Pragmatisme, réalisme, conformisme,… fondent ils une stratégie durable ?

03 12 2015

EDF vient de rejoindre la famille des producteurs et distributeurs d’électricité qui proposent des électrons verts à leurs clients.

Couleurs et particules élémentaires étaient déjà appariées, mais il s’agissait de propriétés propres aux quarks et aux gluons, éléments et liants des neutrons et des protons.
C’est donc une avancée majeure en mécanique quantique que savoir désormais étendre ces mêmes propriétés à la périphérie de l’atome, en affectant la teinte verte à certains électrons, plus éthiques que d’autres. Au passage, beau mariage des disciplines, bel exemple de syncrétisme !

Alors qu’il nous est demandé, anciens d’EDF, d’être positifs quant à l’appréciation que nous pourrions porter sur la politique industrielle et sur la communication de notre ex-maison, comment n’être pas interpellés, par l’offre commerciale qui vient d’être lancée.
Elle propose en effet de fournir aux clients « « écolo-sensibilisés » une électricité exclusivement verte, moyennant une mini dîme singularisant encore davantage le caractère volontaire et engagé de ces pionniers de la consommation responsable.

Comme les écologistes qui distinguaient jadis entre la bonne et la mauvaise radioactivité, celle naturellement épandue par la terre et le ciel et celle fabriquée par l’homo-nucleus, il conviendrait désormais, de faire la différence entre les bons électrons, produits par l’eau le soleil et le vent et ceux venant des centrales nucléaires, pas très propres sur eux.

Au-delà de l’entourloupe technique, quel symbole détestable, quelle discrimination assumée ! Comment en aval d’un tel affichage ne pas voir dans le nucléaire un pis aller qu’on s’échine désormais à réduire au plus vite.
Mais à ces reproches, il sera à tout coup opposé le manque évident de souplesse stratégique et l’absence totale de vision, les contempteurs de l’affaire fonçant sans réfléchir sur un pseudo chiffon vert, comme le taureau sur la muleta.
Au passage, si la muleta sert à orienter la charge du taureau, croit-on vraiment qu’une telle offre, au fond si dérisoire, pourrait permettre de mieux drainer les oppositions et d’attirer de nouveau des sympathies vers une maison bleue malhabilement repeinte en vert ?

Pire s’il s’agit d’essayer par ce truchement de gagner quelques clients au portefeuille d’EDF, quelle piètre politique surfant sur un artifice cherchant à masquer la réalité « nucléaire honteuse » de notre outil industriel.

Cerise pas mûre sur le soufflé, en pleine COP 21, période choisie pour le lancement de ce type d’offre (déjà pratiquée ailleurs depuis longtemps, c’est vrai), quel contre signe que d’ostraciser le nucléaire, seul moyen de production électrique réellement efficace pour aider à relever le défi climatique.
Au tour des contempteurs basiques, qui ne seront pas seuls à le relever, de pointer cette bévue (forme faible !), césure artificielle aux effets potentiellement bien délétères.

Service public ne signifie pas complaire à des souhaits idéologiques minoritaires et encore moins à les encourager, mais à répondre au mieux à l’intérêt bien compris du pays et au-delà. Mais cette notion fondatrice s’émousse et même se délite ; pour qui en douterait encore, cette démarche en atteste…sans conteste.

Gerard Petit

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