Allemagne – Les alarmistes gouvernent (traduction de Die Welt)

Traduction de l´article du journal national « Die Welt » du 19.10.2019: « Es regiert das
Panikorchester »

Les alarmistes gouvernent

Harcelée par l’activisme à court terme, la politique allemande prend des décisions dont elle ignore tout simplement les conséquences négatives.
On disait que l’Allemagne était mal gouvernée, mais bien administrée. Entre-temps, elle n’est même plus bien administrée, parce qu’en fin de compte, chaque autorité a un chef politique, le maire, l’administrateur de district, le secrétaire d’État ou le ministre. Entre-temps, la politique s’est infiltrée profondément dans l’appareil administratif et le dirige – de préférence contre le mur. L’incohérence des décisions régit l’ordre du jour ; souvent, une main sait certes ce que fait l’autre, mais elle s’en fiche. L’essentiel, c’est que tout sonne juste et corresponde à la tendance actuelle de l’excitation quotidienne.
Selon que l’air du temps soit à la maladie de la vache folle, la grippe aviaire, l’énergie nucléaire, le charbon, le dépérissement des forêts, le changement climatique, les oxydes
d’azote, les particules fines, les substances toxiques des moteurs diesel, les problèmes de logements, le plafonnement des loyers, le glyphosate, les Friday for Future, Extinction Rebellion et autres buzz paniques dans l’orchestre. Et là, beaucoup de politiciens ne veulent
pas se tenir à l’écart, mais plutôt courir à la tête de la foule éclair (flash mob) pour sauver le monde. Le gouvernement fédéral et les gouvernements des Länder réagissent volontiers par un activisme à court terme. C’est ainsi que les gouvernements se contentent de réagir. En particulier à la Chancellerie, il semble exister une brigade entièrement chargée d’enquêter sur la volonté supposée des électeurs. Ainsi, le fait qu’un million d’immigrés peuvent également avoir besoin d’un million d’appartements supplémentaires n’est pas résolu de manière adéquate par la demande d’un plafonnement des loyers.
C’est surtout dans la jungle idéologique de la transition énergétique que la concurrence entre
les mesures contradictoires devient évidente.
Si les recettes fiscales sont serrées, on décide de prolonger la durée d’exploitation des centrales nucléaires pour pouvoir prélever une taxe sur les combustibles, qui est ensuite
abrogée par la Cour Constitutionnelle allemande pour inconstitutionnalité. Puis un tsunami frappe Fukushima et la durée de vie des centrales nucléaires allemandes est
considérablement réduite, afin que les Verts du Bade-Wurtemberg ne remportent pas les élections, ce qu’ils ont quand même fait. En revanche si les recettes fiscales débordent, on
tente de profiler quels électeurs pourraient être attirés par des subventions insensées. Toute campagne est bienvenue dès qu’elle est dans la tendance.
Pendant des années les ministres verts de l’agriculture et de l’environnement ont essayé
d’arrêter la culture du Douglas du Canada dans la forêt allemande, comme arbre non indigène, comme « conifère étranger ». La foresterie multiculturelle n’avait pas sa place dans la forêt allemande. Jusqu’à ce que la sécheresse sévisse, que la forêt allemande agonise à nouveau alors les mêmes ministres et militants d’ONG exigent, pour sauver la forêt menacée
par la sécheresse, la plantation de nouvelles variétés d’arbres … comme le Douglas.
En 2013, le Douglas taxifolié était ajouté à la liste noire des « espèces envahissantes » par l’Agence fédérale pour la protection de la nature en tant que « néophyte envahissant ». Sur de
nombreux types de sols, en particulier les sols secs et acides, le Douglas serait dominant et remplacerait les espèces indigènes – une sorte d’argumentation botanique anti-migration. Et
aujourd’hui, l’immigrant robuste et mal-aimé d’Amérique du Nord est censé protéger la forêt allemande de la catastrophe climatique.

Afin de produire de l’énergie neutre en CO2, la culture à grande échelle du maïs a été propagée de manière à le faire fermenter dans de gigantesques installations de biogaz. Le gaz est ensuite brûlé pour produire principalement de l’électricité – parce que l’électricité est généreusement subventionnée par le consommateur. Le fait que les champs de maïs
s’étendant jusqu’à l’horizon sont un excellent exemple d’agriculture industrielle intensive propice au déclin des espèces végétales et animales est, bien entendu, une autre histoire.

En particulier l’énergie est un terrain de prédilection des contradictions.
Le fait que les quelque 30 000 éoliennes allemandes soient des déchiqueteuses à oiseaux et
insectes est accepté bouche cousue, car ils meurent pour une bonne cause. Une proposition
de la Fondation allemande pour la faune sauvage visant à financer une étude scientifique sur la mort des oiseaux et des insectes par les éoliennes, en collaboration avec le ministère fédéral de l’Environnement, a été courtoisement déclinée par la secrétaire d’État au nom de
la ministre.
Afin de doubler le nombre des éoliennes, le ministère de l’économie et l’énergie prévoit, lors de la planification de nouveaux parcs éoliens, d’assouplir les directives légales visant la conservation de la nature et des espèces. On ne sait toujours pas si cela s’appliquera
également à la construction routière ou ferroviaire, elle aussi souvent bloquée pendant des années sur la base des mêmes paragraphes.

Le fait que les moteurs diesel modernes consomment nettement moins de carburant que les moteurs à essence et émettent donc en principe moins de CO2, n’a plus aucune importance dès qu’apparaît le sujet des oxydes d’azote ou des vilaines particules fines. En revanche peu
importe qu’un autobus chargé de batteries lourdes subisse une plus grande abrasion de pneus qu’un véhicule plus léger puisqu’il est sur la route avec de l’électricité propre. Le degré de saleté de l’électricité et de la production des batteries qui la contiennent n’a pas d’importance puisque la production d’électricité serait ainsi débarrassée de l’énergie
nucléaire, de la houille et du lignite, et le gaz naturel ne serait pas non plus importé de Russie, ce qui pourrait renforcer la dépendance par rapport à Poutine. En lieu et place on
achètera le gaz liquide aux États-Unis, mais en aucun cas il ne doit avoir été produit par la fracturation hydraulique. Oui mais il n’y a aux Etats-Unis pratiquement plus rien d’autre.
Pendant des décennies, le chemin fer allemand (Deutsche Bahn) a été tenu à l’écart par le gouvernement, versant même un dividende impressionnant de plusieurs centaines de millions à son propriétaire, le gouvernement fédéral, lequel a ensuite investi cette somme dans le réseau ferroviaire. En d’autres termes, un jeu à somme nulle qui n’a créé que l’illusion d’un investissement majeur dans l’avenir des transports publics ferroviaires.
Aujourd’hui, le pacte sur le climat a le vent en poupe. Vingt milliards d’Euros pour sortir les chemins de fer de l’impasse – comme si le gouvernement fédéral venait tout juste de réaliser
que les chemins de fer sont le moyen de transport le plus écologique dès qu’il fonctionne à l’électricité, qu’elle provienne à 100% (comme prétendu) d’électricité verte (une astucieuse
ruse de la RP) ou non. L’électricité des chemins de fer provient du « cocktail électrique », produite en grande partie par des centrales nucléaires ou au charbon. Le vent et le soleil fournissent aussi de l’énergie. Et s’il y a un calme plat et que le soleil ne brille pas la nuit, les voisins à l’ouest aident avec leur énergie nucléaire et les voisins à l´est avec leur charbon. Et au milieu, l’enfant gâté peut continuer à rêver et dans ses contradictions choisir ce qui lui plaît et occulter le reste.

DIE WELT – Stefan Aust
Stand: 19.10.2019

Es regiert das Panikorchester
Gehetzt von kurzzeitigem Aktivismus, trifft die deutsche Politik Entscheidungen, deren
negative Folgen sie einfach ausblendet, schreibt Stefan Aust
Früher sagte man, Deutschland werde schlecht regiert, aber gut verwaltet. Inzwischen wird
es nicht einmal mehr gut verwaltet, denn jede Behörde hat am Ende einen politischen Chef,
den Bürgermeister, Landrat, Staatssekretär oder Minister. Inzwischen ist die Politik tief in die
Verwaltungsapparate eingesickert und steuert diese – am liebsten gegen die Wand.
Widersprüchlichkeit von Entscheidungen regiert die Tagesordnung, oft weiß die eine Hand
zwar, was die andere tut – aber es kümmert sie kaum. Hauptsache, es klingt alles gut und
entspricht dem aktuellen Tagestrend der Aufregung.
Je nachdem, ob gerade Rinderwahnsinn, Vogelgrippe, Atomkraft, Kohle, Waldsterben,
Klimawandel, Stickoxide, Feinstaub, Diesel-Stinker, Wohnungsnot, Mietendeckel, Glyphosat,
Fridays for Future, Extinction Rebellion oder andere Hypes der Panikorchester angesagt
sind. Da wollen viele Politiker nicht abseitsstehen, sondern lieber an der Spitze des
jeweiligen Flashmobs zur Rettung der Welt mitlaufen. Die Bundesregierung und die
Regierungen der Länder reagieren gern mit kurzzeitigem Aktivismus. So werden aus
Regierungen Reagierungen. Vor allem im Kanzleramt scheint es eine ganze
Fahndungsgruppe zur Erforschung des vermeintlichen Wähler*innen-Willens zu geben. Das
Problem etwa, dass eine Million Zuwanderer möglicherweise auch eine Million zusätzliche
Wohnungen brauchen, wird durch die Forderung nach einem Mietendeckel nur unzureichend
gelöst.
Besonders im ideologischen Ökodschungel der Energiewende wird der Wettbewerb
gegenläufiger Maßnahmen deutlich.
Sind die Steuereinnahmen knapp, wird eine Verlängerung der Laufzeiten von
Atomkraftwerken beschlossen, damit eine Brennelementesteuer kassiert werden kann, die
anschließend vom Verfassungsgericht kassiert wird. Dann schlägt ein Tsunami in Fukushima
zu, schon wird die Laufzeit der hiesigen Kernkraftwerke drastisch reduziert, damit die Grünen
in Baden-Württemberg nicht die Wahlen gewinnen, was sie dennoch taten. Sprudeln
hingegen die Steuern, wird erforscht, welche Wähler*innen durch unsinnige
Subventionierungen angelockt werden können. Kampagnen machen sich immer gut – mal
so, mal so.
Im deutschen Wald versuchten die grünen Landwirtschafts- und Umweltminister jahrelang
den Anbau der aus Kanada stammenden Douglasie als nicht heimischer Baum, als
„fremdländisches Nadelgehölz“ zu stoppen. Forstwirtschaftliches Multikulti hatte im
deutschen Wald nichts zu suchen. Bis die Dürre ausbrach, der deutsche Wald mal wieder im
Sterben lag und dieselben Minister und NGO-Aktivisten zur Rettung des durch Dürre
bedrohten Waldes ultimativ den Anbau neuer Baumsorten wie der Douglasie forderten.
Noch im Jahre 2013 wurde die Douglasie vom Bundesamt für Naturschutz (BfN) als
„invasiver Neophyt“ auf die Schwarze Liste „invasiver Arten“ aufgenommen. Auf vielen
Bodentypen, insbesondere auf trockenen und sauren Böden, sei die Douglasie dominant und
verdränge heimische Arten – quasi eine botanische Anti-Migrations-Argumentation. Jetzt soll
der robuste ungeliebte Zuwanderer aus Nordamerika also den deutschen Wald vor der
Klimakatastrophe schützen.

Um CO2-neutrale Energie zu produzieren, wurde der flächendeckende Anbau von Mais
propagiert, damit dieser in gigantischen Biogasanlagen vergärt werden kann. Das Gas wird
dann zumeist zur Elektrizitätsherstellung verbrannt – denn Strom wird vom Verbraucher
reichlich subventioniert. Dass Maisfelder bis zum Horizont geradezu ein Musterbeispiel für
industrielle Intensivlandwirtschaft und den damit verbundenen Artenrückgang von Pflanzen
und Tieren sind, steht natürlich auf einem anderen Blatt.
Gerade das Thema Energie ist ein Tummelplatz der Widersprüche.
Dass die knapp 30.000 Windräder in Deutschland Schreddermaschinen für Vögel und
Insekten sind, wird stillschweigend in Kauf genommen, denn sie sterben ja für eine gute
Sache. Ein Vorschlag der Deutschen Wildtierstiftung, gemeinsam mit dem
Bundesumweltministerium eine wissenschaftliche Untersuchung zum Vogel- und
Insektensterben durch Windräder zu finanzieren, wurde von der Staatssekretärin im Auftrag
der Ministerin dankend abgelehnt.
Um die Zahl der Windräder zu verdoppeln, plant das Wirtschaftsministerium, die
gesetzlichen Richtlinien für den Natur- und Artenschutz bei der Planung neuer Windparks zu
lockern. Ob das dann auch für den Straßen- oder Bahnstreckenbau gilt, der aufgrund
derselben Paragrafen häufig für Jahre blockiert wird, ist bislang noch unklar.
Dass moderne Dieselmotoren deutlich weniger fossile Brennstoffe verbrauchen als etwa
Benzinmotoren und deshalb im Prinzip auch weniger CO2 ausstoßen als Benziner, spielt
keine Rolle, wenn es um Stickoxide oder den bösen Feinstaub geht. Der wiederum spielt
keine Rolle, wenn ein mit schweren Batterien beladener Bus einen höheren Abrieb an den
Rädern hat als ein leichteres Fahrzeug. Dafür ist er ja mit sauberem Strom unterwegs. Wie
schmutzig der Strom und die ihn aufnehmenden Batterien erzeugt worden sind, spielt dabei
wieder keine Rolle. Dafür wird dann die Stromproduktion von Kernenergie, Steinkohle und
Braunkohle befreit und das Erdgas am liebsten auch nicht mehr aus Russland importiert, das
könnte die Abhängigkeit von Putin stärken. Stattdessen kauft man dann Flüssiggas aus den
USA, das aber auf keinen Fall durch Fracking erzeugt worden sein darf. Anderes gibt es von
dort aber kaum noch.
Die Deutsche Bahn durfte jahrzehntelang am ausgestreckten Arm der Regierung hungern
und musste sogar noch eine stattliche Dividende von mehreren Hundert Millionen an ihren
Eigentümer, den Bund, abführen – der diesen Betrag dann ins Schienennetz investierte. Also
ein Nullsummenspiel, das nur die Illusion einer großen Investition in die Zukunft des
öffentlichen Nah- und Fernverkehrs erzeugte.
Jetzt kommt Rückenwind aus dem Klimapakt. Zwanzig Milliarden soll die Bahn aus der
Kasse bekommen – als wäre der Bundesregierung erst jetzt frisch eingefallen, dass die Bahn
das umweltfreundlichste Fortbewegungsmittel ist, sobald sie mit Strom aus der Oberleitung
fährt, ob der nun (wie werbemäßig behauptet) zu hundert Prozent aus Ökostrom stammt
(was eine raffiniert eingefädelte PR-Schummelei ist) oder nicht. Auch bei der Bahn kommt
der Strom aus der Steckdose, also der sogenannten „Stromsuppe“, und die wird weitgehend
von Kern- oder Kohlekraftwerken hergestellt. Auch Wind und Sonne liefern zu. Und wenn es
eine Flaute gibt und die Sonne ausnahmsweise nachts nicht scheint, helfen die Nachbarn
zur Linken mit Atom- und die Nachbarn zur Rechten mit Kohlestrom aus. Und das Goldkind
in der Mitten darf weiterträumen und sich aus Widersprüchen das Passende aussuchen und
das nicht Passende ausblenden.
Stefan Aust ist WELT-Herausgeber

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