Greenpeace est une menace pour le monde

https://www.theglobeandmail.com/amp/opinion/greenpeace-is-a-menace-to-the-world/article35444942/

La petite ville de Saint-Félicien, dans la belle région du Saguenay au Québec, est en état de siège. Les guerres du bois d’oeuvre ont éclaté à nouveau, et c’est une mauvaise nouvelle. … Ensuite, il y a Greenpeace.

« Greenpeace veut notre mort totale ! » Le maire Gilles Potvin s’est plaint en 2013. « Si on les écoute, on ne peut plus couper du bois ».

Greenpeace mène une campagne acharnée contre Resolute Forest Products, la plus grande entreprise forestière de la région et du Canada. (C’est la société qui succède à Abitibi et à Bowater.)

Greenpeace a qualifié Resolute de «destructeur forestier», risquant ainsi une «spirale de mort du troupeau de caribous» et nuisant aux Premières Nations de la région. Elle a vigoureusement fait pression sur les clients de Resolute – y compris les plus grands éditeurs de livres au monde – pour boycotter ses produits papier et imprimés.

Il prétend vouloir seulement une réforme.

Mais il semble que son but réel plus probable est de détruire la réputation de l’entreprise et ses affaires.

Lorsque les sociétés de ressources sont attaquées par des ONG environnementales, elles ont tendance à être sur la défensive et à parler doucement.

Résolu est une exception.

Il se défend. En partie, c’est personnel. Richard Garneau, chef de la direction de l’entreprise, a grandi au Saguenay et sa famille y vit depuis des générations. «Pour moi, affronter ce barrage de désinformation a été plus qu’une question d’éthique des affaires», écrit-il sur le site Web de l’entreprise. « J’ai récolté des arbres à la main pour payer mon chemin à l’école. »

Selon lui, Greenpeace «ne marmonne pas seulement notre entreprise, mais aussi un mode de vie, fondé sur la préservation de forêts saines qui sont la pierre angulaire des gens qui y vivent».

L’année dernière, Resolute a lancé une action en racket aux Etats-Unis, alléguant que Greenpeace et ses alliés avaient adopté un comportement diffamatoire et frauduleux afin de s’enrichir de dons. La compagnie l’a accusée de truquer des photos et de fabriquer des preuves des méfaits de Résolu.

Greenpeace a maintenant admis qu’elle s’engageait dans une «hyperbole rhétorique». Il a déclaré dans une requête de la Cour que ses paroles sur la destruction des forêts «peuvent décrire la destruction figurative plutôt que littérale».

Il a également admis que ses affirmations « ne respectent pas les littéralismes stricts ou la précision scientifique » et sont des « déclarations non vérifiables d’opinion subjective ». Ce n’est pas, cependant, apologétique. Greenpeace utilise le procès pour se vendre en tant que victime – dans les notifications en ligne, ils incluent un visuel d’une femme bâillonnée et le slogan « Clearcutting free speech ». Il appelle les plus grands éditeurs de livres au monde à boycotter le livre de Resolute – pour des raisons morales – et a recruté un groupe d’auteurs dans son soutien. (Margaret Atwood est parmi eux.)

M. Garneau n’a aucun problème avec la liberté d’expression. C’est la diffusion d’informations inexactes contre lesquelles il est contre. Il implore les éditeurs de se familiariser avec les faits. En voici quelques-unes: L’industrie forestière du Canada est l’une des plus rigoureusement réglementées au monde. Le dossier de durabilité de Résolu a été largement salué. Des milliers d’Autochtones travaillent dans l’industrie forestière et entretiennent des relations d’affaires en collaboration avec de nombreuses Premières Nations.

La forêt boréale est vaste et Resolute n’en récolte qu’une infime fraction, entreprenant aussi d’importants travaux de reboisement.

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ENR : L’OFATE décrit les mécanisme d’AO


« En cas de commercialisation directe bénéficiant d’un soutien, l’électricité produite est vendue par l’exploitant de l’installation lui-même ou par un tiers. Le complément de rémunération, qui doit être calculé sur la base de l’Annexe 1 de la loi EEG 2017, correspond uniquement à une « majoration » du prix obtenu. En règle générale, la valeur de référence est donc déterminée par le biais d’appels d’offres. Autrement dit, pour chaque installation, c’est toujours une valeur individuelle qui s’applique : la valeur proposée par l’exploitant dans son offre qui a été retenue.

  • Pour l’éolien: – La valeur de l’offre doit être indiquée en centimes d’euro par kilowatt-heure et calculée par rapport au site de référence. Ceci signifie que le soumissionnaire ne fait pas une offre pour la valeur de référence réellement calculée pour son installation, mais doit procéder à une réduction ou une augmentation de cette valeur à l’aide du coefficient de correction afin de l’ajuster au site de référence en s’appuyant sur le modèle de rendement de référence (Referenzertragsmodell) régi par l’art. 36h EEG 2017. Le fait d’effectuer l’enchère par rapport au même site de référence permet de comparer les offres des différents sites éoliens entre elles dans le cadre de l’appel d’offres. Les offres avec les prix les plus bas sont retenues, et ce,jusqu’à ce que la totalité du volume de l’appel d’offres soit alloué. Le soumissionnaire doit calculer lui-même la valeur de référence pour le site réel de son installation.

Pour l’énergie éolienne, les sociétés détenues par des citoyens représentent une exception : elles se voient attribuer non pas la valeur de leur offre, de l’offre la plus élevée parmi celles retenues.

  • Pour l’énergie solaire:


Pour les AO énergie, il n’existe pas de disposition comme le Referenzertragsmodell qui s’applique. C’est donc une procédure pays as bid. Au moment du dépôt de l’offre, les porteurs de projet candidats doivent avoir été pré-qualifiés par les autorités régionales (Länder en allemand) selon les modalités définies dans le cadre de leur plan d’urbanisme et respecter un ensemble de contraintes en termes de prix (8,91 c€/kWh aumaximum), puissance (10 MWc maximum par projet), surface au sol occupée (20 ha maximum par projet) et période de réalisation (2 ans). Une garantie de soumission à hauteur de 50 €/kW doit également être déposée au moment du dépôt de l’offre. La réduction des surfaces au sol disponibles et les conflits d’usage (notamment avec les activités agricoles) font que ces appels d’offres sont avant tout destinés à des zones en reconversion ou inexploitées (par exemple : bords d’autoroutes, chemins de fer, décharges, etc.) pour ce qui est des centrales photovoltaïques au sol. De grands projets photovoltaïques en toiture peuvent également occasionnellement entrés dans le cadre des ap-pels d’offres. Une clause spéciale définie à l’article 37 §c de la loi EEG 2017 (en allemand) prévoit toutefois de laisser aux Länder la liberté d’autoriser ou non l’implantation de centrales photovoltaïques au sol sur certaines terres arables ou pâtures dites « défavorisées » dans le cadre des appels d’offres pour ces installations. C’est le choix effectué par les instances dirigeantes de Bavière et de Bade Württemberg. Dans le cadre des appels d’offres photovoltaïques allemands, il n’existe pas de règles spécifiques afin de faciliter ou encourager la participation citoyenne.
« 

Un reacteur d’avion risque-t-il de percer le béton d’une centrale lors d’un crash ?

En fait, après le 11 septembre 2001, toutes les autorités de sûreté/sécurité de la planète se sont légitimement interrogées et de nombreux calculs et essais ont été faits.

La question des dégâts possibles a en particulier été examinée pour les enceintes de confinement. Les résultats ont été rassurants, en examinant deux types d’agressions :

* L’ébranlement général d’une enceinte sous l’effet du choc. Il est en fait enveloppé par l’ébranlement en cas de séisme, bien supérieur,

* Le poinçonnement local des structures. En fait, un avion, quelle que soit sa taille, sa masse ou son usage (y compris militaire) a des aérostructures très minces en matériaux légers (sinon il ne volerait pas !) donc extrêmement déformables si elles rencontrent une surface dure comme du béton armé. Les seuls composants « durs » (très peu déformables) sont les arbres des turboréacteurs et les trains d’atterrissage, tous construits en aciers alliés très durs, les arbres des turboréacteurs étant les plus problématiques pour le poinçonnement car ils sont parallèles à la trajectoire.

Les études de poinçonnement (confirmées par des essais sur maquettes réelles) qui ont été faites sur des enceintes de type 900 MW notamment aux Etats-Unis (rapport de l´EPRI – Electric Power Research Institute – paru en décembre 2002) et en Suisse (rapport de l’IFSN : Inspection fédérale de la sécurité nucléaire, équivalent de notre ASN) et bien sûr ailleurs, ont montré que ces structures n’étaient pas percées. Rien d’étonnant d’ailleurs pour des structures de forte épaisseur en béton hautes performances, hyperferraillé et précontraint. Les détails de toutes ces études et analyses d’essais n’ont pas été publiés pour des raisons bien compréhensibles de confidentialité, mais toutes les autorités de sûreté/sécurité occidentales y ont vraisemblablement eu accès ou ont fait les leurs, et se sont montrées rassurées, y compris bien sûr la DSIN, qui a précédé l’ASN, cette dernière n’ayant pas changé de position et n’en demandant actuellement pas plus concernant le « risque avion » dans le cadre des réévaluations décennales de sûreté des réacteurs en exploitation, y compris pour le bâtiment combustible (position qui s’explique par toutes les mesures préventives de sécurité nationale qui sont prises en amont (renseignement, posture aérienne permanente de l’armée de l’air, etc.).

En un mot, il n’y a pas de sujet de préoccupation sur ce point.

Un attentat terroriste sur une centrale nucléaire serait pire que le 11 septembre ?

Extrait du livre: « le nucléaire, un choix raisonnable. » de Hervé Nifenecker (cliquer pour commander)

Le 11 Septembre 2001 nous a rappelé que notre société était bien fragile face à de petits groupes de terroristes prêts à mourir pour leur cause. Les réactions des premiers visés, les Américains, à défaut d’être efficaces contre ces groupes, ont été vives et violentes aussi bien en Afghanistan qu’en Irak. Les mesures de prévention dans le domaine de la restriction des libertés individuelles aussi bien que du renforcement des services secrets se sont multipliées dans le monde entier. Par contre nous n’avons guère entendu parler de mesures concernant les objectifs possibles des actions terroristes : personne n’a mentionné la possibilité d’interdire la construction de tours, ou de vider les barrages, ni de suspendre l’activité des usines chimiques dangereuses, ni d’interdire les grandes réunions populaires comme les évènements sportifs etc., etc… La seule mesure de ce type envisagée par certains groupes, certains partis politiques et largement répercutée dans les médias fut l’arrêt des réacteurs nucléaires. Ainsi la crainte du terrorisme devint-elle une nouvelle arme de choix dans l’arsenal idéologique des mouvements anti-nucléaires. Est-il possible d’examiner ce que pourraient être objectivement les résultats d’un attentat dirigé contre une centrale nucléaire sans être immédiatement accusé de commettre un sacrilège ou d’être un nucléocrate au cœur de glace ? Nous allons tenter de le faire ici en restreignant notre propos au cas des centrales nucléaires, à l’exclusion d’une discussion des attentats faisant usage de « bombes sales » ou même de bombes nucléaires véritables. Sur ce sujet, nous référons ici le lecteur au livre de R.Masse .
La première menace terroriste à laquelle on pense après le 11 Septembre est celle d’un avion précipité sur une centrale . Pour plusieurs raisons un attentat de ce genre aurait très peu de chance de conduire à un relâchement massif de radioactivité dans l’atmosphère :
1. Un réacteur nucléaire est une cible beaucoup plus difficile à atteindre que les tours du World Trade Center : beaucoup moins haute (en particulier parce qu’il ne suffit pas d’atteindre l’enceinte de confinement mais bien de chercher à ce qu’une partie de l’avion, ou un débris massif de l’enceinte, puisse heurter la cuve du réacteur, cible minuscule comparée à la taille d’un gros porteur. La tâche serait d’autant plus difficile que de nombreux réacteurs sont entourés de tours de refroidissement beaucoup plus élevées qu’eux et pour lesquelles un impact n’aurait aucune conséquences radiologiques.
2. Même au cas où un gros porteur viendrait à s’écraser sur l’enceinte de confinement il se heurterait à un obstacle en béton beaucoup plus dur que les structures de l’avion, à l’exception, peut être, des moteurs . En ce qui concerne ces derniers il faudrait encore, pour que leur impact soit efficace, qu’il soit perpendiculaire à la surface cylindrique qu’est l’enceinte de confinement.
3. Une expérience américaine dans laquelle un avion militaire percuta un mur de béton à près de 800 km/h a permis de modéliser le schéma de ruine de l’avion, élément clé dans la modélisation du comportement d’une enceinte heurtée de plein fouet (accessoirement, le mur n’a été entamé que de quelques centimètres, montrant ainsi le bon comportement du béton heurté par un objet beaucoup moins dur que lui).
4. L’incendie et l’explosion déclenchés par l’impact de l’avion resteraient très probablement circonscrits à l’extérieur du bâtiment réacteur.
5. Remarquons que, à la demande des autorités finlandaises, le risque d’un impact d’un avion gros porteur a été explicitement pris en compte pour l’EPR.
Finalement, s’il est vrai que l’impact d’un avion gros porteur sur un réacteur nucléaire pourrait conduire à des destructions importantes et à des victimes parmi les membres du personnel, il est très peu probable qu’il conduise à une relâchement important de radioactivité. Par contre l’impact psychologique et médiatique d’un tel attentat serait, à coup sûr, considérable et pourrait donner lieu à des comportements de panique dont les conséquences pourraient être graves. C’est bien cet impact que rechercheraient les terroristes. Il importe donc, dès maintenant, de donner aux populations proches des centrales des informations sérieuses sur les risques encourus éventuellement, sans les minorer, mais sans les exagérer. La manière la plus efficace de répondre à la menace terroriste n’est-elle pas d’y faire face avec sang-froid ?
On ne peut toutefois pas exclure qu’une opération terroriste, une véritable opération de guerre dans ce cas, puisse aboutir à un relâchement important de radioactivité dans l’atmosphère et l’environnement. Par exemple un groupe de quelques dizaines de kamikazes décidés à mourir pourrait s’emparer d’une centrale, en dynamiter l’enceinte pour y créer une brèche et créer une fuite massive d’eau conduisant à une perte totale de réfrigérant et, donc, à la fusion du cœur du réacteur. Les produits volatiles comme l’Iode et le Césium seraient alors relâchés à l’air libre dans des conditions suffisamment proches de celles de Tchernobyl pour que l’on puisse profiter des enseignements tirés de cette catastrophe :
– En ce qui concerne l’Iode, le geste important est l’ingestion de pastilles d’Iode qui a pour effet d’empêcher l’ingestion d’Iode radioactif et, donc, de supprimer pratiquement l’irradiation de cet organe.
– En ce qui concerne le Césium, en dehors du passage du « nuage radioactif » susceptible de produire une irradiation externe dont on se protège le mieux en restant confiné chez soi ou sur son lieu de travail, les effets les plus notables sont à long terme et proviennent de la contamination des sols et des cultures. Les pouvoirs publics disposeraient alors de temps pour définir et prendre des contre mesures efficaces.
En définitive, à court terme, les gestes qui sauvent sont simples : l’absorption d’Iode stable et le confinement dans un endroit clos (domicile, école, bureau) sont les dispositions immédiates à conseiller à la population dès qu’une menace terroriste crédible sur un réacteur nucléaire se révèlerait. Il faut éviter toute mesure précipitée d’évacuation qui ne pourrait qu’exposer inutilement la population et créer un climat de panique.
Après quelques jours la connaissance des retombées radioactives serait suffisante pour qu’une gestion de la catastrophe sur le long terme commence à être mise en place. Nous savons que la gestion post-crise de Tchernobyl a été calamiteuse (cf. rapport 2002 des Nations Unies). Des centaines de milliers de personnes ont été évacuées alors que les doses supplémentaires auxquelles elles risquaient d’être soumises étaient de l’ordre de l’irradiation naturelle. Il est clair que les traumatismes dus à l’évacuation furent bien supérieurs à ceux qui eussent résulté d’un maintien sur place. Il faudrait donc peser le pour et le contre de mesures d’évacuation au regard des conséquences socio-économiques qu’elles entraîneraient, quitte à adapter la réglementation en vigueur. Ne pourrait-on pas, au moins pour des doses modérées, inférieures, par exemple, à dix fois la valeur moyenne de l’irradiation naturelle, donner le choix aux habitants des zones contaminées entre une évacuation et le maintien sur place, après leur avoir bien expliqué la nature et l’ampleur du risque encouru ? Ces explications devraient être faites par des individualités en qui les gens ont confiance, médecins et pompiers, par exemple. Dans la plupart des cas, les activités industrielles et de service devraient pouvoir continuer sur place après décontamination des locaux si nécessaire. Rappelons que les 3 autres réacteurs de Tchernobyl ont continué à fonctionner sans que les opérateurs soient exposés à des doses inacceptables. Le problème le plus délicat serait celui de l’agriculture. En effet les normes autorisées pour l’activité des aliments sont extrêmement basses : elles résultent de l’application d’un principe de précaution exigeant que la consommation quotidienne d’aliments légèrement contaminés ne puisse pas conduire à une dose d’irradiation supérieure au tiers de l’irradiation naturelle. Une telle application du principe de précaution ne devrait-elle pas être revisitée en cas de catastrophe nucléaire pour tenir compte, par exemple, de la décroissance de l’activité avec le temps et, comme signalé ci-dessus, des coûts socio-économiques d’une observation trop stricte de la réglementation (en fait celle-ci devrait sans doute être modifiée dans le cas de catastrophes).
En dernière analyse les conséquences à long terme de la catastrophe seraient une augmentation faible ou modérée (quelques pour cent au maximum) de l’incidence de certains types de cancers dans la population. Pour les commanditaires des terroristes il faudrait attendre plusieurs années, si ce n’est des dizaines d’années, pour juger de l’efficacité de leur action, tout au moins si l’on exclut les effets de panique.
Les mesures à prendre devraient résulter d’une juste appréciation des effets des faibles doses de radiation, dont la presque totalité des experts considèrent qu’ils sont indécelables en dessous de 10 à 100 fois le niveau de l’irradiation naturelle moyenne en France. La principale arme des terroristes est la panique qu’ils pourraient provoquer. La meilleure parade contre des actions terroristes sur des installations nucléaires est de faire comprendre à la population que les risques associés à ces faibles doses sont vraiment minimes. Un effort considérable d’information et d’éducation est nécessaire et implique qu’on ose parler ouvertement et clairement de ces questions.

1. R.Masse, « Que doit-on craindre d’un accident nucléaire ? », ed. Le Pommier, 2004

2. voir RGN 2001 n°1

Contre vérité : Vous avez dit énergie verte et renouvelable ?

La Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) découle de la loi de transition énergétique pour la croissance verte du 17 août 2015 et s’articule avec la stratégie nationale bas carbone présentée le 18 novembre 2015 en Conseil des ministres. Cette PPE est actuellement en cours de révision et sera finalisée d’ici fin 2018 sous la forme d’un nouveau décret. On ne sait pas encore ce qu’elle conclura mais on peut bien sûr d’ores et déjà présager du fait qu’elle amplifiera, à l’instar de la PPE de 2015, la contribution des énergies intermittentes qualifiées de vertes et renouvelables que sont les énergies solaire et éolienne, au dépens de l’énergie nucléaire qui est la vraie cible.

Mais il paraît légitime de s’interroger sur les qualificatifs de vert et de renouvelable utilisés qui sont entrés dans le langage commun, parant ces sources d’énergie de toutes les vertus dans une sorte de consensus digne de notre époque dominée par les diktats de la pensée unique.
En réalité, toute forme de production d’énergie implique une transformation d’un état physique à un autre état physique et toute transformation génère au côté de l’objectif recherché des effets collatéraux non désirés au départ.
Ainsi le CO2 dégagé par les centrales fossiles ou l’atteinte aux territoires et la destruction des écosystèmes pour l’énergie hydraulique ou encore la production de déchets, générés par les centrales nucléaires, qu’il convient de gérer efficacement.

Et l’énergie éolienne ou solaire n’échappent pas à la règle.

La lecture d’un ouvrage récemment paru fournit un éclairage extrêmement bien documenté sur le sujet. Il s’agit d’un essai réalisé par le journaliste Guillaume Pitron, La Guerre des métaux rares – La Face cachée de la transition énergétique et numérique (éd. Les Liens qui Libèrent). L’auteur qui a réalisé une enquête durant six ans dans une douzaine de pays décrit les effets collatéraux résultant de l’exploitation de ces formes d’énergies qualifiées de “green-tech ».

Que dit-il ?

Ces énergies sont en effet vertes dans la mesure où elles ne produisent pas de CO2 sur les lieux de production des kWh. Mais il faut regarder l’ensemble du cycle de fabrication des panneaux solaires et des éoliennes.
Et le problème présente une ampleur particulière. De fait, en se fondant sur les perspectives de croissance du scénario « Sustainable Development » du Conseil de l’Energie Mondiale de 2017, la capacité installée mondiale des éoliennes devrait être multipliée par 5 d’ici 2040 (de 466 GW en 2016 à 2629 GW en 2040) et celle des panneaux solaires PV par 10 d’ici 2040 (de 299 GW en 2016 à 3246 GW en 2040). Pour faire face à cette demande explosive, la fabrication de ces nouvelles capacités implique le recours à des quantités considérables de métaux de base et de terres rares qu’il va falloir extraire du sous-sol.

A titre d’exemple, une éolienne dispose d’un ensemble d’équipements dont un ensemble rotors/stators qui sont un panaché de fer, de bore et de terres rares (néodyme-fer-bore dans la majorité des cas, avec de plus petites quantités de dysprosium et de praséodyme).

La fabrication des panneaux solaires dépend également d’un approvisionnement en terres rares qui ont nom, en fonction de la génération des panneaux fabriqués, cadmium, tellure, indium, gallium, sélénium ou encore titane ou ruthénium.

Or, nous dit G. Pitron, que constate-t-on ?

Energies « vertes » ?

L’approvisionnement en terres rares nécessite la mise en œuvre et l’exploitation de mines très polluantes, concentrés actuellement en Chine à près de 95%. En outre, la durée de vie des réserves rentables des principaux métaux nécessaires à la transition énergétique se chiffre, en cas de boom, en dizaines d’années.

L’exploitation de ces minerais est un cauchemar environnemental où se côtoient rejets de métaux lourds, pluies acides, et eaux contaminées. Ces impacts sanitaires sont pour l’essentiel concentrés actuellement dans la ville de Baotou en Mongolie Intérieure sur le site de Bayan Obo (Le Monde du 19 juillet 2012). L’extraction des terres rares nécessite la mise en ouvre de procédés métallurgiques et des bains d’acides. Cette importante pollution vient du fait que la faible concentration en métaux rares entraîne l’utilisation d’une énorme quantité de solvants. Les effluents générés sont, après usage, rejetés dans l’environnement, sans compter la présence de matériaux radioactifs tels le thorium ou l’uranium qui génèrent une activité non négligeable au fonds des mines de Bayan Obo.
Le succès de Bayan Obo vient du fait que des normes environnementales plus strictes ont été imposées à des activités d’extraction précédemment exercées en France ou aux Etats-Unis. Ainsi, dans les années 1980, le site de l’usine Rhône-Poulenc (devenu Rhodia et maintenant Solvay) de La Rochelle purifiait annuellement 8 à 10.000 tonnes de terres rares, soit 50% du marché mondial. Mais tant la question des effluents produits que celle de l’accumulation du sous-produit thorium, a conduit l’usine à arrêter ces activités en 1994 en se tournant vers des partenaires chinois pour réaliser la première partie du raffinage. De même, les Etats-Unis avaient pris jusqu’en 1985 le leadership de la production de terres rares avec la mine de Mountain Pass dans le désert du Mojave. Mais la même problématique de pollution due aux rejets d’effluents et de sous-produits radioactifs lors de l’extraction et du raffinage du minerai a eu finalement raison des activités de cette mine qui a cessé ses activités en 2002 au profit d’approvisionnement en provenance de Chine. C’est ainsi que ces opérations hautement polluantes ont cessé en Europe ou aux Etats-Unis au « profit » d’une production chinoise.

Energies « renouvelables » ?

Ces énergies sont dites renouvelables en effet car elles exploitent des ressources sur les lieux de production, le vent et les rayons solaires, dont nous pouvons disposer à notre guise sans risque d’épuisement. Mais, elles se fondent sur l’exploitation de matières premières qui, elles, ne sont pas renouvelables. En effet, la consommation mondiale de métaux et en particulier de métaux rares qu’il va falloir extraire du sous-sol pour tenir la cadence de la lutte contre le réchauffement climatique va croître à un rythme de 3 à 5% par an pour satisfaire les besoins mondiaux à moins qu’on ne finisse par préférer des technologies énergétiques moins consommatrices de ressources naturelles

La conclusion d’ensemble aboutit à une constatation effarante : le monde va consommer davantage de minerais (certes pas seulement destiné à la fabrication des éoliennes et des panneaux solaires mais en partie significative) durant la prochaine génération qu’au cours des 70.000 dernières années. « Nos 7,5 milliards de contemporains vont absorber plus de ressources minérales que les 108 milliards d’humains que la Terre a portés jusqu’à ce jour ». Ainsi, au rythme actuel de production, les réserves rentables d’une quinzaine de métaux de base et de métaux rares seront épuisées en moins de 50 ans. Certes, des découvertes, telles celle faite au large de l’archipel d’Ogasawara, à 2 000 kilomètres au sud-est de Tokyo qui contiendraient de grandes concentrations de terres rares, permettront d’accroitre les réserves rentables mais cela ne fera que retarder l’échéance. Sans compter que l’accès à ces ressources génère d’ores et déjà un problème stratégique de sécurité d’approvisionnement si la Chine venait à utiliser sa production comme arme géopolitique.

Energies dé carbonées ?

Il faut des quantités considérables d’énergie pour exploiter une mine, raffiner les minerais puis les acheminer vers un centre de production où ils seront incorporés dans une éolienne ou un panneau solaire. Et si les moyens de production d’énergie en question sont des centrales fossiles, le bilan du cycle de vie de production de ces éoliennes ou ces panneaux solaires n’est plus dé carboné comme peut l’être l’éolienne ou le panneau solaire sur son lieu d’activité. Cela revient de fait à dépolluer de CO2 les pays qui se dotent de ces moyens de production au détriment des régions où s’exerce l’activité minière génératrice des ressources destinées à ces moyens de production.

Le recyclage ?

On pourrait être sauvé par le recyclage. En effet, nous dit G. Pitron, la sobriété énergétique pourrait être rendue possible par le recyclage des métaux rares à grande échelle, qui atténuerait dès lors les impacts écologiques de leur exploitation. Il y a de fait des initiatives importantes prises en particulier au Japon pour mettre en place une économie du recyclage en général et des terres rares en particulier. Toutefois, cette ambition vertueuse rencontre une difficulté de taille : à l’inverse des métaux traditionnels tels le fer, l’argent ou l’aluminium, les terres rares n’entrent pas à l’état pur dans la composition des technologies vertes mais sous forme d’alliage aboutissant ainsi à des matériaux composites permettant de démultiplier leurs propriétés en comparaison des métaux simples. Ainsi, par exemple, les rotors/stators des éoliennes cités plus haut sont constitués de fer , de bore et d’alliage de terres rares qui permettent d’optimiser leur puissance. La récupération et le recyclage de ces différents éléments deviennent donc très complexes, souvent très onéreux, et donc non pratiqués.

On le voit, avant de qualifier les énergies éoliennes et solaires de vertes, de dé carbonées ou renouvelables, il faut s’entourer d’un certain nombre de précautions et de précisions afin d’éviter demain des réveils douloureux quand on s’apercevra que le bilan carbone de la transition énergétique n’atteindra pas, au niveau mondial, les objectifs attendus.

Dans le contexte de révision de la PPE, il est dès lors capital que les choix stratégiques qui seront faits prennent en compte en toute objectivité les différentes sources de production d’énergie électrique technologiquement disponibles sans jeter l’anathème sur l’une ou l’autre, l’approche rationnelle et scientifique devant être préférée à toute pensée unique potentiellement génératrice d’erreurs irréversibles.

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https://livre.fnac.com/a11093248/Guillaume-Pitron-La-guerre-des-metaux-rares

Soudures de l’EPR de Flamanville : retour d’expérience vu du parc existant

Comment ont fait les anciens d’EDF ?

EDF s’était engagée sur un principe de non dégradation ou plutôt de non explosion des tuyauteries vapeur.

En effet l’explosion d’un tuyauterie vapeur provoque un choc froid sur le secondaire qui se transmets au primaire et ce transitoire est très pénalisant.

Dans les tranches précédentes, nous avions des tuyauteries forgées dites « superpipes » jusqu’à la vanne d’isolement vapeur de chaque GV donc sur une faible longueur après la paroi du bâtiment réacteur. Et sur cette tuyauterie superpipe était branchée, la vanne de contournement à l’atmosphère qui permet de réguler la température du primaire tant que l’on n’a pas lancé la turbine. Cet exutoire vapeur sert aussi bien pendant la phase de montée à l’état d’arrêt à chaud , de refroidissement lors d’un passage à l’arrêt, que pendant les situations d’arrêt à chaud puissance nulle.

Bien entendu toutes les soudures de ces tuyauteries y compris celles de la vanne de vapeur principale et celles de la soupapes de contournement à l’atmosphère étaient garanties sans défaut.

Il semble que la règle sur l’EPR ait été étendue à l’ensemble des soudures des tuyauteries vapeur. C’est à dire que nous sommes partis de 4 tuyauteries raccordées aux GV, plus les soudures des 4 vannes d’arrêt et des 4 soupapes de contournement, à toutes les soudures de tuyauteries jusqu’au barillet d’admission de la turbine et les piquages d’alimentation des 4 trains des turbopompes d’alimentation de secours des GV. J’ai lu qu’au total cela faisait 160 soudures à contrôler et que si certaines mal placées étaient à refaire, il faudrait casser du béton dans la salle des machines.

L’erreur aurait pour origine la non communication par Framatome des nouvelles exigences prises pour l’EPR aux entreprises de tuyautages.

A ce jour, les contrôles sont en cours et l’on ne peut pas savoir s’il y aura des soudures à reprendre. Mais rien que le décalorifugeage au droit de chaque soudure, les tirs radiographiques et les contrôles US sont des opérations longues. Et rien ne dit que l’ASN ne n’impose pas de reprendre certaines d’entre elles.

Bref, c’est un déboire de plus sur l’EPR qui n’en méritait pas autant. Mais c’est une preuve de plus qu’avoir supprimé le service de contrôle de fabrication coût infiniment plus cher que son maintien.

Je n’ai aucune information sur la Chine. Mais je ne pense pas que les Chinois aillent au-delà des prescriptions que nous avions sur toutes les autres tranches.

Pas la peine cette fois de critiquer l’ASN, EDF s’était engagé et ne semble pas avoir tenu son engagement dans ce cas.

JF

De la couleur des électrons

Mylène, Pierre et Jacques sont attablés à la terrasse du Café du Commerce.

MYLENE Voilà c’est fait. Pour en finir avec EDF et son nucléaire, je viens de changer de fournisseur d’électricité. Mon nouvel abonnement garantit une origine renouvelable aux électrons que je vais recevoir.

PIERRE Tiens, c’est nouveau ! Vous recevez des électrons ?

MYLÈNE Evidemment, le courant électrique, ce sont bien des électrons qui circulent dans les fils, non ?

PIERRE Désolé de vous contredire, mais les électrons ne circulent qu’en courant continu et alors très très lentement. En alternatif, ils oscillent sur place, toujours avec une sage lenteur.

MYLENE Ce n’est pas possible. Quand j’agis sur l’interrupteur qui commande ma lampe de chevet au bout de trois mètres de fil, elle s’allume tout de suite. C’est bien que les électrons arrivent presque instantanément. Donc ils sont rapides.

PIERRE Vous avez de curieuses notions d’électricité. C’est le signal de mise en mouvement des électrons qui se propage très vite.

MYLENE Et les électrons alors ?

PIERRE Un courant dans un fil conducteur, ce sont des centaines de milliers de milliards de milliards d’électrons en mouvement. Je fais un rapide calcul d’ordre de grandeur : dans l’ampoule à filament de la lampe de chevet, il va passer un quart d’ampère ; je prends pour les fils de cuivre une section d’un quart de mm2 et je vais trouver à peu près un dix millième de mètres par seconde. Cela nous fait du 36 à l’heure.

JACQUES 36 kilomètres ?

PIERRE Non 36 centimètres. Ces électrons sont cent mille fois plus lents qu’un coureur de 100 mètres de classe internationale.

JACQUES Ce calcul s’applique t’il au continu ou à l’alternatif ?

PIERRE Aux deux mon capitaine. Dans le cas de l’alternatif, le chiffre que j’ai donné représente une vitesse moyenne d’oscillation autour d’une position dont l’électron ne s’éloigne pas de plus d’un dix millième de millimètre, 100 fois par seconde.

MYLENE Mais alors comment puis-je savoir si mes électrons sont bien verts comme l’affiche mon nouveau fournisseur ?

PIERRE Ils ne seront jamais verts, pas plus que rouges ou bleus. Ils oscillent en même temps que tous les électrons du réseau synchronisé qui couvre l’Europe occidentale dont la France. Ils n’ont aucun lien physique avec tel ou tel générateur couplé au réseau. S’il est honnête, votre fournisseur doit acheter exclusivement à des exploitants de fermes éoliennes ou solaires ou d’usines hydroélectriques les kilowatts heure qu’il vous revend. L’habit vert est purement administratif.

JACQUES Aurais-je tout compris ? Le réseau m’apparait comme la corbeille d’une bourse avec des vendeurs et des acheteurs. Sur le marché de l’électricité, on échange des kilowatts heure contre des euros et les uns n’ont pas plus de couleur que les autres n’ont d’odeur. Tout se ramène à une simple question de comptabilité, domaine familier pour un financier.

MYLENE Et mes électrons dans tout çà ? Ils passent à l’as ?

PIERRE Tout juste. Ils ignoreront à tout jamais d’où vient l’énergie qui les secoue. Jacques a raison. L’énergie sur le réseau prend l’aspect d’une valeur d’échange. Mais il ne faudrait pas en conclure que l’énergie c’est comme de la monnaie au signe près. Il y aura toujours une différence fondamentale. L’énergie, nous disent les physiciens, obéit à une loi de conservation, je ne crois pas que ce soit le cas de la monnaie…

JACQUES Je confirme.

MYLENE Et moi je paie un fournisseur à qui je suis bien obligé de faire confiance pour me livrer de l’électricité propre.

PIERRE Il y aurait bien un moyen d’acquérir une certitude… mais cela suppose de lourds investissements : une installation électrique déconnectée du réseau avec des panneaux solaires sur le toit, une éolienne dans le jardin et un stock de batteries pour les nuits sans vent et les longues situations anticycloniques de l’hiver.

JACQUES Mais qui, à part quelques rêveurs, serait prêt à gérer totalement sa production et sa consommation d’électricité au lieu de s’adresser à un service public qui se charge de tout ?

MYLENE Moi ! Je veux bien faire partie de ces rêveurs comme vous dites et je souhaite en effet un changement de paradigme. Seulement j’habite au troisième dans un immeuble de huit étages, en pleine ville et mes voisins n’ont pas comme moi la fibre militante. Je ne me vois pas proposer une telle révolution en assemblée générale.

PIERRE Eh oui, les problèmes des villes et surtout des plus grandes agglomérations, ces mégapoles qui dépassent 10 millions d’habitants, ne sont pas les mêmes que ceux d’une maison isolée à la campagne. Bien des spécialistes pensent que 100% d’énergies renouvelables ne peuvent satisfaire aux besoins de nos sociétés modernes. Ils sont en phase avec le GIEC qui, en plus de développer les renouvelables, préconise de mettre en œuvre le captage et le stockage du CO2 associés aux énergies fossiles et en même temps de poursuivre l’électronucléaire. Et qu’importe la couleur d’électrons dont je crois vous avoir montré qu’ils n’en ont pas. Sur ce, à la vôtre !

Jean-Louis Bobin