation où on est obligé de faire dans l’urgence un choix non optimal : un peu plus d’ENRi. Mais aucun responsable politique n’admet qu’il est responsable de cette situation.

Et les STEP ? La France dispose d’environ 0,1 à 0,2 TWh de STEP, et l’hiver la France peut consommer 2 TWh/jour d’électricité. Avec un anticyclone qui peut clouer les éoliennes pendant 15 jours d’affilée.

De plus, depuis Sivens on sait que construire un nouveau  réservoir de stockage, même pour l’irrigation,  peut provoquer des réactions extrêmes. La seule solution techniquement envisageable (mais économiquement déraisonnable) consiste aujourd’hui à se lancer dans du Power to Gaz to Power, en transformant l’électricité excédentaire en gaz (H2 ou CH4) pour alimenter des centrales au gaz (ou des PAC) qui restitueront …à peine 20 à 30 % de l’électricité utilisée.

EDF s’efforce par ailleurs d’améliorer le plus possible le système de pilotage du réacteur dans les EPR, justement pour pouvoir répondre au besoin d’insertion d’un grand nombre de sources intermittentes. Ceci en se tirant une balle dans le pied, car celles-ci n’ont aucune obligation en matière de « services système ».

Si EDF était une société privée, elle aurait pu faire du chantage en acceptant de vendre ses MWh mais pas ses services systèmes, ou alors très cher, c’est-à-dire au prix correspondant à la valeur ajoutée qu’ils représentent.

Mais voilà, c’est l’État qui décide, et malgré la prise de conscience tardive qu’on n’y arriverait pas sans nucléaire, nos dirigeants ne veulent pas s’opposer frontalement à Bruxelles. D’autant qu’on a transitoirement besoin de nos voisins vu la faiblesse structurelle actuelle de notre parc productif, amputé imprudemment de Fessenheim et de 10 GW de charbon, et très conjoncturellement empêtrée dans des problèmes de Corrosion sous Contrainte dont la gravité pourrait s’avérer bien moindre que prévu

Donc posons la racine idéologique du problème: la pensée fausse de l’idéologie officielle de la France et de l’Europe:

Un système électrique selon la morale officielle, donc hydrogène, et pas de centrales fossiles pour la flexibilité, donc demander au nucléaire ce pour quoi il n’est pas optimum, c’est le mythe du zéro carbone 2050 que prêchent les pouvoirs.

L’alternative : accepter un système électrique robuste, disponible et sûr mais avec un contenu carbone réel de 40 à 60g CO2/KWh, un taux raisonnable d’intermittents, 15% au maximum, un nucléaire avec un bon facteur moyen de charge, et en électrifiant avec de très bon rendements énergétiques (alors que ceux du mirage hydrogène sont lamentables), plus de 3 pour les pompes à chaleur, 2,5 pour l’électrification des véhicules, réaliser concrètement et rapidement, non dans les discours, des gains importants d’émissions en France.

Choisir entre le pur, mais impuissant, et l’efficace raisonnable mixant toutes les technologies.

Donc, à court terme lancer un plan urgent de centrales au gaz allié indispensable pour éviter les black-out d’ici 2030.

Il est vital que l’Europe accélère

Opinion | Nucléaire : il est vital que l’Europe accélère

Les Echos

https://twitter.com/LesEchos/status/1543906227226349570?t=OnWrLV0AiMK-rgGnHe1-rA&s=19

Alors que la guerre est revenue sur notre continent, dix ministres européens de la transition énergétique, de l’énergie, de l’environnement ou de l’économie plaident ensemble pour assurer l’avenir énergétique de l’Europe et sa résilience. Elle passe avant tout par des investissements massifs dans le nucléaire et son inclusion dans la taxonomie européenne.

La centrale nucléaire du Bugey est implantée sur la commune de Saint-Vulbas dans le département de l'Ain.

La centrale nucléaire du Bugey est implantée sur la commune de Saint-Vulbas dans le département de l’Ain. (Mourad ALLILI/Sipa)

Par ​Agnes Pannier-Runacher (Ministre de la transition énergétique )

Publié le 4 juil. 2022 à 12:00Mis à jour le 4 juil. 2022 à 12:07

Aujourd’hui, le renforcement de notre ambition pour combattre le changement climatique doit faire partie intégrante de l’autonomie stratégique et énergétique de l’Europe, alors que l’agression militaire brutale de la Russie envers l’Ukraine nous oblige à repenser l’énergie en Europe. Le contexte qui a prévalu, avant l’invasion de la Russie par l’Ukraine, à l a définition de la taxonomie européenne pour une finance durable, diffère de la situation actuelle.

En octobre 2021, nous avions déclaré que : « Si l’Europe entend gagner la guerre pour le climat, elle doit recourir à l’énergie nucléaire. Il s’agit d’une ressource vitale et fiable pour garantir un avenir faiblement carboné pour tous. » Aujourd’hui, une guerre bien réelle fait rage aux frontières de l’Europe. En conséquence des actes illégaux de la Russie, des citoyens européens et l’industrie européenne sont frappés par la hausse et la volatilité des prix de l’énergie.

Si l’Europe entend gagner la guerre pour le climat, elle doit recourir à l’énergie nucléaire.

Si l’Europe entend poursuivre la mise en oeuvre de sa trajectoire de décarbonation et assurer dans le même temps la sécurité de son approvisionnement énergétique, un changement d’attitude envers l’énergie nucléaire est indispensable. Des quantités élevées d’électricité bas carbone et d’hydrogène bas carbone seront nécessaires pour satisfaire les besoins énergétiques de nos sociétés et de notre industrie tout en atteignant l’objectif européen de neutralité climatique en 2050.

Inclure le nucléaire dans le Green Deal et REPowerEU

La demande d’électricité va doubler dans les tren te prochaines années et c’est dès à présent qu’il nous faut agir. Comme le rappelle le rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) rendu public la semaine dernière , atteindre la neutralité carbone suppose de doubler la capacité nucléaire mondiale d’ici à 2050, en triplant les investissements dans le secteur tout en poursuivant à un niveau sans précédent le déploiement des énergies renouvelables.

Atteindre cet objectif et assurer la sécurité d’approvisionnement exigerait ainsi d’ici à 2050 un investissement de 500 Md€ dans de nouvelles installations nucléaires de production d’électricité. Pour répondre à ce défi, il faut inclure le nucléaire dans les politiques européennes relevant du Green Deal et du plan REPowerEU, comme envisagé dans la vision stratégique européenne de long terme Clean Planet for all, qui indiquait clairement qu’avec les énergies renouvelables, le nucléaire peut former l’ossature d’un système énergétique européen neutre en carbone.

L’énergie nucléaire permet de surmonter des défis variés. En premier lieu, dans le respect des plus hautes exigences de sûreté, l’énergie nucléaire peut produire les quantités d’électricité nécessaires pour répondre aux besoins d’électrification future et constitue un élément essentiel pour construire une solution permettant de diminuer notre dépendance aux combustibles fossiles importés de Russie.

Se donner une stratégie réaliste pour l’hydrogène

En second lieu, considérant les coûts systémiques et le prix accordé à la stabilité, l’énergie nucléaire est une source d’énergie compétitive, dès lors en particulier que des schémas de financement spécifiques sont retenus pour de tels projets intensifs en capital. S’agissant des déchets radioactifs, qui incluent ceux issus des applications médicales et industrielles, les technologies de gestion sont disponibles. Pour les déchets de haute activité, le stockage en couche géologique profonde est considéré, au regard des connaissances actuelles, comme une solution appropriée, et les technologies pour construire de tels stockages sont disponibles dès à présent.

Enfin, l’Europe doit se donner une stratégie réaliste pour la production d’hydrogène sans dépendre largement d’importations – les défis actuels relatifs à la dépendance aux importations énergétiques devant rester présents à notre esprit. L’Europe doit accroître sa capacité à produire de l’hydrogène décarboné et doit mettre en place un cadre approprié pour la production d’hydrogène à partir d’énergie nucléaire.

La première étape en ce sens est déjà incluse dans l’acte délégué complémentaire relatif à la taxonomie européenne, qui définit des critères pour la construction et le fonctionnement sûr de nouvelles centrales nucléaires de production d’électricité, y compris en vue de la production d’hydrogène. Cela confortera la concrétisation de l’écosystème pour la production d’hydrogène, tant en matière de dimensionnement que de temporalité.

La Commission doit élargir son action

En conséquence de quoi, nous, soussignés, rejoignons l’opinion de vingt syndicats représentants des travailleurs belges, bulgares, tchèques, finnois, français, hongrois, lituaniens, roumains, slovaques et slovènes du secteur énergétique, pour déclarer que l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie européenne est vitale pour combattre le changement climatique et accroître l’indépendance énergétique.

Pour faire face au défi énergétique, nous invitons la Commission européenne à élargir son action et à mettre à jour, parmi ses prochaines démarches, le Nuclear Illustrative Programme (PINC) publié en application de l’article 40 du traité Euratom, qui présente un panorama des objectifs et des investissements nécessaires tout au long du cycle de vie de l’industrie nucléaire.

– Pour la Bulgarie : Alexander Nikolov, ministre de l’Energie

– Pour la Croatie : Davor Filipović, ministre de l’Economie et du Développement durable

– Pour la Finlande : Mika Lintilä, ministre des Affaires économiques

– Pour la France : Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique

– Pour la Hongrie : László Palkovics, ministre de l’Innovation et de la Technologie

– Pour la Pologne : Anna Moskwa, ministre du Climat et de l’Environnement

– Pour la République tchèque : Jozef Síkela, ministre de l’Industrie et du Commerce

– Pour la Roumanie : Virgil Popescu, ministre de l’Energie, ministre par intérim de la Recherche, de l’Innovation et de la Digitalisation

– Pour la Slovaquie : Richard Sulík, Vice-Premier ministre et ministre de l’Economie

– Pour la Slovénie : Bojan Kumer, ministre des Infrastructures

Agnès Pannier-Runacher et neuf ministres européens chargés de l’Energie

 

Quelques contributions déposées au sujet de la consultation liée PNGMDR (fin : 16 juin 2022)

https://twitter.com/CSFNucleaire/status/1526896599649206272?t=9d1T4R7i4rnnxDVTqcjNFw&s=19

Jusqu’au 16 juin 2022, la consultation publique sur la 5e édition du PNGMDR est ouverte. Après avoir pris connaissance du Plan (https://t.co/2SBhjW174p), cette consultation publique est l’occasion d’exprimer votre avis : https://t.co/QO0R3wZEdH

Le site : http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/

1) Contribution de Jean Fluchère

Le PNGMDR est révisé tous les 5 ans. Cela représente un travail
considérable pour l’ANDRA et l’on peut s’interroger sur la
pertinence de cette fréquence élevée.


Le gouvernement a enfin compris que vouloir remplacer les combustibles
carbonés par de l’électricité décarbonée implique d’avoir un
programme important et de long terme d’électricité d’origine
nucléaire non tributaire de l’ensoleillement et des vents. Il en
résulte que le traitement des déchets est pérenne. Ceux qui militent
pour une sortie du nucléaire font fausse route et doivent se rendre à
l’évidence : seule l’électricité d’origine nucléaire nous
permettra d’alimenter le pays en énergie en réduisant les émissions de
gaz à effet de serre.


Que s’est-il passé de concret depuis le dernier PNGMDR ?


La publication des textes demandés depuis longtemps sur le seuil de
libération des déchets de très faible activité dont la radioactivité
est égale ou inférieure à la radioactivité naturelle. Seule la France
n’avait pas encore adopté cette disposition en vigueur dans tous les
autres pays. Cela permettra de ne pas saturer des stockages inutilement et
surtout de faire revenir dans l’économie circulaire beaucoup de
ferrailles zonées et surtout des aciers inoxydables dont le coût est
élevé. Il y a donc un élément de satisfaction.


En revanche, alors que tous les experts sont parfaitement d’accord pour
le stockage en grande profondeur, dans des couches géologiques stables et
anhydres depuis des millions d’années, des déchets de Haute et Moyenne
Activité à vie longue et que l’enquête d’utilité publique qui
s’est terminée très positivement depuis 2 ans, le décret d’utilité
publique n’a toujours pas été délivré. On se demande pourquoi la
puissance publique tergiverse sur ce sujet car c’est seulement une fois
ce décret publié que l’ANDRA peut demander à l’ASN le Décret
d’Autorisation de Création qui demande au moins 3 ans d’instruction
même si l’ANDRA a toujours tenu l’ASN étroitement informé pendant
les travaux sur le laboratoire de Bure. J’espère que cette non-décision
n’est pas liée aux élucubrations de l’Autorité Environnementale qui
remet en cause les appréciations de la Commission Nationale d’Experts
sur ce sujet depuis plus de 10 ans.


Aujourd’hui tous les pays ont choisi cette disposition pour que ces
déchets ne doivent plus être surveillés par les générations futures.
Et la France prend du retard alors que les colis stockés à la Hague
depuis 40 ans doivent regagner CIGEO pour laisser la place aux nouveaux
colis. Il convient de noter qu’entre le DAC et l’enfouissement, les
travaux à faire pour créer CIGEO sont considérables.
D’autres points sont en suspens.

1. La création d’une grande piscine de stockage des combustibles usés
qui faisait l’objet d’une commission du débat public a vu celle-ci
interrompu pour des raisons difficiles à comprendre. Or il faut que ce
débat public aille à son terme pour que le dossier puisse avancer.

2. La décision de la poursuite du retraitement des combustibles usés afin
qu’ORANO puisse programmer la remise à niveau de ses installations de la
Hague et la poursuite de l’utilisation du MOX.


3. La décision d’engager un prototype de réacteur surgénérateur pour
utiliser intelligemment les milliers de tonnes d’uranium appauvri dont la
France dispose sur son sol et d’utiliser le plutonium de façon plus
intelligente que dans le MOX.


4. La recherche d’autres zones de stockage de déchets TFA et des
déchets de moyenne activité à vie courte pour se substituer aux zones de
stockage actuelles lorsqu’elles arriveront à saturation.


Pour l’instant ce PNGMDR est remarquablement bien construit et doit être
adopté.

2)

PNGMDR : une réglementation nécessaire et bienvenue encore perfectible, par Jean-Pierre ROBIN , le 4 juin 2022 à 19h47

La France a besoin d’une réglementation sur la gestion des déchets nucléaires. L’usage de l’énergie nucléaire est une nécessité absolue pour bénéficier d’une énergie disponible de manière fiable, indépendante de l’étranger et décarbonée au-delà de tous les autres moyens de production. Les déchets nucléaires sont déterminés précisément, ils font l’objet d’une traçabilité précise, ils sont très peu volumineux et ils sont traités de façon à protéger la population sur le long terme, alors que les autres déchets de production d’énergie sont rejetés dans l’atmosphère avec toutes les conséquences que cela implique pour la santé et pour le climat, alors que l’intermittence du solaire et de l’éolien impose de maintenir une proportion importante de production par les énergies fossiles, comme on le voit en Allemagne tous les jours. Le règlement PNGMDR est donc une nécessité pour établir un cadre à cette gestion.

L’ANDRA a fait un excellent travail, et le règlement proposé doit être approuvé pour donner un cadre opérationnel au traitement des déchets. La publication des textes demandés depuis longtemps sur le seuil de libération des déchets de très faible activité dont la radioactivité est égale ou inférieure à la radioactivité naturelle est enfin devenu une réalité en cohérence avec les pratiques internationales.

Il subsiste des points de préoccupation. Parmi ceux-ci, il est incompréhensible que la décision concernant Cigéo ne soit pas encore prise, ce qui empêche la publication des décrets d’application. Aucune filière industrielle ne peut fonctionner sans disposer de la capacité de gérer le cycle de vie de ses produits. Le stockage géologique profond des déchets HAVL est LA solution de référence internationalement reconnue. Depuis bientôt une décennie (!) Cigeo a été évalué positivement par toutes les instances ad hoc. Les tergiversations démontrent une incapacité inquiétante du gouvernement à jouer son rôle de pouvoir exécutif. Cette absence de décision est inadmissible et traduit une fuite devant les responsabilités. Ainsi, alors que les études ont été menées à leur terme, les études complémentaires et étapes de décision supplémentaires apparaissent comme des manœuvres dilatoires, qui ne permettent pas une gestion claire et sereine de la gestion industrielle. Toutes ces dispositions dilatoires doivent être éliminées du PNGMDR.

Le sujet qui mérite la reprise des recherches et études, c’est la mise au point des réacteurs de 4ème génération, sans que ces études interfèrent avec la gestion des déchets des réacteurs existants.

3)

Un PNGMDR à rendre opérationnel dans les meilleurs délais et à intégrer dans la planification écologique, par Alain Desgranges , le 4 juin 2022 à 13h47

Ce plan est capital pour la filière nucléaire française mais pas seulement puisqu’il concerne aussi les déchets radioactifs de toutes provenance.
Ce sujet reste en outre l’un des dossiers qui suscite le plus d’interrogations dans le public, voire de rejets de la filière. Cacher sous le tapis cette question et faire porter le poids de ses conséquences sur les générations futures ne sauraient constituer une réponse crédible.
Après avoir pris connaissance du contenu de ce plan, l’ai la conviction qu’il répond pour l’essentiel aux questions qui sont posées. Mais la communication sur ce dossier n’est pas à la hauteur des enjeux. Il est donc essentiel que ce plan de gestion qui répond aux réserves du public sur le nucléaire soit mis en œuvre dans les meilleurs délais et soit porté à la connaissance de nos concitoyens par tous moyens appropriés.
Avec détermination, il faudra franchir les obstacles qui retardent sans justification des décisions nécessaires alors que le programme nucléaire vient d’être relancé. Or, après des années d’études, de consultations et de recommandations, la plupart des dossiers sont suffisamment avancés pour que l’Exécutif et les élus concernés se mobilisent sur ce dossier en prenant les décisions qui s’imposeront à l’ensemble du cycle nucléaire et seront absolument nécessaires à son bon fonctionnement en toute sûreté.
En conclusion, je suis favorable à l’adoption de ce plan qui constitue un exemple abouti sur un temps très long et sans équivalent dans l’industrie. Son intégration dans la planification écologique mise en place par le Président de la République et confiée au Premier Ministre serait la preuve de l’engagement de l’Etat dans cette démarche tout en donnant une certaine visibilité à son contenu…

4)

Favorable au PNGMDR, par Philippe RAIMBAULT , le 3 juin 2022 à 17h33

Le gouvernement vient de décider une reprise forte des investissements dans les centrales nucléaires qui fournissent une électricité pilotable et décarbonée. C’était une décision indispensable compte tenu de l’urgence climatique et des enjeux économiques et d’indépendance énergétique. Il est important que la version finale du PNGMDR, facilite les décisions à prendre pour accompagner cette reprise et que le gouvernement et les élus prennent leur responsabilité. L’ASN et les organismes et institutions rassemblant toutes les compétences techniques dans ce domaine ont rendu leur avis. Une commission de gouvernance supplémentaire préconisée par le projet de PNGMDR ne ferait qu’alourdir le calendrier. Il faut informer au mieux le public mais il y aura toujours des opposants irréductibles qui exploiteront tous les moyens pour freiner les décisions.
J’identifie trois sujets essentiels :

Le traitement/recyclage
Il faut réaffirmer le soutien à la poursuite du traitement/recyclage des combustibles usés en vue de séparer les déchets HA des matières énergétiques uranium et plutonium et de les utiliser dans les réacteurs de 4ème génération pour lesquels il est fondamental de poursuivre les études. Ces matières représentent des siècles de production d’électricité décarbonées, donc de ressources pour les générations futures et peuvent être gérées en toute sûreté. Il faut donc engager de toute urgence le projet de nouvelle piscine d’entreposage centralisé des combustibles usés à la Hague, ce site étant le meilleur de tous les points de vue pour aller vite (2030), et la préparation de la mise à niveau, à l’horizon 2040, de l’usine de retraitement avec la double perspective d’accueillir le nouveau nucléaire et de préparer le multi recyclage.

La gestion des déchets TFA
La gestion des déchets TFA ne pose pas de problème majeur de sûreté car leur niveau d’activité est proche de celui de la radioactivité naturelle mais c’est plutôt le problème de l’optimisation de cette gestion qui est en question. Avec le démantèlement et compte tenu de la réglementation actuelle ces déchets vont représenter des volumes importants conduisant à des coûts élevés de stockage. Ils contiennent des matières valorisables comme les métaux. La réglementation relative aux déchets TFA devrait être ajustée pour faciliter leur recyclage comme cela est mis en pratique en Allemagne et aux Etats Unis.

Le stockage des déchets HA en formation géologique profonde
Le stockage en formation géologique profonde des colis de déchets de haute activité vitrifiés (CSDV) fait l’objet de toutes les craintes d’une partie de la population alors que c’est le mode de gestion préconisé par l’ensemble des organismes internationaux compétents en la matière. Les CSDV représentent des volumes limités (0,2% du volume total des déchets radioactifs). La fabrication de ces colis suit des procédures strictes d’assurance de la qualité contrôlées par l’Andra et l’ASN. L’exposition aux radiations qu’ils émettent peut être létale car leur activité massique est de l’ordre d’un curie par gramme c’est-à-dire celle du radium 226. Dans les entreposages de l’usine de La Hague la protection des travailleurs est assurée par quelques mètres de béton. L’activité des CSDV va décroître très fortement au cours des 300 premières années car les produits de fission majeurs (Cs137, Sr90) subiront la décroissance radioactive. En entreposage de surface ou de sub-surface une surveillance permanente doit être assurée pour prévenir tout acte de malveillance. Le risque d’abandon de cette surveillance est important en cas de périodes troublées (guerre, récession économique grave) et il est donc irresponsable d’affirmer que l’on puisse garantir cette surveillance sur plus d’une centaine d’années. Ces colis CSDV ne peuvent toutefois pas être mis en stockage immédiatement après vitrification car leur forte radioactivité produit de la chaleur qui imposerait trop de contrainte sur la conception du stockage (distance entre colis). L’entreposage en surface des CSDV est donc planifié sur quelques dizaines d’années avant leur sécurisation dans CIGEO. Une fois les colis mis en place une phase de réversibilité est prévue pendant laquelle les colis pourront être récupérés. A la fin de cette phase de réversibilité il est important que le site soit refermé et scellé assez rapidement pour prévenir tout abandon du stockage en l’état.
Dans CIGEO, la protection contre les radiations est largement assurée par la barrière géologique. Le stockage, une fois fermé et scellé, des incursions humaines volontaires dans le stockage sont inenvisageables sans la mise en œuvre de moyens technologiques sophistiqués, couteux et longs à réaliser et dont les parades sont faciles à trouver. La seule voie pouvant conduire à une exposition serait un forage par inadvertance avec extraction de carottes mais les probabilités d’atteindre un colis par hasard sont très faibles et les conséquences limitées comme explicité dans le Dossier de l’Andra.
La qualité de confinement des colis interdit toute dissémination des radionucléides dans l’environnement pendant au moins 10.000 ans et demeure très faible au delà car même en cas de présence d’eau, la matrice vitreuse retient les radionucléides. La roche hôte est imperméable et protège les colis de l’action de l’eau et le transfert par l’eau. Elle n’a pas bougé pendant des centaines de millions d’années malgré la modification des conditions des conditions en surface (érosion, glaciations). Même une fracture de la matrice vitreuse du colis aurait très peu d’impact. Seuls les produits de fissions majeurs sont solubles mais ils auront disparu avant 300 ans. Après 300 ans il reste les actinides qui sont très peu solubles et sont figés dans la roche comme cela a été constaté dans l’analogue naturel d’Oklo au Gabon où des réactions de fission se sont produites naturellement il y a 2 milliards d’années.
Ces considérations soulignent que la démarche retenue par le gouvernement pour la gestion des déchets HA est la plus raisonnable et celle qui minimise les risques et les charges pour les générations futures.

5)

Passons à la décision et à l’action, par Claire Kerboul , le 3 juin 2022 à 08h31

Il n’y a pas d’alternative à l’électronucléaire pour assurer une transition écologique qui nous permette de ralentir la dérive climatique tout en assurant les besoins énergétiques de la population.

Pour ceux qui en douteraient, rappelons que c’est une chance de maîtriser, depuis fort peu de temps à l’échelle de l’histoire de l’énergie, l’énergie de fission nucléaire. Très dense (1 g d’uranium a le potentiel énergétique d’1,6 t de pétrole ou 1000 m3 de gaz), l’énergie nucléaire casse des liaisons nucléaires et donc ne produit pas de composés carbonés néfastes pour le climat.
En conséquence, il est crucial d’assurer la cohérence de la gestion de nos matières stratégiques et, en aucun cas, envoyer une matière énergétique (uranium 238, plutonium) aux déchets. Cela devrait être le fil conducteur du PNGMDR. Gestion des matières et des déchets radioactifs pourrait aussi se dire gestion des matières stratégiques et des déchets radioactifs.

Pour cela il est indispensable que la gouvernance laisse toute sa place à la connaissance scientifique et technologique avec une participation renforcée d’organismes scientifiques. Les opinions et les idéologies n’ont jamais fait avancer la résolution d’un problème aux facettes scientifiques, techniques, économiques et stratégiques. A cet égard les avis de la Commission nationale d’évaluation, de l’OPECST, de l’ASN, et des Académies sont de grandes valeurs pour guider le PNGMDR et devraient être considérées comme nécessaires et suffisantes.

Comme son nom l’indique le PNGMDR est une instance planificatrice et, comme telle, doit être sous pilotage du gouvernement, notamment du ministère chargé de l’industrie et du ministère chargé de l’énergie. Il serait d’ailleurs pertinent, compte tenu de la valeur stratégique du nucléaire, qu’un ministère chargé du nucléaire puisse assurer les compétences nécessaires à ce pilotage gouvernemental. L’ASN doit rester dans son rôle d’Autorité Indépendante, du gouvernement et a fortiori du PNGMDR sur lequel elle porte un avis indispensable au gouvernement.

La pertinence du recyclage des matières énergétiques présentes dans les combustibles usés est évidement grande à condition de poursuivre la logique jusqu’au bout. Tant qu’on ne dispose que de réacteurs à neutrons lents comme les REP et les EPR, il est important de penser le retraitement de sorte à préserver toute la matière stratégique disponible. Il pourrait être intéressant d’ailleurs de regarder d’un peu près ce que fait le Royaume-Uni dans son programme de mise au point d’un « coffre-fort » à plutonium dans l’attente de disposer de réacteurs à neutrons rapides.

Cette logique entraîne impérativement la remise sur pied, en urgence, d’un programme de R&D pour mettre au point un RNR de 4ème génération. Sans cela l’électronucléaire français restera seulement une parenthèse stoppée avant d’avoir pu atteindre sa maturité : utilisation de tout l’uranium naturel et minimisation des déchets produits quasiment aux seuls produits de fission. On voit ici tout l’intérêt d’un coffre-fort à plutonium qui permette de garantir la sûreté et la sécurité de la disponibilité de cette matière, pendant toute la durée nécessaire au biseau entre notre parc de réacteurs REP et le parc de réacteurs RNR.

Soulignons ici que l’arrêt d’Astrid, sans débat et sans que les instances d’évaluation et d’orientation aient été consultées, s’agissant d’une disposition de la loi du 28 juin 2006, questionne très sérieusement la gouvernance d’ensemble des institutions en charge du nucléaire français.

Autre symptôme préoccupant : l’incapacité de la décision concernant Cigéo. Aucune filière industrielle ne peut fonctionner sans disposer de la capacité de gérer le cycle de vie de ses produits. Le stockage géologique profond des déchets HAVL est LA solution de référence internationalement reconnue. Depuis bientôt une décennie (!) Cigeo a été évalué positivement par toutes les instances ad hoc. On voit fleurir ici ou là des recommandations pour la reprise de recherches ce qui est quand même le signal d’un système global qui tourne en rond. Le recours quasi maladif à des instances de consultation qui n’ont pas, par définition, l’expertise nécessaire, est probablement l’une des causes profondes – encouragée à dessein ? – des difficultés de fonctionnement de la filière.

La France a maintenant perdu toute son avance en matière nucléaire, ce qui est particulièrement grave compte tenu du contexte général (menace nucléaire, pénurie énergétique, désindustrialisation…). Il est grand temps d’une part de se recentrer sur les appréciations des instances expertes et d’autre part que les politiques, dans la logique de la loi du 28 juin 2006, reprennent la main pour décider et contrôler la mise en œuvre effective de ces décisions. A ces fins, le PNGMDR doit pouvoir jouer son rôle important d’analyse et de synthèse.

Hydrogène : POURQUOI EMMANUEL MACRON s’est laissé séduire ?!

À: redaction@challenges.fr
Envoyé: Samedi 14 Mai 2022 18:11:58
Objet: Article « POURQUOI EMMANUEL MACRON s’est laissé séduire »

Monsieur le Rédacteur en chef

Vous avez publié, le dimanche 1er mai sous la plume de Eric LESER, un article concernant le soutien du Président de la république à l’hydrogène intitulé « POURQUOI EMMANUEL MACRON s’est laissé séduire ». » Pour l’industrie, pour l’écologie et pour la souveraineté, l’hydrogène décarboné doit permettre la croissance verte du XXI ème siècle… « 

La question fondamentale est comment produit-on de l’hydrogène décarboné ? Vous expliquez fort opportunément dans un encart les différents procédés possibles.

La production à partir des énergies fossiles est à proscrire car comme vous le dites justement 1 kg d’hydrogène brun ou noir (Lignite ou houille) génère 23 kg de CO2 et 1 kg d’hydrogène gris (Gaz Naturel) 10 kg. Il est extrêmement hasardeux d’affirmer que le prix de revient de l’hydrogène gris est de 1,5 euro par kilo en Europe durablement compte-tenu des incertitudes géopolitiques. Quant à l’hydrogène bleu obtenu aussi à partir du gaz naturel fossile, il est paré d’une couleur chatoyante car il bénéficie du privilège qui consiste à profiter de la capture et du stockage du CO2, pourquoi lui seulement ? Qui plus est à seulement 1 euro par Kg d’hydrogène produit, chiffre impossible à valider en l’état actuel du développement de cette technologie. A ce prix on peut tout peindre en bleu y compris le Noir et Le Brun.

Il est important, me semble-t-il, de raisonner sur les quantités de CO2 produites directement responsables du réchauffement climatique et pas sur des valorisations monétaires, comme c’est le cas depuis le début de l’air du pétrole.

La production à partir d’énergies décarbonées (Eolien, Solaire,Hydraulique, Nucléaire), en utilisant l’électricité produite pour séparer hydrogène et oxygène de l’eau par électrolyse. Vous introduisez  une différence de couleur le Vert et le Jaune, induisant ainsi une appréciation qui n’est plus physique mais politique, vous écrivez que le nucléaire n’est pas considéré comme renouvelable, prenant ainsi parti dans le débat qui sévit à Bruxelles et qui opposent Français et Allemands.

Vous écrivez: « Après avoir également changé d’avis subitement sur l’énergie nucléaire et annoncé il y a quelques mois une relance de la construction de réacteurs en France, Emmanuel Macron n’a cessé d’apporter un soutien appuyé et permanent à l’hydrogène ».  Il aurait été opportun d’approfondir  cette prise de position. Je fais l’hypothèse que les experts de l’énergie le mettant devant la réalité des besoins en électricité générés par ses engagements: la ré-industrialisation de la France depuis l’industrie de base, les transports jusqu’aux besoins domestiques, ne lui aient fait percevoir la dure réalité des ordres de grandeurs. Par exemple la quantité d’électricité nécessaire pour produire l’hydrogène qui permettrait de décarboner la production d’acier dans un haut-fourneau qui fonctionne 24/24 correspond à un réacteur nucléaire, l’usine Arcelor-Mittal de Dunkerque en possède 3. Je vous laisse faire la transposition à partir de l’hydrogène Vert éolien ou solaire. A moins que l’on considère qu’il ne faut plus produire d’acier en France …

La première recommandation d’un bon professeur de physique à ses élèves est de savoir évaluer les ordres de grandeurs au moment d’écrire le résultat du devoir en bas de la page. 

Avec mes sincères salutations

Claude Renoult  

France inter – Secret d’info et dossier SAFER : procès anti-nucléaire à charge ?

Le 5 mai 2022

Madame la Directrice,

Nous avons écouté avec attention l’émission du 30 avril 2022, à 13h20 « Secrets d’Info », animée par Jacques Monin qui présente une enquête de Benoît Collombat sur les acquisitions foncières d’EDF ou de l’ANDRA pour leurs activités industrielles. Cette émission et cette enquête semblent manifestement contredire à vos obligations d’impartialité et de représentativité. En effet, de nombreux auditeurs de Radio France ont perçu cette émission comme une opération de propagande anti-nucléaire et de recherche de scores d’audience facile.

Il n’est évidemment pas question de nier le droit absolu à la libre expression des opposants à l’énergie nucléaire, même en cette période de guerre gazière et d’urgence climatique récemment médiatisée par le GIEC, rappelant l’importance de l’énergie nucléaire dans la liste des outils pouvant participer à la réussite de notre mobilisation climatique à l’échelle. Cependant, ne paraîtrait-il pas déontologique de recueillir également l’avis des ONG non anti-nucléaires pour permettre à l’auditeur de se forger plus librement une opinion ?

En effet, votre émission s’avère constituée d’une longue suite de témoignages, tous recueillis auprès de militants antinucléaires déclarés. Ces témoignages sont entrecoupés de quelques interventions, ou citations de responsables des entités mises en cause, ces interventions étant immédiatement contredites ou mises en doute quant à leur sincérité, sans preuve, mais la suspicion élusive fait manifestement partie des techniques de manipulation d’opinion utilisée par vos journalistes. Pour une démonstration censée montrer les secrets des actions des entités mises en cause, il est paradoxal de constater que de nombreux documents étaient accessibles sans difficultés, il est aussi paradoxal d’entendre au détour d’une phrase que des collectivités locales souhaitent le développement des activités concernées. Il semble regrettable que Monsieur Collombat n’ait pas souhaité aller interroger ces collectivités locales. Il n’a pas pu vous échapper non plus que l’implantation de nouvelles installations dépend de décisions politiques, ce qui oblige les entités concernées à se placer dans une démarche prospective. Cela aurait du vous éviter de porter des accusations graves et injustifiées. Enfin, puisque l’emprise du foncier semble être une préoccupation de l’opinion publique, nous vous invitons à évaluer cette emprise de la part de sites de production nucléaire par rapport à d’autres moyens de production, cela permettra assurément aux auditeurs de mesurer où se trouvent les véritables défis. Comme indiqué par nos Académies, le pays ne peut décemment pas vivre sans davantage d’électricité pilotable décarbonée, et pourtant cela n’est jamais rappelé par France inter.

Cette émission nous semble donc décevante d’un point de vue éthique et nous vous serions gré de réaliser dans le même cadre une émission qui explicite les avis opposés plutôt qu’anti-nucléaires. Ce sera probablement utile pour la culture scientifique de vos auditeurs.

Nous sommes donc conduits à vous rappeler vos obligations d’impartialité et de pluralité des opinions édictées par le CSA. La société civile est attachée à la diffusion d’une information précise, rigoureuse et objective. Nous sommes à votre disposition pour vous fournir des informations validées au plan scientifique sur les sujets touchant au climat et à l’énergie sous les aspects techniques, économiques, sanitaires ou environnementaux. Nous vous invitons en conclusion à équilibrer davantage les témoignages sélectionnés afin d’éviter de maintenir cette radio du service public dans un rôle d’officine anti-nucléaire.

Signé : Le Collectif Action Climat

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Références :

https://www.andra.fr/une-acquisition-progressive-des-terrains-necessaires-cigeo

https://www.haute-marne.gouv.fr/content/download/17790/114296/file/Cigeo-Etude_Pr%25C3%25A9alable_agricole.pdf

Email : starwatcher@orange.fr

Avis du syndicat CFE Energies Tricastin concernant les dispositions proposées par EDF dans le cadre du 4ème réexamen de sûreté

Contribution déposée sur le site.


Dans le cadre du réexamen de sûreté, EDF propose des dispositions pour élever le niveau de sûreté des installations dans l’optique de prolonger l’exploitation du réacteur N°1 de Tricastin pour 10 années supplémentaires à compter de la Visite Décennale réalisée en 2019. Ce propos vise à formaliser l’avis du Syndicat CFE Energies Tricastin sur la suffisance de ces dispositions.
La conformité des installations aux exigences de sûreté est un point essentiel pour garantir leur capacité à assurer leurs fonctions en toutes circonstances. Des écarts aux exigences sont parfois constatés et il est donc important de renforcer les contrôles d’examen de conformité. L’extension du périmètre de contrôle des équipements et des composants, et notamment ceux présentant un retour d’expérience négatif comme les ancrages des équipements est une disposition qui donne confiance.
Le vieillissement des installations peut être un sujet d’inquiétude. Dans les faits, il concerne les équipements et composants d’origine qui ne peuvent pas être remplacés. S’agissant du réacteur N°1 de Tricastin, des microfissures (20 défauts) au niveau de la cuve, dont l’origine provient d’un procédé de soudage du revêtement, font l’objet d’un suivi depuis 40 ans, sans évolution constatée. L’Autorité de Sûreté Nucléaire retient que la tenue en service de la zone de cœur du réacteur N°1 de Tricastin est démontrée pour la période de dix ans suivant la quatrième visite décennale. Sur le sujet de prolongation d’exploitation des cuves, un dispositif complémentaire de protection de la cuve a été évalué sur Tricastin 3 et devrait être généralisé ; ainsi, l’introduction de grappes en hafnium dans des assemblages combustibles permettrait de réduire encore le flux neutronique et son impact sur la tenue mécanique dans le temps. Sur les mesures prises par EDF dans le cadre de la démarche de maitrise du
vieillissement mise en œuvre par EDF, celles-ci sont considérées suffisantes par l’IRSN en vue de l’extension de la durée de fonctionnement des installations.
L’objectif de réévaluer le niveau de sûreté des installations est de mieux protéger la population et l’environnement. La modification concernant la stabilisation du corium dans le cadre d’un scénario d’accident avec fusion des assemblages combustibles constitue une amélioration notable, dans la mesure où elle présente la possibilité d’évacuer la chaleur (EASu) hors de l’enceinte de confinement sans utiliser le dispositif d’éventage-filtration, et donc de limiter les rejets. Concernant les critiques sur la conception de ce dispositif qui ne repose que sur des modélisations, notre avis s’appuie sur les expertises de l’IRSN et l’ASN qui ont validé ce concept et son design, des expérimentations ne pouvant bien évidemment pas être envisagées !
Si l’objectif du réexamen de sûreté est d’approcher le plus possible le niveau de sûreté des réacteurs nouvelle génération (EPR de Flamanville pour Tricastin 1), il permet également d’intégrer le REX international. Dans notre situation, il s’agit de tirer les enseignements de l’accident survenu au Japon en 2011 à Fukushima. Sur ce sujet, nous notons deux points principaux : la résistance aux agressions, et le renforcement des sources électriques et des sources froides.
Le niveau de résistance au séisme a été renforcé (50% de plus que le Séisme Majoré de Sûreté utilisé avant pour le dimensionnement des installations). Cela concerne les matériels importants du Noyau
Dur (comme par exemple les Diesels d’Ultime Secours) mais également la digue du canal Donzère Mondragon en amont du CNPE de Tricastin. Les travaux qui se termineront en 2022 permettront à cette digue de résister à ce niveau d’agression extrême. Le confortement de la « digue en gravier » proposé par EDF permet de garantir l’absence de brèche dans cet ouvrage selon l’expertise de l’IRSN.
L’ASN considère que les mesures prises suite à l’inondation du CNPE du Blayais en 1999 et au retour

Réponse de la CFE-CGC Énergies à l’enquête publique sur les conditions de la poursuite de fonctionnement du réacteur du Tricastin

La réponse publié lors cette consultation en 2022.


Les dispositions proposées par EDF lors du 4ème réexamen périodique, au-delà de la 35ème année de fonctionnement du réacteur électronucléaire n°1 de l’Installation Nucléaire de Base INB n°87, situé sur le Centre Nucléaire de Production d’Électricité (CNPE) du Tricastin sur la commune de Saint￾Paul-Trois-Châteaux dans la Drôme sont soumises à une enquête publique.
La CFE-CGC Énergies, seconde organisation syndicale représentative au sein des Industries Électriques et Gazières, participe depuis de nombreuses années, aux différents débats publics et consultations sur le secteur de l’énergie en France comme en Europe.
Pour la CFE-CGC Énergies, et comme recommandé par l’AIE (Agence Internationale de l’Énergie), la prolongation des réacteurs nucléaires existants – sous condition de sûreté – doit être la priorité de toute politique énergétique qui marie exigence climatique, souveraineté énergétique, résilience face aux chocs énergétiques, impératif industriel et préservation des atouts économiques du pays.
L’ASN a statué le 23 février 2021 sur les conditions de la poursuite de fonctionnement des réacteurs de 900 MWe d’EDF au-delà de leur quatrième réexamen périodique et considéré que « l’ensemble des dispositions prévues par EDF et celles qu’elle prescrit ouvrent la perspective d’une poursuite de fonctionnement de ces réacteurs pour les dix ans qui suivent leur quatrième réexamen périodique ».
L’indépendance, la compétence et l’expérience de ses équipes, appuyées par l’expertise de l’IRSN, font de l’ASN un modèle d’autorité de sûreté en Europe et dans le monde. Son exigence traduite tant au niveau de la conception, de l’ingénierie que de l’exploitation a rendu possible le fonctionnement du premier parc nucléaire mondial pendant plus de 40 ans sans incident majeur. C’est aussi le résultat d’excellentes interactions entre l’exploitant EDF et l’Autorité de Sureté Nucléaire ; et contrairement à ce qu’ont avancé certaines campagnes menées par des adversaires idéologiques du nucléaire, l’ASN a souligné qu’en particulier, le CNPE de Tricastin exploite et effectue la maintenance de ses réacteurs en toute transparence.
En ce qui concerne plus particulièrement le réacteur n°1 du Tricastin, l’ASN a fait savoir au directeur de la production nucléaire d’EDF (3 janvier 2022) que « considérant les éléments communiqués […], l’ASN retient que la tenue en service de la zone de cœur des réacteurs numéro 1 du Tricastin et numéro 2 du Bugey est démontrée pour la période de dix ans suivant leur quatrième visite décennale.»
C’est le résultat d’un travail intense mené par EDF et ses équipes pour porter la sûreté des réacteurs 900 MWe français au plus près des exigences appliquées aux réacteurs les plus récents de 3ème génération et intégrer le retour d’expérience de l’accident de Fukushima. Ces modifications d’un caractère inédit par leur ampleur et qu’aucun autre pays n’a réalisées à ce niveau constituent un saut qualitatif considérable : bien qu’âgé de 40 ans, le réacteur N°1 de Tricastin avec l’ensemble des dispositions prises par EDF sera plus sûr qu’à sa mise en service et qu’à la sortie des précédents réexamens de sûreté.
Les demandes de l’ASN prises en compte par EDF permettent une meilleure gestion des accidents avec ou sans fusion du cœur du réacteur, du combustible dans la piscine de désactivation et des agressions internes ou externes au site (séisme, tornade, nondation, …), le but final étant de protéger.

TELOS : Réponse à la tribune d’Elie Cohen

La tribune ici.

Bonjour Monsieur Elie Cohen,

Je viens de prendre connaissance de votre tribune parue sur TELOS (Les trois défis de la relance du nucléaire) et partage largement les éléments de votre argumentation, leur articulation et la chute réaliste qui est la vôtre.

Avec vous je me réjouis de cette conversion, tellement tardive, tout comme, « en même temps», je m’inquiète, qu’elle charge démesurément un outil EDF durablement affaibli pour les raisons que vous décrivez trop bien…l’image des chevaliers caparaçonnés d’Azincourt m’est funestement venue à l’esprit.

Le baiser d’un preux ne suffira pas à revivifier une belle, décatie et décharnée, par plusieurs décennies de négligence, de mauvais traitements et surtout d’absence de perspectives, qui ont détourné des promos d’ingénieurs et de techniciens vers d’autres métiers (souvent hors du champ technique d’ailleurs).

Par ailleurs, en imaginant même que la mécanique se répare, se rode et recommence à produire en temps, en heure, mais aussi en qualité, ces réacteurs arriveront sur un champ déjà bien planté de mats éoliens (on et offshore) et couvert de panneaux PV.

Prioritaires pour l’accès au réseau (une forme de parade économique à leur intermittence physique…), ils contraindront les productions pilotables, dont le nouveau nucléaire créé à dessein, à une l’intermittence forcée, parfaitement incompatible avec la rentabilité des énormes investissements qu’il aura fallu consentir.

Mais le tableau est plus noir encore, si on considère l’impact (physique et économique) des flux transfrontaliers provoqué par les bouffées (en excès et en carences) des énormes parc éolien et solaires allemands, qui devraient se développer encore plus vite et plus fort que sur notre périmètre, surtout si on redimensionne nos interconnexions, comme le souhaite une Europe (sous influence teutonne…).

Si on considère maintenant la période pré-renouveau nucléaire, même à imaginer que le parc actuel de réacteurs recouvre ses performances d’antan une fois franchis les chausse-trapes de la mise à niveau réglementaire (+ EPR de Flamanville…on peut rêver), le déficit de production nationale demeurera considérable, surtout dans un contexte vert-vertueux, poussant à accroitre les usages de l’électricité.

Sauf à vouloir copier l’Italie électrique, le pays ne peut rester durablement à un niveau d’importations tel qu’il se profile, qui grève notre économie et accroit sa vulnérabilité, sans parler du risque physique pris au moment des pointes de consommation.

Dans un tel contexte, il faudrait sans tarder lancer un programme conséquent de CCgaz (en piétinant la PPE, geste qui en réjouirait beaucoup), nos terminaux gaziers permettant l’accueil de méthaniers plus nombreux, dans l’hypothèse crédible de pipes durablement fermés à l’Est (opportunité que ne possède pas l’Allemagne), mais il faudrait aussi développer les connexions et les stockages.

Mais c’est une charge financière considérable (nous payons ainsi 15 années électriquement chimériques !) encore faudra-t-il trouver les fournisseurs et les ensembliers, pas forcément dans le giron EDF d’ailleurs, ce qui pourrait faire (doublement) l’affaire de Total…fournisseur et exploitant.

Ingénieur retraité, ayant pleinement participé à l’aventure industrielle nucléaire, TELOS avait bien voulu publier ma réaction outrée à la mauvaise part qui était réservée (une fois de plus) à EDF pour parer à l’envolée des tarifs de l’électricité.

Appréciant grandement vos analyses, je vous remercie pour votre lecture de celle-ci, si vous l’avez poursuivie jusque-là.

Bien cordialement à vous.

Gérard Petit

Tatiana Ventôse : polémiste habile ou scientifique pertinente ?

Chacun pourra être influencé par le visionnage de cette vidéo virale commise par Tatiana Ventôse. Vérités ou sophismes ? Comment exercer son esprit critique ? Voici quelques pistes proposées.

https://www.youtube.com/watch?v=Xu3Y4ecnp9I

Papa, c’est quoi un sophisme de l’épouvantail ? C’est quand tu fais une caricature d’un discours pour ensuite attaquer la caricature et non le discours original.

C’est tout à fait le discours de cette dame.

  • à 3.07 « affirme qu’il n’a rien à voir » : si vous vous reportez à la vidéo quelques secondes plus tôt vous n’y trouverez rien de ce langage, répété ad nauseam dans toute la vidéo  16.40… 
  • à 3 37 : « nos sous marins »: à ma connaissance ceci est faux, c’était Aréva TA 
  • à 3.32 idem 
  • à 4.50  » Saisi la justice » Comme si saisir la justice équivalait à un verdict de culpabilité…  
  • à 5.30 « ne pourrait pas décider tout seul de vendre… » c’est le coeur du raisonnement : « Macron a décidé de la vente de Power »; comme si ce n’était pas son pdg et son conseil d’administration
  •  Jusqu’à 16: une série d’attaques purement politiques (avec au passage attaque de Pécresse) sur toutes les ventes de business à d’autres business comme si Macron avait inventé le principe et ce qui en découle avec tous les intermédiaires qui font leur affaire
  • à 16.08 les turbines arabelle rachetées à GE deux fois plus cher que vendues à GE : sauf erreur aucune décomposition de la vente à GE en sous sections (Power (turbines à gaz, turbines à vapeur charbon, partie nucléaire etc) Hydro,Grid, … n’a été publiée et c’est un mensonge de plus asséné par cette youtubeuse (D’ailleurs selon mon propre avis le milliard de dollar que GE revendrait à EDF ne me parait pas trés élevé en tenant compte des commandes acquises de Rosatom et des perspectives de commandes pour le programe française; mais ceci est une autre affaire)
  • à 17.00. brevets qui ne se récupèrent pas; un mensonge de plus

….Je suis fatigué d’écouter un tel message à charge sans l’ombre d’un doute… On est en période électorale et les attaques ignobles fleurissent. En tant qu’ancien d’Alstom Power je suis consterné par ce manque d’honnêteté et de reconnaissance que Alstom Power avait 2 choix : se vendre ou aller à la faillite. Les 15.000 suppressions d’emplois de Siemens dans les 10 ans après la vente d’ Alstom Power sont allègrement oubliées alors que les 4000 en France sont magnifiées…(sans creuser beaucoup https://bit.ly/33pzFpW 

https://bit.ly/3HTWcKi

La vente de Power a aussi permis a Alstom de devenir, hors Chine, le numéro un en transport et ceci est allègrement oublié. Un point qui me paraît aussi intéressant c’est la position de la youtubeuse Tatiana Ventôse: voir son Parcours politique sur  https://fr.wikipedia.org/wiki/Tatiana_Vent%C3%B4se#Parcours_politique

Par Gérard Grunblatt –

de l’Académie des technologies

Pourquoi on ne rouvrira pas la centrale de Fessenheim

Quelques réflexions sur la réactivation de Fessenheim.

Sur le redémarrage de Fessenheim, c’est techniquement possible, tant que rien d’irréversible n’a été commis, sur les cuves et les CPs, les deux unités tournaient en effet comme des horloges jusqu’ à la chute des grappes. Les composants majeurs remplaçables, dont les Générateurs de vapeur, ont été remplacés, et ne constituent donc pas autant de chausse-trapes cachés.

L’obsolescence d’autres équipements, tels que (non exhaustivement) les matériels électriques ou le contrôle commande, n’est pas spécifique à Fessenheim et la centrale bénéficierait d’opérations concernant bien d’autres unités du parc nucléaire.

La vraie question à se poser est donc : « à quel coût ? » bien au-delà du seul aspect financier, et « avec quel bénéfice ? », dans le nouveau contexte de relance générale du nucléaire.

Il est pourtant certain que les 1800 MW remis sur le réseau, coûteraient moins cher et arriveraient plus tôt que leurs équivalents, via les nouveaux EPR, à condition que la perspective de fonctionnement conférée soit au moins de 20 ans supplémentaires, ce que le niveau d’irradiation des cuves permet a priori, or c’est le vrai déterminant en la matière.

Mais à même imaginer cette perspective acquise, le chemin à parcourir est semé d’embûches.

Il faut se rappeler qu’EDF n’avait pas voulu engager les travaux de mise à niveau réglementaire permettant de satisfaire aux conditions de la VD4, et c’est pour cela qu’on ne pouvait plus poursuivre l’exploitation (ce qui permettait, au passage, de dire que c’est EDF qui, de facto et de jure, avait fermé Fessenheim..).

Deux raisons (au moins) à cela :

D’abord la lecture politique du contexte de l’époque, qui ne permettait guère d’imaginer que le gouvernement revienne sur sa décision ….et c’est bien ce qui est advenu, même si on peut dire qu’il s’en est fallu de peu pour que, ledit contexte ayant rapidement évolué, l’issue ait été différente.. dommage !

Ensuite, parce qu’EDF craignait de ne pas pouvoir valoriser un investissement significatif, qui supposait la durée, alors qu’on pouvait augurer un durcissement des critères de sûreté tel que le barrage de la prochaine révision décennale (VD5) aurait été difficile à franchir.

Se serait en effet probablement posée, avec davantage d’acuité, la question de la tenue au séisme et de la protection de la nappe phréatique, les modifications à envisager pouvant être très conséquentes, voire rédhibitoires.

Mais là aussi, le « toujours plus », n’est pas aussi certain que dans un contexte où, renchérir le coût de l’outil nucléaire, faisait clairement partie d’une stratégie politique de discrédit.

Reste qu’aujourd’hui, nonobstant les éléments rappelés, arrêter Fessenheim, apparaîtrait à contre-courant (sans mauvais jeu de mots)…mais revenir en arrière, même si, encore une fois, c’est encore possible au plan technique, ne va pas sans obstacles.

Redémarrer Fessenheim, dans une Alsace qui demeure très écolo (les éditos des DNA en attestent régulièrement) n’irait pas sans poser problème.

La difficulté constatée de faire avancer l’idée même de « Technicentre » à Fessenheim (car c’est encore du nucléaire !!), sans même parler de l’accueil, plus que réservé, fait au projet de construction de SMR(s) sur le site, montrent que, bien que l’on constate un retournement de l’opinion en faveur du nucléaire, le syndrome NIMBY reste fort.

Il est peu probable d’ailleurs que, même les parlementaires « pro-nuc »de la région, ceux -rares- qui s’étaient vraiment battus contre la fermeture du site, soutiendraient un projet de redémarrage, si risqué politiquement à leurs yeux. Tout juste soutiennent-ils le « Technicentre », au nom de l’emploi local.

Cela, sans parler de la réaction des riverains germains qui verraient ainsi bloquée leur avancée victorieuse vers la dénucléarisation totale du sillon rhénan.

Même non affiché tel, il est clair que la fermeture de Fessenheim avait été un engagement pris devant le gouvernement allemand (sans qu’on n’en connaisse d’ailleurs les éventuelles contreparties) et que le fait qu’E.Macron ait dû finalement honorer une promesse de F. Hollande, tient sans doute à cela.

Symétriquement, il serait très difficile de faire machine arrière (où plutôt machine avant..) sans créer un casus belli avec notre voisin, qui saurait facilement réunir à sa cause ses habituels affidés et même élargirait le cercle.

Par ailleurs, un tel projet ne pourrait être porté que par un nouveau président, car on voit mal E.Macron, qui vient déjà de manger son chapeau sur le nucléaire, s’engager, encore plus, dans un combat où il n’aurait que des coups à prendre (un tel retournement serait qualifié d’absolue versatilité d’un côté, et de trahison consommée de l’autre).

Plus généralement, « vendre » le projet à l’opinion publique n’irait pas de soi, même avec les meilleures raisons du monde, la cure de jouvence de « la plus vieille centrale » pouvant être vue comme un palliatif et non comme une mesure techniquement rationnelle.

Le risque est même grand de voir une relance de la politique du nucléaire, toujours fragile par essence, polluée par des débats publics sur le redémarrage de Fessenheim, les opposants ayant beau jeu de pointer la toute-puissance d’un lobby opportuniste en diable et ne renonçant à rien.

Pour la dimension technique, justement, il faudrait engager des études spécifiques au site, puis approvisionner des matériels nécessaires et enfin réaliser d’importants travaux, le tout étant précédé des enquêtes publiques afférentes, avant d’obtenir, le cas échéant, les autorisations réglementaires, car tout est caduque.

Les possibilités d’attaques juridiques de ces procédures (pour parties inédites, car on réactive une installation réglementairement arrêtée…) sont certainement nombreuses et on peut faire confiance à Greenpeace and Co, pour les exploiter à fond et étaler des griefs, même mal fondés, sur la place publique.

Il y a également fort à parier que dans l’intervalle, la fenêtre de tir favorable au nucléaire (et qui doit beaucoup à une campagne électorale où de Président futur candidat sera forcément opposé, au second tour, à un candidat pro-nucléaire) se sera refermée, entre autres parce que l’EPR de Flamanville aura, au mieux, démarré dans la douleur, prêtant le flanc à des critiques largement justifiées, mais surtout, établissant définitivement la suspicion sur la technologie (sans parler ni du faux départ d’Olkiluoto, ni des ennuis de Taishan..).

A contrario, les délais affichés pour la mise en service des EPR et qui paraîtront incroyablement longs (au point de crédibiliser la critique -souvent entendue- que les EPR arriveront , au secours du climat, comme arrivent les carabiniers), pourraient justifier qu’on engage sans tarder la restauration de Fessenheim.

Au plan pratique, on saurait rapatrier les éléments devenues «spares » pour d’autres centrales et reconstituer les équipes, quitte à solliciter temporairement les « anciens » pour initier les « nouveaux », rien ne paraît donc impossible…lequel mot, c’est bien connu, n’appartient pas à notre langue…

Personnellement, pour connaitre un peu l’installation, sa technique son histoire et donc son potentiel, je souhaiterais évidemment la voir reprendre du service et je reste convaincu qu’une vraie volonté politique permettrait d’y parvenir, mais je crains que ce soit la condition « sine qua non » la plus difficile à réaliser, la crainte d’une victoire à la Pyrrhus étant patente.

Gérard Petit

NDLR : Ajoutons que la disponibilité des ingénieurs de l’ASN, IRSN Framatome, EDF et sous-traitants ne serait pas acquise et risquerait les délais déjà fragiles pour construire 14 EPR, et a fortiori 50 EPR.

Pour en savoir plus : notre blog ici

Et sur twitter : @SFessenheim