Cr de la conférence du 15 avril 2019 à Paris Hôtel d’Iena : Agir Contre le dérèglement climatique : l’urgence !

Lien vers la publication de la conférence :

https://twitter.com/Gp21_RSE/status/1112426766386237444?s=19

Base électrique : pilotable 0 % décarboné, et 100 % fossile ?

Verbatim de Etienne Anglès d’Auriac, Vice-Président Stratégie et Climat chez TOTAL. (note personnelles d’un membre de l’ONG Sauvons le climat)

Il a révélé des informations intéressantes, résumées ci-dessous :

1) Concernant la stratégie de TOTAL : il a indiqué que TOTAL (avec SHELL, autre major européen) étaient les deux seules compagnies pétrolières majeures à se présenter comme énergéticiens globaux et se préoccuper du climat, toutes les autres (américaines notamment) continuant à rester des « pure player » pétrolières et gazières, leurs actionnaires n’étant pas majoritairement intéressés par le climat…

Quant à la vision d’énergéticien global de TOTAL, elle s’oriente (comme celle d’Engie !) vers le couple gaz + renouvelables (électriques mais aussi bio-carburants) pour deux raisons : le gaz est selon notre orateur très abondant et permet des réductions rapides d’émissions de CO2 par remplacement du charbon. Par contre, la montée en puissance des renouvelables demandera beaucoup de temps. TOTAL y ajoute des actions dans le domaine de la séquestration du carbone (achats de forêts et injection de CO2 dans d’anciens puits de pétrole, mais aucun coût n’a été donné dans ce dernier cas). Enfin, l’opinion de TOTAL sur l’hydrogène est plus que réservée, l’hydrogène issu de l’électrolyse ayant un modèle économique incertain… (ce qui rejoint ce que l’on sait déjà). Voilà en gros ce qui a été présenté comme la contribution climatique de TOTAL à son plan stratégique global…

2) Concernant les émissions de CO2 (et autres GES) liés à l’exploitation pétrolière, gazière et charbonnière :

Des informations concrètes très intéressantes ont été données sur ces points :

* Emissions de CO2 de l’exploitation pétrolière et gazière. Les émissions globales se partagent en deux parties :

  • 10 % pour l’extraction d’une part, le raffinage, transport, etc. d’autre part (environ 5 % pour chacun des postes)
  • 90 % lors de la combustion.

Ce résultat soulève deux questions importantes, les 10 % d’émissions avant combustion n’étant pas négligeables :

  • Sont-elles comprises dans les émissions des moyens de production d’électricité établis par le GIEC ? Si ce n’est pas le cas, les 820 gCO2/kWh du charbon par exemple (ci-dessous) sont en réalité de 900 gCO2/kWh.
  • L’équivalence « administrative » énergie finale = énergie primaire pour les hydrocarbures est mise à mal et devrait être énergie finale = 0,9 énergie primaire !

* Emissions de méthane. Deux sources d’émissions sont concernées :

  • TOTAL estime à 0,22 % actuellement (et veut réduire à 0,2 % en 2020) les émissions de méthane dans l’atmosphère de son exploitation pétrolière et gazière (% ci-avant exprimés par rapport aux quantités vendues). Ce qui représente des quantités très importantes en valeur absolue, pour un gaz qui a un pouvoir de réchauffement 30 fois supérieur à celui du CO2 sur un siècle. Une partie importante venant du « torchage » des gaz issus des puits de pétrole, dans la mesure où la combustion de ces gaz n’est complète qu’à 90 % environ et laisse passer du méthane et autres gaz. TOTAL a un plan de récupération de ces gaz fatals pour supprimer le torchage, mais qui demandera du temps. D’autres pétroliers ne semblent pas s’en soucier…

Par contre, il n’y a pas de fuites de gaz dans les installations industrielles de conversion ou combustion du gaz (centrales au gaz notamment) pour une raison évidente très forte : compte tenu des risques majeurs d’explosion, ce point est surveillé comme le lait sur le feu.

– Les fuites de grisou (c’est-à-dire de méthane) des mines de charbon. Selon notre conférencier, ces fuites seraient très importantes durant l’exploitation des mines de charbon (et lignite) et se prolongeraient ensuite par dégazage progressif après la fin de l’exploitation pendant de longues années. Ce qui signifie que le charbon serait encore plus néfaste pour le climat qu’on le dit d’habitude, notamment avec la multiplication des petites mines comme en Chine, en Inde et ailleurs.

Ces différentes fuites de méthane d’origines diverses sont-elles comptabilisées par le GIEC ? On suppose que oui…

Total a également évoqué son partenariat avec Shell sur un projet en Norvège, à une échelle industrielle, de collectage de GES et enfouissement en mer dans une formation géologique à plusieurs milliers de mètres de profondeur.

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