Energie en Europe : Tout est connu, mais tout est caché par des politiciens cupides

http://www.senat.fr/notice-rapport/2013/r13-534-notice.html

2014 : Rapport du Sénateur Jean Bizet
LA COOPÉRATION ÉNERGÉTIQUE FRANCO-ALLEMANDE :

NAISSANCE D’UNE EUROPE DE L’ÉNERGIE ?

CONCLUSION GÉNÉRALE

Développer de nouvelles filières industrielles et assurer une évolution coordonnée compatible avec les données économiques exige du recul : les choix politiques guident les objectifs, la dimension technique et économique détermine le tempo souhaitable.
Indispensable pour des raisons tenant à la géographie, mais aussi parce que l’évolution jusqu’ici divergente des politiques énergétiques de part et d’autre du Rhin aboutit à une situation qui ne peut se prolonger sans dommages pour la France et l’Allemagne de même que pour toute l’Union européenne, la coopération franco-allemande dans la transition vers des énergies renouvelables pose d’immenses défis techniques pour la production, conceptuels pour la gestion des réseaux et économiques pour financer les énormes investissements à même d’assurer l’utilisation satisfaisante d’une énergie dont les sources premières – le vent et le soleil – se manifestent sans la moindre considération pour les besoins du genre humain.

C’est aujourd’hui que nous devons tracer le long chemin qui pourra conduire vers une énergie abondante et propre sur tous les plans. 
Vouloir brûler les étapes ou se précipiter vers la mise en oeuvre de moyens encore immatures ou incomplets serait non une façon d’accélérer l’Histoire, mais le moyen le plus sûr de la faire douloureusement bégayer.
Une évolution de cette ampleur, avec de telles implications géographiques, doit être conçue et conduite à l’échelle de l’Union, en commençant par le couple franco-allemand, pour associer au plus vite les autres États membres à une coopération renforcée couvrant l’ensemble de la problématique.
La France doit faire évoluer son parc électronucléaire et développer de façon raisonnée le recours aux sources renouvelables d’énergie. 
En Allemagne, une prise de conscience a lieu. En effet, le gouvernement allemand a fait sien le projet élaboré par M. Sigmar Gabriel, vice-chancelier social-démocrate, ministre de l’économie et de l’énergie, qui a jugé « absolument nécessaire » de donner « un nouveau départ » au tournant énergétique.
La discussion du texte n’étant pas encore parvenue à son terme, il est prématuré d’en tirer des conclusions, mais l’évolution engagée jusqu’ici pourrait changer son cours si les restrictions de financement sont acceptées par le Bundestag. M. Gabriel a résumé ainsi l’esprit du projet de loi : « Le tournant énergétique ne consiste pas seulement à développer la production d’énergie renouvelable, mais aussi à la faire de manière planifiée et sûre ». Telle est précisément la philosophie dont votre rapporteur propose de tirer les conséquences.
La situation est donc particulièrement propice à une relance de la coopération énergétique entre les deux pays. 
Il importe que la dimension purement technique privilégiée jusqu’à présent soit complétée par la prise en compte des réalités économiques, incluant la gestion des marchés.
Regarder la réalité en face : c’est ce que votre rapporteur souhaite pour le choix du bouquet énergétique, pour la cohérence des investissements réalisés, enfin pour la façon d’envisager les thèmes majeurs constitués par la filière électronucléaire et sa modernisation, le gaz de schiste ou la mise sur pieds d’une coopération renforcée dont les objectifs doivent inclure un système d’interconnexions assurant la stabilité des approvisionnements et renforçant l’indépendance énergétique des États-membres. 
Le libre choix du bouquet énergétique par chaque État-membre, un domaine où la dimension rationnelle doit s’imposer face à l’approche émotionnelle, ne s’oppose pas à l’intervention commune dans les négociations sur les fournitures à long terme de matière première énergétique.
Assurer la cohérence de la politique énergétique avec le protocole de Kyoto et la lutte contre le réchauffement climatique suppose de définir une politique lisible et stable en matière de prix du CO2. 
Ce ne doit pas devenir un prétexte pour négliger une donnée fondamentale : la croissance de l’Union européenne dépend de son industrie. 
Faut-il privilégier la réindustrialisation de l’Europe ou se focaliser sur un choix climatique n’ayant que des effets éminemment relatifs au niveau planétaire ? La filière nucléaire permet de concilier les deux.

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