50 % d’électro-nucléaire en France, une fin en soi ?

La politique française officielle, pour l’instant, c’est la LTE, c’est à dire une cible fantasmées à 50% d’électricité nucléaire (donc passer de 17% à 12% de l’énergie) au lieu de 75%, mais le maintien de la puissance du parc pour traiter l’intermittance, ce qui n’est cohérent qu’avec une baisse de charge du nucléaire. Rien à voir avec la sortie du nucléaire de l’Energiewende. C’est une politique mi-chèvre mi-chou, alors que l’Enerwende est complètement chèvre…. 
Mais assez chèvre pour démobiliser la formation et le recrutement de beaux esprits, et décrédibiliser notre légitimité à exporter cette technologie.

Si on occulte le bilan 2016, peu représentatif en raison des problèmes que l’on sait, entrainant 72% seulement de la production totale d’origine nucléaire, et qu’on compare plutôt avec 2015 où, avec 416 TWh elle représentait 76% de la production (et 87% de la consommation), on constate qu’il suffira, en effet, d’une production totale de 832 TWh pour que le nucléaire n’en représente que la moitié.

L’augmentation des exportations (déjà de 65 TWh en 2015), indéniablement liées à la quantité d’intermittence injectée ne laisseraient guère plus de 730 TWh pour une consommation accrue par les nouvelles utilisations de l’électricité. La différence serait pratiquement assurée par + 6 GW de biomasse et + 17 GW de gaz, par exemple, histoire d’arriver à l’équivalent de l’Allemagne.

Hors rentabilité, il n’y aurait alors, en effet aucune différence pour notre parc nucléaire, si c’est le gaz (et la biomasse) qui acceptent d’amortir les aléas de la production d’un parc éolien supplémentaire, aussi considérable soit il.
Et c’est donc ainsi que cela se passe en Allemagne où, contrairement à la France, le parc nucléaire fonctionne obstinément uniquement en base grâce à l’usage massif des fossiles.
Donc, effectivement, pourquoi notre parc nucléaire ne pourrait il pas passer ainsi à une part de 50% de la production, si on accepte le CO2 de la biomasse et du gaz (renoncement aux engagements de la COP), et qu’on en double à grands frais la puissance installée avec des éoliennes pour abaisser leur taux de charge… et qu’on accepte alors de subventionner ces centrales pilotables pour qu’elles ne ferment pas leurs portes pour cause de perte de rentabilité.

La question est donc : y trouve-t-on le moindre intérêt, du moins si l’objectif est bien d’employer au mieux l’argent public pour décarboner l’Europe.
Ce qui serait probable, c’est que les centrales nucléaires seraient appelées à baisser encore leur taux de charge pour accueillir d’avantage d’intermittence.
JPR.

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