USA : Le problème nucléaire de la gauche

traduction automatique en français de :

https://www.axios.com/the-lefts-nuclear-problem-2510379389.html

Illustration: Rebecca Zisser / Axios

Les dirigeants libéraux américains sont déchirés entre la lutte contre le changement climatique et la résistance à l’énergie nucléaire.

Pourquoi est-ce important maintenant?L’industrie nucléaire, qui fournit aux États-Unis près des deux tiers de son électricité sans carbone, atteint un point d’inflexion. Plusieurs centrales électriques ferment leurs portes sous la contrainte économique , ce qui exerce une pression sur le Congrès et les législatures des États pour les maintenir ouvertes, tandis qu’une nouvelle génération de technologies nucléaires avancées a besoin du soutien du gouvernement pour démarrer.

Certains politiciens démocrates et d’éminents scientifiques sont revenus sur le nucléaire ces dernières années en raison du changement climatique, mais la plupart des plus grands groupes environnementaux et des dirigeants influents restent opposés. En entrevue après une interview à une conférence des Nations Unies sur le climat à Bonn, en Allemagne, j’ai remarqué une tendance: les politiciens citeraient les nombreux défis auxquels est confronté le nucléaire, comme la sécurité, comment stocker les déchets radioactifs et les raisons économiques. matière. Ceux qui sont plus enclins à soutenir le carburant citeraient les défis comme des obstacles à surmonter. Trois exemples:

  • Tom Steyer , militant environnementaliste milliardaire: « De toute évidence, le nucléaire ne crée pas de gaz à effet de serre, il crée d’autres problèmes … Personne n’a la capacité de créer de l’énergie nucléaire à un prix compétitif, et toutes les centrales nucléaires existantes et les problèmes de sécurité. « 
  • Michael Bloomberg , l’ancien maire milliardaire de New York, opte pour ne pas mettre son argent dans les initiatives de l’Etat essayant de garder les réacteurs ouverts en difficulté. Au lieu de cela, il canalise son argent – 116 millions de dollars au cours du dernier mois – pour fermer des centrales au charbon aux États-Unis et en Europe. «L’énergie nucléaire ne tue pas les gens de la pollution de l’air et du changement climatique comme l’est l’énergie du charbon», a déclaré Antha Williams, responsable du programme environnemental chez Bloomberg Philanthropies. « Donc, il ne s’oppose pas au nucléaire. »
  • Le gouverneur démocrate Kate Brown de l’Oregon , dont l’état est l’un des plus d’une douzaine qui interdisent effectivement l’énergie nucléaire, dit qu’elle veut voir des données assurant un stockage sûr des déchets de carburant. M. Brown a qualifié de «novatrice» la société NuScale, une start-up qui construit des petites technologies de réacteurs de pointe, mais elle a refusé de commenter la législation de l’État qui exempte la technologie de l’interdiction. « Je dirais juste que ce n’est pas mon objectif pour le moment. »

Bon nombre des groupes environnementaux les plus importants d’Amérique, qui ont une influence sur les politiciens libéraux, doublent leur opposition à l’énergie nucléaire. Ils soutiennent que l’effondrement des prix de l’énergie éolienne et solaire rend l’énergie nucléaire inutile.

Selon James Hansen, chercheur en climatologie à l’Université de Columbia, et son collègue Steve Kirsch, un entrepreneur et philanthrope basé en Californie, ils perdraient des dons. Lors d’une réunion en 2014 entre Kirsch et Frances Beinecke, qui dirigeait à l’époque le Conseil de défense des ressources naturelles, Beinecke a déclaré que l’une des raisons pour lesquelles le groupe ne pouvait pas soutenir le nucléaire est qu’il perdrait des dons.

  • «Le déjeuner s’est effectivement produit et il n’y a pas eu de mouvement», a déclaré M. Kirsch par courriel la semaine dernière. Un porte-parole de NRDC a refusé de commenter. Beinecke, qui a pris sa retraite du NRDC plus tard dans l’année, n’a pas répondu aux demandes de commentaires. La position du NRDC sur l’énergie nucléaire ressemble à celle de beaucoup d’autres à gauche: elle ne le soutiendrait que si tous les défis de l’industrie étaient «correctement atténués».

Les sénateurs démocrates qui se sont rendus à la conférence de Bonn ontindiqué une ouverture accrue, bien que prudente, à l’énergie nucléaire, mais cette rhétorique n’a pas été accompagnée d’un sentiment d’urgence pour faire pression en faveur d’une action au Congrès ou ailleurs.

Le sénateur Sheldon Whitehouse de Rhode Island a déclaré qu’il y avait un soutien bipartisan pour adopter une paire de mesures stimulant les technologies nucléaires avancées et aidant à maintenir ouverts les réacteurs existants face aux défis économiques. Sur ce dernier point, il parlait d’un projet de loi dont il est l’auteur et qui met un prix sur les émissions de carbone. Cela aiderait l’énergie nucléaire, car elle permettrait de monétiser son attribut sans carbone, mais les républicains, dont la plupart ne reconnaissent pas le changement climatique est un problème, mais soutiennent le nucléaire, n’appuient pas ce projet de loi.

« La rhétorique va rarement plus loin dans tout ce qui pourrait réellement soutenir (ou arrêter) l’énergie nucléaire dans ce pays », a déclaré Andrew Holland, un expert en énergie à l’American Security Project, un groupe de réflexion. « Ce qui nous reste est une sorte de stase, où les politiques ne changent pas, et la capacité de l’énergie nucléaire de l’Amérique s’érode lentement. »

Pendant ce temps, de plus petites politiques semblent devoir passer. Le projet de loi de révision fiscale que la Chambre vient d’approuver étend un crédit d’impôt à la production pour l’énergie nucléaire, que les dirigeants de l’industrie jugent essentiel aux réacteurs existants et aux technologies de pointe encore en cours de planification.

« Il se déplace dans une direction sensible, mais plus lentement que nécessaire », a déclaré Hansen.

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La Croix : Réaction à une idée reçue sur les émissions de CO2:

Réaction à une idée reçue sur les émissions de CO2:

« Que nous soyons pro ou anti-nucléaires notre hypocrisie doit cesser : la France n’est pas le bon élève écologique qu’elle prétend. Certes en 20 ans nos émissions internes de CO2 sont passées de 7tCO2/hab à 5tCO2/hab, mais par nos importations nous délocalisons nos caprices polluants à l’étranger! Selon le ministère de l’environnement, les statistiques Eurostat montrent que l’ « empreinte CO2 » réelle de chaque français a augmenté de 11,6 tCO2/hab en 2014 à 11,9 tCO2/hab en 2015 ! Tout cela parce que nous importons par exemple des capteurs photovoltaïques, fabriqués en Asie ou en Allemagne à base d’énergie charbon, ou que nous importons pendant nos pointes hivernales de l’électricité charbon venant d’Allemagne. Balayons donc devant notre porte et ne donnons pas de leçons, notamment aux chinois qualifiés collectivement de « plus gros émetteurs de CO2 du monde ». En réalité, l’empreinte carbone individuelle d’un chinois est plus faible que celle d’un français. »

Cordialement.

Jean-Luc SALANAVE

Vidéos du colloque international du 19/10/2017 à Bruxelles : Oui le nouveau nucléaire sera compétitif

(Ces vidéos sont diffusées avec l’accord des intéressés, et avec l’aimable autorisation de l’ASCPE , organisatrice de l’évènement, en attendant la publication imminente des Actes et des transparents fin 2017, toute reproduction étant interdite sans l’accord.)

LES ENJEUX DE LA COMPETITIVITE DU NUCLEAIRE EN EUROPE

Les Entretiens Européens

19 octobre 2017 – Bruxelles

Le programme est consultable ici mais a été entre temps substantiellement remanié vu les présents confirmés.

Langues : anglais ou français.

Organisé par :

Mme Claude FISCHER HERZOG
Présidente d’honneur de Confrontations Europe

Vice-Présidente d’EURAFRIQUE 21

Présidente d’EURAFRICLAP

Directrice

 

4 rue Froidevaux

75014 – PARIS

Tél. 00 33 (1) 43 21 96 76

www.entretiens-europeens.org

 

Interventions :

  1. Bertrand de L’EPINOIS, président de FORATOM (1/2)

https://youtu.be/EvNd0f85mag

 

2. Bertrand de L’EPINOIS, président de FORATOM (2/2)

https://youtu.be/i3Eq_KWdUAo

 

3. Jan-Horst KEPPLER, Senior Economist at the OCDE Nuclear Energy Agency (1/2)

https://youtu.be/xBIJ8Wyn0bA

 

4. Jan-Horst KEPPLER, Senior Economist at the OCDE Nuclear Energy Agency (2/2)

https://youtu.be/Ac5J4qQiqjA

 

5. Transition vers le programme suivant :

https://youtu.be/xEa7gqc52eo

 

6. Question 1 de John Laurie – (@FissionLiquide)

https://youtu.be/Fq5IRtnzRHg

 

7. Question 2 d’un membre de FORATOM

https://youtu.be/geBBoNLeOcY

 

8. Question 3 de Philippe Herzog, économiste

https://youtu.be/Am9d5BU1mWk

 

9. Réponse 1, 2, 3 de Bertrand de L’EPINOIS, President of FORATOM : Qui a la charge de l’équilibre du réseau ?

https://youtu.be/0NB5LtRFO7s

 

10. Réponse 1,2,3 de Jan-Horst KEPPLER, Senior Economist at the OCDE Nuclear Energy Agency

https://youtu.be/w7g_nQ2p8s8

 

11. Prof Dr Attila Aszodi

Secretary of state for the maintenance of the capacity of the Packs NPP

Status of the Paks project

https://youtu.be/M-Lfyj96ZtQ

 

12. Jean-Pierre West – The new nuclear projects of EDF

Director Optimization and performance of the engineering

https://youtu.be/zQ_MKX21hFc

 

13. Question 4 de Jan-Horst KEPPLER sur les coûts, réponse de Jean-Pierre WEST (EDF)

https://youtu.be/TPhjGwX0WB0

 

14. Round table

Prosperity of territories

Moderated by Graham WEALE, Professor, Honorary Professor of Energy Economics and Politics at the Ruhr University Bochum, Senior Advisor to the Energy Transitions Commission.

https://youtu.be/GNzwzCScIko

 

15. Peter CLAES, IFIEC Deputy Director –

President FEBIELEC

https://youtu.be/lHtHqQtHvuY

 

16. Question/Answer 5 – Round table Prosperity of territories – Peter CLAES, IFIEC Deputy Director

https://youtu.be/V-ZloLmyiQ4

 

17. Valérie FAUDON, General Delegate, SFEN, France

Nuclear and Regional Developpement in France

https://youtu.be/3KV1n531aCs

 

18. Question/Answer 6 to Valerie Faudon, SFEN – Nuclear and Regional Developpement in France

https://youtu.be/kMkVrQWB6AI

 

19. Robert LECLERE, President of the

Belgian Nuclear Forum

Transition energetique : energie nucléaire et renouvelable sont-elles compatibles ?

https://youtu.be/w2SRGQ911Zs

 

20. Round table

Safety, an asset for competitiveness – Safety costs : how to reduce them

without reducing safety

Fanny BAZILE – Senior Adviser at the Nuclear Energy Division, CEA, France

https://youtu.be/DvfTNkHJndM

 

21. Massimo GARRIBBA, Nuclear Director, DG Energy of the European Commission

https://youtu.be/YWW_DBU1Erk

 

22. Anders JOHANSSON, Senior Nuclear Technology Advisor, Vattenfall AB,

Sweden

https://youtu.be/8VkvWqdC2RA

 

23. Frederic LELIEVRE, AREVA

https://youtu.be/HheV10loeD0

 

24. Bertrand de L’EPINOIS, President France, WANO

https://youtu.be/CLvqZMazsbU

 

25. Question/Réponse 7 : Fanny BAZILE – sureté et perception par l’opinion publique.

https://youtu.be/-C5xpWgl5-E

 

26. Question/Réponse 8 : Safety, an asset for competitiveness – Safety costs : how to reduce them

https://youtu.be/cbJEetis5QY

 

27. Round table – Solidarity as an aspect of competitiveness – Moderated by Yves DESBAZEILLE, Director general at FORATOM

https://youtu.be/X1zxS2zi32o

 

28. Provisional findings – Claude FISCHER HERZOG (1/2)

https://youtu.be/pw2P2IqTmKY

 

29. Provisional findings – Claude FISCHER HERZOG (2/2)

https://youtu.be/QUb06uZHn3g

 

30. Gerassimos THOMAS, Deputy

Director General DG ENER, European Commission

https://youtu.be/lHbGMRK2C3s

 

31. Conclusion – Claude FISCHER HERZOG

https://youtu.be/wLjVCu9HcCg

 

______________

Complément des vidéo tournées sur mobile et stockées sur le cloud :

32. Discours de Kirsty Koggan (video sur mobile)

https://share.orange.fr/#Xi45cVA6Vte3adb9c83

 

33. Kirsty Koggan présente l’ONG Energy For Humanity (video sur mobile)

https://share.orange.fr/#pmubXUcQRCe3adb9c71

 

34. Introduction – Second round table (video sur mobile)

https://share.orange.fr/#WjEdApAyuqe3adb9c27

 

35. Le nucléaire en Afrique – André-Franck Ahoyo – Deputy director, Les entretiens Eurafricains (video sur mobile)

https://share.orange.fr/#8vD4we7ldJe3adb9c36

 

36. Réponse de André-Franck Ahoyo – Deputy director, Les entretiens Eurafricains (video sur mobile)

https://share.orange.fr/#2vKWeoD1s2e3adb9c19

 

37. Réponse de Massimo GARRIBBA, Nuclear Director, DG Energy of the European Commission (video sur mobile)

https://share.orange.fr/#PELmZoS1rae3adb9c0e

 

38. Réponse question 1 (video sur mobile)

https://share.orange.fr/#guJxCStnKbe3adb9bda

 

39. Réponse question 2 (video sur mobile)

https://share.orange.fr/#HCslNEUzCce3adb9bcc

 

40. Guy Buckenham (Head of Generation Policy) – EDF Energy, UK) (son faible , video sur mobile)

https://share.orange.fr/#HEAazA51v8e3adb9bc0

 

41. Jukka Laakson (Rosatom) (video sur mobile)

https://share.orange.fr/#i8pmATcQHne3adb9bb1

 

42. Laurent Schmidt (ENTSOE) (video sur mobile)

https://share.orange.fr/#YC42jXBKlKe3adb9afa

Fin

 

L’électronucléaire restera moins cher que le décarboné renouvelable

L’un des journalistes mondialement les plus pointus techniquement et économiquement nous explique enfin clairement ce que la Cour des Comptes considère comme rationnel à propos des coûts de l’électronucléaire, ne boudons pas notre plaisir de s’informer aux sources fiables, elles sont rares…

http://www.liberation.fr/amphtml/futurs/2014/05/27/le-nucleaire-marque-le-cout_1028328

DÉCRYPTAGE

Le nucléaire marque le coût

Par Sylvestre Huet — 27 mai 2014 à 19:06

La Cour des comptes pointe la hausse nécessaire des investissements dans les centrales EDF.

Hier, l’action EDF a reculé, à 27 euros… soit très au-dessus de sa valeur en juin 2013, à 17,10 euros. Anecdote boursière ? Plutôt le signe que le rapport de la Cour des comptes sur le coût de l’électricité d’origine nucléaire, publié hier, ne bouleverse pas l’économie du secteur. Que dit ce rapport ?

Des coûts de production en hausse

En mettant à jour son travail de 2012 sur les «coûts passés, présents et futurs de la production d’électricité nucléaire»,la Cour des comptes a réévalué son «coût courant économique» à 59,80 €/MWh, soit 16% de plus en euros constants qu’en 2010. L’origine de cette hausse provient pour l’essentiel des investissements décidés par EDF sur les centrales en activité dans le cadre de grands travaux – le «grand carénage» – destinés à démontrer à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) le bien-fondé d’un allongement de leur utilisation après quarante ans d’exploitation. L’objectif officiel visé est de cinquante ans, mais la direction d’EDF pense tout bas à soixante ans, une durée déjà ciblée par les exploitants américains, dont 73 centrales plus anciennes équipées d’une technologie similaire ont déjà une autorisation d’aller à soixante ans. Une autre partie résulte des prescriptions de l’ASN imposée à la suite de la catastrophe de Fukushima Daichi (Force d’action nucléaire rapide, renforcement des protections, dispositifs supplémentaires d’ultime secours…). S’y ajoute un rattrapage dans les dépenses de maintenance, comprimées de 2003 à 2006 pour afficher des résultats financiers dopés, et l’embauche de personnels supplémentaires dans la perspective du renouvellement des équipes. Le coût global des investissements annoncé pour 2011-2033 approche les 100 milliards d’euros, mais il suppose que tous les réacteurs seront prolongés au-delà de quarante ans, ce qui n’est pas garanti. Ces chiffres et la méthode de calcul de la Cour sont bien acceptés chez EDF, qui y voit la preuve qu’il n’y a pas de coûts «cachés» dans le nucléaire.

Des choix sur la durée de vie Déterminants

La Cour des comptes alerte sur l’évolution future des coûts. En témoignent ceux de l’EPR en construction à Flamanville qui, même défalqués de l’effet «tête de série» et de la remise en route d’une industrie qui n’avait plus construit depuis Civaux en 1997, seront supérieurs à ceux des centrales des années 80. Un surcoût qui s’explique en partie par des dispositifs de sûreté plus performants, plus robustes et plus redondants, mais également plus chers. S’il demeure des incertitudes sur les charges futures, la Cour rappelle qu’un «doublement» du coût du stockage des déchets nucléaires ne pèserait que 1% du total, tandis qu’une augmentation de 50% de celui du démantèlement ne l’impacterait que de 2,5%.

En revanche, la prolongation, ou pas, de la durée de vie des centrales après quarante ans et la mise en œuvre, ou pas, de l’objectif fixé par Hollande d’un mix électrique composé de 50% de nucléaire en 2025, pèseront d’un poids beaucoup plus lourd. La difficulté de l’affaire étant qu’un arrêt avancé des réacteurs diminue paradoxalement le coût futur, car il signifie que les travaux de «grand carénage» prévus par EDF n’auront pas lieu… mais au prix du recours à une autre source d’électricité si la consommation ne diminue pas au même rythme. Pas sûr, alors, que celà pèse dans le même sens sur les factures. La Cour enfonce donc le clou, et réclame du gouvernement qu’il sorte du flou et prenne «position» sur «des orientations de la politique énergétique à moyen terme», et surtout sur «le prolongement de la durée d’exploitation des réacteurs au-delà de quarante ans», sous réserve de la décision de l’ASN, qui demeure maîtresse en matière de sûreté.

Un nucléaire toujours compétitif

Le coût courant économique de la Cour des comptes est très théorique, sans rapport direct avec les tarifs pratiqués. Le coût de production ne pèse qu’environ 40% du prix de vente. Et l’historique des tarifs montre qu’il était plus élevé dans les années 80. En revanche, note la Cour, «ce coût global moyen sur toute la durée de fonctionnement du parc» est «utile pour comparer le prix des énergies entre elles», comparaison qui ne figure pas dans le rapport. Il est donc nécessaire de le faire afin d’en avoir une lecture effectivement utile.

L’ordre de grandeur du coût de production du mégawattheure nucléaire par les centrales françaises est de 60 euros, disent les magistrats. Un chiffre à coût complet, qui se compare à ceux des centrales à charbon ou à gaz – à condition qu’elles fonctionnent au moins quatre mille heures par an -, qui vont de 70 à 100 euros. Et aux tarifs auxquels EDF est aujourd’hui contrainte d’acheter l’éolien terrestre (85 euros), l’éolien offshore (200 euros), voire les près de 300 euros du solaire photovoltaïque. Des comparaisons qui expliquent pourquoi les tarifs domestiques d’EDF demeurent 30% moins élevés que la moyenne européenne et deux fois moins élevés qu’en Allemagne.

Sylvestre Huet

Electricité : Les courants marins, un milieu hostile et qui ne produit presque rien

Collectif « Défense de la mer et Hydroliennes »

 

Communiqué 25 Octobre 2017

1/2 OCEAN ENERGY EUROPE     2017 Nantes 25-26 Octobre 2017

A l’heure où l’état des connaissances permet de savoir l’étendue des services économiques et environnementaux rendus par des fonds marins et des eaux marines en bonne santé, on ne peut envisager des installations qui contribueraient à la destruction irresponsable de nos écosystèmes marins. Dans le programme de cette conférence, on ne trouve aucun thème traitant de cet aspect essentiel des Energies Marines Renouvelables EMR : cette Conférence Exposition est uniquement orientée Business, et constitue plus un vecteur de communication/propagande qu’une conférence technique capable de donner des perspectives réalistes.

Les incertitudes des projets français d’éoliennes posées en mer 

Les projets français de la façade Atlantique-Manche sont largement contestés du fait de leur manque de rigueur, conduisant à des infractions : 

1. aux obligations relatives à l’évaluation environnementale préalable, 

2. à la planification de l’espace maritime,

3. à l’information et à la participation du public au processus décisionnel, 

4. à la protection de la faune et de son habitat, 

5. à l’organisation du marché intérieur de l’énergie,

6. à l’interdiction des aides d’Etat.

Quant à la fameuse filière française, on sait ce qu’il en est…

L’éolien flottant, et le prototype Floatgen à St Nazaire

En Ecosse, la première installation Hywind (5 éoliennes flottantes de 6 MW) flotte sur une profondeur de 110m, et a commencé ce mois-ci à produire de l’électricité. Les câbles inter- éoliennes sont suspendus, sans ensouillage : un avantage que l’éolien posé n’a pas (cf les 120km de câbles déroulés sur le Banc de Guérande). Mais la structure et l’amarrage sont métalliques. 

Destiné à être amarrée sur le site SEMREV, par 33 mètres de fond seulement, le prototype Floatgen 2MW, inauguré dans le port de St Nazaire le 13 Octobre dernier avec des gros titres, aura bien du mal à démontrer un comportement en eau profonde transposable à des éoliennes flottantes de 6MW. Le matériau du flotteur en béton et les câbles en nylon devraient éviter d’avoir recours à des anodes massives comme celles de l’éolien posé (12-15 tonnes/éolienne) qui diffusent abondamment en permanence aluminium et autres composants dans la biodiversité environnante. Mais une éolienne flottante reste une éolienne, donc à production intermittente… 

Les Hydroliennes 

Les hydroliennes de Sabella et Naval Group EN (ex DCNS Open Hydro) font l’objet de nombreuses déclarations optimistes: un bon moyen de réaliser la transition énergétique, et faire miroiter des sites industriels, des emplois, et encore une fois une hypothétique filière française…. Côté français, des expérimentations ont été lancées depuis bientôt dix ans, sans pour autant avoir donné lieu à la publication de chiffres de production, tant à Ouessant (Sabella) qu’à Paimpol (Naval Group EN).

Du côté canadien, moins secret, pour la première fois est publié un chiffre de production pour une hydrolienne, celle de Cape Sharp Tidal, société canadienne dans laquelle le français Communiqué 25 Octobre 2017 2/2 Naval Group EN et le canadien EMERA sont partenaires : pour l’année 2016 entre le 7 novembre et le 31 décembre 2016, la production a été de 5,4 MWh, donc en 7 semaines, ce qui équivaut à 2,7 heures de fonctionnement à pleine capacité : c’est bien peu ! Au-delà du 31 décembre la machine a continué à produire, mais le 5 avril était annoncé une avarie affectant le « Turbine Control Centre ». Le 7 avril, EMERA précisait que la machine avait produit pendant un peu plus de 1500 heures. L’hydrolienne a ensuite été convoyée pour réparations. On apprend à cette occasion que le prix d’achat du courant produit est de 530 dollars canadiens soit environ 360 €/MWh.

 Corrosion, ensablement, usure, pollution, etc…Il y a encore du travail à réaliser avant que l’usine d’hydroliennes, en construction, de Naval Group à Cherbourg, entre en production. 

En mer, les machines sont soumises à de nombreuses agressions, en premier lieu celles de la houle et des vagues. S’y ajoutent les problèmes de corrosion, salissures, connectique : la maintenance des EMR serait très coûteuse. D’où les prix de production exorbitants. Et leur impact environnemental est inconnu, dans un milieu à faible résilience. Les EMR sont-elles des solutions crédibles ?

La transition énergétique doit aussi être écologique. Cette Conférence OEE 2017 apparaît plus comme un grand « raout » destiné à induire l’idée que les EMR constituent un volet majeur de la PPE, Programmation Pluriannuelle de l’Energie, pour « pomper » un maximum de subventions à tous les niveaux des autorités élues qui disposent de nos impôts sans évaluation du rapport « Prix / Efficacité énergétique et climatique ». 

Une telle Conférence n’a d’intérêt que si elle constitue un apport de prospective réaliste et objective pour la révision en France de la PPE de 2018. C’est peu probable, vu le sponsoring par le Syndicat des Energies Renouvelables, puissant lobby en la matière, la nature des intervenants majoritairement industriels et la bénédiction des organismes officiels. Qu’en pensent les media ?

 

Pour plus d’information : www.dlm-eoliennesenmer.net rubriques Activités et Communiqués www.gardezlescaps.orghttp://stop.eolien.offshore.free.fr/

www.gouvernement.fr/conseil-des-ministres/2016-11-02/la-programmation-pluriannuelle-de-l-energie 

www.cvent.com/events/ocean-energy-europe-2017/agenda-f74a0ca7afb24250955263f531ab19a2.aspx

https://warktimes.com/2017/08/23/cape-sharp-tidal-cant-say-when-its-turbine-will-go-back-in-the-water/ 

Correspondant DLM : Alain Doré 06 8020 3840

Recycler les matières peu radioactives : le retard français

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Ci-joint un article de Ouest-France du 23/10 qui concerne le démantèlement. On peut y remarquer que le journaliste signale que la politique de gestion des déchets de faible activité émanant du démantèlement est différent en Allemagne et en France. Sur la photo on voit un décontamineur qui nettoie une pièce pour la rendre recyclable ce qui en France n’est pas admis par la réglementation.

Cà se savait dans les milieux professionnels, mais ça semble remarquable qu’un journal de grande diffusion le signale.  Les chiffres avancés sont intéressants : « Sur 600 00 tonnes de déchets radioactifs, 10 000 tonnes seulement seront conservées ». L’article ne dit pas ce qu’il en est des résidus de la décontamination.  Repussard en quittant la direction de l’IRSN avait déclaré que le problème des déchets du démantèlement était crucial et qu’il faudrait changer la réglementation.

L’article :

https://www.ouest-france.fr/europe/allemagne/lubmin-la-fin-d-un-titan-du-nucleaire-allemand-5333633/amp

Elle faisait la fierté des autorités communistes. En ex-Allemagne de l’Est, la centrale de Lubmin est aujourd’hui le plus grand chantier de démantèlement nucléaire au monde. Reportage.

« Au début, j’ai vu des larmes couler », se souvient Eberhard Thurow, embauché en 1985. À Lubmin, à trois heures de route de Berlin, tout est plus rude, plus intense. Même la tristesse des ouvriers. Ici, des rêves de titan écorcent le paysage. D’un côté, le nucléaire communiste. De l’autre, sur l’île de Rügen, la station balnéaire imaginée par Hitler : une langue de béton de 4,5 kilomètres, face à la Baltique.

Le site a employé jusqu’à 15 000 personnes contre 860 aujourd’hui (1). C’est actuellement le plus grand chantier de démantèlement nucléaire au monde. De cet univers clos, imaginé par les communistes, avec magasins, jardin d’enfants et agence de voyages, il ne reste que des bâtiments désertés.

Seize ans de retard

Après avoir vu leurs effectifs fondre, les ouvriers ont dû se résigner. « Quand vous demandez à des équipes de ruiner leur outil de travail, ce n’est jamais simple »,reconnaît Henry Cordes, le directeur.

Le programme de démantèlement, démarré en 1995, devait s’achever en 2012. Il se prolongera jusqu’en 2028. Un long tunnel, à l’image de ce bâtiment de 1,1 km de long, qui abritait les huit turbines.

Le projet initial prévoyait huit tranches de 400 MW chacune, équipées de réacteurs russesWWER 440 à eau pressurisée. Cinq seulement sont entrées en service. Après la réunification, les autorités ont mis fin au projet. Trop de risques, alors même que Tchernobyl était dans toutes les mémoires. Mais la sortie du nucléaire a un coût : ici, 750 millions d’euros par « tranche » de réacteur, annonce EWN, la société publique en charge de ce dossier.

Principale différence par rapport à la France ? Les matériaux faiblement radioactifs peuvent partir dans des filières de recyclage après avoir été décontaminés. Dans une cheminée de 100 mètres de haut, une équipe de grimpeurs vient d’achever le ponçage du béton. Un peu plus loin, des ouvriers installés dans des caissons et vêtus de tenues de cosmonautes lavent à haute pression, oxydent le métal avec de l’acide. Sur 600 000 tonnes de déchets radioactifs, 10 000 tonnes seulement seront conservées. Entreposées sur place faute de lieu de stockage approprié pour l’instant en Allemagne.

Une page se tourne après la décision, prise par Angela Merkel, de sortir du nucléaire. Sur trente-deux réacteurs, huit encore en fonctionnement devront avoir cessé toute activité en 2022.

L’Allemagne accélère le développement des énergies renouvelables : 33 % de la production électrique contre 17,5 % en France.

Des champs d’éoliennes et des installations photovoltaïques sur terre, mais aussi en mer, prennent le relais. Pas assez, cependant, pour se passer, à court terme, du charbon (près de 40 % de l’électricité produite) et du gaz (12 %) pour assurer la production d’énergie.

(1) 1 100 emplois ont été créés à proximité dans la logistique, la charpente métallique, la chimie…

Le démantèlement des centrales, un marché très convoité

« Dans les quinze années qui viennent, le marché du démantèlement des centrales nucléaires est estimé à 200 milliards d’euros dans le monde », estime Gilles Giron, directeur adjoint à la déconstruction et aux déchets pour EDF.

Un secteur très convoité par l’américain Westinghouse, les français Areva, Cyclife (filiale d’EDF), Onet, Veolia et l’allemand EWN. Ce dernier a même accompagné les autorités russes pour la création d’une zone de stockage dans la région de Mourmansk, après le désarmement d’une flotte de sous-marins nucléaires.

« Au départ, la question du démantèlement des centrales n’avait pas été appréhendée »,observe Patrice François, ingénieur sûreté à l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), l’institut indépendant chargé d’assurer les expertises pour les autorités françaises.

Dès l’arrêt de la centrale

Surtout ne pas attendre. À Garigliano, les Italiens s’en mordent les doigts. Ils ont laissé le dossier en souffrance pendant quarante ans. Le personnel, avec ses compétences, est parti depuis longtemps. Et il a fallu remettre en activité certaines portions de la centrale pour pouvoir procéder à leur démontage. « S’attaquer au chantier dès l’arrêt de la centrale permet d’économiser 20 % de la facture », estime Henry Cordes, pour EWN en Allemagne.

« C’est un secteur où il y a beaucoup d’innovations, avec le recours aux robots, la modélisation en 3D, l’utilisation de la réalité augmentée »,ajoute Patrice François, qui cite les travaux du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) à Marcoule (Gard). Innover, mais aussi maintenir des compétences, car le démantèlement d’une centrale s’étale sur une vingtaine d’années en moyenne.

C’est le chantier du siècle, car il faut aussi y ajouter la question des déchets ultimes, avec une radioactivité de plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d’années.

La France s’y prépare, avec le centre de stockage dans des couches argileuses à 500 m de profondeur, à Bure, en Haute-Marne. « En surface, on ne sait pas ce qui peut se passer. Seule la géologie est à même de garantir la sûreté nécessaire pour une période aussi longue, car on connaît son histoire et ce qui est susceptible de se passer », estime François Besnus, directeur des déchets à l’IRSN

Faut-il moins ou plus d’électronucléaire pour l’écologie en France ?

Il en faut davantage.

Car le moratoire de 20 ans nous a fait prendre du retard. Le gaz augmente vite, et va s’accélérer rapidement si on ne démarre pas dès 2020 un second EPR à Penly 3.

Preuve en est qu’on ne sait plus passer la pointe. Et oui, notre excellent mix décarboné à 97% sur le continent a été négligé par nos gouvernements faute de courage politique. Il est au bord de la rupture, manque de marge pour décarboner à un rythme conforme à l’accord de Paris.

En cas d’année froide, ce sera délestage ! N’attendons pas.

SITUATION DU PARC DE PRODUCTION ELECTRIQUE FRANÇAIS – OCTOBRE 2017

PARC NUCLEAIRE : 63 000 MW

TRANCHES NUCLEAIRES A L’ARRET POUR RECHARGEMENT ET AUTRES

Nombre
UNITES
DATE DE RETOUR (au 23/10/2017)

1
BELLEVILLE 1
22/10/2017

2
GRAVELINES 1
26/10/2017

3
TRICASTIN 1
02/11/2017

4
TRICASTIN 2
02/11/2017

5
TRICASTIN 4
02/11/2017

6
GRAVELINES 2
02/11/2017

7
SAINT LAURENT 2
02/11/2017

8
PENLY 1
03/11/2017

9
PALUEL 3
04/11/2017

10
DAMPIERRE 3
06/11/2017

11
CHOOZ 2
09/11/2017

12
CRUAS 1
10/11/2017

13
TRICASTIN 3
13/11/2017

14
CRUAS 3
13/11/2017

15
CHINON 3
20/11/2017

16
BELLEVILLE 2
21/11/2017

17
BUGEY 3
24/11/2017

18
NOGENT 1
30/11/2017

19
FESSENHEIM 2
30/01/2018

20
PALUEL 2
15/02/2018

Normalement 2 tranches sont de retour avant fin octobre, 16 avant fin novembre et 2 en 2018.

PARC THERMIQUE CLASSIQUE : 10 820 MW

2-1- FIOUL. Total 700 MW 
EDF : Une seule unité de 700 MW à Cordemais qui sera arrêtée définitivement en avril 2018. Toutes les tranches de Porcheville sont définitivement arrêtées.

2-1-2-CHARBON : 3 000 MW réparties comme suit :
EDF.

2 tranches de 600 MW à Cordemais et 1 tranche de 600 MW au Havre.
Soit 1 800 MW
Ces tranches devraient être arrêtées définitivement en 2022.
UNIPER

2 tranches 600 MW : Provence 5 et Emile Huchet 6 soit 1 200 MW.

3- CYCLES COMBINES GAZ. Total : 6 120 MW réparties comme suit :

EDF. Total 1960 MW
Blénod 5 : 430 MW
Martigues 5 et 6 : 930 MW
Bouchain : 600 MW.

AUTRES PRODUCTEURS. Total 4 160 MW

UNIPER: Emile Huchet: 860,
ARCELOR MITTAL: Dunkerque: 790 MW,
ENGIE: Cycofos: 430, SPEM, 430, total 860 MW,

DIVERS : Pont sur Sambre: 410 MW, Croix de Metz: 410 MW, Combigolfe: 400 MW, FR GA Morant: 430 MW, total : 1650 MW.

CONCLUSION :
Le parc thermique et nucléaire est de 73 820 MW hors turbines à combustion pour la pointe.
La puissance apportée par l’hydraulique à la pointe est de 15 000 MW.
Soit un total de 88 820 MW si toutes les unités sont disponibles.
Les turbines à combustion peuvent apporter 2 000 MW maximum.
Soit un total à la pointe de 90 820 MW si toutes les unités sont disponibles mais d’ores et déjà, Fessenheim 2 et Paluel 2 ne reviendront sur le réseau qu’en 2018, soit 2 100 MW indisponibles garantis cet hiver.
Il ne reste donc que 86 720 MW (hors éolien-PV et cogénération et turbines à combustion).

NOUS NE POUVONS PAS FAIRE FACE A UNE POINTE DE 102 GW DES L’HIVER 2017-2018