Financement des EPR2 : PPA ou CfD ? Quelle différence ?

Certains sur internet prétendent qu’il faudrait préférer un mode PPA au CfD adopté par les britanique pour leur EPR d’Hinkley Point et validé par la Commission (Contract for Difference).

Qu’en est-il en fait ?

ici pour le solaire : définition du PPA :

Comme l’explique très bien le document Wattsnext, un PPA est un contrat de gré à gré entre un producteur et un consommateur d’énergie (ici électricité) qui permet de s’abstraire complètement du marché. Le concept n’est pas nouveau, EDF a dans le passé conclu des marchés de ce type avec des industriels électro-intensifs (Péchiney notamment, pour la fabrication d’aluminium, très consommatrice comme on le sait, et d’autres).

L’intérêt était d’assurer des deux côtés des coûts et des revenus stables et compétitifs sur le long terme. Mais je ne sais pas s’il y a encore beaucoup de tels contrats en cours, la Commission européenne, dans son idéologie compulsive et bornée de la concurrence à tout crin, ayant considéré à une certaine époque que ces contrats distordaient la concurrence… Peut-être a-t-elle assoupli sa vision depuis ?

Ce qui est sûr, c’est que les PPA en électricité sont essentiellement adaptés à des consommations très constantes dans le moyen et long termes. C’est le cas des Datacenters, très gros consommateurs d’électricité et qui fonctionnent pratiquement au même niveau toute l’année. Ce qui explique que les principaux clients des PPA actuels soient les GAFAM. L’intérêt pour eux étant d’éliminer les risques coût de leur approvisionnement énergétique en les reportant sur les producteurs. Par contre, soyons sceptique quand on lit dans le document précité qu’ils peuvent garantir ainsi un approvisionnement d’électricité « verte » devant atteindre 100 %… Il faudra qu’on explique comment on fait la nuit et quand il n’y a pas de vent… Il y a donc du pipotage marketing dans ce type d’affirmations pour gogos.

Il faudra aussi qu’on explique comment une électricité achetée au travers de PPA conclus avec des producteurs éoliens ou PV peut être moins chère que celle rémunérée via le système du complément de rémunération, l’intérêt pour l’acheteur étant plutôt dans ce cas de reporter le risque de fourniture (au prix d’un certain surcoût) sur le producteur d’électricité intermittente, charge à ce dernier de compenser l’intermittence de sa production en achetant de l’électricité disponible ailleurs.

Enfin, opposer PPA et CfD (Contract for Difference) n’a pas de sens, ils ne jouent pas dans la même cour et sont complémentaires : un PPA est adapté à une consommation très peu variable comme dit ci-dessus, un CfD est adapté au marché éminemment variable de l’électricité, dont les prix de gros à moyen et long termes sont imprévisibles. Les deux sont adaptés au nucléaire, selon le type de la demande à satisfaire.

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s