Distinguer l’objectif de la PPE et les moyens d’y parvenir. Contribution.

J’apporte une contribution au débat sur la PPE avec une casquette de climatologue, auteur du cinquième rapport du GIEC, et directeur adjoint du Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement.
Je me réjouis de voir que le gouvernement affiche un objectif fort de lutter contre le changement climatique. La PPE est présentée comme devant répondre à cet objectif. Il semble donc que le gouvernement a bien compris la nécessité et l’urgence de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, CO2 d’abord mais aussi méthane et protoxyde d’azote.
Je m’interroge par contre sur les moyens qui sont affichés pour atteindre cet objectif de réduction des émissions de GES. En effet le développement des énergies renouvelables (ENR, essentiellement éolien et photovoltaïque) est mis comme un objectif au même titre que la diminution des émissions.. Il me semble qu’il faudrait beaucoup mieux distinguer ce qui est un objectif et ce est un éventuel moyen pour y parvenir. En effet, une augmentation de la consommation d’énergie bien choisie peut être un moyen de diminuer les émissions.
Ces dernières années, les gouvernements successifs ont souhaité le développement des ENR et ont affiché ce développement comme étant une contribution à la lutte contre le changement climatique. Pourtant, en France, l’électricité est très peu carbonée et le développement des ENR aura un effet marginal sur les émissions. Je pense même (sans preuve à ce stade) que le développement des ENR intermittentes conduira, en fait, à une augmentation des émissions car des centrales aux gaz seront déployées pour compenser l’intermittence de l’éolien et du solaire. Ainsi, on dépense déjà, et on s’engage encore plus vers des dépenses importantes pour un effet sur les émissions qui sera quasi nul voir négatif.
L’urgence climatique est de sortir des combustibles fossiles, ce n’est pas de sortir du nucléaire. Il faut absolument mettre les efforts sur les postes énergétiques qui constituent les émetteurs principaux, i.e. le transport et le confort thermique.
De manière générale, toute politique publique en faveur du climat devrait faire l’objet d’une évaluation de son cout par tonne de CO2 évité. Il est très clair que, en France, le développement des ENR est, à ce titre, particulièrement cher.
Une PPE qui chercherait vraiment à diminuer les émissions Françaises devrait proposer
• une évaluation quantitative du coût à la tonne de CO2 évitée de toute mesure prise dans le cadre de la PPE, évaluation qui conduira probablement à la suppression des subventions aux énergies renouvelables intermittentes (PV et éolien)
• L’incitation à la sobriété, y compris sur l’évolution démographique
• un programme massif d’isolation des bâtiments et la suppression progressive de ceux qui ne respectent par les normes,
• Une taxation croissante et pilotée à l’usage des combustibles fossiles
• Une taxation élevée du transport aérien afin de restreindre son usage, en national comme en international
• une électrification générale du chauffage, avec l’utilisation de pompes à chaleur
• le développement des voitures et camions électriques
• un développement résolu du nucléaire de troisième génération permettant d’apporter l’énergie aux transferts d’usages décrits ci-dessus,
• une recherche intensifiée sur le nucléaire de quatrième génération, permettant d’envisager une production d’électricité nucléaire à long terme
• La mise en place d’une tarification variable de l’électricité afin d’atténuer la problématique des pointes de consommation en hiver

FMB

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Le réacteur EPR anglais n’est-il pas finalement bon marché ?

Rendement financier :

« Selon Yannick d’Escatha, conseiller du PDG d’EDF : Un retard de livraison de 4 ans (surcoût = 3,5 Mds€) limiterait la rentabilité à 7,8% (contre actuellement 9,2%).

Les experts du domaine savent bien que le marché UK de l’énergie est 20% plus cher que celui le continent (car le marché insulaire n’est pas comparable). Pourtant la presse et les Verts ne cessent de les comparer. Les communistes, eux, accusent bien sûr la finance soi disant prédatrice cf ici.

Pourtant les prix de HP incluent la remise à niveau de la filière UK (relocalisation) ce qui devrait plaire aux ouvriers.

Pour être précis, en Angleterre le contrat intégre des coûts « one shot » comme la restructuration de l’industrie nucléaire anglaise, la construction de centres de formation, des spécificités exigées par l’AS anglaise et des investissements d’aménagements locaux.

Alors comment conclure sur une rentabilité en jugeant l’affaire sur un seul exemplaire d’EPR ? Et pourquoi faire l’amalgame avec les coûts français qui seront au maximum de 80 € /MWh, et encore, pendant la phase d’amortissement ?

Le coût de base (et sur 80 ans, c’est encore meilleur que sur 60 ans) sera de :

« 60 years: EPR will produce 740 TWh = 14€/MWh (1,4 cent/kWh). »

  • Bien sûr il faut ajouter les autres coûts d’opex et d’amortissement (dont financiers).
  • Les prix à comparer : Comparatif éolien + gaz

http://www.world-nuclear-news.org/NN-Rivazs-open-letter-on-Hinkley-3008161.html

“offshore wind have recently averaged £137 per MWh, with a further £10 per MWh required to cover its intermittency which compares poorly to Hinkley Point’s £92.50 per MWh »

L’éolien est donc 60% plus cher, et sans compter le gaz en backup 70% du temps.

Autre source : « £ 119,89 pour EA1, ou £ 114,39 pour 2020 BHEG Wallsall »

    • Prix du marché :

    http://fsr.eui.eu/nuclear-power-france-overseas

    « Wind : If the market price for electricity. included social cost of carbon + capital cost of capacity, it would be established at £72/MWh »

    • Ou voit que £90 pour le second site UK n’est que de 20% plus cher que le prix du marché de £72 pour une énergie intermittente…!
      • Le montant du projet : les médias dramatisent les chiffres.

      Une simple règle de trois avec 1 EPR de 1 650 MWe nous amène à un coût voisin de 8 Mds d’€. Alors quand on parle de 19 Mds d’€ pour la totalité…

      Et cessons de faire peur en incluant les Opex dans les « 23 Mds€ de HP ».

      DébatPPE présente comme allant de soi les objectifs de la LTCE. A quoi bon demander l’avis du public ?

      Contribution PPE déposée :

      Ce DMO est bien rédigé, de lecture facile et sa rédaction est plutôt neutre. Il faut s’en féliciter. Cependant il est fermé parce qu’il présente comme allant de soi les objectifs de la LTCE. A quoi bon demander l’avis du public dans ces conditions ?

      PPE signifie programmation pluriannuelle de l’énergie, et non de l’électricité. L’électricité représentant environ 25 % de notre énergie finale, il conviendrait donc que 75 % de la discussion soit consacrée au 75 % restant, c‘est-à-dire pour l’essentiel les combustibles fossiles. Il faut éviter à tout prix, comme dans le débat de 2011, de se retrouver encore avec un affrontement entre renouvelables et nucléaire. Or le DMO est d’ores et déjà biaisé dans cette direction en ne leur consacrant que quelques lignes. C’est circulez, il n’y a aucun problème qui se pose dans ce domaine, et cela ne mérite pas un débat, alors que c’est peut-être le débat le plus essentiel à avoir pour une PPE. Il faudrait que les participants disposent des données essentielles concernant les combustibles fossiles en France, et que le DMO prépare les participants à se poser les questions d‘avenir en ce qui les concerne : limites des productions mondiales et européennes, limites des importations françaises et européennes, émissions futures de CO2, comment les remplacer etc…
      Je demande donc qu’un volet important du débat leur soit consacré, et que les informations préalables nécessaires à la réflexion des participants soient fournies par les organisateurs. Ne pas le faire, c’est s’exposer à une PPE aux ¾ bancale dès le départ, et un débat de café du commerce, dont les conclusions seront remises en question presqu’immédiatement à l’occasion de la première crise pétrolière, gazière ou charbonnière.
      D’autre part, ce DMO semble vouloir, en ce qui concerne l’électricité, orienter le débat principalement vers la valorisation des électricités renouvelables intermittentes (ElRi). Un minimum serait donc de fournir, au moins dans une annexe, des éléments chiffrés permettant de mesurer les résultats déjà obtenus en dix ans au regard des objectifs affichés, comme les diminutions des émissions de CO2 qu’elles ont permis d’éviter par rapport à ce qu’il faudrait faire, les augmentations de prix de l’électricité pour les ménages qu’elles ont entraîné, le bilan réel de leur effet sur l’emploi (création-destruction), leur capacité réelle de diminution de notre puissance totale de réacteurs nucléaires etc…, le montant des sommes réellement dépensées par l’Etat, les collectivités , et les consommateurs pour les soutenir, et la part que cela représente dans les subventions accordées à l’ensemble des énergies, le bilan environnemental (surfaces rendues inhabitables ou concédées par l’Etat, conflits d’usages et d’intérêts etc,nuisances pour les riverains…)

      L’intérêt personnel de l’autoconsommateur coïncide-t-il avec l’intérêt général ?

      http://www.cre.fr/content/download/16992/208892/version/1/file/180215_CP-003_AUTOCONSOMMATION.pdf

      Georges Sapy 19 mars 2018
      Réponse à la consultation publique de la CRE :

      CONSULTATION PUBLIQUE N°2018-003 DU 15 FEVRIER 2018 RELATIVE A LA PRISE EN COMPTE DE L’AUTOCONSOMMATION DANS LA STRUCTURE DU TURPE HTA-BT ET DES TARIFS REGLEMENTES DE VENTE

      Le texte de base proposé à la consultation me parait de grande qualité et intellectuellement très honnête dans la mesure où la CRE reconnait que sur certains points, elle manque de connaissances et/ou de données de retour d’expérience suffisantes, ce qui rend difficile la délibération sur ces points. On peut donc en inférer que lorsque ces données seront disponibles, une nouvelle délibération aura lieu pour adapter les règles à la réalité. De plus, les questions sont bien documentées et clairement posées, et j’aurais donc personnellement tendance à répondre positivement à toutes.

      Je regrette toutefois que ces questions soient fermées et appellent par conséquent des réponses limitées, alors que des problématiques de principe pourtant fondamentales ne sont pas évoquées. Je souhaite donc les évoquer ici dans le cadre de l’autoconsommation individuelle.

      1) Il est écrit : la CRE se met à l’écoute de la volonté croissante des consommateurs de « consommer local ». Pourquoi pas ? Mais s’est-on assuré que ce « consommer local » à l’échelle individuelle est également conforme à l’intérêt général ? Il me semble que cette volonté réputée exprimée par un certain nombre de consommateurs est largement sous-tendue par une idéologie d’essence individualiste qui tend à rejeter le « centralisé » et à survaloriser le « local » en y attachant une valeur quasi-morale…

      Or, c’est une vision complètement erronée concernant la production d’électricité. En effet le système de production et distribution actuel est certes « centralisé », mais c’est avant tout, grâce aux réseaux publics, un système de secours mutuel et de partage des moyens de production. Ce partage résultant du phénomène de foisonnement des consommations (c’est le fait que les consommateurs n’appellent pas tous au même instant la puissance maximale dont ils sont équipés) ce qui permet de diviser par 5 environ la puissance nécessaire pour alimenter en permanence la totalité des consommateurs ! En d’autres termes, en l’absence de foisonnement, il faudrait 5 fois plus de moyens de production répartis sur tout le territoire… Les réseaux permettent donc une économie considérable de moyens physiques et d’argent, qui totalement perdue dans l’autoconsommation individuelle.

      NB : un petit calcul permet de mieux cerner cette perte. Si (hypothèse évidemment purement théorique car non réalisable) chacun des quelque 35 millions de logements du pays produisait sa propre électricité avec un panneau solaire PV de 3 kW associé à une batterie de 8 kWh, il serait à peu près capable (avec néanmoins le secours du réseau en hiver) d’alimenter sa consommation d’électricité spécifique (hors usages thermiques donc, qui sont les plus énergétivores). Mais cela représenterait une puissance installée de… 105 GW en panneaux solaires PV ! Alors que le système actuel est capable d’alimenter la totalité des besoins du pays (industrie, transports, secteur tertiaire, agriculture, logements) avec seulement 130 GW de puissance installée pilotable… Soit à peine plus, pour un service rendu sans aucune commune mesure. Ce qui montre les faiblesses intrinsèques et l’inefficacité de l’autoconsommation individuelle dans les pays déjà pourvus de réseaux performants.
      La conclusion est évidemment toute autre dans les pays et régions du monde dépourvus de réseaux publics, pour lesquels des modules constitués d’un panneau solaire PV + une batterie constituent une solution locale performante, qui peut en outre être mise en œuvre très rapidement pour le plus grand bénéfice des habitants alors que construire des réseaux demande des décennies.

      En résumé et pour la France métropolitaine, la réalité est contraire à la doxa actuellement à la mode et peut se résumer par :
      Système centralisé et réseaux publics = partage et optimisation des moyens et des investissements dans l’intérêt général

      Autoconsommation = investissement personnel et intérêt individuel de l’autoconsommateur

      Le « consommer local » apparait donc en réalité comme une exaltation de l’individualisme qui se développe de plus en plus dans notre société, au détriment de l’intérêt général. Il est donc essentiel de préserver ce dernier, ce que la CRE s’efforce manifestement de faire, mais va-t-elle assez loin ? Plusieurs points ne me paraissent pas suffisamment soulignés :

      2) Les autoconsommateurs individuels ne peuvent et ne pourront jamais être autonomes vis-à-vis du réseau. Pour une raison majeure : la seule solution réaliste étant la production individuelle par le solaire PV, ce dernier produit sous nos latitudes tempérées 4 fois moins en hiver qu’en été. C’est-à-dire produisent très peu quand on en a le plus besoin. Et le stockage de l’électricité par des batteries entre l’été et l’hiver n’a aucun sens physique et économique.

      Conséquence : les autoconsommateurs individuels auront toujours besoin du secours du réseau public. La mode de l’autoconsommation conduit donc à investir collectivement deux fois : une première fois dans les installations locales d’autoconsommation, une deuxième fois dans les réseaux publics qui ne pourront faire d’économies significatives car ils devront être capables de fournir la même puissance maximale aux autoconsommateurs, paramètre dimensionnant pour les investissements. D’où la question :
      Le pays a-t-il les moyens de gaspiller ainsi ses capitaux ? Ces derniers ne seraient-ils pas beaucoup plus utiles pour notamment isoler les logements et réduire leur consommation d’énergie ?

      NB : là encore, ceci doit être fortement modulé sous les tropiques où il n’y a pas de saison et où la durée du jour varie peu tout au long de l’année. Un stockage journalier est alors suffisant et économiquement accessible et pertinent, ce qui change grandement la donne.

      3) Injecter les surplus estivaux de production de solaire PV dans le réseau public entraine des inconvénients et des surcoûts importants. Ce phénomène est d’ores de déjà observé dans les régions fortement ensoleillées et s’amplifierait en cas de développement important de l’autoconsommation individuelle.

      Les inconvénients consistant en particulier en des montées locales de tension du réseau de distribution (destructrices si on ne les maîtrise pas pour les appareils des proches consommateurs) et des refoulements d’électricité vers le réseau de transport. Ce qui nécessite des investissements supplémentaires et augmente donc les coûts de réseau. D’où la question :
      Qui paiera ces surcoûts ? Ceux qui en sont responsables ou l’ensemble des consommateurs au travers des augmentations de TURPE qui en résulteront ?

      4) Les autoconsommateurs vont-ils payer le juste prix de l’usage qu’ils font des réseaux ? C’est l’une des questions de fond qui est à juste titre largement abordée dans la présente consultation et à laquelle la CRE est manifestement soucieuse d’apporter une réponse équitable. Mais il faut rappeler à ce stade que les coûts des réseaux de distribution sont à plus de 80 % des coûts fixes (coûts d’investissement, de personnel, etc.) et dépendent très peu de l’énergie qui transite. Il en résulte que les autoconsommateurs individuels devraient payer des charges de réseau à peu près égales à 80 % des charges payées par les non consommateurs et ce, quelle que soit l’énergie qu’ils soutirent du réseau. D’où la question :
      Est-ce ou sera-ce bien le cas ?

      5) Les autoconsommateurs vont-ils contribuer équitablement au paiement des diverses taxes ?
      Sauf erreur, cette question n’est pas abordée dans la présente consultation. Elle est pourtant essentielle car le paiement de ces taxes est actuellement assis sur l’énergie et non sur la puissance souscrite. Si rien ne change, les autoconsommateurs y échapperont donc en partie puisqu’ils soutireront moins d’énergie au réseau que les autres consommateurs. Or l’impact de ces taxes est tout sauf négligeable puisque leur somme (CSPE, Taxes locales, CTA et TVA) représente un gros tiers d’une facture d’électricité domestique. D’où les questions :
      Est-il équitable d’exonérer les autoconsommateurs (en général aisés…) du paiement d’une grande partie de ces taxes ? La réponse est dans la question…
      Ces manques à gagner seront-ils reportés sur les factures des non-autoconsommateurs (en moyenne moins aisés…) ou passés par pertes et profits pour les différents bénéficiaires de ces taxes : consommateurs bénéficiaires de la péréquation tarifaire (que devient-elle ?) collectivités locales et Etat.

      6) En conclusion, l’intérêt personnel de l’autoconsommateur coïncide-t-il avec l’intérêt général ? Deux conditions au moins seraient nécessaires pour cela :

      * La première serait d’assurer une totale équité dans le paiement des charges (coût réel des réseaux et participation aux taxes) entre autoconsommateurs et non-autoconsommateurs. Le sujet est certes complexe, mais on peut espérer y parvenir à terme, c’est en tout cas un objectif affiché dans la présente consultation, dont on ne peut que se féliciter,

      * La seconde serait d’éviter le gaspillage des ressources financières inhérent au double investissement noté plus haut. Sans solution en vue…

      La conclusion s’impose : sous nos latitudes tempérées et compte tenu de l’existence de réseaux publics performants et fiables, l’autoconsommation individuelle n’apparait pas porteuse d’intérêt général… D’où la question :
      Pourquoi, face à cette absence de participation à l’intérêt général, l’autoconsommation est-elle en PLUS subventionnée (pour les puissances inférieures à 3 kW) ? Et ses excédents injectés au réseau rémunérés au tarif élevé de 10 c€/kWh ? Alors que l’essentiel de ces injections aura lieu en été, quand le réseau n’en aura nul besoin et en sera même perturbé…

      Tout cela in fine aux frais des consommateurs d’électricité non-autoconsommateurs !

      Pourquoi ne pas laisser les autoconsommateurs assumer seuls leurs désirs d’autonomie ?

      Le photovoltaïque dans les zones tropicales OUI, le PV dans les zones tempérées et froides, NON !

      La faiblesse du PV est double: la saisonnalité qui fait que pour assurer une production X en hiver il faut produire 5 X en été, ce
      qui conduit, évidemment, à un surinvestissement considérable.

      Ajoutons qu’il est absolument nécessaire d’associer à la production journalière, un stockage par batterie sur au moins 24h, ce qui double, environ, le coût d’investissement.

      Ainsi, en retenant un coût brut de 60 €/MWh, pour être utile (production de
      1 MWh en soirée en hiver, par exemple en autoconsommation autonome) on arrive à environ 600 €/MWh.

      Un autre aspect est son injustice sociale si on conserve le système d’achat à tarif rémunérateur. En effet seuls les plus riches sont susceptibles de fournir l’investissement initial nécessaire et ils seront remboursés par la CSPE payée par tous les
      consommateurs. Il y a donc transfert obligé de ceux qui n’ont pas les ressources pour investir vers ceux qui peuvent le faire. C’est pire que la réforme de l’impôt sur la fortune qui fait quand même l’hypothèse que les riches qui voient leurs capitaux boursiers non imposés les engagent dans des investissements industriels utiles à l’ensemble de la société, ce qui n’est pas le cas des investissements dans le PV qui ne font que rendre moins rentables les productions pilotables et exigent le développement des réseaux de transport.

      La situation est toute différente dans les régions tropicales où, avec le même raisonnement que ci-dessus et, parce que l’effet saisonnier disparaît (hors régions affectées par de fortes
      moussons), où le coût du MWh tombe à 120 €, et, où, surtout, le développement du PV diminue les exigences sur le réseau (autoconsommation acceptable tout au long de l’année). De plus la
      disponibilité d’électricité dans de nombreux villages est un progrès social considérable (le remplacement des groupes électrogènes par des systèmes PV+batteries est très rentables grâce au microcrédit) ?

      Donc le PV dans les zones tropicales OUI, le PV dans les zones
      tempérées et froides, NON !

      Graves effets sur la santé des habitants vivant à proximité des éoliennes : Qui assumera ce décret ?

      Georges Sapy 03/03/2018

      CSPRT du 13 mars 2018 – Projet de décret relatif aux éoliennes terrestres et portant diverses dispositions de simplification et clarification du droit de l’environnement

      Consultation publique sur le projet de décret

      Ce projet de décret me parait totalement néfaste en termes de santé publique, dans la mesure où il passe par pertes et profits les risques sanitaires pour les riverains des éoliennes, risques de plus en plus avérés au fur et à mesure de l’amélioration des connaissances médicales et du retour d’expérience de pays ayant massivement développé les éoliennes.

      • Retour d’expérience de pays étrangers et positions prises par les autorités publiques et/ou le corps médical de ces pays

      * Danemark : dans ce pays très doté en éoliennes terrestres, de très nombreux riverains sont incommodés par les pulsations caractéristiques des éoliennes : entre 4 et 11 % selon le gouvernement, entre 22 à 42 % selon le professeur Henrik Moeller, de l’Université d’Aalborg. À tel point que le pays a décrété un moratoire en 2014, en attendant les résultats d’une étude sanitaire à grande échelle, qui ne semblent pas avoir été publiés à ce jour… Le Danemark avait pourtant déjà durci sa législation dès 2011, en imposant la prise en compte des fréquences acoustiques à partir de 10 Hz (ce qui inclut une partie des infrasons, ces derniers étant définis par une fréquence inférieure à 20 Hz).

      * Allemagne : dans ce pays encore plus massivement doté d’éoliennes terrestres, l’assemblée des médecins allemands, réunis en congrès à Frankfort en mai 2015, a lancé une alerte concernant l’impact néfaste sur la santé de l’implantation d’éoliennes à proximité des habitations. Elle a notamment attiré l’attention sur les graves carences des critères de danger retenus et tout particulièrement sur les risques liés aux basses fréquences et infrasons, y compris inférieures à 1 Hz. Dans ce même pays, la Bavière a imposé une distance des habitations au moins égale à 10 fois la hauteur des machines (pour par exemple une machine de l’ordre de 2 MW ayant une hauteur hors-tout de 150 m environ, cette distance minimale est donc de 1 500 m).

      * Royaume-Uni : dès 2012, le très sérieux British Medical Journal, l’une des revues médicales les plus respectées au monde, publiait un article intitulé « Editorial : Wind turbine noise », qui concluait à la preuve d’un lien étroit entre le bruit des éoliennes, une dégradation de la santé et une mauvaise qualité de sommeil. La même année, le gouvernement du pays décidait d’imposer une distance minimale de 2 000 m entre éoliennes et habitations les plus proches. [NDLR : voir 1500 m. A priori aucun autre pays développé que la France, i.e. doté d’une règlementation, ne descend aussi bas que la France, les USA par exemple étant à peu près à 2 km, les australiens à 1 500 m de mémoire, etc. Ce qui n’empêche pas ce dernier pays d’avoir des problèmes sérieux qui arrivent devant la justice, dont les experts judiciaires incriminent les infrasons. Qui, comme on le sait, se propagent beaucoup plus loin sans atténuation sensible. Ce qui tendrait à prouver que l’éloignement, même s’il améliore grandement les choses pour les bruits audibles, ne suffit pas pour les infrasons…]

      * Finlande : le Ministère de la Santé finlandais a demandé dès 2014 une zone tampon de 2 000 m en lieu et place d’une distance minimale de 500 m imposée auparavant pour préserver la santé des habitants.

      * France : en 2008, dans un rapport sur l’impact sanitaire des éoliennes, l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) écrivait déjà : « il convient de définir si les critères retenus dans la réglementation sont adaptés aux propriétés spectrales du bruit des éoliennes, notamment dans le domaine des infrasons ». Récemment, l’Académie de médecine a préconisé une distance d’éloignement minimum de 1 500 m des habitations, et réclame depuis 2006 qu’une étude épidémiologique sur le sujet soit menée… Les députés de la précédente législature en ont malheureusement décidé autrement en ramenant cette distance à 500 m, malgré la proposition du Sénat d’en rester à 1 000 m.

      D’où les questions :

      POURQUOI IGNORE-T-ON SYSTÉMATIQUEMENT LE RETOUR D’EXPÉRIENCE DES PAYS VOISINS PLUS AVANCÉS ET LES RECOMMANDATIONS DES AUTORITÉS SANITAIRES FRANCAISES ?

      LA FRANCE SERAIT-ELLE LE PAYS LE PLUS LAXISTE D’EUROPE EN MATIÈRE DE PRÉVENTION DE LA SANTÉ DE SES HABITANTS ?

      Les citoyens aimeraient le savoir !

      • Cause profonde possible des effets délétères des éoliennes sur la santé : les infrasons

      L’auteur de ces lignes est ingénieur, pas médecin, il n’a donc pas d’avis personnel sur le sujet. Une recherche bibliographique sérieuse montre néanmoins que de l’avis de médecins de plus en plus nombreux de par le monde, les infrasons (sons de fréquence inférieure à 20 Hz comme rappelé plus haut) seraient à l’origine des troubles ressentis par les habitants proches des éoliennes. Les études médicales incriminent notamment (mais pas seulement) l’effet de ces infrasons sur l’oreille interne, ce qui entrainerait des migraines, des nausées, des vertiges, des difficultés de sommeil et de concentration, etc. ces différents symptômes ayant des points communs avec le mal des transports, également provoqué par les effets des basses fréquences. On serait donc loin des soi-disant effets imaginaires ou psychosomatiques… Peut-on en rester là ? Face à de tels indices, concordants et a priori très sérieux des médecins français devraient être mandatés pour étudier sérieusement la question) et la réponse s’impose : il faut y voir clair.

      POURQUOI NE RÉALISE-T-ON PAS D’ÉTUDES SÉRIEUSES SUR CE SUJET, COMME D’AUTRES PAYS l’ONT FAIT ?

      • Des mesures de bruit qui excluent complètement les… infrasons !
      Selon le code de santé publique, la France ne prend en compte les basses fréquences qu’à partir de… 125 Hz de façon générale ! Ce qui par définition exclut les… infrasons. De plus, concernant les éoliennes, elles sont semble-t-il dispensées de tout contrôle des basses fréquences depuis l’arrêté du 26 aout 2011. Autrement dit, la cause majeure possible soupçonnée d’être à l’origine des effets délétères sur la santé ne serait même pas envisagée par la règlementation française !

      Un autre élément va dans le même sens : la mesure du bruit en dB(A). Il s’agit en fait de décibels physiques qui mesurent un niveau de pression acoustique réel, mais qui sont pondérés par une courbe dite A qui est utilisée pour refléter au plus près la manière dont l’oreille humaine entendrait et interpréterait le son qui est mesuré. Sachant que cette dernière est sensible aux sons entre 20 Hz et 20 000 Hz environ, la pondération A affaiblit volontairement (et de façon très considérable) les sons de fréquence inférieure à 20 Hz au motif qu’on ne les entend pas ! En d’autres termes, utiliser des mesures en dB (A) revient tout simplement à ne pas prendre en compte les infrasons ! Alors qu’un simple sonomètre spécifiquement conçu pour la mesure des infrasons manié par un spécialiste de ces sons permettrait d’en tenir compte…
      Si l’on résume : ni la règlementation actuelle, ni le choix d’une mesure acoustique réalisée en dB (A), ni la volonté politique manifeste qui résulte du présent projet de décret, ne donnent la moindre chance d’appréhender les infrasons, alors que ces derniers sont fortement soupçonnés d’être la cause majeure des effets délétères des éoliennes sur la santé.

      D’où la double question :

      EST-CE INVOLONTAIRE ? AUQUEL CAS LA RÈGLEMENTATION DEVRAIT, APRÈS ÉTUDES COMPLÉMENTAIRES, ÊTRE REVUE.

      EST-CE VOLONTAIRE ? MAIS ALORS POUR QUEL MOTIF JUGÉ SUPÉRIEUR À LA SANTÉ HUMAINE ?

      • Pour conclure…

      Sans parler des autres aspects questionnables, ce projet de décret qui a pour objectif de faciliter la construction de milliers d’éoliennes dont un très grand nombre seront à 500 m des habitations apparait comme une fuite en avant qui fait totalement fi des effets délétères possibles des éoliennes sur la santé humaine. Pourquoi le principe de précaution, trop souvent invoqué à tort et à travers par ailleurs, n’est-il pas mis en œuvre ici, face à des suspicions sérieuses qu’on a les moyens de confirmer ou d’infirmer ?

      D’où la question :

      AU NOM DE QUOI PREND-T-ON CE RISQUE POTENTIEL SANS SE DONNER PRÉALABLEMENT LES MOYENS DE SAVOIR ?

      QUE SE PASSERA-T-IL EN CAS DE CONFIRMATION DE GRAVES EFFETS SUR LA SANTÉ DES HABITANTS VIVANT À PROXIMITÉ DES ÉOLIENNES ?

      QUI ASSUMERA LA RESPONSABILITÉ DES CONSÉQUENCES ?

      Lors de la pointe électrique du 28 février 2018, RTE ne nous a pas tout dit…

      RTE ne nous avait pas dit qu’EDF prudent, avait prolongé l’exploitation de Gravelines 6 et Tricastin 4 pendant une semaine avant leurs arrêts pour renouvellement du combustible. Il fallait trouver cette information sur Connaissance des Énergies.

      Nulle part sur le site de RTE, on a pu trouver que RTE avait effacé 860 MW. On le découvre sur le tract de CFE-CGC du 28 février joint qui s’intitule Moscou -Paris : OUF!

      Ce tract nous informe que la pointe a été atteinte à 9 h 41 avec une puissance appelée de 94 817 MW.

      Il a fallu effacer 860 MW, importer 8,4 GW alors que nos interconnexions n’ont que 12 GW de capacité et que nous avons eu la chance d’avoir des voisins disposant d’un peu de réserve…

      Et enfin, puissance impossible à programmer, il y avait 6 GW d’éolien.

      Bref, malgré un déficit global de 6 + 8,4 + 0,86 > 15 GW alors que la puissance appelée n’était que de 94,5 GW, RTE continue à mettre la tête dans le sable après avoir dit dans le bilan prévisionnel 2017-2021 qu’il n’y avait pas de problème pour le passage de l’hiver 2017-2018. Il serait grand temps qu’au niveau du gouvernement, un contrôle sérieux des bilans prévisionnels de RTE soient enfin réalisés. Car dans sa note de prévisions du 27 au soir pour le 28, RTE affichait une marge disponible supérieure à la marge requise.

      Heureusement qu’un tract syndical décrit la réalité vécue. Car nous n’avions jamais connu des situations où les chiffres donnés par RTE était contestables.

      Voici mon commentaire liminaire de la soirée du 27 février:

      SITUATION DU SYSTÈME ELECTRIQUE DU 28-02-2018

      1. La pointe du matin a atteint 94,6 GW. RTE a pu la satisfaire avec la pleine puissance de tous les moyens mobilisables en service, 6 GW d’éolien inespéré dans ce cas anticyclonique, 1,4 GW de solaire et surtout 8,4 GW d’importation. Cruas 1 était à l’arrête suite à l’indisponibilité d’une ligne d’évacuation. Et quoiqu’en disent les médias, nous avons connu des épisodes de froid plus important.

      2. Nos capacités d’import sont limitées à 12 GW.

      3. Ceci confirme en tous points les conclusions de l’étude SLC faite sur le bilan prévisionnel. A savoir que, nous et nos voisins, essentiellement allemands, allons réduire sensiblement les moyens mobilisables thermiques (et nucléaires en Allemagne) d’ici 2022. La France va perdre 3,7 GW et les Allemands plus de 20 GW. Comme aucun moyen mobilisable n’est actuellement en construction, autant dire que nos voisins ne pourront absolument plus nous secourir comme ils l’ont fait ce matin.

      4. Dans ces conditions, nous délesterons sitôt que nous atteindrons une pointe de l’ordre de 88 GW !

      5. Ajoutons que le report de l’arrêt pour rechargement de Gravelines 6 et de Tricastin 4, prend fin samedi 3/03.

      Jean Fluchère.