Les hydroliennes produisent plus de crustacés que d’électricité…

Comme on peut le constater dans le reportage de France 3 Betagne (14 avril) sur la remontée de la 1ère machine de Paimpol. Elle n’est restée que 11 mois au fond, mais regardez les salissures, variables suivant la nature du support, les plus visibles sont celles des balanes, crustacés cirripèdes fixés. 

​Alors, confit d’intérêt dans l’équipe d’Emmanuel Macron ?

EM a en effet maintenant un de ses proches bien placé pour le renseigner en la personne de Julien Marchal, donné comme son conseiller et animateur au sein d’En Marche, du groupe d’experts sur l’énergie.

Alors vu la gabegie irrémédiable, comment pourrait-il ne pas mettre fin aux pilotes en cours vu du fiasco annoncé et constaté des hydroniennes en mer ? Ruineuses (600% de surcoût), anti-écologique (10 fois plus de matière pour produire un TWh), seul le greenwashing de l’accord PS-EELV justifiait encore ces pilotes sans que la R&D ne soit mature. Et ceci permettra d’agir réellement sur le CO2 en abondant enfin fortement le fond chaleur. L’emploi utile doit désormais guider la République. Pas l’emploi inutile.

A noter que la filiale DCNS Energies a été recapitalisée par BPI, autrement dit par le contribuable. Pour rappel : les 4 hydroliennes DCNS OH sont pour 3 en avaries (2 en France, 1 au Canada), la 4ème étant en attente au Canada.

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Julien Marchal

 DCNS ENERGIES : SECRETAIRE GENERAL

©Nomination, le 7 avril 2017 / Julien Marchal est secrétaire général de DCNS Energies depuis mars 2017. Il est sous la responsabilité directe de Thierry Kalanquin, président-directeur général.

 Julien Marchal, 34 ans, Ecole des Ponts ParisTech (2009), Polytechnique (2003), a réalisé le parcours suivant :

 * 2016-2017 : Cabinet du secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie, conseiller en charge de l’environnement, de l’énergie, du logement, des industries extractives et de première transformation.

 * 2014-2016 : Cabinet du ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron, conseiller en charge de l’énergie, des industries extractives et de l’environnement.

 * 2014-2014 : Cabinet du président de la République, François Hollande, conseiller, adjoint énergie et logement.

 * 2012-2014 : Cabinet du président de la République, François Hollande, chargé de mission.

 * 2011-2012 : Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, adjoint chef du bureau Affaires extérieures de l’énergie nucléaire à la Direction générale de l’énergie et du climat.

 * 2009-2011 : Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, adjoint au chef du bureau Energies renouvelables à la Direction générale de l’énergie et du climat.
https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=3&cad=rja&uact=8&sqi=2&ved=0ahUKEwixoLeX-uLTAhUHQBoKHXFiDjgQFggxMAI&url=https%3A%2F%2Fportail.polytechnique.edu%2Fax%2Ffr%2Fles-actualites%2Fles-dernieres-nominations&usg=AFQjCNEOKDplBYRTjkdqq8rfQgIgNveQWg&sig2=p_76ES6_djMJpU8b5OpMRA

Julien Marchal, conseiller d’Emmanuel Macron  est donné comme animateur au sein d’En Marche  du groupe d’experts traitant de l’énergie. 

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=20&ved=0ahUKEwjtnNCM–LTAhUBWhoKHfLSAT44ChAWCFMwCQ&url=http%3A%2F%2Fwww.domainespublics.fr%2Fupload%2Factualites%2FPresidentielle_2017%2Fgalaxie_Macron.pdf&usg=AFQjCNH98M3JMffEUXF9do9vlQYzNWReXQ&sig2=G9JLTjUGlJamnKbLfIZt2w

I

Pour en savoir plus : les transparents de la conférence de Bernard Durand

https://share.orange.fr/#ZToMuGevDW15133d3483

Le mirage photovoltaïque

Dans son numéro du 4 mai La Croix s’inquiète du « bilan en demi-teinte du solaire en France » en 2016, « la pire année » depuis 2010 avec seulement 550 MW de capteurs photovoltaïques raccordés au réseau électrique. Mais cela doit-il inquiéter ou rassurer le consommateur ? Car une des raisons de cet échec, peut-être la principale, n’est pas évoquée dans l’article : alors qu’on nous annonce des prix à la baisse, 2016 aura encore vu les consommateurs payer chaque kilowattheure (kWh) solaire à un prix exorbitant de 0,40 €/kWh, soit huit fois plus que le prix électrique français moyen (à ce dernier, de 0,05 €/kWh, hors transport, s’ajoute en effet un supplément, inclus dans la taxe CSPE de nos factures, de 0,35 €/kWh pour chaque kWh solaire, selon la Commission de régulation de l’énergie). Ça fait maintenant dix ans, depuis le Grenelle de 2007, qu’on nous annonce que « ça va baisser » ! En réalité le pire est à venir, car on n’a pas encore mis en place les coûteuses batteries qui permettront de stocker cette énergie solaire aléatoire. Dès lors, et pour respecter ceux qui continuent à préférer les kWh nucléaires et hydrauliques (à 0,05 €) aux kWh solaires (à 0,40 €), une suggestion : quand le consommateur pourra-t-il choisir un contrat électrique 100 % nucléaire et hydraulique ? Il y a bien déjà des offres 100 % renouvelables !

 

Jean-Luc Salanave

La Croix du 9 mai 2017

Une centrale éolienne en mer près d’Oléron, cela en vaut-il la peine ?  

Dernier sanctuaire naturel où l’Homme modère encore sa soif de tout « exploiter » , ce fragile et hostile milieu naturel est jusqu’ici plutôt vierge de toute infrastructures extensives.


Alors doit-on accepter de couvrir des milliers de km2 de tripodes ? L’intermittence  du vent, contre-productive pour l’économie des solutions énergétiques en faveur du climat, ne serait pas rédhibitoire et mériterait, selon Ségolène Royal, de doubler nos impôts assis sur l’électricité ?


Certains en doutent comme Bernard Durand ci-dessous.
Une centrale éolienne en mer près d’Oléron, cela en vaut-il la peine ?  

Des risques majeurs créés sans contrepartie aux riverains et à l’environnement !

B.DURAND  

Ingénieur et géologue, ancien directeur de l’Ecole Nationale Supérieure de Géologie, ancien président du Comité Scientifique de l’European Association of  Geoscientists and Engineers (EAGE)

On constate depuis quelques années une érosion et un recul des côtes plus rapides dans notre région, et des risques croissants de submersion. La réalisation d’une centrale éolienne en mer près d’Oléron, 80 éoliennes de plus de 200 mètres de haut au-dessus de l’eau, implantées sur une surface d’environ 100 km2, en principe pour une durée de 40 ans, est de nature à augmenter ce risque, parce qu’elle modifiera la circulation des sédiments. Etant donné la fragilité de ce littoral, des modifications importantes du trait de côte sont possibles, avec d’importantes conséquences sur les activités (tourisme, pêche, ostréiculture…), dans ce secteur. Rien que pour cela, au titre du principe de précaution, il est irresponsable de donner suite à ce projet. 

Des entraves considérables à la pêche et à la navigation de plaisance, et une pollution des eaux avec des conséquences sur les produits de la pêche et de l’ostréiculture, sont inévitables. 

Le lobby éolien a de toute évidence une très forte emprise sur une grande partie du monde politique et des grands moyens d’information : on remarque en effet que ceux-ci ont préféré jusqu’à présent relayer la publicité des promoteurs plutôt que d’informer objectivement les citoyens. Or ce lobby a un très fort appétit pour notre littoral atlantique. L’acceptation de ce projet par les riverains serait un encourager  ce comportement, et risquer la construction d’autres centrales dans les mêmes eaux.

 L’évacuation de l’électricité produite nécessitera la construction d’une ligne à très haute tension, qui traversera la Presqu’île d’Arvert. Cette information ne nous a été donnée que très récemment alors qu’elle était connue depuis longtemps de nos élus et de l’administration ! 

En contrepartie de ces risques, la réalisation de cette centrale ne procurerait que très peu d’emplois permanents à des Français, et certainement aucun sur place aux habitants de la Presqu’île d’Arvert. Pourtant elle coûterait des milliards d’euros. Mais la plus grande partie de ces sommes servirait à soutenir l’industrie et l’emploi en Allemagne et non en France.

De plus cette centrale :

– Produirait une électricité parfaitement inutile pour le département, la région, et même la France.

– Ferait monter notre facture d’électricité par les taxes, contribution au service public de ‘électricité (CSPE) et taxes d’acheminement, qui serviront à la subventionner.

– Ne pourrait pas faire diminuer nos émissions de CO2.

– Ne pourrait servir à fermer un seul réacteur nucléaire.

Des liens vers des dossiers qui détaillent et complètent les informations données :

http://eolien-oleron.natvert.fr/sdm_downloads/lenergie-eolienne-ne-etre-solution-miracle   

http://eolien-oleron.natvert.fr/telechargements 

http://eolien-oleron.natvert.fr/eoliennes-mer-a-oleron-dangers-patrimoine-naturel 

http://www.sauvonsleclimat.org/images/articles/pdf_files/etudes/Electricites%20intermittentes.pdf 

Energie en Europe : Tout est connu, mais tout est caché par des politiciens cupides

http://www.senat.fr/notice-rapport/2013/r13-534-notice.html

2014 : Rapport du Sénateur Jean Bizet
LA COOPÉRATION ÉNERGÉTIQUE FRANCO-ALLEMANDE :

NAISSANCE D’UNE EUROPE DE L’ÉNERGIE ?

CONCLUSION GÉNÉRALE

Développer de nouvelles filières industrielles et assurer une évolution coordonnée compatible avec les données économiques exige du recul : les choix politiques guident les objectifs, la dimension technique et économique détermine le tempo souhaitable.
Indispensable pour des raisons tenant à la géographie, mais aussi parce que l’évolution jusqu’ici divergente des politiques énergétiques de part et d’autre du Rhin aboutit à une situation qui ne peut se prolonger sans dommages pour la France et l’Allemagne de même que pour toute l’Union européenne, la coopération franco-allemande dans la transition vers des énergies renouvelables pose d’immenses défis techniques pour la production, conceptuels pour la gestion des réseaux et économiques pour financer les énormes investissements à même d’assurer l’utilisation satisfaisante d’une énergie dont les sources premières – le vent et le soleil – se manifestent sans la moindre considération pour les besoins du genre humain.

C’est aujourd’hui que nous devons tracer le long chemin qui pourra conduire vers une énergie abondante et propre sur tous les plans. 
Vouloir brûler les étapes ou se précipiter vers la mise en oeuvre de moyens encore immatures ou incomplets serait non une façon d’accélérer l’Histoire, mais le moyen le plus sûr de la faire douloureusement bégayer.
Une évolution de cette ampleur, avec de telles implications géographiques, doit être conçue et conduite à l’échelle de l’Union, en commençant par le couple franco-allemand, pour associer au plus vite les autres États membres à une coopération renforcée couvrant l’ensemble de la problématique.
La France doit faire évoluer son parc électronucléaire et développer de façon raisonnée le recours aux sources renouvelables d’énergie. 
En Allemagne, une prise de conscience a lieu. En effet, le gouvernement allemand a fait sien le projet élaboré par M. Sigmar Gabriel, vice-chancelier social-démocrate, ministre de l’économie et de l’énergie, qui a jugé « absolument nécessaire » de donner « un nouveau départ » au tournant énergétique.
La discussion du texte n’étant pas encore parvenue à son terme, il est prématuré d’en tirer des conclusions, mais l’évolution engagée jusqu’ici pourrait changer son cours si les restrictions de financement sont acceptées par le Bundestag. M. Gabriel a résumé ainsi l’esprit du projet de loi : « Le tournant énergétique ne consiste pas seulement à développer la production d’énergie renouvelable, mais aussi à la faire de manière planifiée et sûre ». Telle est précisément la philosophie dont votre rapporteur propose de tirer les conséquences.
La situation est donc particulièrement propice à une relance de la coopération énergétique entre les deux pays. 
Il importe que la dimension purement technique privilégiée jusqu’à présent soit complétée par la prise en compte des réalités économiques, incluant la gestion des marchés.
Regarder la réalité en face : c’est ce que votre rapporteur souhaite pour le choix du bouquet énergétique, pour la cohérence des investissements réalisés, enfin pour la façon d’envisager les thèmes majeurs constitués par la filière électronucléaire et sa modernisation, le gaz de schiste ou la mise sur pieds d’une coopération renforcée dont les objectifs doivent inclure un système d’interconnexions assurant la stabilité des approvisionnements et renforçant l’indépendance énergétique des États-membres. 
Le libre choix du bouquet énergétique par chaque État-membre, un domaine où la dimension rationnelle doit s’imposer face à l’approche émotionnelle, ne s’oppose pas à l’intervention commune dans les négociations sur les fournitures à long terme de matière première énergétique.
Assurer la cohérence de la politique énergétique avec le protocole de Kyoto et la lutte contre le réchauffement climatique suppose de définir une politique lisible et stable en matière de prix du CO2. 
Ce ne doit pas devenir un prétexte pour négliger une donnée fondamentale : la croissance de l’Union européenne dépend de son industrie. 
Faut-il privilégier la réindustrialisation de l’Europe ou se focaliser sur un choix climatique n’ayant que des effets éminemment relatifs au niveau planétaire ? La filière nucléaire permet de concilier les deux.

Autoconsommation – Commentaires sur l’étude de La Fabrique écologique

http://www.lafabriqueecologique.fr/decentralisation-energetique

Commentaires sur l’étude : Pour une décentralisation énergétique proche des citoyens

Plusieurs points :

Il est écrit : « Le développement de l’autoconsommation ne signifie pas aller vers l’autarcie en se coupant des réseaux. Dans la très grande majorité des cas, la connexion ou le raccordement au réseau électrique reste nécessaire et souhaitable, avec des avantages pratiques et économiques pour le consommateur en l’absence de solutions compétitives de stockage d’électricité. Se pose alors aussi la question de la gestion des surplus en période d’excédent de production ». 

Et plus loin : « L’accroissement du taux d’autoconsommation peut se réaliser de trois manières : la limitation de la puissance du système de production, en l’occurrence le plus souvent photovoltaïque, pour qu’une part plus importante de l’énergie soit consommée sur place ; l’augmentation de la consommation sur place ; le stockage, pour mieux répartir dans le temps la production et la consommation […] Aucune de ces hypothèses ne correspond à la vraie priorité que constitue le développement de l’énergie solaire ».

Commentaire : on ne peut qu’être d’accord avec ces positions, en premier lieu la nécessité de conserver des réseaux publics en secours. Mais la priorité donnée au photovoltaïque, par ailleurs logique car seule énergie susceptible d’être facilement intégrée localement de façon généralisée (difficile d’imaginer des éoliennes en milieu urbain !) conduit à privilégier le moyen de production renouvelable le plus décorrélé des besoins dans nos contrées tempérées : alors que les besoins sont maximaux en hiver, la production photovoltaïque y est en moyenne environ 4 fois plus faible qu’en été, période durant laquelle on ne sait au contraire pas quoi faire des surplus de production. Cette décorrélation, ou plutôt anti-corrélation, ne peut être compensée que de deux façons :

* Par un stockage inter-saisonnier, qui ne peut actuellement passer que par une transformation de l’électricité excédentaire en gaz (hydrogène ou méthane de synthèse). Mais, en l’état actuel des technologies, des connaissances et des perspectives apportées par les recherches, ces solutions sont hors de prix et devraient le rester pour longtemps. Ce qui les disqualifie économiquement durablement.

* Par le secours des réseaux publics lors des périodes froides de forte consommation, avec la contrainte supplémentaire de ne pas les noyer sous des surplus pléthoriques inutilisables en période d’été. 

Le croisement de ces différentes contraintes conduit à la conclusion logique que la seule perspective viable est un dimensionnement des moyens photovoltaïques limités aux besoins estivaux. Ce qui conduit à un dimensionnement minimal, impliquant en contrepartie une contribution élevée des réseaux publics en hiver. C’est-à-dire au moment où ils sont déjà le plus sollicités…

Il est écrit : « Elle peut enfin entraîner des transferts de charges non négligeables. L’autoproducteur ne paie pas, logiquement, pendant les périodes où il consomme ce qu’il produit, la part du tarif d’utilisation du réseau public d’électricité (TURPE) calculé en fonction de la quantité d’énergie prise sur le réseau. Or celle-ci est prépondérante par rapport à celle qui est fonction de la puissance souscrite, alors que les coûts de réseau dépendent fortement de cette donnée ».  

Commentaire : ce point, très justement souligné, est fondamental. Les coûts des réseaux sont en effet à près de 95 % des coûts fixes (coûts d’investissement qui dépendent des dimensionnements, eux-mêmes régis par les puissances maximales transitées. Et coûts de personnel d’exploitation qui ne dépendent pas non plus des quantités d’énergie qui transitent). 

Par conséquent, le système actuel de rémunération, essentiellement fondé sur l’énergie, ce qui se justifie pleinement par son effet modérateur sur les consommations, n’est plus du tout adapté à l’autoconsommation / autoproduction qui n’utilise le réseau que de façon épisodique et en particulier sous forme de puissance de pointe. Ce qui coûte à peu près aussi cher qu’une utilisation permanente. 

Si rien n’est fait, il se produira donc des transferts de charges des autoconsommateurs / autoproducteurs, qui n’assumeront qu’une faible part des charges des réseaux publics (TURPE, CSPE) vers tous les autres utilisateurs des réseaux, cette inégalité de traitement n’étant pas acceptable. D’autant plus qu’elle s’accompagne d’une moindre contribution aux taxes publiques (CTA, TVA, etc.).

Le développement de l’autoconsommation / autoproduction implique en conséquence une complète remise à plat des charges d’utilisation des réseaux, pour faire supporter aux futurs autoconsommateurs / autoproducteurs leur juste quote-part des charges. Mais cette dernière, proche de celle des autres consommateurs, aura pour effet de renchérir ce mode de production / consommation et donc de le rendre moins intéressant financièrement. Sera-t-il alors encore globalement compétitif ? La réponse à cette question tranchera in fine le débat. Car l’affirmation « Une telle évolution correspond au souhait d’une partie de la population, pour des raisons d’autonomie et de contribution citoyenne » ne résistera probablement pas très longtemps à la dure réalité de prix éventuellement supérieurs à ce que fourniront les réseaux publics si les services de ces derniers sont payés à leur juste prix… 

Deux autres difficultés majeures de fond doivent être soulignées :

* L’absence de foisonnement de l’autoconsommation / autoproduction individuelle, ou sa faible valeur dans les « réseaux de territoires », en comparaison du foisonnement naturel des grands réseaux publics. Rappelons que le foisonnement des consommations est le fait les consommateurs reliés à un réseau n’appellent pas tous en même temps la puissance maximale qu’ils ont souscrite. Ce qui permet des économies considérables en moyens de production, d’autant plus importantes que le nombre de consommateurs reliés, donc le réseau, est important. Ce phénomène permet ainsi de diviser par 4 à 5 les moyens de production nécessaires sur le réseau français. Dit autrement, si chaque consommateur (industriel, tertiaire, domestique, etc.) produisait sa propre énergie, il faudrait multiplier par 4 à 5 la puissance des moyens de production existants au niveau du pays !  

* Financièrement, le développement de l’autoconsommation / autoproduction conduit à investir deux fois au niveau du pays : une première fois dans les équipements d’autoproduction, une deuxième fois dans les réseaux publics, qui devront continuer à assurer le secours intégral des autoconsommateurs / autoproducteurs. Ce qui pose la question de l’utilisation de ressources financières rares, qui seraient sans doute beaucoup plus utiles ailleurs, notamment pour mieux isoler le bâti existant. La question mérite en tout cas d’être examinée de près en termes d’émissions de CO2 évitées. 

En conclusion, le développement de l’autoconsommation / autoproduction soulève des questions majeures d’une grande complexité, qui méritent des analyses approfondies et des expérimentations préalables avant de s’engager tête baissée dans cette voie dont les apports environnementaux et économiques sont loin d’être garantis. Laissons à cet égard le dernier mot au nouveau président de la CRE, s’exprimant sur le sujet devant les commissions de l’Assemblée et du Sénat lors de son audition en février 2017 :  

« Sous couvert de sujets techniques, ce sont des questions de société qui se dessinent. Par exemple,  le développement de l’autoconsommation d’électricité chez les particuliers ou dans les collectivités. Mal maîtrisé, il risque d’aboutir à une forme de « communautarisme énergétique » sapant le modèle de solidarité entre les territoires qui prévaut depuis soixante-dix ans ».

L’Académie des sciences sur le renouvelable, peut mieux faire…

http://www.academie-sciences.fr/fr/Rapports-ouvrages-avis-et-recommandations-de-l-Academie/avis-sur-la-transition-energetique.html

Rectifions cette posture un peu trop politiquement correcte…

Je cite :

« la part totale des ENRis ne peut pas aller très au-delà de 30-40% sans conduire à des coûts exorbitants».

Une telle formulation laisse penser que, jusqu’à ce pourcentage il n’y a pas de problème pour le bilan du parc nucléaire d’EDF ?

Or il y en a dès aujourd’hui. Voir l’étude CREDEN (Percebois). La perte de valeur de notre parc décarboné ne peut qu’augmenter au fur et à mesure que se développe le parc des ENRis. Macron entend doubler les ENRis d’ici 2023 et le parc français devrait passer à 15% du mix en 2025, soit le parc allemand d’aujourd’hui… Ce dernier gâche en fait un immense potentiel social mais masque un dumping habile sur la productivité des agriculteurs allemands par des exports subventionnés et jouissant d’une priorité de consommation indue (La France paysanne s’en ressent d’ailleurs tout en restant passive).

En 2014, les champions européens étaient, dans cet ordre, et en % de la production BRUTE d’électricité, le Danemark avec 42,6 %, le Portugal avec 24,1 %, l’Espagne avec 21,6 % et l’Irlande avec 19,5% L’Allemagne ne faisait que 14,8%.

Le Danemark doit cette « performance » à l’utilisation des moyens de stockage de ses voisins (lacs de barrage des pays scandinaves, qui importent l’éolien Danois à vil prix et gardent ainsi l’eau, pour la turbiner ensuite pour entre autres vendre cette l’électricité au Danemark à prix d’or), le Portugal et l’Espagne ont en proportion plus d’hydroélectricté que nous. La meilleure performance sans hydroélectricité est donc celle de l’Irlande, qui n’atteint pas 20 % malgrès des conditions de vent extrêmement favorables. On est donc très loin des 30 à 40 % annoncés. Ces « performances » ont entraîné une très forte augmentation des prix de l’électricité pour les ménages.
L’éolien danois c’est 5 GW contre 12 GW en France (1 kW/hab donc 60 GW si c’était en France)

Mais ils accèdent au stockage norvégien : 30 GW et suèdois : 16,5 GW (évidemment cela dépend de la taille des interconnexions) donc cela équivaut à 465 GW si c’était en France !

Bien sûr, il est difficile de tout dire dans un communiqué, mais il semble qu’il faudra que l’Académie des Sciences fasse un travail beaucoup plus pointu pour être utile. Ce n’est pas des consensus mous qu’il nous faut, mais des analyses fouillées et intelligibles pour orienter notre bonne gouvernance.

Dans les faits et pour être précis : on devrait insister sur le fait que dès 7% d’éolien en France, les impacts économiques basculent négativement si le CO2 revêt réellement une importance conforme à la COP 21. Et on est déjà à 5% de l’électricité éolienne..
BD. JP.
Rappel : cet avis de l’Académie dont le lien est cité dans ce blog représente la libre opinion de l’unanimité de son comité de prospective en énergie, moins 2 noms.

Techniques de l’ingénieur : une revue sérieuse sur l’énergie ?

Les présidentielles : Encore une vision non rigoureuse de la réalité énergétique…

http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/dossier/presidentielles-2017-energie-macron-fillon-melenchon-lepen-hamon/

Comme d’autres revues, par exemple Science et Avenir, Le Monde, Le Nouvel Obs etc… , les journaux ont besoin de vivre. Or les lecteurs ont des « attentes sociales », et bien peu d’attentes scientifiques, sans réaliser que ce sont les secondes qui pourront financer les premières. L’humilité est une denrée rare en France.

Donc comme les politiques ou les grandes ONG, on précède les opinions pour ne pas les froisser plutôt que d’éduquer scientifiquement les esprits.

Comme dit l’autre :

« C’est dommage, tous les gens qui savent comment diriger le pays sont occupés à conduire les taxis ou à couper les cheveux. », George Burns

Si on se fie à cet article : Ce qu’ils disent de Macron, Fillon et Le Pen.
De Macron, qu’il est dans la droite ligne du PS et manquerait d’ambition pour aller plus loin encore dans le sens de la « transition énergétique » (traduire : réduire la part du nucléaire et pas du CO2…). 
De Fillon qu’il surestime le nucléaire alors que l’éolien et le solaire, même en tenant compte des coûts de stockage, sont compétitifs (en coût) avec le nucléaire, en se basant sur une étude du « groupe de conseil financier LAZARD, connu pour son sérieux »…

Le groupe de conseil financier LAZARD, connu pour son sérieux, a publié son analyse du cout du MWh d’électricité le 15 décembre 2016 :

Le solaire au sol est à 55 $/MWh (49$/MWh à 61 $/Mwh)  

=> quel tarif la nuit?

L’éolien terrestre est à 47 $/MWh (32 – 62 $/Mwh) 

=> quel tarif en période anticyclonique?

Le nucléaire est à 116 $/MWh (97 – 136 $/Mwh) 

=> Valeur correspondant à l’EPR probablement, pas au fonctionnement du nucléaire actuel dont le prix  est de 42 €/MWh correspondant à 33 €/MWh hors (Commission Champsaur). Si on envisage l’extension de durée de vie de 10 ans pour un coût total de 100 G€ il faudrait ajouter environ 25 à 30 €/MWh. On arriverait donc à 60-65 €/MWh. En 2010 l’OCDE affichait 50-82 €/MWh

Les centrales à gaz sont à 84 €/MWh (68 – 101 $/Mwh)

Les centrales à gaz à cycle combiné sont à 63$/MWh (48 – 78 $/Mwh)

Les centrales à charbon sont à 101 $/MWh (60 – 143 $/MWh)

Les centrales à fioul sont à 246 $/MWh (212 – 281 $/Mwh)

=> L’intermittence des ENR entraine un coût de stockage. La France dispose déjà d’importants moyens de stocker l’électricité, mais le cabinet Lazard a aussi chiffré le coût des systèmes ENR avec stockage :
Le solaire avec stockage est à 92$/MWh Le stockage sur 24h double le coût soit environ 100 €/MWh. Et cela sans compter l’effet été hiver qui, pour assurer la production en hiver conduit à un surinvestissement d’un facteur 2,5. On arrive donc à 250€/MWh

L’éolien avec stockage est à 118 $/MWh  Un stockage pour l’éolien (power to gas, gas to power) a été estimé par l’ADEME à 138 €/MWh pour le stockagé (sous estimé très probablement) avec un rendement compris entre 33 et 20% Avec un coût de l’éolien de 60€/MWh on arrive donc à un coût compris entre 3*60+138=318 et 5*60+138=438 €/MWh. 

La banque Lazard devrait revoir ses calculs ou licencier son économiste.
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PS : Autre tentative de manipulation scientifique révélée :

http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/droit-de-reponse-39288/