Rapport du CCR : Évaluation technique de l’énergie nucléaire par rapport au critère «Ne pas nuire significativement» de la réglementation taxonomique.

Lien vers le rapport en anglais qui a fuité :

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ou

https://t.co/5TGipzhl0F

JRC science for policy report

Technical assessment7 of nuclear energy with respect to the

“Do not significant harm” criteria of Taxonomy regulation.

(Traduction libre d’extraits du rapport – Michel Simon (400 pages en 14 pages))

Résumé (en fait, Avant-propos serait plus approprié)

La lutte contre le changement climatique est un défi urgent. L’Union européenne est invitée à intensifier son action pour faire preuve de leadership au niveau mondial en devenant neutre sur le plan climatique d’ici 2050 dans tous les secteurs de l’économie.

Pour cela, il faut compenser, d’ici 2050, non seulement les émissions de CO2 restantes, mais aussi toutes les autres émissions de gaz à effet de serre restantes, comme indiqué dans la Communication « Une planète propre pour tous – Une vision stratégique européenne à long terme pour une économie prospère, moderne, compétitive et climatiquement neutre » et confirmée par la communication sur le « contrat vert européen ».

Pour compléter le cadre politique existant, plusieurs initiatives européennes en matière de contrats verts ont été adoptées et d’autres sont en préparation. Parmi les initiatives adoptées, citons le règlement (UE) 2020/852 (le « règlement sur la taxonomie ») sur l’établissement d’un cadre visant à faciliter l’investissement durable, qui fournit aux entreprises et aux investisseurs des définitions appropriées des activités économiques pouvant être considérées comme durables sur le plan environnemental.

L’inclusion ou l’exclusion de l’énergie nucléaire dans la taxonomie de l’UE a fait l’objet d’un débat tout au long des négociations sur le règlement relatif à la taxonomie. Bien que le règlement contienne des références indirectes à la question de l’énergie nucléaire (notamment en ce qui concerne les déchets radioactifs), les colégislateurs ont finalement laissé l’évaluation de l’énergie nucléaire à la Commission dans le cadre de ses travaux sur les actes délégués établissant les critères de sélection technique.

Le groupe d’experts techniques sur le financement durable (TEG), qui a été chargé de conseiller la Commission sur les critères de sélection technique pour les objectifs d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à celui-ci, n’a pas fourni de recommandation concluante sur l’énergie nucléaire et a indiqué qu’une évaluation plus approfondie des aspects de l’énergie nucléaire relatifs à l’absence de dommages significatifs était nécessaire.

En tant que service scientifique et de connaissance interne de la Commission, doté d’une grande expertise technique dans les domaines de l’énergie et la technologie nucléaires, le CCR a été invité à effectuer cette analyse et à rédiger un rapport d’évaluation technique sur les aspects « Do no significant harm » (DNSH) de l’énergie nucléaire, y compris les aspects liés à la gestion à long terme des déchets radioactifs de haute activité et du combustible nucléaire usé, conformément aux spécifications des articles 17 et 19 de la convention.

Ce Rapport est le compte-rendu des travaux de la Commission JRC

Résumé exécutif – Executive summary

Pour atteindre les objectifs du Green Deal européen, il est fondamental d’orienter les investissements vers des projets et activités durables, avec une évaluation claire de leurs co-bénéfices et risques pour la santé humaine et l’environnement. Le règlement sur la taxonomie (règlement (UE) 2020/852), sur l’établissement d’un cadre pour faciliter les investissements durables, définit les conditions, notamment les objectifs environnementaux, qu’une une activité économique doit remplir pour être qualifiée d’écologiquement durable. Elle définit également le cadre pour le développement d’un système de classification de l’UE (« taxonomie de l’UE ») des activités économiques écologiquement durables à des fins d’investissement.

La Commission européenne a créé un groupe d’experts techniques (TEG) sur la finance durable en juillet 2018 pour élaborer des recommandations concernant les critères techniques de sélection des activités économiques pouvant apporter une contribution aux objectifs d’atténuation ou d’adaptation au changement climatique, tout en évitant de nuire de manière significative aux quatre autres objectifs environnementaux du règlement : – l’utilisation durable et la protection des ressources en eau et des ressources marines ; – la transition vers une économie circulaire ; – la lutte contre la pollution ; et – la protection et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes.

En juin 2019, le TEG a fourni des recommandations préliminaires pour une première série d’activités économiques, ainsi que d’activités économiques, ainsi que les critères de sélection techniques associés, qui devraient apporter une contribution substantielle à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique, tout en ne nuisant pas de manière significative à l’un des autres objectifs environnementaux.

Dans son évaluation de l’énergie nucléaire dans le cadre de son examen des activités de production d’énergie, le TEG a conclu que l’énergie nucléaire a des émissions de gaz à effet de serre proches de zéro dans la phase de production d’énergie et peut contribuer aux objectifs d’atténuation du changement climatique.

Bien qu’il soit justifié de considérer l’énergie nucléaire du point de vue de l’atténuation climatique était donc justifiée, le TEG n’a pas pu parvenir à une conclusion définitive vis-à-vis d’autres objectifs environnementaux, compte tenu notamment du manque d’expérience opérationnelle permanente des sites d’élimination des déchets de haute activité. Par conséquent, l’énergie nucléaire n’a pas été incluse à ce stade dans la Taxonomie de l’UE. En revanche, le TEG a recommandé que des travaux techniques plus approfondis soient entrepris sur l’approche « Pas de dommage significatif » (DNSH) de l’énergie nucléaire.

Au cours de l’été 2020, en accord avec les directions générales de l’énergie (DG ENER), de l’environnement (DG ENV), de la recherche et de l’innovation (DG RTD), de l’action pour le climat (DG CLIMA) et le Secrétariat général de la Commission européenne, la Direction générale de la stabilité financière, des services financiers et de l’Union des marchés de capitaux (DG FIS) a demandé au CCR de réaliser ce « travail technique plus approfondi sur les aspects DNSH de l’énergie nucléaire » comme recommandé par le TEG.

Le CCR a mené une étude pour évaluer la production d’énergie nucléaire selon les critères « do no significant harm » (DNSH) en considérant les effets de l’ensemble du cycle de vie de l’énergie nucléaire en termes d’impacts environnementaux existants et potentiels impacts environnementaux existants et potentiels sur tous les objectifs, en mettant l’accent sur la gestion des déchets nucléaires et radioactifs générés.

Ce rapport présente le résultat de cet examen approfondi. Pour des raisons pratiques et rédactionnelles, le rapport est divisé en deux parties distinctes (partie A et B), complétées par plusieurs annexes.

La partie A est intitulée « Examen de l’état de l’art pour évaluer la production d’énergie nucléaire selon le critère « do no significant harm » (DNSH) et traite de l’examen des impacts environnementaux correspondant aux différentes phases du cycle de vie du nucléaire et la comparaison avec les incidences environnementales d’autres technologies de production d’électricité, telles que le charbon, le gaz naturel, le pétrole et le gaz naturel et les énergies renouvelables (y compris l’hydroélectricité).

La partie B est intitulée « Évaluation spécifique de l’état actuel et des perspectives de la gestion et de l’élimination à long terme des déchets radioactifs » et traite de l’état actuel et des aspects DNSH de la gestion des déchets radioactifs, en mettant l’accent sur l’élimination finale des déchets radioactifs, en se concentrant sur le stockage définitif des déchets radioactifs de haute activité et du combustible nucléaire usé.

Au cours de la préparation de ce rapport, la nécessité d’un aperçu détaillé du cadre juridique et réglementaire pertinent est devenue évidente. Cet aperçu a été inclus dans une annexe intitulée « Contexte juridique et réglementaire de l’énergie nucléaire » (annexe 1). Il s’agit d’un document de référence commun aux parties A et B du rapport, qui présente les principaux éléments des cadres juridiques et réglementaires nucléaires et environnementaux associés.

Ce rapport sera examiné par les experts nationaux des États membres en matière de radioprotection et de gestion des déchets, nommés par le comité scientifique et technique en vertu de l’article 31 du traité Euratom, en tant qu’experts nationaux, ainsi que par des experts des incidences sur l’environnement du Comité scientifique des risques sanitaires, environnementaux et émergents (SCHEER).

Contexte politique

Pour atteindre les objectifs du contrat vert européen et réaliser les objectifs de l’UE en matière d’atténuation du changement climatique et de mix énergétique à l’horizon 2030, il est fondamental d’orienter les investissements vers des projets durables, avec une évaluation claire de leurs co-bénéfices et des risques pour la santé humaine et l’environnement.

Pour y parvenir, un langage commun et une définition claire de ce qui est « durable » sont nécessaires. C’est pourquoi le plan d’action sur le financement de la croissance durable a appelé à la création d’un système de classification commun pour les activités économiques durables, ou d’un « système de classification européen », appelé « taxonomie européenne ».

La taxonomie européenne est un système de classification qui établit une liste d’activités économiques écologiquement durables. Grâce à ce système de classification européen, l’UE disposera d’un moyen uniforme et harmonisé pour déterminer quelles activités économiques peuvent être considérées comme durables. C’est essentiel pour que l’UE devienne le premier continent neutre sur le plan climatique d’ici à 2050, ainsi que pour atténuer la perte de biodiversité et d’autres défis environnementaux de plus en plus urgents.

Ce système est en cours d’élaboration par le biais d’actes délégués et sera publié en deux lots : un sur les objectifs liés au climat et un sur les quatre autres objectifs environnementaux mentionnés ci-dessus.

Le règlement relatif à la taxonomie (RÈGLEMENT (UE) 2020/852) habilite la Commission à adopter des actes délégués et des actes d’exécution afin d’établir la liste actuelle des activités durables sur le plan environnemental, ainsi que les critères de sélection technique associés pour chaque objectif environnemental.

Bien que l’énergie nucléaire ait été reconnue par le TEG comme une « énergie neutre sur le plan climatique », le respect du critère « ne pas nuire de manière significative » du cycle de vie de l’énergie nucléaire, et en particulier l’élimination des déchets radioactifs, nécessite des considérations supplémentaires.

Principales conclusions

– La protection de la population et de l’environnement dans les pays dotés d’installations nucléaires repose sur l’existence d’un cadre réglementaire solide qui supervise la sécurité et les impacts environnementaux de ces installations. L’obtention et le maintien d’un niveau élevé de sûreté pendant la durée de vie des installations nucléaires et la durée des activités connexes nécessitent un cadre gouvernemental, juridique et réglementaire solide, qui prévoit des examens réguliers de la sûreté et des mesures de contrôle, ainsi qu’une surveillance et des rapports stricts.

– L’UE et ses États membres ont élaboré et mis en place un cadre réglementaire complet pour garantir la sûreté des installations nucléaires, conformément aux exigences et recommandations internationales visant à renforcer les systèmes de réglementation pour le contrôle des installations nucléaires tout au long de leur durée de vie. En tant que parties contractantes à la convention sur la sûreté nucléaire et à la convention commune sur la sûreté de la gestion du combustible usé et sur la sûreté de la gestion du combustible usé et sur la sûreté de la gestion des déchets radioactifs, l’UE et ses États membres s’engagent à respecter un ensemble d’obligations et de règles et à assurer la sécurité à l’échelle mondiale, notamment en ce qui concerne leur cadre législatif et réglementaire et leurs organismes de réglementation.

– L’évaluation détaillée des impacts de l’énergie nucléaire dans ses différentes phases du cycle de vie montre que tous les effets non radiologiques et les indicateurs d’impact potentiel sont dominés par la phase d’extraction et de broyage, à l’exception des émissions de gaz à effet de serre (GES), pour lesquelles l’exploitation des centrales nucléaires apporte la plus grande contribution (voir la figure 3.3.1-12 de la partie A et les tableaux A.2-1 et A.2-2 de l’annexe 2).

– Les analyses n’ont révélé aucune preuve scientifique que l’énergie nucléaire est plus dommageable pour la santé humaine ou l’environnement que d’autres technologies de production d’électricité déjà incluses dans la taxonomie comme activités soutenant le changement climatique.

– La comparaison des impacts des différentes technologies de production d’électricité (par exemple, le pétrole, le gaz, les énergies renouvelables et l’énergie nucléaire) sur la santé humaine et sur l’environnement a été effectuée sur la base des récentes analyses du cycle de vie (ACV) présentées au chapitre 3.2 de la partie A, et montre que les incidences de l’énergie nucléaire sont pour la plupart comparables à celles de l’hydroélectricité et des énergies renouvelables, en ce qui concerne les effets non radiologiques.

– En ce qui concerne l’énergie nucléaire, son impact sur la consommation d’eau et la pollution thermique potentielle des masses d’eau doivent être pris en compte de manière appropriée lors des phases de sélection du site, de conception des installations et d’exploitation de la centrale.

– En ce qui concerne les impacts radiologiques potentiels sur l’environnement et la santé humaine, les principales phases du cycle de vie de l’énergie nucléaire qui contribuent de manière significative aux impacts radiologiques potentiels sur l’environnement et la santé humaine, l’environnement et la santé humaine sont : l’extraction et le broyage de l’uranium (traitement du minerai) ; l’exploitation de la centrale nucléaire (production d’électricité au moyen de réacteurs à fission nucléaire) et le retraitement du combustible nucléaire usé.

– Les analyses connexes démontrent que des mesures appropriées pour prévenir l’apparition d’impacts potentiellement nocifs ou pour atténuer leurs conséquences peuvent être mises en œuvre en utilisant la technologie existante à des coûts raisonnables.

– La gestion des déchets radioactifs et leur élimination sûre et sécurisée constituent une étape nécessaire dans le cycle de vie de toutes les applications de la science et de la technologie nucléaires (énergie nucléaire, recherche, industrie, éducation, médical, et autres). Les déchets radioactifs sont donc produits dans pratiquement tous les pays, la contribution la plus importante provenant du cycle de vie de l’énergie nucléaire dans les pays exploitant des centrales nucléaires. Actuellement, il existe un large consensus scientifique et technique sur le fait que l’élimination des déchets radioactifs de haute activité et à longue durée de vie dans des formations géologiques profondes est, dans l’état actuel des connaissances, considéré comme un moyen approprié et sûr de les isoler de la biosphère sur de très longues périodes.

– De même, la technologie de captage et de séquestration du carbone (CSC) repose sur l’élimination à long terme des déchets dans des installations géologiques. Elle a été incluse dans la taxonomie et a reçu une évaluation positive. Le groupe d’experts de la taxonomie considère donc que les défis liés à l’élimination sûre à long terme du CO2 dans des installations géologiques, qui sont similaires aux défis posés par l’élimination des déchets radioactifs de haute activité, peuvent être gérés de manière adéquate. Il existe déjà un cadre réglementaire avancé en place dans les pour le stockage du dioxyde de carbone et la gestion des déchets radioactifs (voir annexe 1). En termes de mise en œuvre pratique, il n’existe actuellement aucun stockage géologique opérationnel pour le dioxyde de carbone ou pour les déchets radioactifs.

– La plupart des ACV consultées sont complètes et incluent dans leurs résultats la contribution de la phase d’élimination aux incidences environnementales globales des deux projets aux incidences environnementales globales, tant sur le plan radiologique que non radiologique.

– D’un point de vue non radiologique, la phase d’élimination ne contribue que légèrement aux émissions globales de gaz à effet de serre, à l’utilisation des sols et à la production de déchets radioactifs. Elle ne contribue pas (les résultats sont nuls ou négligeables) aux indicateurs représentatifs des impacts sur les objectifs du règlement de la taxonomie, à savoir l’utilisation durable et la protection des ressources en eau et des ressources marines, la prévention et la réduction de la pollution, et la protection et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes.

– En ce qui concerne la transition vers une économie circulaire, les matières premières utilisées pour construire les barrières ouvragées des installations d’élimination (par exemple, le cuivre) ne peuvent pas être récupérées. Les quantités nécessaires sont faibles, en particulier si on les compare à la production mondiale et aux longs délais d’élimination.

Certains matériaux résultant de la construction des installations, par exemple une partie de la roche extraite pour construire les tunnels d’un dépôt en roche cristalline, peuvent être commercialisés. – Les mesures visant à garantir que les déchets radioactifs ne portent pas atteinte à la population et à l’environnement comprennent une combinaison de solutions techniques et d’un cadre administratif, juridique et réglementaire approprié. Bien que des points de vue contrastés subsistent, il est généralement admis que les technologies nécessaires au stockage géologique sont désormais disponibles et peuvent être déployées lorsque les conditions publiques et politiques sont favorables. Aucune expérience opérationnelle à long terme n’est actuellement disponible, car les technologies et les solutions sont encore en phase de démonstration et d’essai, et se dirigent vers la première étape de la mise en œuvre opérationnelle.

La Finlande, la Suède et la France sont à un stade avancé de la mise en œuvre de leurs installations nationales de stockage en couche géologique profonde, qui devraient entrer en service au cours de la présente décennie.

– L’impact radiologique des activités liées au cycle de vie de l’énergie nucléaire, y compris la gestion et l’élimination des déchets radioactifs, est réglementé par la loi dans les États membres, qui fixe les rejets maximaux autorisés et l’exposition à la radioactivité pour les groupes professionnellement exposés, pour le public et pour l’environnement.

Le respect de ces limites, établissant les frontières en deçà desquelles aucun dommage significatif n’est causé à la vie humaine et à l’environnement, est une condition préalable à l’autorisation de toute activité liée au cycle de vie nucléaire et que les résultats soient contrôlés par la suite par des autorités indépendantes.

– Sous réserve que toutes les activités industrielles spécifiques du cycle du combustible nucléaire (par exemple, l’extraction de l’uranium, la fabrication du combustible nucléaire, etc.) soient conformes aux cadres réglementaires nucléaires et environnementaux et aux critères d’examen technique correspondants, les mesures de contrôle et de prévention des impacts potentiellement dangereux pour la santé humaine et l’environnement sont en place pour garantir un impact très faible de l’utilisation de l’énergie nucléaire.

– Un résultat important du rapport est la démonstration de l’élaboration de critères de sélection technique (CST) appropriés pour la production d’électricité à partir de l’énergie nucléaire, selon l’approche pratiquée par le TEG dans ses travaux. Les TSC publiés ici sont des propositions préliminaires, illustrant que des critères adéquats peuvent être élaborés pour garantir que l’application de l’énergie nucléaire n’entraîne pas d’effets significatifs sur l’environnement et la santé humaine. Le processus d’élaboration des tableaux TSC pertinents est décrit au cha5pitre 5 de la partie A et des exemples de critères de sélection technique (TSC) pour certaines phases du cycle de vie de l’énergie nucléaire sont présentés en Annexe 4

Principales conclusions

La comparaison des incidences environnementales des différentes technologies de production d’électricité sur la santé humaine et l’environnement permet de tirer les conclusions suivantes :

·        les émissions moyennes de GES sur le cycle de vie déterminées pour la production d’électricité à partir de l’énergie nucléaire sont comparables aux valeurs caractéristiques de l’hydroélectricité et de l’éolien (voir la figure 3.2-6 de la partie A)

·        L’énergie nucléaire a de très faibles émissions de NOx (oxydes d’azote), SO2 (dioxyde de soufre), PM (particules) et COVNM (composés organiques volatils non méthaniques). Ces valeurs sont comparables ou supérieures aux les émissions correspondantes des filières solaire PV et éolienne (voir Figure 3.2-8 et -18 de la Partie A)

·        En ce qui concerne les potentiels d’acidification et d’eutrophisation, l’énergie nucléaire est également comparable ou supérieure à l’énergie solaire photovoltaïque et à l’énergie éolienne (voir les figures 3.2-9 et 10 de la partie A).

·        Il en va de même pour l’écotoxicité de l’eau douce et de l’eau de mer (voir la figure 3.2-11 de la partie A), l’appauvrissement de la couche d’ozone et le POCP (potentiel de création d’oxydants photochimiques, voir la figure 3.2-19 de la partie A).

·        L’occupation du sol pour la production d’énergie nucléaire est à peu près la même que celle d’une centrale au gaz de capacité équivalente, mais elle est nettement inférieure à celle de l’énergie éolienne ou solaire photovoltaïque (voir la figure 3.2-15 de la partie A)

Certains domaines dans lesquels l’utilisation de l’énergie nucléaire nécessite une attention particulière ont également été identifiés :

·        La pollution thermique potentielle des masses d’eau douce : Les grandes centrales nucléaires intérieures utilisant des systèmes de refroidissement à passage unique prélèvent une grande quantité d’eau de la rivière ou du lac utilisé comme puits de chaleur ultime pour le fonctionnement normal de la centrale. Lorsque l’eau de refroidissement réchauffée est renvoyée dans le plan d’eau, elle représente un potentiel de pollution thermique important qui doit être traité de manière adéquate. Afin d’éviter les effets nocifs de la pollution thermique, la température maximale de rejet de l’eau de refroidissement du condenseur, ainsi que la température maximale de la masse d’eau douce, doivent être strictement contrôlées. Les options de prélèvement d’eau et la prévention d’une pollution thermique excessive doivent être soigneusement analysées au cours du processus de sélection du site.

·        Consommation d’eau : Une caractéristique générale des centrales électriques utilisant un cycle thermique spécifique pour convertir la chaleur en énergie mécanique (énergie de la turbine) est la nécessité d’un refroidissement continu. Si la consommation d’eau est très faible pour le refroidissement à passage unique, les technologies utilisant le refroidissement par recirculation, les tours de refroidissement par évaporation ou le refroidissement par bassin consomment généralement une quantité importante d’eau. La consommation d’eau qui caractérise ces technologies de refroidissement reste comparable à celle des installations solaires à concentration et au charbon, tant pour le refroidissement par recirculation que pour le refroidissement par bassin (voir la figure 3.2-7 de la partie A). Lors de la sélection du site, les ressources en eau disponibles et les effets potentiels sur l’environnement d’une consommation d’eau excessive doivent être soigneusement analysés et une solution optimale doit être mise en œuvre.

Outre l’analyse des résultats de l’état de l’art en matière d’évaluation du cycle de vie, l’impact des rayonnements ionisants sur la santé humaine et l’environnement (voir le chapitre 3.4) et l’impact potentiel des accidents graves (voir le chapitre 3.5 de la partie A) ont été largement discutés. Les principales conclusions correspondantes sont les suivantes :

·        L’exposition annuelle moyenne d’un membre du public, due aux effets attribuables à la production d’électricité à partir de l’énergie nucléaire, est d’environ 0,2 microsievert, soit dix mille fois moins que la dose annuelle moyenne due au rayonnement naturel (voir la figure 3.4-1 de la partie A).

·        Selon les études LCIA (analyse d’impact du cycle de vie) analysées au chapitre 3.4 de la partie A, l’impact total sur la santé humaine des émissions radiologiques et non radiologiques de la chaîne de l’énergie nucléaire est comparable à l’impact sur la santé humaine de la chaîne de production éolienne marine.

Les effets potentiellement nocifs des rayonnements ionisants pour le personnel professionnellement exposé sont prévenus par des mesures strictes de radioprotection, de surveillance et de limitation des doses professionnelles. Le principe ALARA (as low as reasonably achievable) est également appliqué pour optimiser les travaux de maintenance de la centrale afin de minimiser les doses de rayonnement reçues par les travailleurs.

·        En ce qui concerne l’exposition du public en cas d’accident, les taux de mortalité des accidents graves et les conséquences maximales (décès) sont comparés dans la figure 3.5-1 de la partie A. Les centrales nucléaires occidentales actuelles de deuxième génération ont un taux de mortalité de 10-7 décès/GWh). Cette valeur est beaucoup plus faible que celle caractérisant toute production d’électricité à base de combustibles fossiles et comparable à celle de l’hydroélectricité dans les pays de l’OCDE et de l’énergie éolienne (seule l’énergie solaire présente un taux de mortalité nettement inférieur).

·        Des accidents graves avec fusion du cœur se sont produits dans des centrales nucléaires et le public est bien conscient des conséquences des trois accidents majeurs, à savoir Three Mile Island (1979, États-Unis), Tchernobyl (1986, Union soviétique) et Fukushima (2011, Japon). Les centrales nucléaires impliquées dans ces accidents étaient de différents types (REP, RBMK et REB) et les circonstances qui ont conduit à ces événements étaient également très différentes. Les accidents graves sont des événements dont la probabilité est extrêmement faible mais dont les conséquences peuvent être graves et ne peuvent être exclus avec une certitude de 100%.

·        Après l’accident de Tchernobyl, les efforts internationaux et nationaux se sont concentrés sur le développement de centrales nucléaires de troisième génération, conçues selon des exigences renforcées en matière de prévention et d’atténuation des accidents graves. Le déploiement de diverses conceptions de centrales de troisième génération a commencé au cours des 15 dernières années dans le monde entier. Aujourd’hui, pratiquement seuls des réacteurs de troisième génération sont construits et mis en service. Ces dernières technologies accidents réduisent considérablement les risques ( 8x 10-10 accidents mortels/GWh, voir la figure 3.5-1 de la partie A). Les taux de mortalité caractérisant les centrales nucléaires de troisième génération les plus modernes sont les plus bas de toutes les technologies de production d’électricité.

·        Les conséquences d’un accident grave dans une centrale nucléaire peuvent être importantes tant pour la santé humaine que pour l’environnement. Des estimations très prudentes des conséquences maximales d’un hypothétique accident nucléaire grave, en termes de pertes de vies humaines, ont été établies et sont présentées au chapitre 3.5 de la partie A, et sont comparées aux conséquences maximales d’accidents graves pour d’autres technologies d’approvisionnement en électricité.

·        Bien que le nombre de décès humains soit un indicateur évident pour caractériser la gravité maximale des conséquences d’un accident, les accidents nucléaires peuvent entraîner d’autres impacts directs et indirects graves qui peuvent être plus difficiles à évaluer. Alors que le public est bien conscient des conséquences dévastatrices sur les biens et les infrastructures, ainsi que sur l’environnement naturel, de cas historiques de catastrophes anthropiques, l’aversion pour les catastrophes et les risques peut être perçue différemment pour les événements nucléaires. L’évaluation des effets de ces impacts n’entre pas dans le cadre du présent rapport du CCR, bien qu’ils soient importants pour comprendre les implications sanitaires plus larges d’un accident.

Les analyses décrites au chapitre 3 de la partie A ont révélé certains effets potentiellement néfastes de l’énergie nucléaire sur la santé humaine et l’environnement. La mise en œuvre de mesures spécifiques, telles qu’une sélection minutieuse des sites, la conception et la construction appropriées des installations, ainsi que la gestion des déchets, conformément aux dispositions réglementaires et législatives applicables, permet de garantir que ces impacts potentiels restent dans les limites établies. Certains des impacts appartenant aux

·        trois phases « dominantes » du cycle de vie (extraction et broyage, exploitation de la centrale et retraitement) nécessitent une attention et une gestion particulières (voir détails dans la section 4.4 de la Partie A).

En ce qui concerne l’état actuel et les perspectives de la gestion et de l’élimination à long terme des déchets radioactifs et du combustible usé, on peut dire que la situation est la suivante :

·        Les déchets radioactifs sont générés à toutes les étapes du cycle de vie de l’énergie nucléaire. Une exigence éthique fondamentale est le principe selon lequel les activités d’aujourd’hui ne doivent pas avoir d’impact négatif et ne doivent pas imposer de fardeau excessif aux générations futures. La gestion des déchets radioactifs, et en particulier leur stockage définitif visent à répondre à ce principe. 

·        L’impact associé à la construction et à l’exploitation des installations de manutention, de transport, de stockage et d’élimination des déchets radioactifs est essentiellement de nature conventionnelle et non radiologique. Diverses études montrent qu’il ne représente qu’une faible part de l’impact global de l’ensemble du cycle du combustible.

·        Bien que les concepts de stockage géologique puissent varier, les impacts environnementaux sont dominés par les activités liées au creusement des tunnels et à la construction des multiples barrières ouvragées. L’analyse de l’impact environnemental des installations de stockage comprend une description des mesures mises en œuvre pour atténuer les effets spécifiques. Les mesures d’atténuation sont également prises en compte pour l’extraction des matières premières nécessaires à la construction du dépôt (par exemple, les métaux et la bentonite pour les barrières ouvragées) afin de limiter l’impact environnemental de la phase de stockage.

·        Les incidences potentielles à long terme des déchets radioactifs au regard du critère « ne pas causer de dommages significatifs » sont de nature radiologique. En raison de leur potentiel de nuisance, les déchets radioactifs et le combustible usé doivent être gérés dans le but de contenir les radionucléides et de les isoler de la biosphère accessible aussi longtemps que possible. Les limites maximales de dose radioactive pour l’homme et pour l’environnement dues aux activités de gestion des déchets et aux installations d’élimination sont fixées par les règlements pertinents.

·        En termes de volume, la plus grande partie des déchets radioactifs provient de l’exploitation et du déclassement des centrales nucléaires et des activités associées du cycle du combustible nucléaire. Il s’agit généralement des déchets de très faible ou faible activité. –

·        Une partie importante des déchets radioactifs potentiels est en fait non radioactive ou très faiblement radioactive (provenant principalement des activités de démantèlement). Si le cadre juridique et réglementaire national l’autorise, les matériaux dont les niveaux de radioactivité sont inférieurs aux seuils d’autorisation peuvent être soustraits au contrôle réglementaire par le biais d’un processus d’autorisation, c’est-à-dire qu’elles ne sont plus considérées comme des déchets radioactifs et peuvent être réutilisées, recyclées ou encore gérées comme des déchets conventionnels. Certains matériaux ou équipements qui ne peuvent pas être soustraits au contrôle réglementaire peuvent néanmoins être autorisés à être réutilisés ou recyclés en maintenant le contrôle réglementaire. –

·        L’extraction et le traitement de l’uranium produisent également de grandes quantités de déchets de très faible activité en raison de la formation de décharges de stériles et/ou de résidus. Ces décharges et résidus sont situés à proximité des mines d’uranium et des usines de traitement du minerai correspondantes, et leur gestion respectueuse de l’environnement peut être garantie par l’application de mesures standard de traitement des résidus et des stériles.

·        En termes de radioactivité, les principaux contributeurs sont le combustible usé et les déchets de haute activité. Ces matériaux contiennent des radionucléides à longue durée de vie qui restent radioactifs pendant une très longue période – jusqu’à cent mille ans ou plus- ce qui correspond à plusieurs générations.

·        Les déchets radioactifs sont collectés et caractérisés afin de déterminer leurs propriétés physiques, chimiques et radiologiques, puis triés et séparés en fonction de la filière de gestion, qui dépend des propriétés des déchets et de la stratégie nationale. Les déchets radioactifs sont traités et conditionnés en vue de leur élimination. L’entreposage est une étape nécessaire pour permettre la désintégration des radionucléides à vie courte, et pour collecter et accumuler une quantité suffisante de déchets radioactifs en vue de leur traitement, de leur conditionnement ou de leur élimination. Le stockage garantit également la sécurité des déchets radioactifs jusqu’à ce que l’installation d’évacuation commence à fonctionner.

·        La sûreté des déchets radioactifs et du combustible usé pendant leur stockage avant leur élimination est assurée par des dispositifs de sûreté passive adéquats (confinement, blindage, etc.), mais elle repose également sur une surveillance et un contrôle actifs par les exploitants des installations.

·        Les déchets de très faible et de faible activité, ainsi que certains déchets de moyenne activité, sont évacués dans des installations d’évacuation en surface ou à proximité de la surface, qui isolent les déchets de l’environnement.

Les déchets de très faible et de faible activité, ainsi que certains déchets de moyenne activité, sont stockés dans des installations de stockage en surface ou à proximité de la surface, qui isolent les déchets à l’aide de barrières techniques et naturelles pendant une période de l’ordre de 300 ans, après quoi la radioactivité s’est désintégrée pour atteindre des niveaux inoffensifs. Sur une telle échelle de temps, le comportement des barrières ouvragées est bien connu et prévisible, et elles sont considérées comme suffisamment fiables. Dans le cadre du processus d’autorisation, la démonstration de sûreté doit prouver qu’au cours des 300 premières années, les doses à la population en raison de toute circonstance prévisible (y compris les événements naturels extrêmes et l’intrusion humaine) sont maintenues en dessous des limites fixées par l’autorité réglementaire.

·        L’élimination des déchets de très faible et faible activité dans des installations de surface ou proches de la surface est une réalité industrielle, et des installations ont été construites et exploitées dans de nombreux pays. Certaines d’entre elles ont terminé leur exploitation et sont entrées dans la phase de contrôle institutionnel. Les mécanismes et processus mis en place sont robustes, permettent d’identifier les situations non sûres et assurent l’amélioration de la sécurité de l’élimination.

·        Les déchets de moyenne activité qui ne peuvent être éliminés dans des installations de surface ou proches de la surface sont éliminés à de plus grandes profondeurs, dans des installations de stockage géologique.

·        Pour les déchets radioactifs de haute activité et le combustible usé, il existe un large consensus parmi les communautés scientifiques, technologiques et réglementaires sur le fait que le stockage définitif dans des dépôts géologiques profonds est la solution la plus efficace et la plus sûre pour garantir l’absence de dommages significatifs à la vie humaine et à l’environnement pendant la période requise.

Le stockage définitif de combustible usé et de déchets radioactifs dans un dépôt prévoit leur mise en place dans un système à barrières multiples (artificielles et naturelles) dans une formation géologique stable à plusieurs centaines de mètres de profondeur. La configuration

·        spécifique du dépôt dépend des caractéristiques et de la radioactivité des déchets. La configuration à barrières multiples du dépôt empêche les espèces radioactives d’atteindre la biosphère pendant la durée nécessaire. En l’absence de rejets d’espèces radioactives dans la biosphère accessible, il n’y a ni pollution radiologique ni dégradation d’écosystèmes sains, y compris l’eau et l’environnement marin.

·        La sécurité des dépôts en couches géologiques profondes pendant l’exploitation comprend une surveillance et un contrôle actifs. La sécurité à long terme des déchets radioactifs dans le dépôt en couches géologiques profondes, en particulier après sa fermeture, ne doit pas dépendre d’un contrôle institutionnel et doit être basée sur des caractéristiques passives inhérentes. Les caractéristiques passives comprennent les barrières techniques et naturelles qui ne nécessitent pas d’alimentation continue des systèmes actifs (par ex. électricité), un entretien périodique, le remplacement de pièces ou une surveillance permanente. Dans le cas d’un dépôt géologique profond pour le stockage définitif du combustible usé et des déchets de haute activité, les structures de l’installation et le milieu naturel doivent remplir leur fonction de confinement sans intervention extérieure aussi longtemps que nécessaire.

·        La mise en œuvre d’un dépôt en couches géologiques profondes pour garantir que les déchets radioactifs ne nuisent pas à la population et à l’environnement est un processus par étapes, qui comprend une combinaison de solutions techniques et un cadre administratif, juridique et réglementaire solide. Chaque étape est franchie sur la base d’un processus décisionnel  documenté, dans lequel l’état de l’art scientifique et technique, l’expérience opérationnelle, les aspects sociaux et les mises à jour de la réglementation sont pris en compte. La conformité doit être assurée et démontrée pour toutes les étapes soumises à une surveillance active de la part des opérateurs, ainsi que pour la durée à très long terme, associée à l’élimination finale des déchets à vie longue et de haute activité et du combustible usé (phase de post-fermeture). Ce processus permet de prendre des décisions qui sont flexibles, et de choisir entre différentes options pour l’avenir.

·        À l’exception partielle de ce que l’on appelle les analogues naturels (c’est-à-dire les sites où des réacteurs nucléaires naturels se sont produits il y a des milliards d’années), il n’existe aucune preuve empirique générée par une installation d’élimination des déchets radioactifs qui est passée par la phase de pré-exploitation, d’exploitation et de post-fermeture pour toute la durée prévue (jusqu’à cent mille ans ou plus pour un dépôt en couches géologiques profondes). Pour cette raison, la sécurité de l’élimination pendant la phase de post-fermeture est démontrée par un processus robuste et fiable qui confirme que la dose ou le risque pour le public sont maintenus en dessous des limites établies dans toutes les circonstances pendant les échelles de temps d’intérêt et en l’absence de surveillance et de contrôle humains directs.

·        La démonstration de sûreté comprend des calculs et des modèles du comportement des barrières ouvragées dans différentes circonstances, de la libération et du transport des radio-isotopes à travers les barrières, des effets des événements climatiques, y compris les phénomènes hydrogéologiques, sismiques et autres phénomènes extrêmes, et de l’impact sur la vie humaine et/ou l’environnement des rejets potentiels de radionucléides provenant des déchets. Les modèles et les calculs représentent l’état de l’art des connaissances générées par plusieurs décennies d’études et de recherches sur toutes les propriétés et tous les mécanismes pertinents qui affectent l’ensemble du système de stockage. L’analyse est étayée par l’application des lois naturelles qui régissent le comportement à long terme du substratum géologique et l’évolution des facteurs externes pertinents (par exemple, le climat).

·        La démonstration de sûreté fait l’objet d’un examen approfondi, indépendant et critique, de la part de l’autorité réglementaire, et la procédure d’autorisation inclut l’implication des communautés locales dans le processus de prise de décision.

·        La démonstration de sûreté implique l’analyse de scénarios, la représentation de modèles et le développement d’une compréhension de la probabilité que des radionucléides soient libérés d’un dépôt, les circonstances dans lesquelles ils le seront et quelles seraient les conséquences de ces rejets pour l’homme et l’environnement.

·        Un des défis de ces études est la très longue durée et la complexité des phénomènes qui régissent les fonctions de sûreté, ainsi que le traitement des incertitudes dans les scénarios, dans les modèles et dans les données. La démonstration de sûreté fournit des indicateurs quantitatifs qui sont comparés aux exigences de la réglementation. Les résultats peuvent être exprimés en termes de dose à l’homme en fonction du temps couvrant le cas de référence, qui doit donner des valeurs bien inférieures aux limites réglementaires, comme l’illustre la figure 5.2.4-4 de la partie B, et incluant des scénarios de simulation qui envisagent des circonstances extrêmes très improbables, susceptibles de produire des doses plus élevées.

·        La recherche, le développement et la démonstration (RD&D) menés à l’appui de la gestion sûre des déchets radioactifs, y compris leur évacuation, sont un élément clé de la gestion des déchets radioactifs dans chaque programme national et international. Compte tenu des longs délais et de la dimension sociopolitique, la RD&D fournit principalement la base scientifique pour la mise en œuvre de solutions sûres pour la gestion des déchets radioactifs, la confiance des parties prenantes, l’acceptation du public et la formation des prochaines générations d’experts.

·        Un effort de recherche important a été consacré à la maximisation de la fraction du combustible nucléaire usé qui peut être recyclée dans les réacteurs nucléaires et à réduire la radiotoxicité à long terme des déchets de haute activité (DHA) à évacuer dans le dépôt géologique. Ces deux buts sont en rapport avec l’objectif environnemental « Transition vers une économie circulaire, prévention et recyclage des déchets ». Étant donné que les réacteurs à neutrons rapides permettent un (re)cycle multiple des fractions de combustible/déchets non consommées/brûlées, le résultat final de l’itération de ce processus serait un système permettant l’utilisation presque complète du combustible et une fraction de plus en plus réduite d’espèces à longue durée de vie (principalement en termes de teneur en actinides mineurs) dans le combustible irradié. Bien qu’essentiellement toutes les étapes de ce processus, également appelées partitionnement et transmutation, aient été démontrées à l’échelle du laboratoire, le niveau de préparation de la technologie ne correspond pas encore à la maturité industrielle.

·        Une variété d’outils et d’approches est utilisée pour fournir des preuves scientifiques à l’appui d’une élimination sûre des déchets radioactifs. Des formes de déchets représentatives, notamment le combustible usé réel et les déchets vitrifiés de haute activité, sont étudiées dans des installations de laboratoire chaudes afin de déterminer les propriétés et le comportement des déchets exposés à des combinaisons de caractéristiques environnementales simulées. Des analogues sur mesure sont utilisés pour étudier des effets de réactions particulières. L’étude des analogues naturels peut fournir des informations très précieuses, par exemple sur la migration des déchets dans une formation géologique. Les expériences réalisées dans des laboratoires de recherche souterrains permettent d’acquérir des connaissances et des données sur les propriétés de la roche d’accueil et leur impact sur la migration des radionucléides. L’ensemble des données expérimentales et des connaissances sont utilisées pour développer et valider des modèles en utilisant des codes de pointe. La modélisation est largement utilisée pour comprendre les comportements et les tendances observés expérimentalement et pour obtenir des capacités de prédiction pour des systèmes complexes.

4 Résumé de l’évaluation DNSH pour l’énergie nucléaire et recommandations

En s’appuyant sur les résultats et les conclusions des analyses décrites au chapitre 3 (Résumé des résultats des études ACV de pointe sur l’énergie nucléaire), le présent chapitre 4 donne un aperçu des résultats obtenus.

L’état de l’art des études ACV sur l’énergie nucléaire), le présent chapitre 4 donne un aperçu des résultats synthétisés et formule des recommandations sur la compatibilité de l’énergie nucléaire avec les principes de base synthétisés et formule des recommandations sur la compatibilité de l’énergie nucléaire avec les principes et les objectifs de la Taxonomie.

4.1 Principales conclusions des analyses présentées au chapitre 3.2

Le chapitre 3.2 a fourni une comparaison détaillée des impacts potentiellement exercés par diverses technologies de production d’électricité  (par exemple, le pétrole, le gaz, les énergies renouvelables et l’énergie nucléaire) sur la santé humaine et l’environnement. La comparaison est basée sur des études ACV récentes et utilise uniquement des preuves scientifiques. Il convient de noter que le chapitre 3.2 n’est pas entré dans le détail des effets potentiels des matières radioactives et des rayonnements sur la santé humaine et l’environnement car ces questions ont été principalement abordées aux chapitres 3.3, 3.4 et 3.5.

Les principales conclusions de la comparaison peuvent être résumées comme suit :

·        Les émissions moyennes de GES sur le cycle de vie déterminées pour la production d’électricité à partir de l’énergie nucléaire sont comparables aux valeurs caractéristiques de l’hydroélectricité et de l’énergie éolienne (voir figure 3.2-6) ;

·        L’énergie nucléaire émet très peu de NOx (oxydes d’azote), de SO2 (dioxyde de soufre), de PM (particules) et de COVNM (composés organiques volatils non méthaniques).

·        Si l’on considère d’autres catégories d’impact (par exemple, les potentiels d’acidification et d’eutrophisation), l’énergie nucléaire est à nouveau comparable à l’énergie solaire photovoltaïque et à l’énergie éolienne (voir les figures 3.2-8 et 3.2-18).

·        L’occupation du sol pour l’énergie nucléaire est à peu près la même que pour une centrale au gaz de capacité équivalente, mais elle est nettement inférieure à celle de l’énergie éolienne ou solaire.

En plus des résultats positifs énumérés ci-dessus, certains domaines ont été identifiés, dans lesquels l’utilisation de l’énergie nucléaire doit faire l’objet d’une attention particulière.

·        Pollution thermique potentielle des eaux douces. Les grandes centrales nucléaires intérieures utilisant des systèmes de refroidissement à passage unique prélèvent une grande quantité d’eau dans la rivière ou le lac utilisé comme source de chaleur ultime pour le fonctionnement normal de la centrale. Lorsque l’eau de refroidissement réchauffée est renvoyée dans le plan d’eau, elle représente un potentiel de pollution thermique important qui doit être traité de manière adéquate. Par exemple, une centrale nucléaire d’une capacité électrique de 1 000 MWe utilise environ 175 000 à 200 000 m3/h d’eau de refroidissement du condenseur, qui est plus chaude que la masse d’eau douce où elle est prélevée d’environ 10°C, lorsqu’elle est rejetée dans le canal de sortie de l’eau de refroidissement.

Afin d’éviter les effets nocifs de la pollution, la température maximale de décharge de l’eau de refroidissement du condenseur, ainsi que la température maximale de la masse d’eau douce après le prélèvement de l’eau de refroidissement, doivent être strictement contrôlées. Il convient de noter que pour centrales nucléaires côtières, la pollution thermique de l’eau de mer

·        est moins problématique, car la mer représente un milieu de mélange pratiquement infini pour l’eau de refroidissement réchauffée si elle est rejetée dans la mer à une distance appropriée de la côte. Les options de prélèvement d’eau et l’évitement d’une pollution thermique excessive doivent être soigneusement analysées lors de la conception du projet.

·        Consommation d’eau. Une caractéristique générale des centrales électriques utilisant un cycle thermique spécifique (par exemple, le cycle de Rankine) pour convertir la chaleur en énergie mécanique (dans notre cas, l’énergie de rotation de la turbine) est la nécessité d’un refroidissement. Les chapitres 3.2 et 3.3.7 (exploitation des centrales nucléaires) abordent les différentes technologies de refroidissement et soulignent que la consommation d’eau est très faible pour les centrales à refroidissement à passage unique. Les technologies utilisant le refroidissement par recirculation, les tours de refroidissement par évaporation ou le refroidissement par bassin consomment généralement une quantité importante d’eau pour compenser les pertes dues à l’évaporation.

·        La consommation d’eau caractérisant ces technologies de refroidissement est comparable à celle de l’énergie solaire à concentration et du charbon, tant pour le refroidissement par recirculation que pour le refroidissement par bassin (voir Figure 3.2-7).

·        Lors de la sélection du site, les ressources en eau disponibles et les effets environnementaux  potentiels d’une consommation d’eau excessive doivent être soigneusement analysés et une solution optimale doit être trouvée, si possible.

Les incidences de l’énergie nucléaire sur la santé humaine et l’environnement sont généralement comparables à celles de l’hydroélectricité et les énergies renouvelables, si l’on tient compte des effets non radiologiques.

Les analyses décrites au chapitre 3.2 n’ont révélé aucune preuve scientifique que l’énergie nucléaire est plus nocive pour la santé humaine ou l’environnement que les autres technologies de production d’électricité déjà incluses dans la Taxonomie en tant qu’activités contribuant à l’atténuation du changement climatique.

Les questions liées à la consommation d’eau et à la pollution thermique potentielle de l’énergie nucléaire doivent être traitées de manière appropriée lors des phases de sélection du site, de conception des installations et d’exploitation de la centrale.

Ils osent dénoncer la fermeture prématurée de 1/3 de nos réacteurs nucléaires Français : et vous ?

La France doit trouver des leaders d’opinion, artistes, sportifs, etc… qui osent s’engager publiquement pour faire annuler cette destruction programmée dans la loi par la minorité pseudo-verte de 1/3 des 58 réacteurs d’ici 2035.

« Je dis non à la destruction de nos citadelles climatiques en France : Changeons la loi. »

Le sabordage en 2020, commandité par le couple Macron/Hollande dès 2015, de la centrale de Fessenheim en Alsace, dite « la plus rénovée et sûre de France » par l’ASN, fait perdre à la France et aux plus précaires au moins 10 milliards € sur 20 ans. Et surtout condamne notre lutte climatique.

Allez voir le diaporama ici de l’asdociation à but non lucratif « Les Voix ».

Qui d’autre fait son coming out climatique ?

La lettre pro intermittence qu’il ne faut pas que les polytechniciens signent

Voici une lettre sur la défensive, vu la force des arguments simples et légitimes de ceux qui refusent que le green business ne freine trop la lutte climatique. Les energies intermittentes ne sont pas matures mais veulent ponctionner 100 % du budget énergétique des Francais…

La lettre qu’il ne faut pas que les polytechniciens signent :

Monsieur le Président,


Le 27 janvier dernier, RTE et l’Agence internationale de l’énergie ont publié leur étude commune sur les « conditions et prérequis en matière de faisabilité technique pour un système électrique avec une forte proportion d’énergies renouvelables à l’horizon 2050 », et ont ouvert simultanément la consultation publique sur le cadrage et les hypothèses des scénarios du Bilan prévisionnel long terme « Futurs énergétiques 2050 ».
L’étude comme le document de consultation témoignent de la rigueur et du sérieux qui ont animé vos équipes lors de leur rédaction et nous tenons en premier lieu à saluer ce travail qui marque incontestablement un jalon décisif dans les réflexions en cours sur les perspectives du système électrique français.
Dans cette étude, RTE et l’AIE ont mis en évidence quatre ensembles de conditions techniques à satisfaire pour permettre l’intégration d’une proportion très élevée d’énergies renouvelables en France avec une sécurité
d’approvisionnement assurée.
Ces conditions sont indubitablement des défis ambitieux, mais les signataires de cette contribution partagent
trois convictions : (i) ces défis aussi ambitieux soient-ils, ne le sont pas plus que d’autres qui ont été relevés par le passé,

NDLR : Pas de factuel…

(ii) les solutions techniques et technologiques permettant de relever ces défis existent pour la plupart déjà,

NDLR : Faux : ils sont ruineux et hyper-polluants

et (iii) la France dispose d’atouts importants pour relever ces défis et elle a vocation à exercer un rôle
industriel de premier plan dans ce secteur en plein essor.

NDLR : Faux, sur son territoire elle a tout à y perdre. Pour l’export c’est autre chose.

Cf le bilan calamiteux décrit par Lionel Taccoen.


Réunis par ces convictions et par leur implication dans le secteur de l’énergie au travers d’un large panel de fonctions et champs d’expertise, les [X] polytechniciens signataires de cette contribution ont aussi en commun une formation d’ingénieur exigeante qui leur a transmis, outre une solide formation scientifique, l’intérêt pour l’innovation, l’esprit de conquête industrielle, le goût de prendre part au débat public et le sens de l’intérêt général. Enfin, ils partagent la conviction qu’il en va de la responsabilité des ingénieurs d’aujourd’hui de ne pas hésiter à questionner les « vérités » d’hier, et de contribuer à un débat éclairé sur les choix technologiques que
devra bientôt prendre notre pays.

NDLR : En quoi ces slogans « d’hier » forme une critique éthique et noble ?


C’est la raison pour laquelle nous avons souhaité prendre l’initiative de cette modeste contribution. Elle se gardera de commenter le contenu des scénarios envisagés :

NDLR : Cela semble contradictoire. Tous les scénarios supérieurs à 12 % d’énergie finale nucléaire ont eté censurés par des politiciens. La science s’honore de mettre en cause ces petits arrangements entre EELV et le PS, non dénoncés par les Verts En Marche.

nous savons bien le travail conséquent de modélisation, de prospective et de concertation préalable qui a permis de construire ces scénarios qui
représentent chacun un futur possible et dont on ne saurait discuter la pertinence dans une lettre de quelques pages.

NDLR : Curieuse auto-censure alors que tous les partis rationalistes du PCF à LR dénoncent cette imposture intellectuelle et ruineuse incarnée par cette PPE sans justification (d’où vient ce 50 % d’électricité alors que le climat doit primer ?)

Mais nous tenterons d’esquisser quelques perspectives de réponse aux quatre conditions identifiées dans l’étude, après un bref un rappel du contexte mondial dans lequel ces réflexions s’inscrivent et des enjeux industriels qui en découlent. Enfin, en réponse à des questions soulevées dans le document de consultation, il
nous a également paru important de livrer quelques considérations sur l’acceptabilité des énergies
renouvelables. L’amélioration ou le maintien de cette dernière nous paraît être en effet une condition au moins aussi (voire plus) déterminante que les conditions techniques, pour que la France parvienne à atteindre la
neutralité carbone en 2050

  1. Le contexte mondial et les enjeux industriels
    Le secteur de l’énergie vit actuellement une révolution majeure à l’échelle mondiale. Les énergies renouvelables
    connaissent une croissance exponentielle et constituent depuis 2016 la première source d’électricité nouvellement mise en service chaque année dans le monde.

NDLR : Justement. Plus on déploie exclusivement des énergies intermittentes et chères au TWh pilotable décarboné produit, plus la lutte climatique est perdue.

En 2020, près de 180 GW de centrales de production d’énergie solaire et éolienne supplémentaires ont été installées, soit une capacité correspondant à 75% de l’ensemble des nouvelles installations qui ont été raccordées cette année – toutes sources confondues (charbon, gaz, nucléaire, hydroélectricité, etc).

NDLR : Quelle malhonnêteté intellectuelle de s’exprimer en puissance installée alors que tout le monde sait que leur facteur de charge est très faible…!

Il suffit de rappeler que 15 années auparavant, l’ajout de nouvelles capacités solaires et éoliennes atteignait à peine 6 GW, pour prendre la mesure des bouleversements qui sont à l’œuvre.

Les investissements considérables réalisés dans ce domaine ne sont pas seulement guidés par des
préoccupations environnementales, mais traduisent surtout une nouvelle réalité économique : ces énergies –
notamment l’éolien et le solaire photovoltaïque – sont désormais parmi les plus compétitives, sinon les plus compétitives.

NDLR : « Considérables » ? Oui au regard justement des TWh produits. Le nucléaire coûte 5 à 10 fois moins cher à service égal.

Reposant sur des moyens de production décentralisés par nature et pouvant être déployés à de multiples échelles (de la maison individuelle à la centrale de taille industrielle), elles modifient radicalement les fondements mêmes du système électrique tel que nous le connaissions.

NDLR : Precisement. Decentralisé signifie extensif et polluant. Cf les notions d’#ELF.


Dans un tel contexte, pour tout pays prétendant au rôle de puissance mondiale, les énergies renouvelables ne sont plus uniquement un volet de sa politique énergétique et climatique, mais deviennent aussi de plus en plus un enjeu géopolitique et un axe industriel stratégique.

NDLR : Aucun rapport avec le mix électrique francais qui est déjà décarboné à 95 %. Et pour 2 fois moins cher que l’Allemagne.


La France et l’Europe n’ont pas perdu la bataille industrielle des énergies renouvelables : elle ne fait que commencer. Certes, dans ce domaine comme dans tant d’autres, des erreurs ont été commises et nous avons laissé d’autres grandes puissances mondiales prendre de l’avance, mais un rattrapage est possible dans plusieurs domaines car nous disposons de l’expertise nécessaire et d’un marché domestique encore très en deçà de son plein potentiel.

NDLR : Quelles erreurs ? Pas de factuel. L’erreur vient plutôt de la bulle solaire et de la faillite de l’éolien d’Areva.

La rapidité de transformation de ce secteur est telle que les cartes sont rebattues en permanence.
Sur le plan technologique et industriel, la chaîne de valeur ne se limite pas aux panneaux solaires et aux turbines
éoliennes : des domaines comme le stockage de l’énergie, les réseaux intelligents, la convergence avec la
mobilité, la production d’hydrogène, vont être amenés à jouer un rôle essentiel dans le sillage de la croissance
des énergies renouvelables dans les mix énergétiques.

NDLR : Pas du tout. Cette nouvelle bulle H2 intéresse les opportunistes. Elle n’est pas mature et va engloutir des subventions inutiles sauf pour des niches industrielles effectivement.

L’Europe semble avoir pris la mesure de l’enjeu avec trois
initiatives visant à faire émerger des projets industriels de grande envergure :

  • L’Alliance Européenne pour les Batteries (1 ) a été lancée en octobre 2017 par le Vice-Président de la
    Commission Européenne Maroš Šefčovič et implique aujourd’hui plus de 500 acteurs. Selon la
    Commission Européenne (2)
    , quelque 4 à 5 millions d’emplois industriels pourraient être créés si l’UE
    s’impose comme leader du marché des batteries. Dans le cadre de ce programme, la Commission européenne a autorisé en décembre 2019 un projet important d’intérêt européen commun (IPCEI)
    réunissant un consortium de 17 entreprises qui investissent 5 milliards d’euros, et subventionné par
    sept Etats à hauteur de 3,2 milliards d’euros (3)

NDLR : Quelle rapport avec la censure des scenarios à 15 % d’énergie finale nucléaire ?

  • L’IPVF et le Fraunhofer-Institut für Solare Énergiesysteme (ISE) ont lancé un « Call for Action » en mai 2020, appelant à lancer un autre IPCEI cette fois-ci pour produire en masse des wafers, des cellules et des modules photovoltaïques (4)
    . Dans la continuité de cette initiative, SolarPower Europe et EIT InnoEnergy viennent d’annoncer la création de l’European Solar Initiative (5) avec le soutien de la
    commissaire européenne à l’énergie Kadri Simson et du commissaire européen au marché intérieur

Thierry Breton, avec pour objectif de porter les capacités européennes de production de panneaux solaires à 20 GW par an

NDLR : Quel rapport avec le climat ? En hiver en Europe le soleil est presque absent. Et le soir…

  • La Commission Européenne a lancé la European Clean Hydrogen Alliance (6)
    le 8 juillet 2020 et établi une
    stratégie (7) qui prévoit le déploiement de 40 GW d’électrolyseurs d’ici 2030 et qui stipule explicitement
    que la priorité sera de produire cet hydrogène à partir d’électricité solaire et éolienne.

NDLR : A quel coût de la tonne de CO2 évitée ? Aucune gouvernance autre que le lobby antinucléaire.

  • Selon le commissaire européen Thierry Breton (8)
    , ce programme permettra la création de près d’un million
    d’emplois en Europe.

NDLR : Des promesses. La Chine va ruiner à nouveau ces fuites en avant. Combien aura coûté chaque emploi ?


  • Grâce à ces initiatives européennes, la France dispose de l’opportunité de rester dans la course mondiale à
    condition de s’en donner les moyens. Parmi les signaux encourageants :
  • Elle fait partie des 7 Etats impliqués au sein de l’IPCEI sur les batteries avec plusieurs projets d’usines en
    cours de concrétisation (9)
    .
  • Elle s’est dotée d’une stratégie nationale pour l’hydrogène décarboné (10), prévoyant 7.2 milliards d’euros
    d’investissements et un objectif de 6.5 GW d’électrolyseurs à l’horizon 2030.
  • Elle a inscrit l’industrie des « Nouveaux Systèmes Energétiques” parmi les 18 filières prioritaires
    identifiées par le Conseil National de l’Industrie (11) et l’a donc dotée d’un Comité Stratégique de Filière
    qui se mobilise sur la réindustrialisation dans les domaines de l’énergie solaire12 et éolienne (13)
    .
    Si nous avons jugé utile de rappeler ainsi le contexte et les dispositions prises par l’Europe et la France dans ces
    domaines, c’est pour montrer que notre conviction que la France peut exercer un rôle industriel de premier plan
    dans le domaine des énergies renouvelables s’appuie sur des éléments tangibles.
    Au-delà des stricts enjeux industriels liés à la fabrication d’équipements (rappelés ci-dessus), s’agissant des
    futures capacités de production d’électricité les enjeux économiques sont tout aussi considérables puisqu’il s’agit
    d’assurer la compétitivité de notre mix électrique.

NDLR : Il est déjà compétitif.

  • L’étude publiée dans la revue The Energy Journal fin 2020 par
    le CIRED (14), apporte des éléments indiscutables pour attester de cette compétitivité d’un mix électrique reposant
    sur une part très élevée d’énergies renouvelables.

NDLR : Faux. Cette étude biaisée a été refutée par de nombreux économistes dont Henri Prévot.

  • En termes de créations d’emplois, la production d’électricité renouvelable n’est pas un gisement négligeable : l’Etude Prospective emplois et compétences de la filière
    électrique (15) prévoit ainsi que le développement des énergies renouvelables pourrait créer entre 34 000 et 66
    000 emplois selon la fourchette basse ou haute de la PPE.

NDLR : Des emplois artificiels et non pérennes. Sauf pour les ENR chaleur.


  • C’est dans ce cadre que des milliers d’ingénieurs et entrepreneurs, dont les signataires de la présente ne
    constituent qu’un infime échantillon, travaillent depuis plusieurs années pour relever les quatre défis techniques
    qui conditionneront la réussite de la transition vers un mix électrique comportant une part importante d’énergies
    renouvelables
  1. Les solutions existantes
    Comme indiqué en préambule, les quatre conditions techniques (maintien de la stabilité du système électrique,
    développement des flexibilités pour garantir la sécurité d’alimentation, fonctionnement des réserves opérationnelles et développement des réseaux d’électricité) peuvent être satisfaites par des solutions qui
    existent pour la plupart déjà – et sont décrites de manière approfondie dans l’étude RTE/AIE.

NDLR : Faux.

Il ne s’agit donc pas ici de faire une nouvelle synthèse de cette étude, mais de partager notre vision de quelques grandes familles de solutions et des exemples illustrant le niveau de maturité qu’elles atteignent déjà :
a. Prévisions de production
L’amélioration de la précision des prévisions météorologiques joue évidemment un rôle clef pour faciliter l’intégration d’une part importante d’énergies renouvelables dans les systèmes électriques et les marchés de
l’électricité.

NDLR : Prevoir l’absence de vent ou de soleil n’évite pas d’importer du gaz fossile.


A titre d’exemple, le projet européen Smart4RES16 piloté par les Mines Paris Tech a été lancé fin 2019 pour développer des modèles de prévision météorologique à très haute résolution, capables d’intégrer des données
issues de sources multiples (17). Le fait de pouvoir couvrir les besoins de prévisions de différentes échelles de temps
(quelques minutes, quelques heures ou quelques jours) avec un seul modèle météo et non plusieurs,
constituerait une rupture significative dans la performance de la prévision.
b. Grid forming
Les nouvelles générations d’onduleurs ont la faculté de mieux communiquer avec le réseau et peuvent participer
à la formation du signal électrique de façon dynamique.
A titre d’exemple, le projet MIGRATE
18 (Massive InteGRATion of power Electronic devices) piloté par le
gestionnaire de réseaux TenneT et réunissant 10 gestionnaires de réseau, 12 centres de recherche et le groupe
Schneider, a permis de développer des solutions technologiques innovantes pour le contrôle des onduleurs et
de les valider sur du matériel à échelle réduite.

NDLR : Sans commune mesure avec le besoin. Aucun chiffre.


c. Flexibilités (hors stockage)
Il existe plusieurs leviers possibles de flexibilité permettant de palier les contraintes que la variabilité des énergies renouvelables pourraient entrainer sur le réseau.

  • Le pilotage de la demande : il peut prendre la forme d’un effacement rémunéré, une solution déjà
    mature qui fait l’objet de contrats avec de nombreux industriels ainsi que d’une valorisation dans le
    cadre du marché de capacité.

NDLR : Rémunéré par qui ? Comme si l’intermittence ne coûtait pas déjà assez cher. La Cour des comptes a dénoncé fortement cette idéologie politisée.

  • L’effacement peut également s’envisager de façon diffuse (19), notamment en France qui est un territoire idéal du fait de l’importance du chauffage électrique dans le parc
    immobilier résidentiel. Cet effacement diffus est un relais de développement qui sera indispensable
    pour atteindre les objectifs prévus par la PPE (6,5 GW de capacité d’effacement à l’horizon 2028).

NDLR : Objectif idéologique. Le punitif a créé le mouvement des gilets jaunes. Couper le chauffage 15 mn ne suffit pas.

  • Le pilotage peut aussi prendre la forme d’une optimisation du profil de consommation, via une gestion dédiée des appareils dont le fonctionnement peut être décalé au moment le plus opportun. Le déploiement des compteurs Linky permet d’améliorer encore cette modulation de la demande en
    transmettant des signaux prix incitatifs à un ajustement vertueux de la courbe de charge. D’immenses progrès sont encore possibles dans les années à venir, par exemple s’agissant du potentiel de stockage de chaleur dans le résidentiel après rénovation thermique, et du stockage de froid dans de nouvelles
    machines frigorifiques à forte inertie thermique.

Les écrêtements de production : les technologies actuelles permettant leur pilotage et rendent donc cette solution envisageable, sous réserve de la mise en place d’un modèle de marché valorisant cette
flexibilité et permettant d’équilibrer l’équation économique. Sans aller jusqu’à l’écrêtement, des progrès se font jour dans la conception des centrales afin de mieux articuler la courbe de production avec les besoins de la demande ou les contraintes du réseau. C’est le cas par exemple dans le domaine
de l’énergie solaire, en utilisant des orientations est-ouest plutôt que plein sud. Là encore, ce type de choix de conception pourraient être plus fréquents dès lors que les signaux adéquats seraient mis en
place afin de valoriser le service que cela peut rendre au système.
Plus généralement, ces leviers de flexibilités se développeront d’autant plus vite que le cadre réglementaire sera adapté afin de les rémunérer à leur juste valeur. Ces modes de valorisation ont fait l’objet en 2017 d’une étude
très détaillée du cabinet E-Cube pour le compte de la CRE20
.
d. Stockage de la production (court ou moyen terme)
Qu’il s’agisse de maintenir la stabilité du système électrique, de garantir la sécurité d’alimentation, d’améliorer la prévisibilité et la pilotabilité des énergies renouvelables ou d’accompagner le développement des réseaux
d’électricité, le stockage est une solution incontournable.
Or, l’affirmation usuelle selon laquelle « on ne sait pas stocker l’électricité » n’est plus de mise : outre les STEP qui assurent cette fonction depuis longtemps, le stockage de l’électricité par batteries connait un développement accéléré dans le monde, grâce à une baisse de coût très rapide sous l’impulsion de la montée en puissance des
capacités de production utilisées pour fournir les véhicules électriques. A terme, l’arrivée de batteries en seconde
vie issues des véhicules électriques, ouvre la perspective d’une forte réduction supplémentaire des coûts.
Le déploiement des batteries se manifeste notamment au travers :

  • De centrales hybrides qui font la preuve de leur compétitivité face aux centrales thermiques de pointe (21)
    ou qui permettent la fourniture d’électricité dans les zones non-interconnectées à des conditions économiques plus compétitives que les moyens de production thermique existants. Par exemple, en
    Corse et en Outre-Mer, le prix moyen pondéré des installations au sol lauréates des récents appels
    d’offres CRE22 « ZNI » est de 78,4 €/MWh23
    .
  • D’installations de stockage stationnaires utilisées pour fournir des services systèmes aux réseaux. Plus
    de 5 GW de capacités de stockage sont ainsi en cours de développement ou de construction au
    Royaume-Uni (24), grâce à la présence d’un marché de services-systèmes bien conçu. En France, le projet
    RINGO25 vise à installer des batteries près des postes sources du réseau afin de constituer des « lignes
    électriques virtuelles » évitant ainsi des investissements plus coûteux dans de nouvelles lignes ou le
    renforcement des postes.
  • De batteries de stockage associées à des installations en autoconsommation diffuses. Encore très peu
    présentes en France, ces projets font l’objet d’un fort développement en Allemagne avec plus de

6200 000 installations (26). Ces batteries domestiques peuvent être mobilisées de façon coordonnée pour
contribuer à la stabilité du réseau, comme le démontre l’initiative menée par l’entreprise Sonnen et le gestionnaire de réseau TenneT27
.

  • Du déploiement rapide des véhicules électriques, qui sont assimilables (du point de vue du système
    électrique) à des batteries montées sur roues. Un tel gisement de stockage présente l’intérêt d’être
    extrêmement diffus tout en étant extrêmement compétitif puisque son coût d’investissement est en
    grande partie payé pour une autre fonction (la mobilité). Cette compétitivité suppose toutefois une
    véritable industrialisation des différents procédés et en particulier un passage à l’échelle des
    mécanismes de charge et décharge intelligentes (vehicle to grid).
    e. Production d’hydrogène et stockage inter-saisonnier
    RTE fait part dans son étude d’un besoin de stockage de longue durée, de type inter-saisonnier, en plus du rôle
    majeur déjà joué en France par les barrages hydroélectriques. Ce stockage doit permettre de lisser la production
    d’énergie renouvelable au long de l’année et de la répartir entre les différents usages, y compris éventuellement
    par transformation et injection via le réseau de gaz ou des réseaux d’hydrogène. Ce besoin de stockage massif
    et longue durée est encore plus prégnant dans des pays qui ne disposent que de peu de barrages
    hydroélectriques.
    Parmi toutes les innovations qui constituent le panel des solutions de stockage long terme à notre disposition,
    c’est sans doute dans ce domaine que subsistent encore les verrous technologiques et économiques les plus
    significatifs. C’est donc aussi là que les efforts de R&D doivent être les plus soutenus. Comme évoqué
    précédemment, l‘hydrogène fait l’objet d’un fort intérêt et constitue probablement la piste la plus prometteuse
    à ce jour. Son développement ouvre la voie à l’émergence du Power-to-X qui joue un rôle essentiel dans un mix
    électrique doté d’une part très importante d’énergies renouvelables puisqu’il permet de valoriser sous d’autres
    formes (hydrogène ou gaz de synthèse) l’électricité produite en excès par rapport à la demande immédiate. La
    pertinence de cette solution ne suppose pas nécessairement de produire à nouveau de l’électricité à partir de
    l’hydrogène ou du gaz stocké : leur combustion est plus efficace pour faire de la chaleur plutôt que de perdre du
    rendement pour en faire de l’électricité, même si cela suppose des réseaux adaptés.
  1. L’acceptabilité des nouveaux projets d’énergies renouvelables
    Si les solutions techniques existantes présentent un potentiel qui laissent à nos yeux peu d’inquiétudes sur leur
    capacité à accompagner les différents scénarios détaillés par le document de consultation, il n’en demeure pas
    moins que les aspects techniques ne sauraient être les seuls critères permettant d’évaluer la faisabilité d’un
    scénario. L’amélioration ou le maintien de l’acceptabilité de ces développements constitue en effet une condition
    au moins aussi déterminante.
    Cette acceptabilité nous semble devoir être multidimensionnelle : sociale, économique et environnementale.
    a. Acceptabilité sociale
    L’adhésion des Français au développement des énergies renouvelables est très élevée : 89 % y sont favorables
    et 45 % très favorables28
    .
    Cette adhésion se trouvera d’autant plus pérenne que les énergies renouvelables occuperont pleinement leur
    place dans les territoires, en participant à la réappropriation citoyenne du sujet énergie ou en contribuant à la

création d’emplois locaux, en lien avec les projets ou avec les initiatives industrielles déjà évoquées. Des
instruments tels que le financement participatif local29, ou les offres de fourniture d’électricité en circuit court,
sont également des leviers importants pour susciter l’appropriation locale des projets.
Il ne s’agit pas pour autant d’ignorer que certains projets peuvent susciter des mouvements de rejets locaux, en
matière d’énergies renouvelables au même titre que pour tout projet présentant une certaine ampleur. Cet enjeu
de l’acceptabilité est donc crucial pour prévenir le risque de se trouver dans quelques décennies face à une
pénurie de production faute d’avoir pu faire naitre suffisamment de projets, quels qu’ils soient. Consolider un
solide retour d’expérience en analysant les facteurs de succès et d’échec des projets permettrait d’améliorer leur
acceptabilité et leur intégration dans un territoire donné. Il s’agit d’un champ de recherche qui gagnerait à être
approfondi, même si des travaux existent déjà30
.
b. Acceptabilité économique
L’acceptabilité économique suppose que les différents scénarios ne se traduisent pas par une augmentation
déraisonnable du prix du kWh pour le client final. Nous comprenons que ces aspects économiques feront l’objet
d’un volet ultérieur de l’étude, mais en attendant sa publication, on peut d’ores et déjà noter que d’autres études
ont conduit à des conclusions rassurantes sur cette question :

  • L’étude publiée fin 2020 par le CIRED31, aboutit ainsi à un prix moyen de 52 €/MWh pour la génération
    et le stockage
  • L’étude publiée en 2018 par l’ADEME32, aboutit pour sa part à un prix moyen de 90 €/MWh pour
    l’ensemble du système y compris le réseau ;
  • Le scenario 2050 de Negawatt33 ;
    L’enjeu économique nous parait être double : d’une part mettre en place les bons signaux régulatoires pour
    rémunérer chaque service rendu au réseau, y compris les services assurantiels très peu utilisés ; d’autre part
    dépasser les notions de strict LCoE par énergie pour aller vers des calculs de coût complet d’usage du système
    énergétique, en accord avec les préconisations déjà formulées dans l’étude d’AIE et de RTE.
    c. Acceptabilité environnementale
    D’innombrables contre-vérités circulent sur la question de l’impact environnemental des énergies renouvelables.
    Jusqu’à présent, elles n’ont pas réussi à entamer l’adhésion des français qui continuent de les considérer comme
    les sources d’énergies à développer prioritairement. Toutefois, il n’en reste pas moins indispensable de rétablir
    la vérité sur un certain nombre de sujets :
  • Non, les énergies renouvelables ne dégradent pas le bilan carbone du mix électrique français. Une
    note de RTE34 publiée à la suite du bilan prévisionnel 2019 indique explicitement que “l’énergie éolienne
    et l’énergie solaire se déploient essentiellement en addition au potentiel de production nucléaire et
    hydraulique. En conséquence, l’augmentation de la production éolienne et solaire en France se traduit
    par une réduction de l’utilisation des moyens de production thermiques (à gaz, au charbon et au fioul).
    Cette étude (…) chiffre les émissions évitées à environ 22 millions de tonnes de CO2 par an (5 millions de
    tonnes en France et 17 millions de tonnes dans les pays voisins). Ces résultats battent en brèche une
    vision réductrice du système électrique où chaque incrément de production éolienne et solaire se ferait
    au détriment du nucléaire et n’aurait pas d’influence sur les émissions de gaz à effet de serre”

Non, les éoliennes ne laisseront pas des tonnes de béton dans le sol après leur démantèlement. La loi
impose en France un démantèlement complet de l’installation, dont les fondations doivent être
excavées, à moins qu’une autre éolienne ne la remplace, ainsi qu’un recyclage des matériaux qui la
composent35
.

  • Non, les panneaux solaires au silicium ne contiennent pas de terres rares. Selon une note technique
    de l’ADEME36 publiée en 2020 : « La consommation de terres rares dans le secteur de la production
    d’énergies renouvelables réside essentiellement dans l’utilisation d’aimants permanents pour l’éolien en
    mer. Seule une faible part des éoliennes terrestres en utilise, environ 6% en France. (…) Des solutions de
    substitution existent : génératrices asynchrones ou génératrices synchrones sans aimant permanent, par
    exemple. Les technologies solaires photovoltaïques actuellement commercialisées n’utilisent pas de
    terres rares. Parmi les batteries couramment utilisées, seules les batteries nickel-hydrure métallique
    (NiMH) comprennent un alliage de terres rares à la cathode, mais leur utilisation restera très marginale
    dans la transition énergétique ».
  • Non, le recyclage ne constitue pas une difficulté. La recyclabilité des panneaux solaires atteint des taux
    de l’ordre de 95%37
    . Les éoliennes sont aujourd’hui entièrement recyclables a 90% à l’exception des
    pales – mais des travaux de recherche menés par Arkema et l’institut Jules Verne, portant sur
    l’élaboration de pales en matériaux thermoplastiques, pourraient permettre d’améliorer ce résultat38
    .
    Cette contribution ne prétend pas à l’exhaustivité, mais il nous a semblé utile de partager ces réflexions, sans
    occulter les obstacles qui restent à franchir pour arriver à une solution complète et pleinement satisfaisante,
    mais sans non plus tomber dans un excès d’alarmisme qui pourrait conduire à renoncer à l’objectif avant même
    d’avoir cherché à l’atteindre.
    Comme des milliers d’autres ingénieurs quis’engagent résolument et consacrent toute leur énergie pour trouver
    les meilleures solutions face aux défis climatiques et énergétiques, nous sommes attentifs à l’évolution rapide
    des technologies et nous souhaitons que la France prenne toute sa place dans cette dynamique mondiale afin
    d’avoir la maitrise de ces technologies et par voie de conséquence d’atteindre dans les meilleures conditions
    possibles les objectifs climatiques qu’elle s’est fixés.
    Nous affirmons qu’une part très élevée d’électricité d’origine renouvelable est non seulement possible mais
    souhaitable à l’horizon 2050. Il s’agit de l’opportunité d’accroître notre souveraineté énergétique, d’atteindre
    l’objectif de neutralité carbone fixé par la SNBC, tout en sauvegardant la compétitivité de notre mix électrique.
    Cette ambition est à notre portée sous réserve (i) de veiller à l’acceptation des projets, et à ce que ceux-ci
    profitent à tous notamment par le développement d’emplois industriels sur les territoires, (ii) d’investir dans la
    R&D, afin de franchir les derniers obstacles au développement massif de solutions de stockage de longue durée,
    et (iii) d’accompagner cette reconfiguration du système énergétique par une adaptation du modèle de marché
    et de sa régulation, afin de valoriser tous les services que ces évolutions rendront nécessaires.
    Nous vous remercions pour l’attention que vous aurez portée à cette contribution et vous prions de croire,
    Monsieur le Président, en l’assurance de nos respectueuses salutations.

References

1
https://www.eba250.com/
2
https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/hu/MEMO_18_6113
3
https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_19_6705
4
https://www.ipvf.fr/wp-content/uploads/2020/05/IPVF_SOLAR_EU_200505_2.pdf
5 http://www.pv-magazine.fr/2021/02/24/eit-innoenergy-et-solarpower-europe-lancent-linitiative-pour-le-solaire-photovoltaique-en-europe

6
https://www.ech2a.eu/
7
https://ec.europa.eu/energy/sites/ener/files/hydrogen_strategy.pdf
8
https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/SPEECH_20_1314
9
https://www.usinenouvelle.com/article/depuis-nersac-la-france-et-l-allemagne-se-jettent-dans-la-bataille-des-batteries.N924774
10 https://www.economie.gouv.fr/presentation-strategie-nationale-developpement-hydrogene-decarbone-france
11 https://www.conseil-national-industrie.gouv.fr/csf-remettre-filieres-au-coeur-de-la-politique-industrielle-francaise
12 https://www.pv-magazine.fr/2020/11/17/un-appel-a-manifestation-dinteret-pour-construire-une-filiere-solaire-competitive-en-france/
13 https://www.environnement-magazine.fr/energie/article/2019/05/31/124630/signature-contrat-filiere-pour-developpement-des-
energies-renouvelables
14 How Sensitive are Optimal Fully Renewable Power Systems to Technology Cost Uncertainty, publié dans The Energy Journal, Vol. 43, No.
1 : https://doi.org/10.5547/01956574.43.1.bshi
15 https://www.metiers-electricite.com/2020/09/30/edec-de-la-filiere-electrique-une-cartographie-inedite-des-emplois-et-des-metiers-un-
potentiel-de-200-000-emplois-a-creer-dici-2030/

16 https://www.smart4res.eu/
17 https://www.industrie-techno.com/article/pour-mieux-predire-la-production-d-energie-renouvelable-les-mines-paristech-musclent-les-
modeles-meteo.58379
18 https://www.h2020-migrate.eu/
19 https://www.actu-environnement.com/ae/news/effacement-diffus-energie-voltalis-residentiel-tertiaire-35049.php4

20 https://www.cre.fr/Documents/Publications/Etudes/etude-sur-les-mecanismes-de-valorisation-des-flexibilites-pour-la-gestion-et-le-
dimensionnement-des-reseaux-publics-de-distribution-d-electricite
21 https://www.energy-storage.news/blogs/behind-the-numbers-the-rapidly-falling-lcoe-of-battery-
storage#:~:text=If%20you%20need%20to%20shave,engine%20power%20plant%2C%20peaking%20plants.
22 https://www.cre.fr/media/Fichiers/publications/appelsoffres/ao-pv-stockage-zni-telecharger-le-rapport-de-synthese-version-publique-
des-deux-premieres-periodes-de-candidature
23 Une option de fourniture de puissance garantie à la pointe permet toutefois de bénéficier d’une rémunération de l’énergie majorée de
200 €/MWh sur un créneau de deux heures à la pointe sous réserve de garantir une puissance d’injection sur le réseau d’au moins 20 % de
la puissance crête de l’installation pendant ces deux heures
24 Source : Renewable Energy Planning Database – https://www.gov.uk/government/publications/renewable-energy-planning-database-
monthly-extract
25 https://www.rte-france.com/actualites/le-projet-ringo-de-rte-accueille-ses-premiers-equipements-en-cote-do

26 https://www.pv-magazine.fr/2020/04/23/en-allemagne-plus-de-200-000-systemes-photovoltaiques-avec-stockage-ont-deja-ete-
installes/
27 https://www.tennet.eu/news/detail/blockchain-pilot-reveals-potential-of-decentralised-home-storage-systems-for-tomorrows-energy-
infra/
28 https://www.ademe.fr/barometre-francais-lenvironnement-vague-7

29 Voir notamment http ://financeparticipative.org/enquete-sur-le-financement-participatif-des-energies-renouvelables/
30 Comme par exemple les travaux d’Alain Nadaï – http://www.centre-cired.fr/fr/alain-nadai/
31 How Sensitive are Optimal Fully Renewable Power Systems to Technology Cost Uncertainty, publié dans The Energy Journal, Vol. 43, No.
1 : https://doi.org/10.5547/01956574.43.1.bshi
32 Trajectoires d’évolution du mix électrique à horizon 2020-2060 (ADEME, 2018) – https://www.ademe.fr/trajectoires-devolution-mix-
electrique-a-horizon-2020-2060
33 Scenario Negawatt 2017-2050 https://negawatt.org/Scenario-negaWatt-2017-2050
34 Précisions sur les bilans CO2 établis dans le bilan prévisionnel et les études associées (RTE) https://assets.rte-
france.com/prod/public/2020-06/note%20bilans%20co2.pdf

35 https://factuel.afp.com/le-socle-des-eoliennes-resteront-dans-le-sol-apres-leur-demantelement-la-loi-francaise-prevoit-le
36 Terres rares, énergies renouvelables et stockage d’énergies (Ademe, 2020) – http://www.ademe.fr/terres-rares-energies-renouvelables-
stockage-denergies
37 https://www.pv-magazine.fr/2020/08/24/recyclage-des-panneaux-photovoltaiques-pourquoi-natteint-on-pas-une-revalorisation-a-100/
38 https://www.usinenouvelle.com/editorial/l-irt-jules-verne-veut-recycler-les-pales-d-eoliennes.N1008514

NDLR : Bref. On ne compte plus les sophismes assumés par une communauté d’idéologues anti-nucleaires influencés par de riches industriels et aidés par les gaziers, ravis que l’intermittence électrique grandissante laisse un répit aux fossiles. Mais c’est la décarbonation qui est ainsi condamnée à ralentir au lieu d’accélérer !

Le ton de panique ci dessous ne trompe pas. Il ne faudrait pas que les médias s’emparent de cette vérité :

Objet:[X-Renouvelables] – Appel à co-signature – scénarios 2050
Répondre à: <aX@polytechnique.org>
Voir cet email dans votre navigateur [X-Renouvelables] – Appel à co-signature – scénarios 2050 

Lettre à RTE sur les scénarios électriques 2050

Chers Camarades,

Suite à l’appel à co-signatures envoyé jeudi dernier (dont le texte est rappelé à la fin de cet email), plusieurs d’entre vous m’ont demandé si le courrier pouvait être signé sans faire mention de l’organisation au sein de laquelle ils travaillent. 

Je me permets donc de vous envoyer ce bref email afin de vous apporter quelques précisions complémentaires  :

1/  Ce courrier est bien un courrier co-signé par chacun en son nom propre. Il n’est pas obligatoire de faire figurer le nom de votre organisation à côté de votre signature. Je vais de toutes façons ajouter une mention au bas de la lettre, précisant que les signataires « signent en leur nom propre et que cette signature n’engage pas les organisations auxquelles ils sont rattachés ».

2/ Cette contribution ne vise pas à discuter de l’intérêt de tel ou tel scénario énergétique, mais à rappeler quelques éléments factuels sur les technologies existantes dans le domaine des énergies renouvelables, et à affirmer que la France dispose d’atouts importants pour relever ces défis et exercer un rôle industriel de premier plan dans ce secteur en plein essor.

3/ Dans l’email précédent, nous évoquions le fait que 280 de nos camarades ont pris l’initiative d’envoyer une contribution à cette concertation, sous la forme d’un courrier co-signé par « des anciens élèves de l’Ecole Polytechnique ». Comme il était à craindre, cette lettre commence à se répandre sur les réseaux sociaux et dans différents titres de presse spécialisés, relayée par certains groupes d’intérêts (par exemple, https://pnc-france.org/280-polytechniciens-interpellent-le-president-de-rte/). Ce n’est sans doute qu’une question de jours avant que la presse « grand public » ne s’en empare. Il nous semble donc plus que jamais important de se mobiliser pour que notre contribution puisse attester de l’existence au sein de notre communauté, d’une vision différente de ces sujets.

Je vous rappelle donc les liens disponibles :

N’hésitez pas à diffuser cet appel auprès des camarades de votre entourage ou de votre promo, afin de maximiser le nombre de signataires. Si chacun d’entre vous signe et invite 2 camarades à co-signer le courrier, nous atteindrons arithmétiquement les 2 400 signatures. Merci beaucoup pour votre mobilisation !

Excellent week-end,

A.

Lettre de 280 polytechniciens au Président du Directoire de RTE

280 polytechniciens interpellent le Président de RTE, Xavier Piechaczyk.

http://pnc-france.org/280-polytechniciens-interpellent-le-president-de-rte/

L’Ecole Polytechnique
iStockphoto.com UlyssePixel

Le 4 mars 2021


Lettre au Président du Directoire de RTE


Monsieur le Président,


Un important travail de prospective a été engagé par RTE sur ce que pourrait être en 2050 un système électrique ne consommant pas d’énergie fossile dans un pays qui aurait atteint la « neutralité carbone ». Avant de terminer ce travail, vous avez ouvert une consultation publique sur le cadrage et les hypothèses que vous vous proposez de retenir pour dessiner plusieurs scénarios très contrastés qui seront à la disposition du pouvoir politique pour l’aider à prendre ses décisions.
Nous tenons tout d’abord à saluer le sérieux dont témoignent le document mis en consultation et les rapports des groupes de travail publiés sur votre site internet.
Parmi les scénarios présentés dans le document soumis à consultation, quelques-uns supposent que la France ne construise plus de réacteurs nucléaires ; selon les autres la capacité nucléaire serait comprise en 2050 entre 28 et 55 GW (gigawatts), contre 61 GW aujourd’hui.
L’évolution de la capacité nucléaire en France soulève de nombreuses questions mais ce n’est pas là l’objet de cette lettre.
Dans les scénarios soumis à consultation, la consommation finale d’électricité est celle qui figure dans la SNBC (Stratégie nationale bas carbone) approuvée par la loi : aujourd’hui de 470 TWh
(terawattheures) par an, elle serait augmentée seulement de 110 TWh.
Cette hypothèse de consommation d’électricité nous paraît invraisemblable. Elle conduirait à de lourdes contraintes et à des dépenses inutiles.
Il suffit de considérer le cas du chauffage des logements. Le fioul et le gaz seront remplacés très partiellement par de la biomasse, essentiellement par de l’électricité parfois complétée par du biogaz ou du biofioul (un chauffage hybride). Or la SNBC suppose que la consommation d’électricité pour le chauffage n’augmente pas. Pour y parvenir, non seulement la surface habitable par personne devrait diminuer, ce qui s’oppose aux désirs de la population, mais aussi tous les logements existants devraient faire l’objet de travaux de rénovation thermique les mettant en classe A ou B du DPE (diagnostic de performance énergétique). Or avec des travaux d’isolation thermique moins poussés que selon la SNBC, les dépenses seraient bien moindres (de vingt milliards d’euros par an peut-être), la consommation d’électricité serait supérieure (de 80 TWh par an peut-être) mais sans effet sensible sur les émissions de CO2 si la production d’électricité consomme très peu d’énergie fossile.
De même, il serait utile de faire l’hypothèse que les consommations d’électricité dans le secteur du transport et dans celui de l’industrie seront supérieures à ce qui est prévu par la SNBC.
Au total, nous souhaitons que soit étudiée une hypothèse où la consommation finale d’électricité serait, non pas de 580 TWh, mais de 700 TWh par an, à quoi s’ajouterait une consommation pour produire de l’hydrogène.
Dans les scénarios soumis à consultation la durée de vie des réacteurs nucléaires est limitée à soixante ans sans justification.
Or des réacteurs nucléaires de même type que les réacteurs existant en France ont d’ores et déjà reçu l’autorisation de fonctionner jusqu’à 80 ans dans un pays, les Etats-Unis, qui n’est pas connu pour son manque de sérieux sur la sûreté nucléaire. Nous considérons donc qu’il ne serait pas cohérent qu’une étude prospective s’interdise d’étudier le cas où la durée moyenne de vie des réacteurs existants soit supérieure à 60 ans, par exemple 65 ou 70 ans – naturellement, sous réserve de l’accord de l’Autorité de sûreté nucléaire.
Les limites des possibilités industrielles obligent à étudier l’hypothèse où la neutralité carbone sera atteinte plus tard qu’en 2050.
Quel que soit le scénario retenu votre étude montre que pour atteindre la neutralité carbone, il faudra de très gros investissements : moyens de production et de stockage d’électricité, bouleversement de la construction automobile, réseau de distribution d’électricité et, peut-être, d’hydrogène, rénovation
thermique des bâtiments. Le rapport que vous avez soumis à consultation met en lumière que l’échéance de 2050 serait très difficile à respecter mais n’en tire pas vraiment les conséquences.
Un travail de prospective devrait tenir compte du fait que le CO2 ignore les frontières.
Dans un récent rapport l’AIE n’envisage pas que le monde atteigne la neutralité carbone avant 2070.
En 2050 les émissions de CO2 seront encore de 18 milliards de tonnes par an au moins. A cette date, l’Afrique et d’autres régions du monde n’auront pas achevé de s’équiper de façon à répondre à leurs besoins en énergie sans brûler d’énergie fossile. Dans ces régions le coût du CO2 évité sera beaucoup moins élevé qu’en France – dans un rapport de un à cinq ou dix.
Pour diminuer les émissions globales il serait donc efficace de compenser des émissions faites depuis la France métropolitaine en coopérant avec, par exemple, des pays d’Afrique pour qu’ils puissent progresser plus vite vers la neutralité carbone.


On ne comprendrait pas qu’un travail de prospective s’interdise de s’écarter, même significativement, de la loi en vigueur au moment où il est réalisé. On le comprendrait ici d’autant moins que la loi
Energie-climat prévoit elle-même que la SNBC sera revue tous les cinq ans.
C’est pourquoi nous vous demandons d’étudier un scénario où la consommation finale en 2050 est de 700 TWh par an, c’est-à-dire supérieure de 120 TWh à celle que vous avez retenue comme hypothèse, et où la capacité nucléaire est de 67 ou 70 GW, ce qui est plausible en relançant vigoureusement la filière de l’industrie nucléaire et en faisant fonctionner les réacteurs existants aussi longtemps que l’autorise l’Autorité de sûreté nucléaire. Pour équilibrer la demande d’électricité, il faudra sans doute produire en 2050 quelques dizaines de TWh à partir de gaz fossile jusqu’à ce qu’une légère augmentation de la capacité nucléaire permette de l’éviter.
En comparaison avec les scénarios que vous avez élaborés, cela permettrait selon nous de produire l’électricité de façon moins coûteuse, de bien isoler les bâtiments tout en évitant des dépenses excessives, de ne pas faire peser sur nos concitoyens toutes sortes de contraintes et aussi, dans le cadre de programmes de coopération avec des pays pauvres, de hâter leur équipement en moyens de production d’électricité qui ne consomment pas d’énergie fossile.
Nous vous remercions de l’attention que vous porterez à ce courrier et nous vous assurons, Monsieur le Président, de notre considération respectueuse.


Collectif de 280 anciens élèves de Polytechnique


Francis Amans, Daniel Andriamasy, Jean-Pierre Anselmo, Alain Artaud, Pierre Audigier, Catherine Back, Yves Bamberger, Bernard Basset, Michel Baudu, Jean-François Bauer, Michel Bayle, François Bee, Jean-Pierre Bégon-Lours, Michel Belakhovsky, Jean-Marc Belmont, Guy Benattar, François Bergeot, Jean-Jacques Berthelier, Jean Berthon, André Bertrand, Benoit Bescond, Bernard Besson, Gérard Beurive, Gérard Biette, Michel Billard, Pierre Binet, Jean-Michel Biren, Jean-Michel
Blanchard, Jean-Didier Blanchet, Michel Bleitrach, Joël Bodiou, Edmond Bonan, Alexandre Bonay,
Jean-Claude Boncorps, Pascal Bouillon, Jean-François Bourgeois, Henri Boyé, Alain Bravo, Yann Briancourt, Jean Brilman, René Brun, Gérard Buffière, André Caillol, Jacques Calzia, Yves Carsalade, René Cartalas, Marie-Louise Casademont, Philippe Castillon, François Chabannes, Jean- Louis Charbonnel, Michel Chateaureynaud, Philippe Chopin, Frédéric Clément, Yves Closson, Pierre Coffin-Eltrich, Jean-Marc Cohen, Jean Coiffard, Christian Collinot, Bruno Comby, Henri Conze, Didier Coulomb, Yves Coupin, Xavier Cras, Alain Crémieux, Henri Cukierman, Jacques Darmon, Emmanuel David, Bruno Daviet, Christian de Fenoyl, Louis-Aimé de Fouquières, Patrick de Giovanni, Jean-Louis de Montcheuil, Jean-François Debrois, Yves Dejou, Jean-Michel Delbecq,
Thierry Delfosse, Jean-Bernard Deloly, Bernard Delorme, Jean-Louis Delorme, Bernard Delvallee, Thomas Deniau, Pierre Denuelle, Tanguy Deren, Pierre d’Esclaibes, Jean-Marc Deshouillers, Jean- Claude Douvry, Baudouin Drieux, Daniel Druon, Laurent du Boullay, Bernard Dubois, Michel Duneau, Alain Dupleix, Jean-Yves Dupont, Bruno Durieux, Patrick Esnault, Yann Faguer, Pierre Fallavier, Jacques Favin Lévêque, Christian Fayet, Michel Fayet, Daniel Fischer, Jean-Charles Flandin, Philippe Fleury, Michel Fliess, Jean Fourtaux, Yves Franchet, Edouard Freund, Dominique Gagey, Gabriel Galand, Christian Galtier, Xavier Gandillot, Jean-Paul Garcia, Thierry Gaudin, René Gaudin, François Gendrin, Philippe Georges, Charles-Henri Germa, Jean-Paul Gillyboeuf, Bertand
Giraud, Gérard Glandier, Philippe Gluntz, Michel Goldberg, Michel Gondran, Michel Gornet, Denis Gourguillon, Hervé Gourio, Jérôme Grassin, Jean Graveleau, Jean-Jacques Greif, Jean-Yves Gresser, Pierre-Antoine Grislain, Philippe Grosse, Bernard Guérin, Alain Guinaudeau, Jacques Guyader, Patrice Hardel, Philippe Herzog, Chuc Hoang, Marc Houery, Pierre Hoynant, Jean-Michel Hubert, Jean-François Hubert, Jean Huret, Jean-Paul Husson, Bernard Irion, Bertrand Jalard, Jean-Pierre Jamet, Henri Jannet, Philippe Jecat, Michel Joindot, Eric Juillard, Bernard Kasriel, Henri Kloetzer, François Lacôte, Bruno Lacroix, Jacques Lafond, Antoine Lafont, Louis Landrot, Pierre Lantermoz, Jean-Bernard Lartigue, Georges Latreyte, Arnaud Laudenbach, François Laudenbach, François
Lefaudeux, Didier Legros, Jérôme Lenoir, Jean-Luc Lepine, Jean-Marie Levaux, François Levieux, Jean-François Levy, Hubert Lorino, Louis Lucas, Robert Mahl, Philippe Mamez, Jean-Pierre Marchand, Michel Marec, Jean-François Marquet, Jean-Louis Masson, Jean-Claude Martinet, Michel Maxant, Josy Mazodier, Bertrand Meary, Daniel Melin, Roger Mellet, Jean-Claude Minne, Olivier Miret, Olivier Mitterrand, Alain Monod-Broca, Didier Morteux, Pierre Moulin, Gilles Moutet, Jean- Louis Nachury, Daniel Namias, Gérard Nepveu, Alain Nicolaïdis, Michel Nicolas, Hervé Nifenecker, Jean-Louis Nigon, Hervé Nora, Marc Noyelle, Gérard Olivéro, Denis Oulès, Jean-François Pacault, Alain Pages, Olivier Paul Dubois Taine, Jacques Pechamat, Hubert Peigné, Alain Pesson, Jacques Peter, Dominique Petit, Jean Petitot, Jean-Louis Picquand, Paul Pierron, François Pierrugues, Olivier Pironneau, Yann Pivet, Henri Plisson, Jean-François Poupinel, Jacques Poupon, Jacques Pozzetto, Charles Prévot, Jean Prévot, Henri Prévot, Rémy Prud’homme, Gilles Prunier, André Pruszkowski, Georges Puyoo, Joël Quancard, Roland Quillévéré, Jean Quintard, Michel Ramsay, Denis Randet, Alain Reillac, Claude Remy, Jean-Gabriel Remy, Pascal Remy, Yvonick Renard, Daniel Reydellet, Georges Richerme, Marc Riutort, Daniel Robequain, Philippe Roger, Georges-André Roux, Frédéric- Georges Roux, Georges Roze, Guy Rupied, Bernard Saint-André, Hervé Saint-Sauveur, Michel Sauvant, Gabriel Schreiber, Jean-Louis Schuster, Jean-Loup Servouse, Jacques Sicherman, Jean Sigalla, Jean-Pierre Somdecoste, Hervé Soufflet, Marc Spielrein, Alain Staron, Alain Staropoli, Francis Stephan, Jean-Noël Stock, Noël Talagrand, Daniel Tardy, Luc Tartar, Frédéric Tatout, François Tépénier, Alain Ternot, Robert Tetrel, André Thinieres, Armand Toubol, Louis Trébuchet, Yves Tuloup, François, Valentin, Bernard Vandecastel, Patrice Velut, Pierre Vermeniuze, Jean-Pierre Verollet, Philippe Vesseron, Dominique Vignon, Charles-Henri Vigny, Alain Vincent, Olivier Voirin, Christian Voisard, Bruno Wiltz, Jean-Michel Yolin, Bernard Zeller

Réponses à la consultation RTE scénarios 2050 : combien d’intermittence électrique ?

1) Réponse de Robert Baschwitz (UARGA)

Résumé :

Impossibilité technique (aujourd’hui) d’assurer la stabilité d’un réseau électrique en fréquence et tension sans l’inertie de grosses machines tournantes (comme les alternateurs du nucléaire et de l’hydraulique), ce qui exclut (comme confirmé par plusieurs études européennes) une trop forte proportion de solaire et d’éolien, tous deux dépourvus de cette qualité stabilisatrice (ce point très technique, trop complexe pour une consultation publique, est une évidence pour les électrotechniciens et rédhibitoire pour de nombreux scénarii – bien sûr des technologies pourraient y remédier un jour; elles restent à développer et leur coût, déjà prévisible, sera faramineux).

2) Réponse de Gérard LEPINE (UARGA)

3) Avis présenté par Dominique GRENECHE

Consultation sur le rapport RTE de janvier 2021 (scénarios énergétiques 2050)

Avis présenté par Dominique GRENECHE – (Docteur ès sciences – Consultant)  – 5 mars 2021

4) Contribution de l’association « Voix du nucléaire »

5) Réponse UARGA

6) Réponse de Bernard ACCOYER pour l’ONG Patrimoine Nucléaire et Climat (PNC France)

6) Réponse de Henri Prévot sur https://www.hprevot.fr

7) Réponse de l’ONG Sauvons le climat

8) Réponse de Jean Fluchère

9) Réponse de la SFEN

https://twitter.com/SFENorg/status/1367896688292212740?s=19

10) Réponse IESF

Lettre du Président de PNC-France (Patrimoine Nucléaire Climat) au Président de la République

Le vendredi 26 Février 2021

Monsieur Emmanuel Macron
Président de la République
Palais de l’Elysée
55, rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris


Monsieur le Président de la République,


Partageant avec vous la primauté de la lutte pour le climat, nous vous avons entendu avec satisfaction, le 8 décembre 2020 au Creusot, rappeler que si la France est le pays le plus vertueux du G7, pour ses émissions de gaz à effet de serre, elle le doit à sa filière nucléaire pilotable.


Toutefois la portée de cette déclaration interroge par les décisions de vos gouvernements qui remettent en cause l’avenir de cette filière d’excellence.


L’industrie nucléaire constitue, comme vous l’avez dit, un avantage pour le climat et notre indépendance énergétique, elle est avec ses 220 000 emplois la troisième filière industrielle française.


Il s’agit d’une filière hautement prometteuse, et bien que plusieurs pays de l’Union s’en détournent, les plus grands pays du monde : Chine, USA, Grande-Bretagne, Inde, Russie et huit pays de l’UE :
France, Pologne, Roumanie, République tchèque, Hongrie, Bulgarie, Finlande et bientôt les Pays-Bas ont décidé de recourir à cette énergie pour faire face aux contraintes climatiques. En cela ils suivent d’ailleurs les recommandations du GIEC qui considère incontournable le recours à l’énergie nucléaire.
Le parc nucléaire mondial sera d’ailleurs multiplié par 2 ou 3 dans les trente prochaines années, une réelle opportunité pour notre filière et notre réindustrialisation.
Les pays de l’Union Européenne attendent impatiemment votre soutien à leurs projets.


Le 28 janvier à la conférence de presse de RTE sur la faisabilité d’un mix 100 % renouvelable excluant
le nucléaire en 2050, Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, a clairement affirmé son désaccord avec cette hypothèse, objet de ladite conférence de presse, et avec la PPE en déclarant : « Fermer les centrales nucléaires françaises serait une erreur, l’énergie nucléaire est un atout pour la France ».


Les militants antinucléaires qui depuis plus de vingt ans influencent le ministère de l’Environnement, compétent depuis 2007 pour l’énergie, pèsent de façon décisive sur les choix énergétiques en contradiction avec vos déclarations et celles de l’AIE. Comment expliquer autrement que vous ayez accepté de vos gouvernements la fermeture des deux réacteurs de Fessenheim, prévu la fermeture de douze autres, mis en sommeil les travaux de recherches du CEA sur la quatrième génération, et laissé
Bruxelles s’apprêter à exclure le nucléaire de la taxonomie au profit du gaz 70 fois plus émetteur de CO2 ?
Certes, annoncer que la propulsion du futur porte-avions sera nucléaire est un gage de votre volonté de défendre cette industrie, mais en même temps, repousser de deux ans la décision de construire de nouveaux EPR, évoquer le mix 100 % renouvelable en 2050, fragilise et menace la filière à terme. Est-il rationnel de raisonner sur une hypothèse dont les quatre conditions nécessaires, énoncées par RTE, démontrent son utopie, sans même évoquer la soutenabilité de son coût ni son acceptabilité sociétale, en admettant que les technologies, qui n’existent pas aujourd’hui, soient d’ici là inventées et
opérationnelles ? La politique énergétique exige des prévisions sûres et une vision à long terme pour des décisions lourdes dont la mise en œuvre est longue comme le sont les durées d’amortissement
des centrales.


Monsieur Emmanuel Macron
Président de la République
Palais de l’Elysée
55, rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris

Bernard Accoyer
Président de PNC France

Paru dans le JDD ici.

https://twitter.com/pnc_france/status/1365964712643612676?s=19