Techniques de l’ingénieur : une revue sérieuse sur l’énergie ?

Les présidentielles : Encore une vision non rigoureuse de la réalité énergétique…

http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/dossier/presidentielles-2017-energie-macron-fillon-melenchon-lepen-hamon/

Comme d’autres revues, par exemple Science et Avenir, Le Monde, Le Nouvel Obs etc… , les journaux ont besoin de vivre. Or les lecteurs ont des « attentes sociales », et bien peu d’attentes scientifiques, sans réaliser que ce sont les secondes qui pourront financer les premières. L’humilité est une denrée rare en France.

Donc comme les politiques ou les grandes ONG, on précède les opinions pour ne pas les froisser plutôt que d’éduquer scientifiquement les esprits.

Comme dit l’autre :

« C’est dommage, tous les gens qui savent comment diriger le pays sont occupés à conduire les taxis ou à couper les cheveux. », George Burns

Si on se fie à cet article : Ce qu’ils disent de Macron, Fillon et Le Pen.
De Macron, qu’il est dans la droite ligne du PS et manquerait d’ambition pour aller plus loin encore dans le sens de la « transition énergétique » (traduire : réduire la part du nucléaire et pas du CO2…). 
De Fillon qu’il surestime le nucléaire alors que l’éolien et le solaire, même en tenant compte des coûts de stockage, sont compétitifs (en coût) avec le nucléaire, en se basant sur une étude du « groupe de conseil financier LAZARD, connu pour son sérieux »…

Le groupe de conseil financier LAZARD, connu pour son sérieux, a publié son analyse du cout du MWh d’électricité le 15 décembre 2016 :

Le solaire au sol est à 55 $/MWh (49$/MWh à 61 $/Mwh)  

=> quel tarif la nuit?

L’éolien terrestre est à 47 $/MWh (32 – 62 $/Mwh) 

=> quel tarif en période anticyclonique?

Le nucléaire est à 116 $/MWh (97 – 136 $/Mwh) 

=> Valeur correspondant à l’EPR probablement, pas au fonctionnement du nucléaire actuel dont le prix  est de 42 €/MWh correspondant à 33 €/MWh hors (Commission Champsaur). Si on envisage l’extension de durée de vie de 10 ans pour un coût total de 100 G€ il faudrait ajouter environ 25 à 30 €/MWh. On arriverait donc à 60-65 €/MWh. En 2010 l’OCDE affichait 50-82 €/MWh

Les centrales à gaz sont à 84 €/MWh (68 – 101 $/Mwh)

Les centrales à gaz à cycle combiné sont à 63$/MWh (48 – 78 $/Mwh)

Les centrales à charbon sont à 101 $/MWh (60 – 143 $/MWh)

Les centrales à fioul sont à 246 $/MWh (212 – 281 $/Mwh)

=> L’intermittence des ENR entraine un coût de stockage. La France dispose déjà d’importants moyens de stocker l’électricité, mais le cabinet Lazard a aussi chiffré le coût des systèmes ENR avec stockage :
Le solaire avec stockage est à 92$/MWh Le stockage sur 24h double le coût soit environ 100 €/MWh. Et cela sans compter l’effet été hiver qui, pour assurer la production en hiver conduit à un surinvestissement d’un facteur 2,5. On arrive donc à 250€/MWh

L’éolien avec stockage est à 118 $/MWh  Un stockage pour l’éolien (power to gas, gas to power) a été estimé par l’ADEME à 138 €/MWh pour le stockagé (sous estimé très probablement) avec un rendement compris entre 33 et 20% Avec un coût de l’éolien de 60€/MWh on arrive donc à un coût compris entre 3*60+138=318 et 5*60+138=438 €/MWh. 

La banque Lazard devrait revoir ses calculs ou licencier son économiste.
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PS : Autre tentative de manipulation scientifique révélée :

http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/droit-de-reponse-39288/

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Élèves de CM2, vous êtes meilleurs en maths qu’un candidat à la présidentielle !

100 – 4 = 96 ! Qui en doute ?

Des candidats jurent qu’ils sont capables de remplacer largement nos centrales par de l’énergie « verte ». Doit-on les croire ?

on peut, plus facilement que l’on ne le croit, expliquer aux citoyens que les énergies renouvelables électriques de masse posent problème. 

Résumons la situation.

On a besoin de 100 GW de production électrique aux heures de pointe en hiver. 

Si on décide d’installer 200 GW d’ENR (qui fonctionnent 25% du temps car les éléments naturels sont variables) et que l’on tombe sur les périodes sans vent et sans soleil, la puissance disponible des ENR tombe à 1 à 2% de la puissance installée pendant une à deux semaines soit moins de 4 GW. 

On ne peut trouver les 100 – 4 = 96 GW manquants que sur des installations pilotables ou si on sait stocker massivement l’électricité produite pendant les périodes fastes.  On ne sait pas stocker massivement à coût raisonnable et cela pour longtemps. Les centrales pilotables renouvelables sont insuffisantes : 25 GW pour l’hydraulique et une dizaine de GW pour la biomasse. Que reste-t-il à couvrir pour aller à 100 GW  ?

100 – 4 – 25 – 10 = 61GW. 

D’où peut-on les tirer? des fossiles, du nucléaire et des importations. 

Ces dernières seront toujours limitées par la concordance souvent observée des épisodes sans vent et sans soleil dans les différents pays d’Europe. Il faut donc impérativement faire appel aux fossiles (comme en Allemagne) ou au nucléaire (comme en France). Ou alors, il faut couper comme déjà observé en Australie du Sud où 50% de l’électricité est renouvelable. Quant à « l’effacement » de la consommation, il devient rapidement punitif et ruineux et loin de réduire de 80% le CO2 comme requis par la COP21.

Bien sûr quelques sites naturels exceptionnels font exception quand barrages et vents forts se complètent : Danemark-Norvège, Canada, Éthiopie, Brésil…


Conclusion.

Puisque les générations futures et le climat nous tiennent à coeur, que nous reste-t-il comme choix ? 

On savait que (sauf si on le faisait exprès comme en Ukraine) l’électro-nucléaire ne tue pas comparé aux énergies fossiles (1979 : à TMI, USA), on sait maintenant suite à Fukushima que même si on oublie l’enceinte de confinement, ainsi qu’un mur anti-tsunami, et nos précieux filtres à sable, les rejets radioactifs se dilluent tellement vite avec la distance (moins de 100 mSv, et simple calfeutrage pendant 3 jours) que pas un cancer n’a pu être détecté dans les statistiques. Ceci après 6 ans et tout indique que ce sera définitif au delà selon l’ONU (UNSCLEAR). Alors rien à craindre en France avec nos centrales sur-sécurisées. En fait, c’est l’aversion au risque maîtrisable qui nous tuerait si on ne l’assumait pas. Le climat ne peut attendre. A-t-on le choix ?

Sans machine tournante, le réseau 50% ENR dispose-t-il d’assez de puissance de court-circuit pour garantir le démarrage des moteurs ?

La réponse est : Non.

Au delà d’un certain pourcentage d’ENR intermittentes (plus de 40% grand maximum), sans base fossile pilotable, seul l’électro-nucléaire peut aider l’hydro-électricité à redémarrer le réseau électrique en cas black-out. Mais avec 40% de rentabilité gâchée, personne ne construira de nucléaire. Idem pour contruire 40% de backup fossile à utiliser en plein hiver.

Et oui, les moteurs ne redémarreraient pas, y compris ceux de certaines STEP. Donc on subirait une catastrophe de longue durée.

Autre question : Y a-t-il un moyen électronique pour simuler le signal en fréquence des machines tournantes ?

* On sait bien sûr simuler la fréquence du réseau, mais cela ne suffit pas pour assurer l’équilibre, la fréquence n’étant que le symptôme (très utile en l’occurrence) pas la cause physique du déséquilibre de puissance, provenant d’une trop grande différence entre production et consommation,

* Avec des réseaux alimentés par les turbo-alternateurs, l’équilibre instantané (qui se joue dans les 10 à 15 premières secondes sur le réseau européen, deux à trois fois plus vite sur les petits réseaux isolés des îles) est assuré par deux facteurs :

– Les régulations primaires des turbo-alternateurs, qui sont rapides et réglées pour annuler les écarts dans les deux sens,

– L’inertie des masses tournantes des rotors, qui introduit des constantes de temps dans le système. Ce qui laisse précisément le temps aux régulateurs primaires de jouer leur rôle. Mais il y a plus : toutes ces masses tournantes se comportent comme des volants d’inertie naturels, qui stockent donc de l’énergie cinétique. En cas de ralentissement (baisse de fréquence), cette énergie cinétique est automatiquement et instantanément transférée au réseau via le couplage magnétique des rotors d’alternateurs. Ce qui constitue un apport supplémentaire transitoire de production ayant un effet stabilisateur de la fréquence.

Le problème est que les EnRi couplées au réseau via des onduleurs n’apportent plus cette inertie (sauf éoliennes équipées de dispositifs particuliers d’extraction « d’inertie synthétique », moins efficaces cependant que l’inertie des turbo-alternateurs). Les EnRi diminuent donc la stabilité naturelle des réseaux, raison pour laquelle l’étude EDF R&D (la seule de ce type à ce jour) arrive à la conclusion que le réseau européen ne pourra dépasser environ 40 % d’EnRi en moyenne (avec des pointes instantanées situées entre 20 % et 70 % selon la charge du réseau). Ou alors, il faudrait faire du déstockage d’énergie via des turbo-alternateurs, soit hydrauliques (STEP) soit à cycles combinées (avec du power to gas to power). Mais comme les STEP ne sont pas du tout à l’échelle des besoins et le power to gas to power complètement hors de prix, la seule solution est de conserver des moyens de back-up très importants…

Il y a cependant un autre moyen de stabiliser les réseaux : disposer de moyens dépourvus d’inertie propre mais capables d’injecter et d’absorber extrêmement rapidement l’énergie, avec des constantes de temps très inférieures aux constantes de temps du réseau électrique. C’est le cas des batteries électrochimiques. Cela fonctionne très bien et a été validé par l’expérience. L’utilité est directe à l’échelle de réseaux petits ou moyens, notamment les réseaux isolés des îles. Mais ce ne peut être qu’une solution d’appoint à l’échelle des grands réseaux européens, au moins tant que les prix des batteries resteront élevés, eu égard aux investissements supplémentaires très importants que cela représente.


https://share.orange.fr/#SmeeuFyu5g19b55ea130

Extrait ci dessus de la conférence de Jean Fluchère à l’Académie François Bourdon sur le fonctionnement du réseau électrique.

Sur la 3ème diapo, on trouve un enregistrement réel de la fréquence lors de la perte de 2800 MW, l’inertie des machines tournantes, comme expliqué plus haut, empêche la fréquence de descendre au dessous de 49,88 Hz. Ensuite, le réglage primaire des machines thermiques et hydrauliques agit pour combler la puissance perdue de façon totalement automatique. Mais comme ceci a rogné les marges du système, il faut les rétablir via le réglage secondaire qui est manuel soit via des demandes des dispatchers aux opérateurs de centrales, soit directement par les dispatchers sur les centrales en téléréglage (puissance moyenne de référence détarée par rapport à la puissance nominale avec une bande en plus ou en moins par rapport à cette puissance de référence). Enfin, si besoin, notamment en situation tendue, les dispatchers vont activer de la réserve tertiaire qui consiste à mettre en route des moyens de production supplémentaires.

Il faut bien retenir que dans tous ces cas, on augmente ou on réduit le fluide moteur qui traverse la turbine via la position des robinets d’admission.

Si ce sont des éoliennes, il est difficile d’agir sur le fluide moteur, le vent. Enercon propose son modèle de 8 MW avec un système de régulation via le pas des pales. Dit autrement, la machine ne brasse pas tout le vent possible et si le régulateur, après l’interface statique, détecte un écart entre la fréquence de référence et la fréquence réelle, le régulateur va modifier le pas des pales pour brasser plus de vent. C’est un réglage primaire mou. En outre, derrière une interface statique, il n’y a pas d’inertie et sur l’exemple réel donné dans la 3ème diapo, s’il n’y avait que des éoliennes de ce type, la descente de la fréquence serait beaucoup plus profonde.

Ajouté le 15/04/2017:

Et quid des compensateurs ?

Les compensateurs synchrones sont des machines synchrones placées sur les réseaux et qui vont soit produire de la puissance réactive par surexcitation de l’inducteur afin de remonter le niveau de tension, soit absorber de la puissance réactive par sous excitation de l’inducteur pour abaisser le niveau de tension. Ce sont des machines extrêmement souples et présente l’immense avantage de réutiliser des alternateurs existants et sous-utilisés.

 

Les compensateurs synchrones ont été effectivement très utilisés, et le sont encore à Biblis par exemple, en général pour remonter le niveau de tension ou pour l’abaisser. Les groupes turboalternateurs de la centrale de Martigues ont été beaucoup utilisés pour remonter le niveau de tension sur ce nœud de réseau afin d’avoir une tension correcte en bout de ligne à Nice.

 

Les Facts ou compensateurs statiques sont aujourd’hui utilisés pour compenser la puissance réactive capacitive introduite par les diélectriques des câbles très haute tension enterrés. On fait en sorte que les FACTS ramènent l’intensité en phase avec la tension afin que la puissance active en bout de ligne soit globalement égale à celle introduite en entrée de ligne.

Ce sont effectivement des compensateurs statiques jouant le rôle d’inductances ou de capacités suivant les cas.

 

Le problème est qu’ils sont chers et pas très faciles à mettre en œuvre. C’est la raison pour laquelle, les opérateurs qui ont des groupes turboalternateurs inutilisés les valorisent en compensateurs synchrones comme on le voit actuellement sur le site de la centrale nucléaire de Biblis

Conclusion.

Tous les vendeurs de rêve sont donc pris la main dans le sac. Le mix idéal n’est pas un mix avec 40% d’ENR intermittentes… mais plutôt avec 10% d’intermittence électrique hors des sites naturels atypiques (Danemark/Norvège). L’électricité pilotable décarbonée nucléaire doit donc, pour nous permettre de respecter le climat, atteindre le plus vite possible plus de 50% de l’énergie finale, et pas le pourtant excellent niveau de 20% que la France a réussi à obtenir.

Donc 75% d’électricité nucléaire sur 600 TWh (450 TWh) doit évoluer ainsi :

Passer la chaleur renouvelable de quelques % à 20% de l’énergie finale ?

Pour intégrer la mobilité et l’industrie électrique : Maintenir les 75% d’électricité électronucléaire  (750 TWh sur 1000 TWh grâce aux 90 GW (au lieu des 63 GW) que recommande le scénario Négatep de SLC).

On réduit ainsi les 70% d’énergies fossiles à 20%. Donc l’Europe est notre salut mais pas celui de l’énergie décarbonée vu les « attentes sociales » irrationnelles et la démocratie d’opinion.

Pour en savoir plus sur ces mix :

https://share.orange.fr/#ojfHV03HVC19b55eb014

L’avion Solar Impulse, la preuve que le solaire est trop lent pour le climat

Ne le nions pas, Solar Impulse est une formidable publicité pour le solaire, énergie de demain. Nulle intention de contester l’utilité médiatique de ce projet quel qu’en soit le prix et le bilan carbone.

Mais l’arbre ne doit pas cacher le forêt.

La maturité du solaire photovoltaïque est bien trop lente à se développer. Elle risque donc de faire croire qu’elle évite de courageusement construire beaucoup de centrales nucléaires en parallèle de son développement. Ce serait criminel pour le climat, la pollution, la dette et la précarité énergétique. Donc la guerre.

Réduire de 80% le CO2 au Nord et 50% au sud d’ici 2050, avec la démographie et les usages à venir est un formidable défi que l’humanité n’a pas le droit de traiter à la légère.

Chacun croit que ce défi est perdu d’avance sans brutale décroissance et paupérisation alors qu’on vient de découvrir que c’était faux, mais ceci une autre affaire.

Illustration : Certains vérifient les capacités de Solar Impulse et ils ont raison.

https://tpeenergiessolaires2012.wordpress.com/par-air/

On s’aperçoit ainsi qu’une traversée de l’Atlantique dure 76 heures et que les batteries doivent donc assurer les périodes de nuit et de nuages.

C’est alors qu’on réalise que ce sont les vents porteurs qui ont permis à l’avion de ne pas vite s’écraser.

En effet, d’après le calcul des physiciens, sans les Jet-streams : on peut estimer que lors de la traversée de l’atlantique seulement la moitié de la motricité venait en moyenne des moteurs. 50% de l’énergie venait donc des vents porteurs unidirectionnels, pas du solaire. Tout cela pour dire que le solaire est encore très peu productif et très onéreux.

Conclusion : Comme le rappelle ce site :

http://www.rts.ch/info/sciences-tech/6838849-le-bilan-ecologique-de-solar-impulse-est-loin-d-etre-irreprochable.html

« Solar Impuse n’est pas un projet écologique au sens strict, mais plutôt une performance technico-médiatique destinée à passer un message. »

Clzw9gSWIAA8vdJ

 

 

 

100% re-nou-ve-lable on vous dit ! 

Une nouvelle méta-étude démontre que l’énergie 100% renouvelable n’est pas réaliste ? Et bien des médias trouvent le moyen d’affirmer le contraire…

Voici les éléments de cette nouvelle étude (gratuit temporairement) :

Burden of proof: A comprehensive review of the feasibility of 100% renewable-electricity systems 

By

B.P. Heard,

B.W. Brook,

T.M.L. Wigleya,

C.J.A. Bradshawd.

https://authors.elsevier.com/a/1UpVQ4s9Hvq6ol ou http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1364032117304495

La traduction dans les journaux dit exactement le contraire que ce qui est écrit dans l’article :

Dans l’étude :

« valuated against these objective criteria, none of the 24 studies provides convincing evidence that these basic feasibility criteria can be met »

Dans un article ici :

http://reneweconomy.com.au/energy-experts-say-100-renewables-feasible-realistic-90670/

« Most energy experts say 100% renewables is feasible, realistic »

« This post seems ready made to serve as shorthand political retort to the new paper just released by Heard et al on the feasibility of 100% RE »

Il n’y a donc pas qu’en France qu’une certaine presse est incompétente ou corrompue par les délires  du lobby « vert »

Tel Gribouille qui saute dans l’eau pour se protéger de la pluie, les Français sont majoritairement prêts à sauter dans l’éolien pour se sauver des fossiles…

A l’étranger c’est également le cas, même si c’est moins choquant car ils n’en sont pas encore comme nous à nos 94% d’électricité décarbonée. Ce qui nous permet d’atteindre le nombre record de 30% d’énergie finale. Et pourtant cette électricité représente encore trop peu : 20% d’énergie finale (c’est dire biomasse+déchets, et 4/5ème en pilotable nucléaire, 1/5 en renouvelable (dont 2/3 en pilotable hydroélectrique, et 1/3 en intermittent éolien mais 6 fois moins en solaire) ).

Pour conclure sur les détails de l’étude :

Exemple pour le fameux scénario Jacobson US : il obtient seulement 3 points sur 7.

« The work of Jacobson et al. […] depends strongly on extraordinary assumptions relating to electrification, energy storage and flexibility in demand »


Donc allons soutenir les scénarios réalistes (comme #Négatep en France ou #MessageSupplyN pour le monde) qui proposent 50% ENR et 50% électro-nucléaire en puissance installée, seule piste réaliste pour sauver le climat puisque le captage du CO2 ne sera pas finançeable dans les délais.

En en 2040 l’électronucléaire sera renouvelable grâce aux surgénérateurs et à l’uranium des océans qui est constant vu l’érosion chariée par les rivières…

Annexes : les graphiques de l’étude

 Pour en savoir plus sur Jacobson : plusieurs articles sur ce blog scientifique :

http://energie-crise.fr/spip.php?article216

Pour en savoir plus sur un autre scénario récent qui lui est publié dans une revue internationale à comité de lecture :

http://cap22.blogspot.fr/2016/10/le-scenario-messagesupplyn-loption.html

« Sortir du nucléaire ou y rester : un coût astronomique » ?

Réfutation de l’article du Monde du 03/04/2017 :

« Sortir du nucléaire ou y rester : un coût astronomique »

http://mobile.lemonde.fr/energies/article/2017/04/03/sortir-du-nucleaire-ou-y-rester-un-cout-astronomique_5104819_1653054.html

Reconnaissons que cette neutralité apparente, seyant au « journal de référence », est en fait antinucléaire.

Quelques remarques (non limitatives mais limitées du au nombre de caractères limités sur Le Monde):

Citation des chiffres de l’UTE :

Pourquoi citer des chiffres antérieurs à 2012 alors que l’UTE en cite d’autres le 17/6/2014  http://bit.ly/2nRtaV6 :

210 Mds d’€ d’investissements soit le coût du remplacement de 20 GW de nucléaire  par des ENR sans compter les questions de back-up.

35 Mds = coût de la prolongation de 10 ans de 20 GW nucléaires.
« EDF a prévu un grand carénage chiffré,…. plus de 50 milliards d’euros. »

Dans son rapport .. la Cour des comptes a estimé l’investissement à ce chantier .. maintenance des centrales « pourrait atteindre 100 milliards d’euros entre 2014 et 2030.

Comme les antinucléaires  l’auteur fait apparaitre une contradiction qui n’existe pas, les chiffres cités étant tout a fait compatibles comme reconnu par la cour des comptes : les périodes de références  ne sont pas du tout les mêmes http://bit.ly/2nvAhzq

« Une opération sous-estimée, selon un récent rapport parlementaire » :

Il serait opportun de donner aussi la parole à la défense : http://bit.ly/2nvLRdD

L’article ne souligne pas que le coût du demantelement et du stockage est provisionné conformement à la loi par EDF (et AREVA)

Qu’en est il du démantèlement des éoliennes chiffré par la loi à 50 000€ (http://bit.ly/2nzTQai) alors qu’il coute jusqu’à 10 fois ce prix en laissant les centaines de tonnes de béton en place ? Un beau cadeau du Politique que cette sous-évaluation.

Exemple de devis de démantèlement d’éolienne : ce n’est pas 50 000 €…

http://ventsetterritoires.blogspot.fr/2016/11/2014-une-eolienne-detruite-lexplosif.html

(La responsabilité de la publication de ce devis en revient à son propriétaire.)
Donc un énorme écart entre la provision (50 000 €) et le coût réel (> 400 000 €) alors même qu’une méthode d’abattage par explosif (beaucoup moins chère qu’un démantèlement à la grue) a été utilisée. De plus, le socle en béton armé n’a pas été touché, car il a probablement été réutilisé pour installer l’éolienne remplaçant celle qui a brûlé. Or, excaver un socle de ce type, même si c’est sur une profondeur limitée (entre 30 cm et 2 m, selon la règlementation et futur usage du terrain) coûte très cher… Il faudrait donc ajouter ce coût. 

Au total, la provision de 50 000 € devrait être placée à un taux de rentabilité extrêmement élevé et… sûr à la fois (si vous en connaissez, je suis preneur pour mes économies !) pour couvrir le coût réel du démantèlement, 20 à 25 ans plus tard. Tout laisse donc à penser que cette provision de 50 000 € est un cadeau royal fait aux promoteurs d’éoliennes, l’actualisation règlementaire de cette somme, fondée sur des indices, n’ayant aucune chance de couvrir les coûts réels. D’où la question : qui paiera le supplément ? Les maires des communes d’implantation feraient bien de se poser la question…

 Il est vrai qu’ils ne sont pas encore élus !  

EDF : Comment faire les comptes du Grand Carénage ? 

Cher Canard,

Une de tes plumes a fait le point dans le dernier numéro de la situation de lindustrie nucléaire en France. Je partage en partie l’état des lieux tel qu’il est fait dans cet article  dont le summum est peut-être cet incroyable affaire des dossiers de pièces non conformes aux normes pourtant validées par Le Creusot. 

Mais je ne partage pas ta façon de faire les comptes sonnants et trébuchants. Dès que l’on manipule des milliards d’euros (G€), il faut donner des éléments de comparaison. Une façon de procéder est, par exemple, de considérer ce que rapporte par an la vente de l’électricité produite. La vente de 400 TWh à un tarif de 50 €/MWh  rapporte 20 G€ par an. Avec cet ordre de grandeur en tête, voyons les dépenses.

La Cour des Comptes chiffre à environ 100 G€ le coût du Grand Carénage. Selon le rapport, cela représente les coûts d’investissements et d’exploitation associés aux mesures consécutives à Fukushima ET au prolongement de la durée de vie des centrales (dans ton article, il ne s’agit QUE des mesures post-Fukushima). Il convient aussi de préciser l’échelle de temps sur laquelle s’étend cette dépense, à savoir la période 2014-2030. Il s’agit donc de 6 G€/an. Et ces mesures vont permettre de prolonger les centrales de 20 ans, ce qui représente au total  une vente d’électricité de 400 G€.

Les coûts du démantèlement et de gestion des déchets sont évalués à 35 G€ pour l’un et 30 G€ pour l’autre, et là aussi, ces dépenses se répartissent sur des décennies.

Le bilan, c’est que ces dépenses ne changent pas fondamentalement le prix du kWh nucléaire, lequel demeure dans des limites tout à fait supportable, et en tout cas, bien moins chères que celui des renouvelables électrogènes, qui nécessitent la mise en place de réserves de stockage ou de back-up souvent négligées dans les coûts (le soleil ne brille guère la nuit et Eole souffle quand il en a envie).

Enfin, avant de pronostiquer, comme le fait Bernard Laponche depuis de nombreuses années, que le nucléaire est une industrie du passé, élargissons la perspective : il y a aujourd’hui environ 70 réacteurs en construction dans le monde, principalement en Asie, et plusieurs autres dizaines sont en projet. De nombreux pays émergents comprennent qu’ils ne pourront pas se passer du nucléaire pour remplacer le charbon. A force de vouloir détruire l’industrie nucléaire en France, est-ce qu’on ne contribue pas, une fois de plus, à permettre son transfert vers la Chine, laquelle, à l’avenir, deviendra dominante sur ce marché comme elle l’est devenue pour les éoliennes et les panneaux photovoltaïque ?

Jacques Treiner

physicien 

http://www.lecanardenchaine.fr