« Les éoliennes, une utopie écologique » : La FEE cherche à noyer le poisson… Réponse de André Pellen

Commentaire d’Andre Pellen (en rouge) à propos de « La réponse de France Énergie Éoliennes (FEE)
suite à l’article du POINT présentant le livre de DUMONT et KERGORLAY ici « Les éoliennes une utopie écologique« 

La FEE, qui regroupe les professionnels de la filière éolienne, répond aux extraits du livre à charge contre l’éolien, que nous avons publiés.
Le pour et (surtout) le contre.
RTE gère le réseau public de transport d’électricité en France et est en charge du pilotage du système électrique français (c’est-à-dire de son bon fonctionnement à partir de l’ensemble des moyens de production). Dans son Bilan prévisionnel 2017, RTE indique que « développer un système reposant à 70 % sur des énergies renouvelables ne conduit en aucun cas à doubler la capacité renouvelable par des moyens thermiques […]. […]

RTE le dit mais se garde bien d’en faire une démonstration technique que ses propres restitutions production-consommation rendent illusoire. Brottes, le patron de RTE dépourvu du moindre vernis technicien, a été nommé à dessein à ce poste par la Royal, précisément parce qu’il était le fervent pro éolien de feu le PS. Comme dans tout autre domaine de responsabilité publique, dans ce pays, lui et ses subordonnés savent pouvoir raconter n’importe quoi, assurés de l’impunité et de n’avoir même pas à rendre de compte, en cas de d’effondrement ultérieur du système électrique.

Les argumentaires alarmistes consistant à considérer comme nécessaire le développement de moyens de secours systématiques font fi, d’une part, de l’interconnexion de la France avec ses voisins qui permet de mutualiser les flexibilités, et d’autre part, d’une analyse de la contribution statistique de l’éolien et du photovoltaïque à la sécurité d’approvisionnement », (BP 2017, Scénario Watt, p279).

Là aussi, tout n’est que mensonge démontré par la réalité météorologique, technologique et, surtout, d’exploitation des installations que suivi de charge, réglages fréquence-puissance et tension illustrent quotidiennement. Il ne suffit de citer tel extrait de je ne sais quel rapport de propagande dont on ne connait rien de la qualité des auteurs pour être convainquant.

Sur la question du prix de l’énergie éolienne, il faut être concret et ne pas répéter sans vérifier des éléments erronés. Aujourd’hui, le prix moyen de l’éolien terrestre est de 65,4 euros/MWh. Le prix de l’éolien terrestre est quasiment la moitié de celui du nouveau nucléaire (Hinkley Point) qui s’élève à 110 euros/MWh. Dès 2016, l’Ademe indiquait que l’éolien terrestre était le moyen de production le plus compétitif, ce que les rapports de l’Agence internationale de l’énergie, de l’IRENA ou encore les enquêtes de la Commission européenne confirment depuis.

On ne compte plus les analyses rigoureuses et chiffrées – SLC, Jean Fluchère, J.P Riou… – dynamitant cette affirmation farfelue de l’ADEME dont la spécieuse démonstration se garde bien de chiffrer le coût exorbitant des externalités (explosion des longueurs de réseaux, palliatifs de production… dont le nucléaire fait de plus en plus partie…). Que la FÉÉ commence par nous expliquer pourquoi, dans ces conditions, il convient de continuer à subventionner massivement l’éolien.

Pour ce qui est de la revente de l’énergie sur le marché européen, comparons ce qui est comparable. Les moyens de production électrique français (centrales nucléaires, hydraulique ou charbon) ne se sont pas construits sur des prix de marché, mais dans un contexte de monopole étatique. Ils ont été financés par l’argent public et donc par le contribuable français sans corrélation avec les problématiques de rentabilité sur le marché européen de l’énergie.

Là, le mensonge est carrément éhonté sur tous les plans. La dernière lettre géopolitique de l’électricité « EDF, la fin de l’histoire » en apporte la preuve implacable.

En France, plus de 1 000 entreprises sont actives à toutes les étapes de la vie des projets éoliens. C’est pourquoi la Direction générale des entreprises du ministère de l’Économie et des Finances estime ainsi que la part française de la valeur ajoutée de l’énergie éolienne, sur le territoire, est d’environ 65 %, sur l’ensemble du cycle de vie d’un parc éolien terrestre. Enfin, la filière éolienne compte plus de 17 100 emplois directs et indirects (Observatoire de l’éolien 2018, Bearing Point pour FEE). Avec une augmentation annuelle d’environ 8 %, c’est l’un des secteurs économiques les plus dynamiques de France.

Bla, bla, bla purement politicien qu’il convient de relativiser au fait que c’est l’État qui créé artificiellement ces emplois, dans une activité économique non rentable – sans quoi, pourquoi y aurait pas lieu de subventionner ?! – et de confronter aux études de toute nature affirmant le contraire, en replaçant la problématique emploi dans un contexte d’analyse économique sain.

Le taux de charge moyen pour l’éolien terrestre est de 25 %, mais cela ne veut en aucun cas dire qu’une éolienne tourne 25 % du temps, cela signifie qu’elle produit au maximum de sa capacité 25 % du temps mais les éoliennes produisent de l’électricité 95 % du temps selon Ademe. Il faut noter qu’en mer avec des vents plus forts et plus réguliers, le taux de charge est de 45 %. La production est bien variable mais prévisible et RTE utilise les scénarios climatiques fournis par Météo-France pour prévoir la production 3 jours à l’avance.

Celle là il fallait la faire : le 1/4 de toute l’énergie attendue à puissance nominale, produite sur 95 % du temps !

La loi de transition énergétique a acté une diversification du mix électrique français à horizon 2030, avec une baisse de la dépendance au nucléaire et un bouquet d’énergies renouvelables. Les énergies renouvelables sont compétitives, prédictibles et contrôlables, c’est pourquoi RTE dans ces travaux prospectifs indique que « la sécurité d’approvisionnement peut être assurée même avec 70 % d’énergies renouvelables » en 2035 (Scénario Watt, p297) et que « la contribution de l’éolien au passage des pointes de consommation est nécessaire » (Scénario Watt, p297).
France énergie éolienne recommande de porter la part d’énergie éolienne dans le mix électrique à 23 % à horizon 2030, ce qui ferait croître le nombre d’éoliennes terrestres à moins de 15 000, sans compter que l’augmentation de la puissance unitaire des éoliennes permettra d’en optimiser le nombre, tant sur les nouveaux parcs que sur le remplacement des plus anciens, en fin de vie.
À horizon 2050, le scénario de négaWatt avec un mix électrique 100 % énergies renouvelables estime à 18 000 le nombre d’éoliennes.
Enfin, à titre de comparaison, aujourd’hui et sur un territoire plus petit, l’Allemagne compte 24 000 éoliennes… et tout se passe pour le mieux.
Le « cadeau » fait au renouvelable
« Ce développement [de l’éolien] a apporté des bénéfices en termes de réduction des émissions de Gaz à effet de serre [émissions indirectes incluses] et de polluants atmosphériques du parc électrique. La monétarisation de ces bénéfices révèle qu’ils sont comparables voire supérieurs aux coûts en question. Ainsi, sur l’ensemble de la période 20022013, les bénéfices environnementaux pour la collectivité sont estimés entre 3,1 et 8,8 milliards d’euros en 2013 pour des coûts du soutien évalués, sur la même période, à 3,2 milliards d’euros ». Étude Bips, Bilan de la politique de soutien, p. 12, Ademe
La FNSafer lançait en effet en 2016 l’alerte sur l’artificialisation des sols et la perte de terres agricoles, mais l’étude ne visait pas l’éolien puisque ce constat visait l’extension de villes et les infrastructures associées (constat fondé sur un bond de 22 % en 2016 du nombre de ventes de terres agricoles près des grands pôles urbains).
La loi impose de décaper les fondations jusqu’à un mètre de profondeur. Néanmoins, on observe que dans de très nombreux cas, les exploitants du parc éolien retirent l’intégralité des fondations de l’éolienne. Une mesure qui peut même être inscrite directement dans le bail emphytéotique.
Un problème de distance…
Soyons précis, dans ce rapport l’Académie nationale de médecine revient elle-même sur sa recommandation de 2006 et constate qu’« en tout état de cause, la nuisance sonore des éoliennes de nouvelles générations ne paraît pas suffisante pour justifier un éloignement de 1 000 mètres. » (p. 17).
Le rapport souligne que le ressenti de « nuisances » dues aux éoliennes relève essentiellement d’un effet nocebo et de la subjectivité des personnes : « la crainte de la nuisance sonore serait plus pathogène que la nuisance elle-même » p. 11. Elle précise que « cette intensité [du bruit éolien] est relativement faible, restant souvent très en deçà de celles de la vie courante » (…) « les plaintes ne semblent pas directement corrélées » (p. 13).
L’Académie nationale de médecine mentionne « l’absence d’intéressement aux bénéfices financiers » (p. 12) parmi les facteurs contribuant au « syndrome de l’éolien » dont elle fait état. Autrement dit, en langage NIMBY, les opposants auraient moins de symptômes quand ils touchent une part des bénéfices de l’éolien.
Enfin, l’Académie nationale de médecine ajoute que « l’éolien terrestre présente indubitablement des effets positifs sur la pollution de l’air et donc sur certaines maladies (asthme, BPCO, cancers, maladies cardio-vasculaires) », p. 18.

Tout ce qui précède n’est que propagande gratuite, contredite par les faits, propagande dont ADEME et RTE sont directement complices. Avoir le culot d’affirmer que, dans une Allemagne qui compte 24000 éoliennes, tout se passe pour le mieux et que l’éolien a apporté de chaque côté du Rhin des bénéfices, en termes de GES et de polluants atmosphériques, en contradiction complètes avec la lettre géopolitique de l’électricité consacrée à ce thème, il fallait le faire !

La CSPE, discrète mais coûteuse
Quelle est la part de l’éolien dans la CSPE ? 19 % soit environ 1,5 milliard d’euros. Quelle est la part de l’éolien dans la facture d’électricité des Français ? 3 %. Enfin grâce à la baisse des coûts, l’éolien étant de plus en plus compétitif, deux fois plus de production sera financée pour le même montant à l’avenir.

Ici, vous pouvez vous faire une idée de l’ampleur du mensonge, en consultant les nombreuses analyses consacrées à la CSPE, notamment celles de la lettre géopolitique de l’électricité et de Michel Gay

 

NDLR : Pour en savoir plus, cliquer ici : Les coûts lisses de l’électricité

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